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mais humanise la vie, et même elle la rend pleinement

humaine.

La foi, c’est accueillir ce message transformant

dans notre vie, c’est accueillir la révélation de Dieu,

qui nous fait connaître qui Il est, comment il agit, quels

sont ses projets pour nous. Certes, le mystère de Dieu

demeure toujours au-delà de nos concepts et de notre

raison, nos rites et nos prières. Cependant, avec la ré-

vélation, c’est Dieu lui-même qui se communique, se

raconte, se rend accessible. Et nous sommes rendu

capables d’écouter sa parole et de recevoir sa vérité.

Voilà la merveille de la foi: Dieu, dans son amour,

crée en nous – à travers l’œuvre de l’Esprit-Saint –

les conditions adéquates pour que nous puissions

reconnaître sa parole. Dieu

lui-même, dans sa volonté

de se manifester, d’entrer

en contact avec nous, de se

rendre présent dans notre

histoire, nous rend capables

de l’écouter et de l’accueillir.

Saint Paul l’exprime avec joie

et reconnaissance lorsqu’il

dit: «Nous ne cessons de

rendre grâces à Dieu de ce

que, une fois reçue la parole

de Dieu que nous vous fai-

sions entendre, vous l’avez

accueillie, non comme une

parole d’hommes, mais

comme ce qu’elle est réelle-

ment, la parole de Dieu» (1

Th 2, 13).

Dieu s’est révélé par

des paroles et des œuvres

dans toute une longue his-

toire d’amitié avec l’homme,

qui culmine dans l’incarna-

tion du Fils de Dieu et dans

le mystère de sa mort et sa résurrection. Dieu s’est

non seulement révélé dans l’histoire d’un peuple,

non seulement il a parlé par les prophètes, mais il a

franchi les portes du ciel pour entrer sur la terre des

hommes, comme un homme, pour que nous puis-

sions le rencontrer et l’écouter.

Et de Jérusalem, l’annonce de l’Évangile du salut

s’est diffusée jusqu’aux extrémités de la terre. L’Église,

née du côté du Christ, est devenue porteuse d’une

nouvelle et solide espérance: Jésus de Nazareth, cru-

cifié et ressuscité, sauveur du monde, qui est assis à

la droite du Père et qui est le juge des vivants et des

morts. Voilà le kérygme, l’annonce centrale et ininter-

rompue de la foi. Mais depuis les débuts, se pose le

problème de la «règle de la foi», c’est-à-dire de la fidé-

lité des croyants à la vérité de l’évangile, dans laquelle

ils doivent demeurer fermes, à la vérité salvifique sur

voulu en ôter ce qui est antique. Il s’est plutôt pré-

occupé de faire en sorte que la même foi continue à

être vécue dans l’aujourd’hui, continue à être une foi

vivante dans un monde en mutation.

Si nous acceptons la direction authentique que le

Bienheureux Jean XXIII a voulu imprimer à Vatican II,

nous pourrons la rendre actuelle durant toute cette

Année de la foi, dans l’uni-

que voie de l’Église qui veut

continuellement approfondir

le dépôt de la foi que le Christ

lui a confié. Les Pères conci-

liaires entendaient présenter

la foi de façon efficace. Et

s’ils se sont ouverts dans la

confiance au dialogue avec le

monde moderne c’est juste-

ment parce qu’ils étaient sûrs

de leur foi, de la solidité du

roc sur lequel ils s’appuyaient.

En revanche, dans les années

qui ont suivi, beaucoup ont

accueilli sans discernement la

mentalité dominante, mettant

en discussion les fondements

même du dépôt de la foi qu’ils

ne ressentaient malheureuse-

ment plus comme leurs dans

toute leur vérité.

Si aujourd’hui l’Église

propose une nouvelle Année

de la foi ainsi que la nouvelle

évangélisation, ce n’est pas

pour célébrer un anniversaire,

mais parce que c’est une nécessité, plus encore qu’il y

a 50 ans ! Et la réponse à donner à cette nécessité est

celle voulue par les Papes et par les Pères du Concile,

contenue dans ses documents. (...)

Les dernières décennies ont connu une «déserti-

fication» spirituelle. Ce que pouvait signifier une vie,

un monde sans Dieu, au temps du Concile, on pouvait

déjà le percevoir à travers certaines pages tragiques

de l’histoire, mais aujourd’hui nous le voyons mal-

heureusement tous les jours autour de nous. C’est le

vide qui s’est propagé.

Mais c’est justement à partir de l’expérience de ce

désert, de ce vide, que nous pouvons découvrir de

nouveau la joie de croire, son importance vitale pour

nous, les hommes et les femmes. Dans le désert on

redécouvre la valeur de ce qui est essentiel pour vivre;

ainsi dans le monde contemporain les signes de la soif

de Dieu, du sens ultime de la vie, sont innombrables

bien que souvent exprimés de façon implicite ou né-

gative. Et dans le désert il faut surtout des personnes

de foi qui, par l’exemple de leur

vie, montrent le chemin vers la

Terre promise et ainsi tiennent

en éveil l’espérance.

La foi: rencontre avec

une Personne vivante

qui nous transforme

Le mercredi 17 octobre, lors

de l’audience générale sur la

place Saint-Pierre, Benoît XVI a

débuté un nouveau cycle de ca-

téchèses pour l’Année de la foi:

Chers frères et sœurs, au-

jourd’hui, je voudrais introduire

le nouveau cycle de catéchèses

qui va se dérouler tout au long

de l’Année de la foi dans la-

quelle nous venons d’entrer...

J’ai lancé cette année parti-

culière, avec la lettre aposto-

lique

Porta Fidei

, précisément

pour que l’Eglise renouvelle

son enthousiasme de croire en

Jésus-Christ, unique sauveur

du monde, qu’elle ravive sa joie

de marcher sur le chemin qu’il

nous a indiqué et qu’elle témoigne concrètement de la

force transformante de la foi.

Le rappel des cinquante ans de l’ouverture du

concile Vatican II est une occasion importante pour

retourner à Dieu, pour approfondir et vivre plus cou-

rageusement sa foi, pour affermir son appartenance

à l’Église, «maîtresse d’humanité», qui, à travers l’an-

nonce de la Parole, la célébration des sacrements et

les œuvres de charité, nous guide pour rencontrer et

connaître le Christ, vrai Dieu et vrai homme.

Il s’agit d’une rencontre, non pas avec une idée ou

un projet de vie, mais avec une Personne vivante qui

nous transforme en profondeur et nous révèle notre

véritable identité d’enfants de Dieu. La rencontre

avec le Christ renouvelle nos relations humaines en

les orientant, jour après jour, vers une plus grande

solidarité et fraternité, dans la logique de l’amour.

Avoir foi dans le Seigneur n’est pas un fait qui

intéresse seulement notre intelligence, le terrain du

savoir intellectuel, mais c’est un changement qui

engage notre vie et tout notre être : nos sentiments,

notre cœur, notre intelligence, notre volonté, notre

corporéité, nos émotions, nos relations humaines.

Avec la foi, tout change en nous et pour nous, et se

dessinent alors clairement notre destin futur, la vérité

de notre vocation dans l’histoire, le sens de la vie,

le goût d’être des pèlerins en marche vers la patrie

céleste.

Mais, posons-nous la

question: la foi est-elle vrai-

ment la force transformante

de notre vie, de ma vie? Ou

bien elle est seulement un

des éléments qui font partie

de l’existence, sans être le

point déterminant qui l’im-

plique totalement ? Avec les

catéchèses de cette Année

de la foi, nous voulons nous

mettre en route pour forti-

fier ou retrouver la joie de

la foi, en comprenant qu’elle

n’est pas quelque chose

d’étranger, de détaché de

la vie concrète, mais elle en

est l’âme. La foi en un Dieu

qui est amour, et qui s’est

fait proche de l’homme en

s’incarnant et en se donnant

sur la croix pour nous sauver

et nous rouvrir les portes du

Ciel, indique de façon lumi-

neuse que la plénitude de l’homme ne se trouve que

dans l’amour.

Aujourd’hui, il est nécessaire de le redire claire-

ment, lorsque les transformations culturelles en acte

montrent souvent tant de formes de barbaries qui

passent pour être le signe de «conquêtes de civilisa-

tion»: la foi affirme qu’il n’y a pas de véritable huma-

nité sinon dans les lieux, les gestes, les temps et les

formes où l’homme est animé de l’amour qui vient

de Dieu, exprimé comme un don, manifesté dans

des relations riches d’amour, de compassion, d’atten-

tion et de service désintéressé envers l’autre. Là où

sont la domination, la possession, l’exploitation, la

réduction de l’autre à une marchandise par égoïsme,

l’arrogance du moi replié sur lui-même, l’homme est

appauvri, dégradé, défiguré. La foi chrétienne, active

dans la charité et forte dans l’espérance, ne limite pas

«Posons-nous la question : la foi est-elle vraiment

la force transformante de notre vie, de ma vie ?

Ou bien elle est seulement un des éléments qui font

partie de l’existence, sans être le point déterminant

qui l’implique totalement ?» — Benoît XVI

Que faut-il croire? Ce qui est enseigné

dans le Credo, ou Profession de foi: «Je crois

en Dieu, le Père tout-puissant, Créateur du

ciel et de la terre, et en Jésus-Christ, son Fils

unique, notre Seigneur»

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Je crois au Saint-Esprit. la sainte Église

catholique, la communion des saints

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VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2012

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