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Nous publions une conférence de

M. Marcel Lefebvre donnée pendant

la semaine d’étude de la fin du mois

d’août 2011:

Ce que nous allons traiter

aujourd’hui et au cours de la

semaine, c’est en vue de régler à la

source le problème majeur de l’hu-

manité: le scandale de la pauvreté

devant l’abondance.

S’il n’y avait pas d’abondance, on

pourrait ‘partager’, mais on distri-

bue abondamment du matériel de

mort, de destruction, et on restreint

la nourriture, on restreint les besoins humains. En

1934, quand Louis Even a connu les propositions de

Douglas, un ingénieur économiste écossais, il s’est

dit: «Une lumière sur mon chemin, il faut que tout le

monde connaisse cela !»

Cette lumière, il l’a trouvée dans un petit docu-

ment: ‘Du Régime de Dettes à la Prospérité’, par J.

Crate Larkin. Notre fondateur a vu la cause de la

crise économique. En 1934, c’était la misère intense

à Montréal devant des produits abondants. On man-

quait d’un permis qu’on appelle argent, et l’argent

n’était pas au rendez-vous, pourtant les produits

étaient abondants.

Monsieur Even connaissait la Doctrine Sociale de

l’Église, mais on n’y précise pas les moyens d’appli-

quer cette Doctrine Sociale. Louis Even cherchait ces

moyens et il a eu providentiellement entre ses mains

ce fameux petit livre.

Il a consacré les 40 dernières années de sa vie

à faire connaître cette lumière. En 1937, il a même

abandonné son emploi parce qu’il trouvait que les

fins de semaine et les soirs après son travail, ne lui

donnaient pas suffisamment de temps pour répan-

dre la lumière. Donc, la Providence y a pourvu et

il s’est lancé dans une aventure impressionnante,

mettre de la lumière sur la cause principale de ce

problème de pauvreté.

Dans un document que nous avons distribué

par millions en une douzaine de langues différen-

tes, nous avons mentionné cette parole du Pape

Jean-Paul II: «Il est urgent de mettre fin au scan-

dale de la pauvreté dans le monde ! La réforme la

plus urgente: corriger le système financier». C’est

dans le système financier que se trouve le pro-

Le problème majeur de l’humanité:

Le scandale de la pauvreté devant l’abondance

blème. On fait bien attention de ne

pas effleurer la cause principale du

problème.

En 1931, dans son encyclique

Quadragesimo Anno,

le Pape Pie XI

dénonçait ceux qui contrôlent l’ar-

gent et le crédit des nations. «Ils

distribuent, dit-il, en quelque sorte

le sang à l’organisme économique

dont ils tiennent la vie entre leurs

mains». Il ajoutait que les gouver-

nements sont déchus de leur noble

fonction et sont devenus les valets de ces puis-

sances financières. Ceux qui contrôlent l’argent,

contrôlent aussi les média d’information, contrô-

lent la formation (

des économistes

) pour mainte-

nir ce système financier actuel.

Encyclique «Populorum Progressio»

Paul VI, en 1967, dans

son encyclique «Populo-

rum Progressio», parlait,

«d’un néfaste système

qui accompagne le capi-

talisme». Le capitalisme

n’est pas à rejeter du

revers de la main. Ce

n’est pas à cause de la

propriété privée, à cause

de la libre entreprise

que nous avons ce pro-

blème économique. La

libre entreprise fournit les produits en abondance et

même en surabondance, mais le système financier

qui accompagne ce système de production capita-

liste n’est pas du tout au diapason de la production.

Les peuples peuvent produire abondamment

mais s’il y a des gens qui décident de fermer le robi-

net, l’argent disparaît et on souffre d’un manque de

‘signes’; l’argent, ce n’est pas la richesse. La richesse,

c’est le pain, ce sont les biens consommables. Mais,

aujourd’hui, c’est le signe qui passe avant la réalité.

Le Pape Jean-Paul II a été jusqu’à taxer ce ‘néfaste

système’ de ‘structure de péché’. A cause de ce

‘néfaste système’, tous les peuples doivent des mil-

liards.

Effacez les dettes des pays

En 1980, 75 Évêques  d’Amérique latine se sont

regroupés pour protester contre le Fonds Monétaire

International et la Banque Mondiale qui avaient prêté

80 milliards de dollars à ces pays pour leur venir en

aide. Au bout de 10 ans, ces peuples avaient payé

418 milliards en intérêts, plus de 5 fois le montant

reçu. Et la dette, ils

la doivent encore.

Ce n’est pas sans

raison que le Pape

Jean-Paul II récla-

mait à grands cris

d’effacer les dettes

des pays pour

le Jubilé de l’an

2000. Effacer les

dettes des pays ! Il

n’y a pas d’autres

solutions. Afin de

payer des intérêts

sur leur dette, les

peuples travaillent

maintenant à pro-

duire pour vendre

à l’étranger. Ils ne

peuvent

même

plus profiter de leur

propre production.

Les peuples souffrent

Je suis allé au Congo ! On m’a dit: «Il y a des fonc-

tionnaires qui n’ont pas reçu leur salaire depuis 10

mois !» Pourquoi ? Parce que le gouvernement a

décidé d’envoyer tout ce qu’il pouvait ramasser au

FMI et à la Banque Mondiale pour payer des intérêts

sur une dette déjà plusieurs fois remboursée. Et les

peuples souffrent ! Il n’y a pas de possibilité de déve-

loppement dans un tel système.

Au Canada, nous avons une institution qu’on

appelle Banque du Canada. À une question sur les

Banques et le Commerce, qui lui a été posée par

une Commission Parlementaire, en 1935, Graham

Towers, premier gouverneur de la Banque du

Canada, répondait: «Pourquoi un pays, ayant le

pouvoir de frapper sa monnaie, devrait-il céder ce

privilège à un monopole privé et emprunter de ce

monopole ce que le gouvernement pourrait créer

lui-même, et payer intérêt jusqu’au point d’une

faillite nationale?» Le Gouverneur de répondre:

«Si le gouvernement veut changer la forme d’opé-

ration du système bancaire, cela est certainement

dans le pouvoir du Parlement.» La Constitution

Canadienne précise que le pouvoir de frapper la

monnaie et d’en régler la valeur revient au gou-

vernement central, au gouvernement fédéral.

Mais depuis cette date rien n’a changé. Notre Pre-

mier Ministre actuel emprunte encore aujourd’hui

de ce monopole. Pour avoir emprunté 39 milliards

de dollars de ce monopole pour les services à la

population des différents Ministères, la dette cana-

dienne avait atteint 562 milliards $ en 2002. 562

milliards $ de dette pour avoir obtenu les services

de 39 milliards $. Ceci dû à un système pervers !

Saint

Louis,

roi de France,

disait: «Le pre-

mier devoir d’un

roi, c’est de frap-

per sa monnaie

pour faciliter les

échanges entre

ses sujets.» Quel

g o u ve r n eme n t

frappe sa mon-

naie, aujourd’hui ?

Aucun !

Une

poignée

d’individus

ont

usurpé le pouvoir

de créer l’argent.

Au Canada, c’est

en 1913 que ce pri-

vilège de créer l’ar-

gent a été cédé au

monopole privé.

Aux États-Unis, c’est le 23 décembre 1913 qu’un

petit nombre de députés votaient la loi de la ‘Fede-

ral Reserve’, un organisme privé qui s’emparait du

monopole et de la création de l’argent.

Et nous vivons présentement une crise financière;

ça ne vient pas de Dieu. Dieu envoie encore la pluie

et le soleil. La production est en quantité suffisante

pour nourrir l’humanité; mais un petit nombre

d’individus ont la main sur le robinet de l’argent et

ferment ce robinet en temps de paix. Ce qui crée

la misère devant l’abondance et curieusement, en

temps de guerre, ça se rouvre automatiquement et

l’argent est créé en abondance pour la destruction,

pour la guerre. Ce n’est pas de Dieu, ce système-

là ! Donc, quand arrive entre-temps un pépin, une

crise financière par exemple, les gens perdent leur

emploi, leurs biens, leur maison.

La crise financière aux États-Unis

Des millions de familles américaines ont perdu

leur maison; Bush n’avait pas 5 sous pour leur venir

en aide. Par contre, juste avant de quitter la ‘Maison

Blanche’, Bush a réussi à trouver 700 milliards de

dollars pour venir en aide aux pauvres banques. Il

n’était pas possible de laisser les banques dans des

difficultés. La famille mise dans la rue, pas de pro-

Le Pape Paul VI

u

par

Marcel Lefebvre

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VERS DEMAIN mars-avril 2012

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