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Ce que le Crédit Social propose

Cet exposé succinct et didactique fut préparé en

1958 à la demande de la Chambre de Commerce des

Jeunes du District de Montréal. La Chambre l’a publié

dans le numéro de mars 1958 de sa revue:

par

Louis Even

But

Le Crédit Social propose l’établissement d’un

régime économique et social dans lequel chaque

personne puisse, sans préjudice à

sa liberté, jouir de la sécurité abso-

lue, c’est-à-dire avoir la garantie d’au

moins le nécessaire pour répondre

aux besoins essentiels de la vie.

Obstacles

Cette fin est contrariée par cer-

tains vices fondamentaux du système

financier actuel:

1. Actuellement, toute expansion

monétaire nécessitée par l’expansion

économique se fait par des émissions

bancaires de crédit prêté à intérêt.

Les remboursements acheminent les

crédits vers leur extinction, dans le

système bancaire. La charge d’intérêt

imposant des remboursements supé-

rieurs aux émissions, le maintien des activités éco-

nomiques nécessite d’autres emprunts également

chargés d’intérêt.. L’effet est double: l’inflation des

prix, pour payer ce loyer de l’argent; l’accumulation

de dettes, industrielles ou publiques, collectivement

impayables.

2. Il n’y a ni équivalence ni concordance de temps

entre les prix attachés aux produits à mesure qu’ils

sortent de l’industrie et le pouvoir d’achat distribué

aux individus au cours de leur production. Or, le sys-

tème financier actuel n’a rien pour corriger cet écart

tant en volume qu’en vitesse d’écoulement.

3. Les sources d’énergie, les inventions, les pro-

grès dans les techniques de production, la mécanisa-

tion, la motorisation et bientôt l’automation, augmen-

tent le flot de produits tout en diminuant le besoin

de labeur humain. Or, le système actuel continue de

lier le revenu à l’emploi, au lieu de le lier au flot de

produits et de faire tous les citoyens, embauchés ou

non, bénéficier des fruits du progrès. Le progrès dans

la production, résultant de la somme croissante de

connaissances transmises d’une génération à l’autre,

est un héritage commun. Cet héritage commun est

un capital réel; c’est même le facteur prépondérant

de l’abondante production moderne. Or, ce fait est

méconnu dans le mode actuel de distribution et de

répartition de la richesse produite.

Postulats fondamentaux

Les correctifs proposés par le Crédit Social repo-

sent sur deux postulats, énoncés par l’ingénieur écos-

sais C.H. Douglas, fondateur de l’école créditiste:

1. Le crédit financier doit refléter exactement le

crédit réel.

Le crédit réel, c’est la capacité

physique de produire et livrer les

biens répondant aux besoins. Le

crédit financier, l’argent sous toutes

ses formes, doit donc se conformer

à ce crédit réel: être émis à mesure

que la production se réalise, et n’être

rappelé que selon la consommation,

la dépréciation ou la destruction de

la richesse produite. Un problème

purement financier est donc collec-

tivement injustifiable. Tout ce qui est

matériellement exécutable pour ré-

pondre aux besoins, publics ou pri-

vés, de la population. doit, par le fait

même, être rendu financièrement

possible.

2. Le coût réel de la production, c’est la consom-

mation.

On saisit facilement cette vérité, si l’on fait abs-

traction de l’aspect financier pour ne considérer que

l’aspect réel. C’est ce qu’il a fallu user de matériaux,

d’énergies humaines ou provenant d’autre source, ce

qu’il a fallu fournir de travail humain ou mécanique,

consommer de biens de toutes sortes pour produire

une chose: c’est bien cela qui constitue le coût réel

de cette chose.

Si donc, d’une part, la valeur comptable de toute

la production nationale, publique ou privée, au cours

d’une année, est disons de 32 milliards; et si, dans

le même temps, la valeur comptable de la consom-

mation de toute sorte a été de 24 milliards, il faut en

conclure que le coût réel de la production n’est pas

de 32 milliards, mais de 24 milliards, soit les 3/4 seu-

lement de sa valeur comptable. Et si l’on veut que

toute cette production soit accessible aux consom-

mateurs, pour qui elle est faite, il faut l’accorder aux

consommateurs aux 3/4 de son prix comptable. Leur

accorder un escompte général de 25 pour cent — tout

en compensant d’une autre source le marchand, ou

le producteur, obligé de récupérer le prix comptable.

Propositions financières

Le Crédit Social propose donc, en matière finan-

cière:

1. Que soit établi un Office National de Crédit, qui

pourrait très bien être la Banque du Canada, dont la

fonction serait de conformer ainsi la finance aux réa-

lités de la production et de la consommation.

2. Que l’Office National de Crédit émette, sans

charge d’intérêt, les crédits nouveaux nécessaires

pour financer toute production nouvelle, ces crédits

devant être retournés et annulés au rythme de la

consommation de la richesse produite.

3. Que les prix comptables des produits conti-

nuent d’être établis par les producteurs eux-mê-

mes; mais qu’un escompte général soit accordé au

consommateur lors de la vente au détail, selon le

calcul indiqué ci-dessus, les succursales de l’Office

National de Crédit compensant la différence aux

marchands sur présentation de leurs bordereaux de

vente.

4. Qu’un dividende périodique soit accordé, sans

condition, à chaque citoyen, employé ou non, à titre

de co-capitaliste du plus grand facteur de production

moderne. Ce dividende devrait être au moins assez

élevé pour que, en conjonction avec l’abaissement

des prix par l’escompte compensé, il permette à cha-

que personne au moins le nécessaire pour vivre. Le

dividende croîtrait d’ailleurs à mesure que la produc-

Louis Even (1885-1974)

fondateur de Vers Demain

tion exige moins de labeur humain. Le progrès, au

lieu de créer des problèmes d’embauchage intégral,

engendrerait des loisirs, ou activités libres, tout en

maintenant un revenu intégral pour se procurer les

fruits de la production.

Pour une réalisation

Ce nouveau mode de distribution et de réparti-

tion de la richesse n’exproprie personne et ne na-

tionalise nullement les moyens de production. Il est

conforme à la fois à la logique et à l’humain. Mais

il tranche tellement avec les méthodes actuellement

reçues, qu’il ne saurait être institué sans d’abord être

connu et accepté. Il heurte aussi de front la dictature

de l’argent.

On ne peut donc compter sur l’établissement

du Crédit Social avant qu’il soit suffisamment connu

pour être désiré, ni avant qu’une force suffisante ait

été créée dans la population pour en exiger la mise

en application.

Ni une élection ni un changement de gouver-

nement ne peuvent produire ces conditions. C’est

pourquoi les Pèlerins de saint Michel ne présentent

aucun candidat dans la présente élection, qu’ils récu-

sent ce qui accentue la division quand il faut liguer

les forces, et qu’ils poursuivent avec intensité leur

travail d’éducation et de formation des citoyens dans

le sens des principes du Crédit Social.

Louis Even

La signification du béret blanc

Pour s’identifier dans leur apostolat de porte à

porte, les Pèlerins de saint Michel, qui publient Vers

Demain, portent un béret blanc,

sur lequel on peut voir un livre

et une flamme. C’est leur cos-

tume. Pourquoi ont-ils choisi

ces symboles pour s’identifier ?

En 1949, les Directeurs de

notre Mouvement demandè-

rent à nos membres de trouver

une façon pour pouvoir identi-

fier nos apôtres dans leur apos-

tolat, et un de nos membres a proposé un béret,

affichant les mêmes symboles qui se trouvaient

déjà sur le drapeau de notre Mouvement, c’est-à-

dire, le livre et la flamme. (À la différence qu’il n’y a

aucune inscription sur le drapeau, contrairement au

béret.) Voici ce qu’écrivait à ce sujet notre défunte

directrice, Mme Gilberte Côté-Mercier, en 1977:

Notre drapeau fut béni solennellement le 31

août 1941 dans l’église du Christ-Roi à Sherbrooke

par l’évêque du lieu, Mgr Philippe Desranleau. Le

blanc de notre drapeau signifie la pureté des fins

poursuivies et des moyens employés par nous.

Il signifie la droiture dans les objectifs et dans les

méthodes des apôtres de Vers Demain et de «Mi-

chael». Ces apôtres s’appliquent à être purs de tou-

tes souillures d’orgueil, d’égoïsme et de trahison.

Sur notre drapeau

blanc, un livre. Un livre

pour exprimer que c’est

par l’étude et l’enseigne-

ment de la vérité que nous

travaillons à sauver des

âmes pour le Ciel et à libé-

rer sur la terre les person-

nes humaines, les institu-

tions et la société entière

de l’esclavage de la Haute Finance. Le livre est d’or,

de l’or pur de la sagesse.

La flamme de notre drapeau signifie le feu de

l’apostolat, qui doit nous tenir constamment au tra-

vail de notre combat.

Le drapeau blanc, rouge et or choisi par Louis

Even pour son oeuvre est aux trois couleurs du ro-

saire de Notre-Dame.

Quiconque est membre des Pèlerins de saint

Michel et désire promouvoir leur message porte

donc fièrement le béret blanc.

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VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2012

VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2012

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