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par

Anne-Marie Jacques

La statuette de l’Enfant Jésus de Prague (47 centi-

mètres de haut) date des années 1500. Sainte Thérèse

d’Avila avait une tendre dévotion envers le Christ en-

fant, et encourageait cette dévotion parmi ses compa-

gnes carmélites. La princesse Maria Ana Manriquez de

Lara de la maison royale d’Espagne était une parente

et proche amie de la sainte, et on croit que c’est sainte

Thérèse qui lui aurait donné la statuette en cadeau.

Mais il existe aussi une autre version, moins connue,

mais qui vaut la peine d’être racontée, sur l’origine es-

pagnole de la statuette, et comment elle aboutit finale-

ment dans la cité de Prague en République tchèque, où

elle se trouve encore aujourd’huii.

Une noble dame espagnole, Isabella Manriquez de

Lara, se rendit en voyage à Nuestra Caseta pour visiter

une amie d’enfance qui avait perdu son mari récem-

ment. Durant le voyage de retour, elle s’arrêta pour

sortir de la voiture quelques instants. Elle aperçut une

clairière dans la forêt, et y pénétrant, elle fut surprise d’y

trouver ce qui semblait être un château ou monastère

abandonné, mais ayant traversé la porte, elle réalisa

que l’endroit n’était pas du tout abandonné: derrière le

haut mur de pierre se trouvait un cloître dont la por-

te était presque complètement cachée par les vignes.

Dona Isabella frappa à la porte qui fut ouverte par un

vieil homme en habit brun, avec une barbe blanche. res-

semblant beaucoup aux ermites dans temps anciens. Il

semblait l’attendre, et l’invita à prendre quelques rafraî-

chissements. iiIl l’amena ensuite visitere leur petite cha-

pelle, et lui montra la statue du petit

Nino (Enfant) Jesus.

«Ce

Santo Nino Jesus»,

dit-il, «est votre cadeau

pour la dot de votre fille Maria Ana qui doit épouser Vra-

tuslav de Pernstein, de la noblesse tchèque. Ce

Santo

Nino Jesus

amènera la paix à la nation tchèque, qui est

déchirée par la guerre et les conflits religieux.» Ensuite

le frère lui raconta son histoire:

«Il y a environ un nous avions avec nous un moine,

le Frère Joseph de la Sainte Maison. Il était travailleur,

d’une foi simple, et sa grande dévotion était envers

l’Enfant-Jésus. Il nous confia qu’il priait souvent l’Enfant

Jésus pour qu’il puisse le voir un jour en personne. Un

après-midi, pendant qu’il nettoyait les planchers, un jeu-

ne garçon apparut soudainement, se tenant devant lui.

Il fit remarquer au frère qu’il faisait un beau travail, et lui

demanda ensuite s’il savait comment prier, surtout le

Je

vous salue Marie

, et pouvait le réciter pour lui. Le frère

Joseph cessa son travail, joignit ses mains en prièrer,

et commença à réciter le

Je vous salue Marie

, comme

l’enfant l’avait demandé. Aux paroles “et Jésus le fruit

de vos entrailles est béni”, le petit garçon s’écria: “C’est

moi!”, et puis il disparut. Le frère crut entendre une voix

lui dire: “Je reviendrai, et tu feras une statue de cire de

moi comme tu m’as vu.”

L’origine mystérieuse de la statue

miraculeuse de I’Enfant Jésus de Prague

«...conduits par un petit garçon»

(Isaïe 11,6)

u

L’argent «n’est pas fait pour se multiplier lui-

même» et n’est pas «une fin en soi», a déclaré Mgr

Markus Büchel, évêque de Saint-Gall vice-président

de la Conférence épiscopale suisse, dans un message

publié pour le 1er août 2012, fête nationale suisse. (Le

5 septembre 2012, Mgr Büchel a été élu président de

cette même conférence.) La Conférence des évêques

de Suisse rappelle en ce temps de crise difficile que

«l’argent est au service de l’homme, et non pas l’hom-

me un esclave de l’argent». Voici de larges extraits de

ce message:

Je peux retirer au bancomat l’argent que j’ai mis

de côté. Et je compte sur le fait que l’argent est à dis-

position lorsque j’en ai besoin. Je peux ainsi payer

mes factures, mes achats, mon billet de train en francs

et en centimes. L’argent permet à notre société d’ache-

ter des biens qui couvrent nos besoins fondamentaux.

Mais l’argent est également nécessaire pour la forma-

tion, la culture et un certain confort. L’argent remplit

une fonction essentielle dans la vie de tous les jours.

Par contre, les nouvelles des derniers mois et der-

nières années me préoccupent beaucoup. Se peut-il

que bientôt notre système financier ne fonctionne

plus de façon évidente? J’entends parler de crise fi-

nancière, de crise des devises, de crise de l’économie

mondiale. Des experts internationaux ne peuvent

plus exclure que même l’ensemble de notre système

financier puisse s’écrouler.

Nous serions donc confrontés avec un monde

financier international sur lequel aucun homme,

aucune banque et aucun gouvernement n’auraient

contrôle. Au contraire: il semble que ce soient les

marchés financiers internationaux qui nous contrô-

lent solidement.

Que s’est-il passé? Et que se passera-t-il si la crise

atteint ma région? Nos institutions sociales ou ma

caisse de pension sont-ils en danger ? Ma confiance

en notre système financier et économique est enta-

mée. Et ce type de préoccupation est partagé par

beaucoup de personnes, en Europe et partout dans le

monde. La confiance en la politique, les banques et les

autres institutions financières est en train de décliner.

La confiance est essentielle dans le domaine de

la finance. Le système financier et l’économie ne peu-

vent pas fonctionner sans la confiance. La confiance

constitue la base de toute forme de relation entre les

personnes...

Quel rapport avec l’argent est-il considéré comme

responsable et correct, d’un point de vue chrétien?

L’argent permet d’effectuer des transactions économi-

ques. Une marchandise ne peut être produite ou ache-

tée que s’il y a de l’argent à disposition. D’un point de

vue chrétien, il est fondamental de savoir pour quelle

activité commerciale un capital est investi. Cette entre-

prise favorise-t-elle des conditions de production équi-

tables? Veille-t-elle au respect des ressources naturel-

les? Respecte-t-elle les droits humains, la dignité de

celui qui travaille? Ce sont des questions que, nous-

mêmes en tant qu’Eglise, nous devons nous poser.

Dans ce sens, toutes celles et tous ceux qui placent

leur argent portent une part de responsabilité.

L’argent n’est pas fait pour se multiplier lui-mê-

me. L’argent n’est pas une fin en soi. Si le monde

de la finance se rend indépendant, alors la finance

elle-même perd son sens. Qui investit et gagne, mais

provoque ainsi le malheur d’autres personnes agit

de façon irresponsable. Je me suis entretenu récem-

ment avec des experts en questions financières. Ils

ont confirmé mon impression de non spécialiste de

l’économie. Les marchés financiers internationaux

évoluent constamment vers un système interne, qui

est détaché des besoins de l’économie réelle et n’est

presque plus sous contrôle.

Nous devons trouver d’urgence des moyens et

des chemins en vue de réajuster ce dangereux désé-

quilibre. Au vu de l’expérience de ces dernières an-

nées, il serait irresponsable de tout laisser comme cela

se passe aujourd’hui. C’est pourquoi je souhaite que

toutes les politiciennes et tous les politiciens, ainsi que

toutes les personnes qui portent une responsabilité

dans le monde de la finance, s’engagent en vue d’opé-

rer les changements nécessaires...

Saint Basile, qui était évêque dans l’ancienne

métropole économique de Césarée au 4e siècle, avait

déjà interpellé les riches avec ces expressions orien-

tales de son époque: «Le pain qui demeure inutile

chez vous, c’est le pain de celui qui a faim; la tunique

suspendue dans votre garde-robe, c’est la tunique de

celui qui est nu; l’argent que vous tenez enfoui, c’est

l’argent du pauvre; les témoignages d’amour que

vous n’accomplissez pas, sont autant d’inégalités que

vous commettez».

Ces phrases prononcées par l’évêque Basile sont

toujours actuelles. Et ceci est encore plus valable

pour nous aujourd’hui: l’argent est au service de

l’homme, et non pas l’homme un esclave de l’argent.

Le 1er août est peut-être un jour idéal pour donner

un tel sens à notre comportement face à l’argent,

et mettre ainsi en place un fondement solide en vue

d’une nouvelle forme de confiance.

Mgr Markus Büchel,

par mandat de la Conférence des évêques suisses

L’argent n’est pas une fin en soi

Message des évêques de Suisse

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VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2012

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