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Le dimanche soir, devant un groupe de mariachis

réunis devant sa résidence, le Saint-Père a improvisé

quelques remarques en italien, qui ont été traduites

pour la foule par le nonce apostolique:

«Chers amis, merci infiniment pour cet enthousias-

me. Je suis très heureux d’être avec vous. J’ai fait de

nombreux voyages, mais jamais je n’ai été reçu avec

tant d’enthousiasme. J’emporterai avec moi, dans mon

cœur, une forte impression de ces jours. Le Mexique

sera toujours dans mon cœur. Je peux dire que depuis

des années déjà je prie chaque jour pour le Mexique,

mais à l’avenir je prierai encore beaucoup plus. Mainte-

nant je peux comprendre pourquoi le Pape Jean-Paul II

a dit: “Je me sens un Pape mexicain! ”».

Le 26 mars, le Saint-Père a quitté le Mexique pour

Santiago de Cuba, où il a été reçu à l’aéroport par le

président Raul Castro (qui a succédé en 2008 à son frère

Fidel). Benoît XVI a déclaré dans son discours:

«

De nombreuses parties du monde vivent

aujourd’hui un moment de difficulté économique par-

ticulière, que de nombreuses personnes s’accordent à

situer dans une profonde crise de type spirituel et moral,

qui a laissé l’homme vide de valeurs et sans protection

devant l’ambition et l’égoïsme de certains pouvoirs qui

ne prennent pas en compte le bien authentique des per-

sonnes et des familles. On ne peut pas continuer à suivre

plus longtemps la même direction culturelle et morale

qui a causé la situation douloureuse que tant de person-

nes subissent. Au contraire, le progrès véritable néces-

site une éthique qui place en son centre la personne

humaine et qui prend en compte ses exigences les plus

authentiques, de manière spéciale, sa dimension spiri-

tuelle et religieuse. Pour cela, dans le cœur et dans la

pensée de beaucoup, s’ouvre toujours plus la certitude

que la régénération des sociétés et du monde demande

des hommes droits, de fermes convictions, des valeurs

de fond morales et élevées qui ne soient pas manipula-

bles par des intérêts étroits, et qui répondent à la nature

immuable et transcendante de l’être humain.

«Chers amis, je suis convaincu que Cuba, en ce

moment particulièrement important de son histoire,

regarde déjà vers demain, et s’efforce pour cela de ré-

nover et d’élargir ses horizons, ce à quoi coopère cet

immense patrimoine de valeurs spirituelles et morales

qui ont formé son identité la plus authentique.»

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enoît XVI est reçu à l’aéroport de Santiago de Cuba

par le Président Raul Castro.

Le pape, revêtu d’une chasuble couleur or, pour la

solennité de l’Annonciation, a présidé la messe à Santi-

ago de Cuba, en fin d’après midi, en présence de quel-

ques 250.000 personnes. La statue de la Vierge del Co-

bre, habillée, à la mode des Vierges espagnoles, avait

revêtu elle aussi une robe dorée. Cette statue de bois

de la Vierge, d’environ un pied de haut, fut découverte

en 1612 par trois pêcheurs, dont un esclave noir.

La statue de la Vierge del Cobre

Perdus sur la mer pendant une tempête, qui virent

flotter sur l’eau une image de bois à l’effigie de la Vierge

avec cette inscription à sa base: «Je suis la Vierge de

la Charité.» Et le manteau en étoffe de la Vierge n’était

pas mouillé. L’image fût portée à la mine de cuivre d’El

Cobre, et le premier sanctuaire vit le jour en 1684. Le

10 mai 1916, à la fin de la guerre d’indépendance natio-

nale, le Pape Benoît XV proclame officiellement Notre

Dame de la Charité patronne de Cuba. Lors de sa visite

sur l’île en 1998, Jean-Paul II a couronné la statue de

Notre-Dame de la Charité del Cobre.

Voici des extraits de l’homélie du Saint-Père:

«L’Église universelle célèbre aujourd’hui l’Annon-

ciation du Seigneur à la Vierge Marie. En effet, l’incar-

nation du Fils de Dieu est le mystère central de la foi

chrétienne, et en lui, Marie occupe un rôle de premier

ordre. Mais, que veut dire ce mystère? et quelle impor-

tance a-t-il pour nos vies concrètes?

Dans le Christ, Dieu est venu réellement au monde,

il est entré dans notre histoire, il a installé sa demeure

parmi nous, accomplissant ainsi l’intime aspiration de

l’être humain que le monde soit réellement un foyer

pour l’homme. En revanche, quand Dieu est jeté de-

hors, le monde se transfor-

me en un lieu inhospitalier

pour l’homme, décevant en

même temps la vraie voca-

tion de la création d’être

un espace pour l’alliance,

pour le « oui » de l’amour

entre Dieu et l’humanité qui

lui répond. C’est ce que fit

Marie, étant la prémisse des

croyants par son “oui” sans

réserve au Seigneur.

«Pour cela, en contem-

plant le mystère de l’Incar-

nation, nous ne pouvons

pas nous empêcher de tour-

ner notre regard vers elle et

nous remplir d’étonnement,

de gratitude et d’amour en voyant comment notre

Dieu, en entrant dans le monde, a voulu compter avec

le consentement libre d’une de ses créatures. Ce n’est

que quand la Vierge répondit à l’ange: “Voici la ser-

vante du Seigneur; que tout se passe pour moi selon

ta parole” (Lc 1, 38), que le Verbe éternel du Père com-

mença son existence humaine dans le temps. Il est

émouvant de voir comment Dieu non seulement res-

pecte la liberté humaine, mais semble en avoir besoin.

Et nous voyons aussi comment le commencement de

l’existence terrestre du Fils de Dieu est marqué par un

double “oui” à la volonté salvatrice du Père: celui du

Christ et celui de Marie. Cette obéissance à Dieu est

celle qui ouvre les portes du monde à la vérité et au

salut. En effet, Dieu nous a créés comme fruit de son

amour infini, c’est pourquoi vivre conformément à sa

volonté est la voie pour rencontrer notre authentique

identité, la vérité de notre être, alors que s’éloigner

de Dieu nous écarte de nous-mêmes et nous préci-

pite dans le néant. L’obéissance dans la foi est la vraie

liberté, l’authentique rédemption qui nous permet de

nous unir à l’amour de Jésus en son effort pour se

conformer à la volonté du Père. La rédemption est tou-

jours ce processus de porter la volonté humaine à la

pleine communion avec la volonté divine.»

Lors du dernier jour de sa visite à Cuba, le Pape

Benoît XVI a célébré une messe à La Havane, décla-

rant entre autres dans son homélie: «Foi et raison sont

nécessaires et complémentaires dans la recherche de

la vérité. Dieu a créé l’homme avec une vocation innée

à la vérité et pour cela, l’a doté de raison. Ce n’est cer-

tainement pas l’irrationalité, mais le désir de vérité qui

promeut la foi chrétienne. Tout homme doit être cher-

cheur de vérité et opter pour elle quand il la rencontre,

même s’il risque d’affronter des sacrifices.»

Photo: Après la messe, avant son départ de Cuba,

le Saint-Père a rencontré à la nonciature apostolique

l’ancien président Fidel Castro (maintenant âgé de 86

ans, soit un an de plus que le Saint-Père).

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VERS DEMAIN mars-avril 2012

www.versdemain.org