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«La cloche de la chapelle sonna à 3 heures pour

réunir les indiens, parce qu’ils désiraient assister à sa

mort. Après 3 heures ils s’y rendirent et Kateri Tekakwi-

tha attendit que tout le monde soit dans la pièce. Lors-

que le dernier arriva, elle rentra en agonie avec tout le

monde à genoux autour d’elle. Une petite demi-heure

après son agonie elle prononça ses derniers mots: “

Ie-

sos ! Wari !

” “Jésus ! Marie ! ”

«Puis elle eut un petit spasme au côté droit de sa

bouche. Elle mourut comme si elle rentrait dans un

sommeil léger et pendant longtemps nous n’étions pas

certains de sa mort. Un peu avant 4 heures, son visage

soudainement changea et devint en un instant tellement

beau, souriant et blanc. Son visage prit une teinte légè-

rement rosée, qu’elle n’avait jamais eue auparavant, et

ses traits furent différents. Je le vis immédiatement car

je priais juste à ses côtés, et j’en criais d’étonnement.

Son visage avait été tellement marqué par les cicatri-

ces de la variole depuis l’âge de quatre ans, et ses in-

firmités, et mortifications ont aggravé encore plus son

état. Et avant sa mort, son teint devint plus foncé. Son

visage apparut plus beau que lorsqu’elle était en vie. Je

confie volontiers la première pensée qui m’est venue à

l’esprit, que Kateri venait peut-être d’entrer au paradis

à ce moment.»

«Nous avons vécu le jour de la mort de Kateri avec

une très grande dévotion. Elle a quitté le village entier

laissant à sa suite un parfum de sa vertu et de sa sain-

teté, surtout lorsque plusieurs heures plus tard je pro-

nonçais son oraison funèbre lors des prières du soir, je

rappelais aux indiens le trésor qu’ils possédaient puis

avaient perdu avant qu’ils ne la connaissent. Kateri Te-

kakwitha est morte comme elle a vécu, c’est-à-dire une

sainte. C’était prévisible qu’une telle vie sainte serait sui-

vie d’une mort sainte, parce que Kateri Tekakwitha était

remplie de l’Esprit-Saint. Leur simplicité a fait faire aux

autochtones plus que leurs coutumes lors de cette oc-

casion, comme lui embrasser les mains, garder tout ce

qui lui appartenait comme reliques, passer la soirée et le

reste de la nuit à ses cotés pour admirer son visage. Son

expression inspirait la dévotion même si son âme était

séparée d’elle. C’était un nouvel argument crédible que

Dieu offrait aux indiens pour leur faire goûter la foi. »

Lors de sa béatification le 22 juin 1980, en la basili-

que Saint-Pierre le pape Jean-Paul II a décrit Kateri avec

ces mots:

«Lorsque sa famille l’a poussée à se marier, elle

répondit avec beaucoup de calme et de sérénité que

seul Jésus serait son époux. Cette décision, dans le

contexte de l’époque des femmes autochtones, était

un risque réel pour elle de vivre en proscrite et dans la

pauvreté. C’était un geste intrépide, peu commun, et

prophétique: le 25 mars 1679, à l’âge de 23 ans, avec

l’accord de son directeur spirituel, Kateri a fait vœu

de virginité, et le plus loin que l’on s’en souvienne, ce

fut la première fois que cela se voyait chez les indiens

d’Amérique de Nord.

«Les derniers mois de sa vie furent une manifesta-

tion encore plus claire de sa foi très solide, de sa fran-

che humilité, de sa calme résignation, et de sa joie ra-

dieuse, même au beau milieu de terribles souffrances.

Ses derniers mots, simples, sublimes, murmurés au

moment de sa mort, résumèrent, tel un noble hymne,

une vie empreinte de charité pure: “Jésus, je t’aime”.»

S’adressant aux indiens d’Amérique du Nord juste

après sa béatification le 24 juin 1980, Jean-Paul ll a dit:

«Vraiment la bienheureuse Kateri se dresse de-

vant nous comme le meilleur symbole du patrimoine

qui est le vôtre, indiens d’Amérique du Nord.

«L’Église a déclaré au monde que Kateri Tekakwi-

tha est bienheureuse, que sa vie sur terre fut un exem-

ple de sainteté et que maintenant, au paradis, elle est

membre de la communion des saints qui sans cesse

intercèdent pour nous auprès du Père miséricordieux.

Sa béatification devrait nous rappeler que nous som-

mes tous appelés à une vie de sainteté, qu’avec le

baptême, Dieu a choisi chacun de nous à “être saint et

immaculé et à vivre dans son amour”. La Vie de sain-

teté – l’union avec le Christ dans la prière et l’exercice

de la charité – n’est pas réservée à une élite choisie

parmi les membres de l’Église. C’est la vocation de

tous.»

Et plus récemment, le pape Benoit XVI a mentionné

ce grand modèle de sainteté lorsqu’il s’est adressé aux

jeunes et aux séminaristes du Séminaire Saint-Joseph à

Yonkers, New-York lors de sa visite historique aux Etats-

Unis le 19 avril 2008.

«Sainte Elizabeth Ann Seton, sainte Françoise-Xa-

vière Cabrini, saint Jean Neumann, la bienheureuse

Kateri Tekakwitha, le vénérable Pierre Toussaint et le

Père Felix Varela: n’importe qui d’entre nous pourrait

être parmi eux, parce qu’il n’y a aucun stéréotype dans

ce groupe, aucun modèle uniforme. Mais à y regarder

de plus près, ils ont des éléments communs. Embra-

sées par l’amour de Jésus, leurs vies sont devenues de

remarquables voyages de l’espérance. Pour certains,

cela voulait dire quitter leur maison et s’embarquer

pour un pèlerinage de milliers de kilomètres. Pour cha-

cun d’eux, il y a eu un acte d’abandon à Dieu, avec la

confiance qu’il est la destination finale de tout pèlerin.

Et ils ont tous offert une main tendue d’espérance à

ceux qu’ils rencontraient sur leur chemin, en éveillant

Le miracle pour la canonisation

Pour qu’une personne soit déclarée sainte, un

miracle doit être obtenu par son intercession, après

sa béatification. Le miracle reconnu par Rome dans

ce cas-ci est la guérison d’un jeune Amérindien, Jake

Finkbonner, de Ferndale, dans l’État de Washington,

membre de la tribu Lummi – connue également com-

me Lhaq’temish, qui se répartit sur la côte Pacifique

nord de l’État de Washington (États-Unis) et la côte

sud de la Colombie Britannique (Canada); elle se com-

pose d’environ 6 600 membres, mais Jake n’est amé-

rindien que du côté de sa mère.

Lors d’un match de basket-ball, en février 2006,

quelques jours avant son sixième anniversaire, Jake

Finkbonner se blessa, lorsqu’en tombant, sa bouche

frappa la base du panier de basket-ball mobile. Sa plaie

s’infecta très rapidement et on le diagnostiqua atteint d’une

fasciiste nécrosante (infection dite «mangeuse de chair» et

notamment des chairs du visage comme dans le cas de

Jake). Le pronostic des médecins de l’hôpital pour enfants

de Seattle était que le jeune homme n’y survivrait pas, mais

le Père Tim Sauer, un ami de la famille et qui était alors prê-

tre dans la réserve de la tribu Lummi à Ferndale et Blaine,

incita les parents de Jake, Elsa et Donny Finkbonner, qui

sont des catholiques pratiquants, de prier la bienheureuse

Kateri Tekakwitha.

Après plusieurs opérations pour enlever sa peau en-

dommagée, Jack pris soudainement du mieux le neuvième

jour de son hospitalisation. C’était le jour où une relique

de la bienheureuse Kateri fut placée sur un oreiller près

de la tête de Jake. Huit semaines plus tard, Jake recevait

son congé de l’hôpital pour retourner à la maison. (

Photo:

Jake Finkbonner avec son père Don, sa mère Elsa, et ses

deux soeurs.

)

Jake en 2005 (à gauche), et le jour de ses

six ans (à droite), huit jours après avoir été in-

fecté par la bactérie mangeuse de chair.

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2012

www.versdemain.org

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