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Depuis plusieurs années se tient à Ottawa une

marche nationale pour la vie. Cette année, un nom-

bre record de 19 500 personnes y ont participé, dont

plusieurs évêques catholiques. De nombreux repré-

sentants des Pèlerins de saint Michel y ont aussi pris

part. Rappelons que c’est le 14 mai 1969 que l’avor-

tement était décriminalisé au Canada, avec l’adoption

du bill omnibus par le gouvernement de Pierre-Elliott

Trudeau. Avec environ 100 000 avortements par année

au Canada, c’est plus de 4 millions d’enfants qui ont

ainsi été avortés depuis 1969. Voici une réflexion sur

cette marche écrite par le Père Thomas Rosica, prési-

dent directeur général de la télévision catholique Sel

et Lumière, publiée le 7 mai 2012 sur leur site internet

http://seletlumieretv.org/blogue/

Le 10 mai de cette année, des milliers de Canadiens

se rencontreront de nouveau sur la colline du Parlement

et dans nombre de villes canadiennes, pour défendre

les êtres humains qui ne sont pas encore nés. Être

«pro-vie» de manière active, c’est contribuer au renou-

vellement de la société à travers la promotion du bien. Il

est impossible de répandre le bien commun sans toute-

fois affirmer et défendre le droit à la vie, droit sur lequel

reposent et se fondent tous les droits inaliénables des

individus et à partir duquel ils se développent. La vraie

paix ne peut exister que lorsque la vie est défendue et

promue. Rappelons-nous les paroles prophétiques de

Paul VI:

«Chaque crime contre la vie est une attaque

contre la paix, spécialement si elle s’attaque à la

conduite morale des personnes… Cependant, là où

les droits des êtres humains sont vraiment profes-

sés et publiquement reconnus et défendus, la paix

devient le climat jovial et opératif de la vie au sein de

la société.»

L’avortement est, sans aucun doute, la blessure la

plus grave infligée, non seulement sur les individus et

leurs familles – qui sont censées fournir le sanctuaire

de la vie, mais aussi sur les sociétés et leur culture,

par les mêmes personnes qui devraient être les agents

promoteurs et les défenseurs de la société. Nous ne

devrons jamais perdre de vue les atrocités commises

contre les êtres pas encore nés de même que ce qui

n’est pas dit et qui est très rarement avoué de la souf-

france et de l’agonie persistantes vécues par les per-

sonnes qui ont enduré des avortements.

L’Église catholique offre un enseignement consistant

sur l’inviolabilité, la sacralité et la dignité de la person-

ne humaine: une vision parfaite de 20/20 pour laquelle

nous devons lutter chaque jour si nous nous déclarons

pro-vie. L’opposition à l’avortement et à l’euthanasie ne

justifie pas l’indifférence à ceux qui souffrent de pau-

vreté, de violence et d’injustice. Nous devons lutter pour

avoir une vue intégrale, et non pas bornée.

Ce qui est encore plus troublant, c’est ceux qui se

disent de la gauche, toujours champions des droits

humains et civils, qui respectent et soutiennent la di-

gnité et la liberté d’autrui. Ceci inclut sans doute la pro-

tection des droits des individus, ainsi que les efforts

du gouvernement pour prendre soin des personnes

faibles, malades et démunies. Pourquoi donc l’exten-

sion aux êtres humains à naître du droit humain à la

vie, ainsi que l’opposition à la culture de la mort, ne

sont-elles pas des thèmes principaux de la gauche?

Il est impératif qu’elles le soient, car elles constituent

indubitablement une affaire de justice et de droit des

êtres humains.

Il y a quelques années, le cardinal Sean O’Malley,

archevêque de Boston aux USA a adressé une lettre

aux citoyens de son grand diocèse:

«Si une cause, quelle qu’elle soit, est motivée

par le jugement, la fureur, et la vengeance, elle serait

maudite à la marginalisation et l’échec. Les paroles

que Jésus nous a adressées nous enseignent que

nous devons nous aimer les uns les autres comme

Il nous aime… Notre capacité à transformer le cœur

des gens et de les aider à comprendre la dignité de

chaque vie, à partir du moment de sa conception

jusqu’au dernier moment de sa mort naturelle, est

intrinsèquement liée à notre capacité d’accroitre

l’amour et l’unité au sein de l’Église, car, notre procla-

mation de la Vérité est entravée lorsque nous som-

mes divisés et lorsque nous nous disputons.»

Quelle que soit l’opposition à la vie en soi, telle

que n’importe quel genre de meurtre, génocide,

avortement, euthanasie, ou autodestruction délibé-

rée; quelle que soit la chose qui viole la dignité de la

personne humaine, telle que la malnutrition, les tour-

ments infligés sur le corps humain ou sur l’esprit, qui

tente de contraindre la volonté dans son essence; tout

ce qui insulte la dignité humaine telle que les condi-

tions sous-humaines de la vie, l’emprisonnement arbi-

traire, la déportation, l’esclavage, la prostitution, le tra-

fic de femmes et d’enfants, les conditions ignobles de

travail où les gens sont traités comme des instruments

de gain, plutôt que des personnes libres et responsa-

bles…Toutes ces choses et bien d’autres, empoison-

nent la société humaine.

Dans son encyclique, Caritas in Veritate (La vérité

dans la charité), le pape Benoît XVI vise clairement la

dignité et le respect pour la vie humaine:

«L’ouverture à la vie est au centre du vrai déve-

loppement. Lorsqu’une société tend vers le déni ou

la suppression de la vie, elle finit par ne plus retrou-

ver la motivation et l’énergie nécessaires pour lut-

ter pour le vrai bien de l’être humain. Si l’on perd la

sensibilité personnelle et sociale envers l’acceptation

d’une nouvelle vie, alors d’autres formes d’accepta-

tion valeureuses pour la société se flétrissent aussi.»

Être pro-vie ne nous donne pas le droit et l’auto-

risation de dire et faire ce que bon nous semble, ni

de diffamer, condamner et détruire d’autres êtres hu-

mains qui ne partagent pas nos points de vue. Nous ne

devons jamais oublier les principes de la civilité, de la

charité évangélique, de l’éthique, et de la justice. Nous

devons éviter la détérioration de notre vision, voire,

la myopie qui afflige souvent les personnes de bonne

volonté qui sont aveuglées par leur propre zèle et sont

incapables d’avoir une vision complète de la situation.

Être pro-vie n’est pas une activité désignée pour un

parti politique ou pour une partie spécifique du spec-

tre. C’est une obligation pour tout le monde: gauche,

droite et centre ! Donc, nous sommes pro-vie, nous

devons interpeller la culture qui nous entoure, et non

pas la maudire. Être pro-vie de nos jours est véritable-

ment prophétique et engendrera un développement

authentique et une paix durable.

Pour ceux et celles qui disent que l’avortement est

un gage de progrès pour la femme, un acquis ou un

droit inaliénable: rien n’est plus faux. L’avortement tue

un être humain innocent et souvent il blesse la femme

psychologiquement, physiquement et spirituellement.

Les pères aussi souffrent beaucoup. Un vrai progrès

serait de trouver les moyens de faire baisser à zéro

le taux d’avortement. Si seulement les femmes en

détresse à cause d’une grossesse inattendue étaient

accueillies, informées et accompagnées avec compas-

sion et solidarité dans leur choix…

Nous ne pouvons ignorer l’autre grand défi auquel

est confrontée l’humanité aujourd’hui — la question

sérieuse de la mort par compassion, que d’aucuns

appellent parfois euthanasie, qui n’est plus présente

dans des cas abstraits et des théories. Cette question

concerne les gens ordinaires et est débattue, non seu-

lement au Parlement, mais aussi autour des tables à

dîner et dans les milieux scolaires. Les populations

vieillissantes, notamment en Occident et les forces ac-

tives qui en résultent, sont désormais en train de créer

une force qui propulse le marché vers l’euthanasie. Le

Bienheureux Jean Paul II écrivait: «Le droit de mourir

cèdera inévitablement au devoir de mourir.» La ques-

tion touche l’essence de ce que l’on est et ce que l’on

croit. L’euthanasie doit être appelée compassion erro-

née et mal-conseillée. La vraie compassion mène au

partage de la souffrance de l’autre, et non pas à tuer la

personne dont la souffrance nous est insupportable.

Prions ensemble cette prière pour la Marche pour

la vie:

Père Eternel, Source de Vie,

Fortifie-nous de ton Esprit Saint

afin de recevoir l’abondance de la vie

que tu nous as promise.

Ouvre nos cœurs afin de voir et désirer

la beauté de ton dessein pour la vie et l’amour.

Transforme notre amour en un amour

généreux, qui donne de soi

pour que nous puissions être bénis avec la joie.

Donne-nous une confiance absolue

en ta miséricorde.

Pardonne-nous de ne pas avoir accueilli

ton don de la vie et guéris-nous

des effets de la culture de la mort.

Instille en nous et en tous les gens

la révérence pour chaque vie humaine.

Inspire-nous et protège nos efforts

au nom des êtres les plus vulnérables,

ceux qui ne sont pas encore nés,

des malades et des personnes âgées.

Nous te le demandons au nom de Jésus,

Qui, par Sa Croix, renouvelle toute chose. Amen.

P. Thomas Roscia, o.s.b.

Réflexions

sur la marche

nationale

pour la vie

par le Père Thomas Rosica, o.s.b.

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2012

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