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Du 23 au 26 mars 2012, lors

de son 23e voyage apostolique en

dehors d’Italie, Benoît XVI a visité le Mexique, un pays

de 92 millions de catholiques sur une population de 108

millions (ce qui en fait le deuxième pays au monde pour

le nombre de catholiques après le Brésil). Et du 26 au

28 mars, Benoît XVI a ensuite visité Cuba, à l‘occasion

du 400e anniversaire de la découverte de l’image de la

Vierge de la Charité del Cobre, patronne de Cuba.

Éduquer les consciences

Lors de la conférence de presse sur le vol d’une du-

rée de 14 heures l’amenant de Rome au Mexique, Benoît

XVI a répondu à cinq questions de journalistes présents,

déclarant, entre autres:

«L’Église a donc la grande responsabilité d’éduquer

les consciences, d’éduquer à la responsabilité morale

et de démasquer

le mal, démasquer

l’idolâtrie de l’ar-

gent, qui rend les

hommes esclaves

de cette chose uni-

quement; démas-

quer également les

fausses promesses,

les mensonges, les

tromperies qui se

cachent

derrière

la drogue. Nous

devons voir que

l’homme a besoin

de l’infini. Si Dieu

est absent, l’infini

crée ses propres

paradis, une apparence d’«infinitudes» qui ne peut être

qu’un mensonge. C’est pourquoi il est réellement impor-

tant que Dieu soit présent, accessible; c’est une grande

responsabilité face au Dieu juge qui nous guide, qui nous

attire vers la vérité et vers le bien, et dans ce sens, l’Église

doit démasquer le mal, rendre présente la bonté de Dieu,

rendre présente sa vérité, le vrai infini dont nous avons

soif. Tel est le grand devoir de l’Église. (...)

«On voit, en Amérique latine mais ailleurs aussi, une

certaine schizophrénie chez certains catholiques entre

morale individuelle et publique: personnellement, dans la

sphère privée, ils sont catholiques, croyants, mais dans

la vie publique, ils suivent d’autres chemins qui ne cor-

respondent pas aux grandes valeurs de l’Évangile, qui

sont nécessaires pour la fondation d’une société juste. Par

conséquent, il faut éduquer à surmonter cette schizoph-

rénie, éduquer non seulement à une morale individuelle,

mais à une morale publique, et c’est ce que nous es-

sayons de faire avec la doctrine sociale de l’Église, parce

que, naturellement, cette morale publique doit être une

morale raisonnable, partagée et partageable même par

des non-croyants, une morale de la raison.»

À une question d’un journaliste rappelant les paro-

les de Jean-Paul II en 1998 à Cuba («Que Cuba s’ouvre

au monde et que le monde s’ouvre à Cuba»), Benoît XVI

a répondu:

«Ces paroles du Saint-Père Jean-Paul II sont enco-

re tout à fait actuelles… Aujourd’hui, il est évident que

l’idéologie marxiste telle qu’elle était conçue ne répond

plus à la réalité: on ne peut plus répondre ainsi et

construire une société; il faut trouver de nouveaux mo-

dèles, avec patience et de manière constructive. Dans

ce processus, qui exige de la patience mais aussi de la

fermeté, nous voulons aider dans un esprit de dialogue,

pour éviter des traumatismes et pour aider le chemine-

ment vers une société fraternelle et juste comme nous

le désirons pour le monde entier et nous voulons col-

laborer dans ce sens. Il est évident que l’Église est tou-

jours du côté de la liberté; liberté de conscience, liberté

de religion. Nous apportons notre contribution dans ce

sens, comme l’apportent également sur ce chemin vers

l’avant les simples fidèles.

Benoît XVI est accueilli à son arrivée à l’aéroport le

23 mars par le président mexicain Felipe Calderon et son

épouse, Margarita Zavala.

Quelque 640.000 Mexicains enthousiastes sont ve-

nus rencontrer Benoît XVI pour le sommet de sa visite

pastorale: la messe au pied du Christ Roi du Cubilete

près de Leon, au centre géographique du pays, ce di-

manche 25 mars. Avant de rejoindre le «parc du Bicen-

tenaire» de l’indépendance mexicaine pour la célébra-

tion de la messe, le Pape avait survolé en hélicoptère

la statue géante du Christ Roi (voir photo ci-haut).

Cette statue de 20 mètres (65 pieds) du Christ aux

bras ouverts, perché à 2580 mètres (8460 pieds) d’alti-

tude, a une histoire vraiment spéciale. Une première

statue fut construite en 1920 par l’évêque de Leon, Mgr

Valderde, mais dynamitée par le gouvernement anti-ca-

tholique en 1928. Un cinquième monument fut finale-

ment complété en 1950, avec deux parties: une basili-

que en forme de sphère qui symbolise l’univers et, sur

le toit de cette basilique, une statue du Christ Roi avec

deux anges lui offrant deux couronnes: celle du mar-

tyre et celle de la gloire. La statue est l’oeuvre de Fidias

Elizondo, sculpteur de Monterrey au Mexique, et sym-

bolise la royauté divine du Christ, Seigneur de l’univers.

L’hélicoptère s’est enfin posé au sommet du Mont,

où l’attendait la papamobile. Tandis que la papamobile

ralentissait, un sombrero noir, envoyé de la foule, a été

attrapé au vol par Mgr José Guadalupe Martín Rábago,

archevêque de Leon, qui l’a remis au pape. Sans hési-

ter, ce dernier l’a revêtu. Voyant cela, la foule a mani-

festé des transports de joie et de fierté (voir photo).

Demandons au Christ

qu’il règne dans nos coeurs

Voici un extrait de l’homélie du Saint-Père:

“Chers frères, en venant ici j’ai pu m’approcher du

monument dédié au Christ Roi, sur la hauteur du Cubi-

lete. Mon vénéré prédécesseur, le bienheureux Pape

Jean-Paul II, bien que l’ayant désiré ardemment, n’a

pas pu visiter, ce lieu emblématique de la foi du peu-

ple mexicain, au cours de ses voyages dans cette terre

bien-aimée. Il se réjouira certainement aujourd’hui du

ciel du fait que le Seigneur m’ait donné la grâce de

pouvoir être maintenant avec vous, comme il bénirait

aussi tant de millions de mexicains qui ont voulu véné-

rer récemment ses reliques partout dans le pays. Et

bien, c’est le Christ Roi qui est représenté dans ce mo-

nument. Pourtant les couronnes qui l’accompagnent,

l’une de souverain et l’autre d’épines, montrent que sa

royauté n’est pas comme beaucoup l’avaient comprise

et la comprennent. Son règne ne consiste pas dans la

puissance de ses armées pour soumettre les autres par

la force ou la violence. Il se fonde sur un pouvoir plus

grand qui gagne les cœurs : l’amour de Dieu qu’il a

apporté au monde par son sacrifice, et la vérité dont

il a rendu témoignage. C’est cela sa seigneurie, que

personne ne pourra lui enlever, et que personne ne

doit oublier. C’est pourquoi, il est juste que, par-dessus

tout, ce sanctuaire soit un lieu de pèlerinage, de prière

fervente, de conversion, de réconciliation, de recher-

che de la vérité et de réception de la grâce. À lui, au

Christ, demandons qu’il règne dans nos cœurs en les

rendant purs, dociles, pleins d’espérance et courageux

dans leur humilité.»

«Jamais je n’ai été reçu avec tant d’enthousiasme !»

Visite pastorale du Pape Benoît XVI

au Mexique et Cuba, du 23 au 28 mars 2012

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VERS DEMAIN mars-avril 2012

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