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D’avance, le frère Joseph réunit tous les matériaux

nécessaires pour faire une statue de cire, et attendit ce

jour promis. Lorsque l’Enfant-Jésus revint, le frère était

prêt pour réaliser la statue, ayant tous les outils et maté-

riaux nécessaires. Il travmopulant et sculptant, jusqu’à

ce que la statuette de l’Enfant-Jésus soit omplétée. Très

satisfait du résultat et de la beauté de son travail, se sou-

riant à lui-même, le frère, épuisé, posa sa tête sur son

établi, et ferma ses yeux... C’est dans cette position que

les frères le trouvèrent plus tard, avec la belle statuette

de l’Enfant-Jésus à côtés de lui. Les anges avaient ame-

né l’âme du bon frère Joseph pour qu’il soit avec son

bien-aimé Jésus dans son Royaume céleste. Plus tard

cette nuit-là, l’âme du frère Joseph apparut à l’un des

frères, et il lui dit:

«

“Cette statue doit être donnée à Dona Isabella

Manriquez de Lara comme dot pour sa fille qui l’appor-

tera avec elle en Bohême. Cette statue sera connue

sous le nom d’

Enfant Jésus de Prague

par plusieurs

nations. Il apportera la grâce, la paix et la miséricorde

au peuple de Bohême, le pays qu’il a choisi pour être

le sien, et il sera pour eux leur

Petit Roi

”.»

Dona Isabella retourna chez elle avec la statuette

de l’Enfant-Jésus, et comme le frère l’avait prédit, sa

fille, la princesse Maria Ana Manriques de Lara maria

effectivement Vratuslav de Pernstein, et apporta avec

elle la statue de l’Enfant-Jésus pour l’installer dans leur

maison à Prague.

Aussi incroyable que cette histoire puisse paraître,

il y a plus à raconter sur le mystère de l’origine de la sta-

tue de l’Enfant-Jésus. Un jour, alors que Dona Isabella

était en prière devant la statuette, elle sentit un urgent

besoin de retourner au vieux monastère pour remercier

le vieux frère. Son cocher et elle se mirent en route, et

n’eurent aucune difficulté à trouver la clairière dans les

bois, mais il n’y avait maintenant aucune trace qu’un

monastère ne s’y soit jamais trouvé... mais les paysans

locaux qui avaient passé toute leur vie dans la région

leur assuraient qu’ils n’avaient jamais eu connaissance

de l’exietnce d’aucun monastère en ces lieux!

Des années plus tard, lorsque Polyxène — la fille de

la princess Maria Ana, se maria avec Zdenek Adalbert

Lobkowicz, général de l’armée impériale, la statuette fut

une fois de plus donnée comme dot par la mère à sa

fille. Polyxène chérissait le

Santo Nino,

mais après la

mort prématurée de son mari, elle décida d’en faire don

au monastère des Carmes de Prague, et à l’église Sain-

te Marie de la Victoire, disant: «

Par la présente, je vous

donne ce que je chéris le plus en ce monde. Tant que

vous vénérerez cette statue, vous ne serez pas dans le

besoin.»

Ses paroles se sont avérées prophétiques.

À l’époque de ce geste généreux de Polyxène, le

monastère des carmélites était dans un grand besoin, et

cela depuis la fin de la guerre de Trente Ans. L’empereur

Ferdinand II avait déplacé sa cour de Prague à Vienne,

et sans son appui, les frères manquaient même du né-

cessaire pour survivre. Alors, c’est avec une confiance

d’enfant qu’ils accueillirent la statue du petit Enfant Roi,

et développèrent une dévotion spéciale à son endroit.

Deux fois par jour, ils se réunissaient devant la staue, lui

demandant son aide, et il ne les désappointait jamais.

Un don généreux de deux mille florins arriva de l’empe-

reur qui avait entendu parler de leur misère, et il promit

de continuer à leur envoyer une aumône chaque mois

pour les soutenir. Les paroles de la princesse Polyxène

se réalisaient: «V

ous ne serez pas dans le besoin.»

Cette dévotion à l’Enfant Jésus de Prague continua

pendant les siècles suivant, et les fidèles ont toujours été

récompensés par des miracles de conversion, de gué-

risons, et de prospérité. Un des grands dévots au Saint

Enfant Jésus de Prague fut un prêtre carme, le Père Cy-

rille de la Mère de Dieu (1590-1675). Il avait souffert pen-

dant plusieurs années de sévères épreuves intérieures,

et c’est seulement par l’intercession de l’Enfant-Jésus de

Prague qu’il fut finalement délivré de cette souffrance de

façon permanente. En reconnaissance, il dédia le reste

de sa vie à promouvoir cette dévotion à l’Enfant-Jésus, et

c’est au Père Cyrille que l’Enfant-Jésus révéla la promes-

se suivante à tous ceux qui pratiqueraient cette dévotion:

«Plus vous m’honorerez, plus je vous bénierai.»

En remerciement pour les nombreuses faveurs ob-

tenues, les fidèles, souhaitant reconnaître le statut royal

de l’Enfant-Jésus, organisèrent une cérémonie de cou-

ronnement. La statuette fut couronnée par l’évêque de

Prague en avril 1655. Alors débuta une nouvelle tradi-

tion, qui se continue encore de nos jours: celle d’ha-

biller la statue de riches habits confectionnés à la main

que l’on change régulièrement pendant l’année, selon

les couleurs propres aux différents temps du calendrier

liturgique. La «garde-robe» de l’Enfant Jésus de Prague

se compose aujourd’hui de plus de cinquantes «robes»,

ainsi que des ornements et chaînes en or, tous donnés

par des dévots reconnaissants au cours des siècles.

Mais, peut-on se demander, pourquoi le

Saint En-

fant

choisit-il de s’établir dans la cité de Prague? Les

livres d’histoire raconte la grande bataille de la Monta-

gne blanche, près de Prague, lorsque 8 novembre 1620,

les forces ennemies se réunirent, déterminées à renver-

ser le Saint Empire Romain. Quoique beaucoup moins

nombreux, l’armée catholique, dirigée par l’empereur

Ferdinand II, refusa d’admettre la défaite. Ils firent appel

à l’aide et à la protection de la Sainte Mère de Dieu, et

leur cri de bataille devint «

Mari a ! Maria ! »

Après seu-

lement une heure de combat, la victoire fut obtenu, et

l’église de la Sainte Trinité de Prague fut renommée

Sainte Marie de la Victoire

. Peut-on s’étonner mainte-

nant que ce soit là que l’

Enfant Roi

ait décidé d’établir

son Royaume avec sa

Mère victoieuse

?

Le 26 septembre 2009, lors de son voyage aposto-

lique en République tchèque, le Pape Benoît XVI visita

l’église Sainte Marie de la Victoire de Prague. S’age-

nouillant devant la statue miraculeuse de l’Enfant-Jésus,

il plaça une couronne d’or sur la tête de la statue du

Saint Enfant.

Dans sa prière, le

Saint-Père deman-

da au Saint Enfant

«le don de l’unité et

de la concorde pour

toutes les familles»,

et se tournant en-

suite vers l’Église

du monde entier, il

déclara: «

La statue

de l’Enfant-Jésus,

reflet de la tendres-

se de son enfance,

nous fait en outre

u

percevoir la proximité de Dieu et de son amour. Nous

comprenons combien nous sommes précieux à ses

yeux, parce que, particulièrement grâce à Lui, nous

sommes devenus à notre tour fils de Dieu. Chaque

être humain est fils de Dieu et donc, chacun de nos

frères est, comme tel, à accueillir et à respecter. Puis-

se notre société comprendre cette réalité ! Chaque

personne humaine serait alors considérée non pour

ce qu’elle a mais pour ce qu’elle est, puisque dans

le visage de chaque être humain, sans distinction de

race ni de culture, resplendit l’image de Dieu.»

Aux enfants, qu’il décrit comme étant

«l’avenir

et l’espérance de l’humanité»,

le Saint-Père déclare:

«

Vous qui êtes les préférés du cœur de l’Enfant-Jésus,

sachez rendre son amour, et, en suivant son exemple,

soyez obéissants, délicats et affectueux. Apprenez à

être, comme Lui, le réconfort de vos parents. Soyez de

vrais amis de Jésus et recourrez toujours à Lui dans

la confiance. Priez-le pour vous-mêmes, pour vos

parents, pour votre famille, pour vos maitres et pour

vos amis, et priez-le aussi pour moi. Je vous remercie

encore pour votre accueil et je vous bénis de grand

cœur, invoquant sur tous la protection de l’Enfant-Jé-

sus, de sa Mère Immaculée et de saint Joseph.»

Que chacun de nous choisisse de faire de l’En-

fant-Jésus le roi de nos coeurs, pour qu’il puisse ré-

gner sur nos familles, nos pays, et le monde entier.

«

Et nous, nous avons reconnu l’amour que Dieu a

pour nous, et nous y avons cru.»

(1 Jean 4,16.)

Saint Enfant Jésus de Prague, bénissez-nous !

Anne-Marie Jacques

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VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2012

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