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Dieu et sur l’homme qu’il faut garder et transmettre.

Saint Paul écrit: «vous vous sauvez, si vous le [l’évan-

gile] gardez tel que je vous l’ai annoncé; sinon, vous

auriez cru en vain» (1 Co 15, 2).

Mais où trouvons-nous la formule essentielle de

la foi ? Où trouvons-nous les vérités qui se sont fidè-

lement transmises et qui constituent la lumière pour

notre vie quotidienne? La réponse est simple: dans

le Credo, dans la Profession de foi, ou Symbole de

la foi, nous nous rattachons à l’événement originel

de la personne et de l’histoire de Jésus de Nazareth;

ce que l’apôtre des gentils disait aux chrétiens de

Corinthe devient alors concret: «Je vous ai donc

transmis en premier lieu ce que j’avais moi-même

reçu, à savoir que le Christ est mort pour nos péchés

selon les Ecritures, qu’il a été mis au tombeau, qu’il

est ressuscité le troisième jour» (1 Co 15, 3).

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ujourd’hui encore nous avons besoin que le Cre-

do soit mieux connu, compris et prié. Il est important

surtout que le Credo soit, pour ainsi dire, «reconnu».

Connaître, en effet, pourrait être une opération pure-

ment intellectuelle, alors que «reconnaître» signifie la

nécessité de découvrir le lien profond entre les vérités

que nous professons dans le Credo et notre existence

quotidienne, pour que ces vérités soient vraiment et

concrètement, comme elles l’ont toujours été, une

lumière pour nos pas dans notre vie, une eau qui irri-

gue dans la sécheresse de notre chemin, une vie qui

l’emporte sur les déserts de la vie contemporaine.

La vie morale du chrétien se greffe sur le Credo et

trouve en lui son fondement et sa justification.

Ce n’est pas un hasard si le bienheureux Jean-

Paul II a voulu que le Catéchisme de l’Eglise catho-

lique, norme sûre pour l’enseignement de la foi et

source certaine d’une catéchèse renouvelée, soit

fondé sur le Credo. Il s’agissait de confirmer et de

conserver ce noyau central de la vérité de la foi, en

le restituant dans un langage plus intelligible aux

hommes de notre temps, c’est-à-dire à nous-mêmes.

Il est du devoir de l’Eglise de transmettre la foi, de

communiquer l’Evangile, afin que les vérités chré-

tiennes soient lumière dans les nouvelles transfor-

mations culturelles, et que les chrétiens soient capa-

bles de rendre raison de l’espérance qu’ils portent

(cf. 1 P 3, 14).

Aujourd’hui, nous vivons dans une société profon-

dément changée même par rapport à un passé récent,

et en mouvement continu. Les processus de la sécula-

risation et d’une mentalité nihiliste diffuse, dans laquel-

le tout est relatif, ont marqué fortement la mentalité

commune. Ainsi, la vie est souvent vécue avec légè-

reté, sans idéaux clairs ni d’espérances solides, au sein

de liens sociaux et familiaux inconsistants, provisoires.

Et surtout, les nouvelles générations ne sont pas édu-

quées à la recherche de la vérité et du sens profond

de l’existence qui dépasse le contingent, à la stabilité

des affections, à la confiance. Au contraire, le relativis-

me pousse à ne pas avoir de points de repère fermes,

le soupçon et l’inconstance provoquent des ruptures

dans les relations humaines, alors que la vie est vécue

dans des expériences qui durent peu, irresponsables.

Si l’individualisme et le relativisme semblent do-

miner l’esprit de beaucoup de nos contemporains,

on ne peut pas dire que les croyants soient totale-

ment à l’abri de ces dangers, auxquels nous sommes

confrontés dans la transmission de la foi. L’enquête

lancée dans tous les continents pour la célébration du

synode des évêques sur la nouvelle évangélisation en

a mis certains en lumière: une foi passive, vécue de

manière privée, le refus de l’éducation à la foi, la frac-

ture entre vie et foi.

Le chrétien, souvent, ne connaît pas même le

noyau central de sa foi catholique, du Credo, au point

de laisser la place à un certain syncrétisme et à un

relativisme religieux, sans idée claire sur les vérités à

croire et sur la singularité salvifique du christianisme.

Nous ne sommes pas si loin du risque de construire,

pour ainsi dire, une religion «à la carte». Il faut, au

contraire, nous tourner vers Dieu, le Dieu de Jésus-

Christ, il faut que nous redécouvrions le message de

l’évangile, que nous le fassions entrer plus profondé-

ment dans nos consciences et notre vie quotidienne.

Dans les catéchèses de cette Année de la foi, je

voudrais offrir une aide pour accomplir ce chemin,

pour reprendre et approfondir les vérités centrales de

la foi sur Dieu, sur l’homme, sur l’Église, sur toute la

réalité sociale et cosmique, en méditant et en réflé-

chissant sur les affirmations du Credo. Et je voudrais

qu’il en résulte clairement que ces contenus ou véri-

tés de la foi se relient directement à notre vécu; ils

demandent une conversion de notre existence, qui

donne vie à une nouvelle manière de croire en Dieu.

Connaître Dieu, le rencontrer, approfondir les traits de

son visage met en jeu notre vie, parce que Dieu entre

dans les dynamismes profonds de l’être humain.

Puisse le chemin que nous accomplirons cette an-

née nous faire tous grandir dans la foi et dans l’amour

du Christ, pour que nous apprenions à vivre, dans

nos choix et nos actions quotidiennes, la vie bonne et

belle de l’Evangile. Merci.

Benoît XVI

u

Changement d’adresse

Veuillez nous faire parvenir votre nouvelle

adresse lorsque vous déménagez. Les bureaux

de poste ne nous donnent pas les nouvelles

adresses. Nous devons acquitter des frais d’un

dollar pour chaque adresse qui nous est retour-

née. Envoyez donc votre nouvelle adresse au

bureau de Vers Demain.

À chaque semaine

d’étude que nous tenons

à notre maison-mère de

Rougemont au Canada sur

la démocratie économi-

que (ou crédit social) vue

à la lumière de la doctrine

sociale de l’Église, tous les

évêques, prêtres et laïcs

présents sont emballés et

repartent pleins de feu et

d’enthousiasme dans leur

pays pour faire connaître

ce qu’ils ont découvert

chez les Pèlerins de saint

Michel.

Mais rarement avons-

nous vu un évêque aussi

enthousiaste que Mgr

Mathieu Madega Leboua-

kehan, évêque de Port-

Gentil au Gabon, qui a

assisté à notre plus ré-

cente semaine d’étude en

août dernier, qui portait

fièrement le béret blanc,

et qui s’est exprimé avec

une verve peu commune

lors de notre congrès

(voir le numéro précédent

de Vers Demain), allant

jusqu’à chanter que le

monde entier deviendra créditiste ! Il nous avait pro-

mis qu’une fois parti de chez nous, la flamme qu’il

avait reçue de Rougemont n’allait pas faiblir. Il nous

avait même dit qu’il allait parler de nous au synode

sur la nouvelle évangélisation à Rome en octobre,

durant lequel il devrait adresser la parole. (Plus de

250 évêques de tous les pays du monde étaient invi-

tés, chacun pouvant adresser la parole pendant cinq

minutes.)

Eh bien, Mgr Mathieu ne nous a pas déçus, il a

bien tenu sa promesse, et a fait toute une interven-

tion au Synode des évêques à Rome le 17 octobre.

Il s’est exprimé en italien, et a mentionné les Pèle-

rins de saint Michel, l’Insti-

tut Louis Even et le crédit

social, «un système finan-

cier sans dette au service

de l’homme, une structure,

inspirée par le Saint-Esprit,

qui va aider l’Église et l’hu-

manité toute entière.» De

plus, Mgr Mathieu a plein

de projets pour nous faire

connaître en Afrique et par-

tout là où cela peut porter

fruit. Voici le texte complet

de son intervention:

«Au n° 51 du Docu-

ment de travail, se trou-

vent ce que nous appe-

lons les cinq scènes: 1.

la scène culturelle; 2. la

scène sociale; 3. la scène

économique; 4. la scène

politique; 5. la scène reli-

gieuse. Une foule miséra-

ble qui se trouverait de-

vant ces scènes et devrait

en choisir une entrerait

tout d’abord sur la scène

économique afin de satis-

faire ses besoins vitaux,

selon le fameux adage:

primum vivere deinde

philosophari

(vivre d’abord, philosopher ensui-

te) et nous pouvons ajouter,

mutatis mutandis,

primum vivere deinde evangelizzari

(ce qui de-

vait être changé ayant été changé, d’abord vivre

puis évangéliser).

L’évangélisation – qui a comme but de faire

des saints en sanctifiant le Nom de Dieu le Père,

en accueillant Son Royaume, en faisant Sa vo-

lonté (cf.

Pater Noster

) – est souvent entravée

par des besoins vitaux que nous appelons éco-

nomie ou pain. On le voit du péché originel (Gn

3, 1-24) jusqu’aux sept premiers diacres (Ac 6, 1),

Intervention de Mgr Mathieu Madega Lebouakehan du Gabon

au Synode des évêques à Rome sur la nouvelle évangélisation

«Le Crédit Social: un système financier privé de dettes

au service de l’homme. Cette structure inspirée par

l’Esprit Saint aidera l’Église et l’humanité tout entière.»

Mgr Madega lors de son intervention au synode

(Copyright Photo Service – L’Osservatore Romano 2012)

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VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2012

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