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«Rompre le cycle de la pauvreté»

Le cardinal Óscar Andrés Rodríguez Maradiaga, Président de Cari-

tas International, écrivait en juillet 2013 dans le rapport annuel 2012

de l’organisme: «Nous vivons dans un monde où chaque heure, envi-

ron 300 enfants meurent de malnutrition et où presque un milliard

de personnes n’ont pas accès à l’eau potable. En même temps, il y a

actuellement plus de 1 200 milliardaires dans le monde, le plus grand

nombre jamais enregistré.

Nous sommes scandalisés que des millions de frères et soeurs

vivent dans une pauvreté extrême dans un monde de riches. Mais

nous sommes aussi remplis d’espoir parce que nous sommes la pre-

mière génération à avoir en main les outils pour changer ce système

qui les fait rester pauvres... Fournir une aide n’est pas suffisant. Nous

devons rompre le cycle de la pauvreté...

Notre plus grand défi n’est pas la pauvreté ou la crise économi-

que, mais la croissance de la laïcité dans beaucoup de régions du

monde, en particulier les plus riches. Quand l’homme ne croit pas en

Dieu, l’individualisme prend le pas sur la communauté et nous per-

dons de vue nos principes éthiques. C’est seulement en vivant au travers de la vérité de la parole de Dieu

que nous pouvons venir à bout de la pauvreté spirituelle de notre époque et construire un monde fraternel

meilleur dans lequel nous pourrons vivre unis en tant que frères et soeurs, dans la paix.

Hildegarde écrira à une de ses religieuses: «Croyez-

moi, pour toute personne la vie est un combat; qu’il y

fasse attention ou non, chacun avance lentement sur le

chemin pierreux du calvaire. Remercions Dieu de nous

donner la possibilité d’y monter et, par sa lumière, de

nous faire reconnaitre nos fautes.»

Lorsque cesse toute illusion

À la Pentecôte de 1933, une inflammation rénale

très douloureuse se déclare. Malgré les pronostics mé-

dicaux rassurants, Hildegarde se prépare calmement à

la mort qu’elle sent proche. Son médecin a porté sur

ses derniers jours le témoignage suivant: «J’ai vu d’in-

nombrables patients proches de la mort; mais les der-

nières heures d’Hildegarde Burjan demeurent dans ma

mémoire comme un cas unique. Pleinement consciente

d’être proche de sa fin, elle se souciait des siens et de

ses œuvres. Pour elle-même, elle était sans crainte, tout

abandonnée; elle considérait avec joie la mort comme

une délivrance de l’existence terrestre, et manifestait

une confiance totale d’entrer dans la vie éternelle.»

De son côté, Hildegarde confie: «Ma mort est un

calme Deo gratias ! Il y a vingt-cinq ans, Dieu, au mo-

ment de cette maladie, m’a attirée à Lui et choisie, II m’a

portée dans ses bras comme un enfant, et maintenant,

me délivre de cette maladie pour me conduire à Lui. Je

réfléchis souvent à ce qui pourrait m’être un sujet de

crainte, au moment de paraître devant Dieu... Certes,

j’ai fait beaucoup de choses mauvaises dans ma vie,

mais je sais que je n’ai jamais cherché autre chose que

sa Volonté. Et c’est pour cela que je ne vois rien que je

doive craindre.» Elle témoigne aussi de sa foi sereine:

«Parfois, au cours de ma vie, m’est venue la pensée de

ce que serait l’heure de ma mort, ce moment où cesse

toute illusion. Je me demandais si alors tout n’allait

pas s’effondrer, m’apparaître comme une chimère... Eh

bien maintenant, je vois que tout est vrai, que tout cela

est Vérité.» Le 11 juin 1933, fête de la Sainte Trinite, elle

murmure: «Comme cela va être beau d’aller se reposer

en Dieu! » Puis, embrassant son crucifix, elle dit, d’une

voix lente et claire: «Cher Sauveur, rends tous les hom-

mes aimables, afin que tu puisses les aimer. Enrichis-

les de toi seul ! » Peu après, elle expire.

À la mort d’Hildegarde, la Caritas Socialis comp-

tait 150 membres et 35 établissements en Autriche et

à l’étranger. Érigée en 1960 comme institut religieux

de droit pontifical, cette «Communaute de vie aposto-

lique» comprend aujourd’hui 900 soeurs et collabora-

trices séculières qui exercent divers apostolats, parti-

culièrement en faveur des mères enceintes en difficulté

(foyers d’accueil) et des personnes âgées atteintes de

maladies graves (syndrome d’Alzheimer). A la suite

d’un décret du Pape Benoit XVI, Hildegarde Burjan a été

proclamée bienheureuse le 29 janvier 2012, à Vienne.

Dans la formule de leur engagement, composée par la

bienheureuse, les Soeurs de la Caritas disent à Dieu:

«Je te remercie de tout mon coeur de m’avoir jugée

digne d’être un instrument de ton amour.»

Demandons à Jésus-Christ, envoyé dans le monde

par son Père pour y allumer le feu de l’Amour (cf. Lc

19, 42), de faire de nous aussi des instruments de son

Amour rédempteur.

Dom Antoine Marie

R

eproduit avec la permission de l’Abbaye Saint Joseph

de Clairval, en France, qui publie chaque mois une lettre spi-

rituelle sur la vie d’un saint. Adresse postale: Abbaye Saint-

Joseph de Clairval, 21150 Flavigny sur Ozerain, France. Site

internet:

www.clairval.com

.

u

Le cardinal Maradiaga avec notre

pèlerine Maria Fretres du Paraguay

au JMJ de Rio en juillet 2013

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VERS DEMAIN août-septembre 2013

www.versdemain.org

Maître Christine Mengès-

Le Pape

(

photo

) enseigne à

la Faculté de Droit et Science

politique de l’Université Tou-

louse 1 Capitole, en France.

Elle a connu le Crédit Social

par la circulaire de Vers

Demain,

L’Île des Naufragés

.

Du 18 au 20 juin 2013, à Montauban, Maître Men-

gès-Le Pape a organisé un colloque international inti-

tulé «La dette, les religions, le droit?» dont l’un des

volets concernait la dette des pays. Marcel Lefebvre,

un des directeurs de Vers Demain, a été invité à y

assister. Mgr Samuel Kleda, archevêque de Douala

au Cameroun, qui a participé à une semaine d’étude

à Rougemont, a été président d’une partie de ce col-

loque. M. Claude Sumata, professeur à l’Université

catholique du Congo, qui a participé à notre semaine

d’étude de mai 2013, à Rougemont, a témoigné lui

aussi du Crédit Social. 150 personnes, dont d’émi-

nents personnages, étaient présentes à ces assises.

Les principes de la justice distributive

Maître Mengès-Le Pape a compris l’importance

d’un dividende social en ce siècle de progrès. Dans

ses affirmations, elle s’appuie sur des encycliques

papales:

«Le Pape Léon XIII, a-t-elle dit, n’hésitait pas à

parler de justice distributive. Après l’encyclique

Rerum Novarum

, nous avons

Quadragesimo Anno

de Pie XI. On y retrouve les principes de cette justice

distributive. Il est important d’attribuer à chacun ce

qui lui revient et de ramener aux exigences de la vie

sociale la distribution des ressources de ce monde

pour lutter contre l’opposition d’une poignée de

riches et d’une multitude d’indigents».

Maître Mengès-Le Pape a cité une phrase de Louis

Even qu’il a prononcée en 1946 en établissant un

parallèle avec la Grèce et l’Espagne qui vivent cette

situation:

«Un enfant vient de naître et il est déjà débiteur

de la dette. Il grandira dans la dette. Il travaillera s’il

en a la chance pour payer les dettes accumulées,

tout en grignotant quelques miettes qui soutien-

nent son pouvoir de garder le gain et l’empêche de

se révolter jusqu’à ce qu’il meurt dans la dette. Et il

laissera la dette à ses enfants».

Maître Mengès-Le Pape attire l’attention sur l’en-

cyclique de Pie XI dans lequel «on retrouve exacte-

ment cette force de termes»:

«Ce pourvoir est surtout considérable chez ceux

qui sont devenus les maîtres du crédit et le dispen-

Importance d’un dividende social en ce siècle de progrès

Colloque international à Montauban en France

sent selon leur bon plaisir…. Par là ils tiennent entre

leurs mains la vie des citoyens, si bien que sans leur

consentement nul ne peut plus respirer.»

Les gouvernements devenus des valets

Maître Mengès-Le Pape souligne les injustices des

systèmes économiques:

«Cette manière des gouvernements de laisser faire

l’argent par endettement établit une véritable dictature

sur les gouvernements et les particuliers. Ici c’est une

forte accusation qui est faite et qui montre les impas-

ses d’un système, les injustices des systèmes écono-

miques, monétaires, traditionnels.

«A la fin de la grande guerre mondiale, les crédi-

tistes ont démontré ce que la guerre a amplifié, c’est-

à-dire que les gouvernements souverains sont deve-

nus de simples signataires de dettes envers un petit

groupe de profiteurs. Ils sont devenus une sorte de

valets et c’est ce que le Premier Ministre de l’Irlande

a constaté récemment. Il s’est considéré comme un

valet qui a perdu la souveraineté de son pays.

«Louis Even explique que le banquier met l’argent

au monde à la condition qu’il fasse des petits: “L’inté-

rêt sur l’argent à la naissance, dit-il, est à la fois illégi-

time et absurde”. C’est donc un vice technique autant

qu’un vice social.

«A côté de cet héritage de dette, il y a l’héritage

commun, le vaste héritage des découvertes, du savoir,

de la culture, de l’art, de l’éducation, des aspirations,

des idéaux transmis qui se sont développés de géné-

ration en génération.

«Il s’agit d’offrir à l’homme une double possibilité

simple de pouvoir vivre et ensuite de participer à la vie

sociale, d’être véritablement un homme. Cette double

volonté se trouve dans les encycliques.

«Chez les “distributistes” (ceux qui réclament la dis-

tribution des richesses), il y a un dû à l’homme parce

qu’il est homme. La dette empêche la survie. Il y a des

enfants qui ont faim.

«Ce dû social de la vie doit être accompagné de

l’éducation, de la culture. Il importe que cette éduca-

tion, cette culture, soit distribuée avec intelligence,

afin que personne n’ait à souffrir d’injustice.

«Des conseils sont donnés aux gouvernants.

Nous pouvons les résumer à deux conseils: que

chaque pays reprenne sa souveraineté; le conseil est

aussi donné aux individus: reprendre leur liberté.

«Autre recommandation: c’est d’émettre un argent

non plus comme une dette envers les banquiers mais

de l’argent libre de dettes. Et enfin de donner un divi-

dende …

u

VERS DEMAIN août-septembre 2013

www.versdemain.org

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