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Les règlements du

système financier ac-

tuel créent un manque

chronique de pou-

voir d’achat pour les

consommateurs,

et

des dettes impayables

tant pour les individus

que pour les gouver-

nements. Les institu-

tions comme le Fonds

Monétaire Internatio-

nal et la Banque mon-

diale prétendent venir

en aide aux pays en difficultés financières avec

leurs prêts, mais à cause des intérêts que ces

pays doivent payer, ces prêts les appauvrissent

encore davantage. Par exemple, selon la Coalition

pour le Jubilé 2000, pour chaque dollar versé en

aide aux pays pauvres, 8 dollars sont remboursés

par ces mêmes pays en intérêts.

ment d’une société plus chrétienne par la diffusion

de l’enseignement de l’Egilse catholique romaine.»

Si l’Eglise intervient dans les questions sociales, et

a développé un ensemble de principes connus sous

le nom de «doctrine sociale de l’Eglise», c’est essen-

tiellement parce que, comme le disait le Pape Benoît

XV,

«c’est sur le terrain économique que le salut des

âmes est en danger».

Son successeur immédiat, le

Pape Pie XI, écrivait aussi:

«Il est exact de dire que telles sont, actuellement,

les conditions de la vie économique et sociale qu’un

nombre très considérable d’hommes y trouvent les

plus grandes difficultés pour opérer l’oeuvre, seule

nécessaire, de leur salut.»

(Encyclique Q

uadragesimo

Anno

, 15 mai 1931). Et ainsi parlent tous les Papes, y

compris Benoît XVI aujourd’hui.

L’argent est le droit de vivre

Que les âmes se perdent à cause des conditions

économiques, cela est très facile à comprendre: un

minimum de biens matériels est nécessaire à l’homme

pour accomplir son court pèlerinage sur la terre, car si

Dieu a créé l’homme avec une âme immortelle, II l’a

aussi créé avec des besoins matériels: se nourrir, se vê-

tir, se loger. Mais pour pouvoir se procurer nourriture,

vêtements et logement, l’homme doit avoir de l’argent

pour les payer. Sinon, les produits pourriront sur les

tablettes, et la personne sans le sou crèvera de faim.

En d’autres mots, l’argent est le droit de vivre pour

l’individu: sans argent, c’est la mort à brève échéan-

ce. Ceux qui ont le pouvoir de créer l’argent — les

banquiers — contrôlent donc littéralement nos vies,

comme le mentionnait avec

raison le Pape Pie XI dans son

encyclique

Quadragesimo

Anno

en 1931:

«Ce pouvoir est surtout

considérable chez ceux qui,

détenteurs et maîtres abso-

lus de l’argent, gouvernent

le crédit et le dispensent

selon leur bon plaisir. Par là,

ils distribuent le sang à l’or-

ganisme économique, dont

ils tiennent la vie entre leurs mains, si bien que sans

leur consentement, nul ne peut plus respirer.»

Quel-

ques lignes plus loin, le Pape ajoutait que les

«gou-

vernements sont tombés au rang d’esclaves»

et sont

«devenus les dociles instruments»

des puissances de

l’argent.

Ce contrôle de l’argent par des intérêts privés

est la plus grande escroquerie de tous les temps, et

a entraîné des conséquences funestes incalculables:

crises économiques, guerres, etc. On ne pourra jamais

imaginer tout le mal que le mauvais système financier

actuel et le manque chronique d’argent a fait et fait

encore aux âmes. Ne voici que quelques exemples,

qu’on pourrait multiplier à l’infini:

À l’échelle du globe, ce sont plus d’un milliard

sept cent millions d’êtres humains qui fouillent dans

les poubelles pour trouver quelque chose à manger

et se maintenir en vie. Plus de 100 millions d’enfants

dans le monde vivent dans les rues, sans foyer, aban-

donnés par leurs parents qui ne peuvent plus les faire

vivre. Chaque jour sur la planète, plus de 40 000 en-

fants meurent de faim ou de différentes maladies qui

ne furent pas soignées, faute d’argent.

De plus, tous les pays du monde, tant les pays

industrialisés que les pays du Tiers-Monde, sont aux

prises avec des dettes impayables, une grande partie

d’entre eux ne pouvant même plus payer les intérêts

sur leur dette. Les individus sont aussi devenus prison-

niers de cette spirale de la dette: la dette moyenne des

ménages canadiens atteint 100 000 $, ce qui corres-

pond à 150% de leur revenu net, d’après une étude

rendue publique en février 2011 par l’Institut Vanier de

la famille. En somme, pour chaque tranche de 1000 $

de revenu net, les familles canadiennes doivent 1500 $.

Corriger le système financier

L’Église ne peut

rester indifférente à des

situations telles que la

faim dans le monde et

l’endettement, qui met-

tent en péril le salut des

âmes, et c’est pour-

quoi elle demande une

réforme des systèmes

financiers et économi-

ques, l’établissement

d’un système écono-

mique au service de

l’homme. Les demandes en ce sens du bienheureux

Pape Jean-Paul II abondent. Déjà, dans sa première

Encyclique (

Redemptor Hominis

, 4 mars 1979), le

Pape parlait

«d’indispensables transformations des

structures économiques... de la misère en face de

l’abondance qui met en cause les structures et méca-

nismes financiers... l’homme ne peut devenir esclave

des systèmes économiques...»

. Et nous n’ajouterons

ici que cette autre citation:

«Je tiens encore à aborder une question délicate

et douloureuse. Je veux parler du tourment des res-

ponsables de plusieurs pays, qui ne savent plus com-

ment faire face à l’angoissant problème de l’endette-

ment... Une réforme structurelle du système financier

mondial est sans nul doute une des initiatives les

plus urgentes et nécessaires.»

(Message du Pape à la

6e Conférence des Nations-Unies sur le Commerce et

le Développement, Genève, 26 septembre 1985.)

L’Eglise présente donc les principes moraux sur

lesquels doit être jugé tout système économique et

financier. Et afin que ces principes soient appliqués de

manière concrète, l’Eglise fait appel aux fidèles laïcs —

dont le rôle propre, selon le Concile Vatican Il, est jus-

tement de renouveler l’ordre temporel et de l’ordonner

selon le plan de Dieu — pour travailler à la recherche

de solutions concrètes et l’établissement d’un système

économique conforme à l’enseignement de l’Evangile

et aux principes de la doctrine sociale de l’Eglise.

Le Crédit Social

C’est pour cette raison que Louis Even décida de

propager la doctrine du Crédit Social (ou démocratie

économique) — un ensemble de principes et de pro-

positions financières énoncés pour la première fois par

l’ingénieur écossais Clifford Hugh Douglas, en 1918

(les mots «Crédit Social» signifient «argent social» —

un argent émis par la société, en opposition à l’argent

actuel qui est un «crédit bancaire» — un argent émis

par les banques).

Lorsque Louis Even découvrit la grande lumière

du Crédit Social en 1935, il comprit immédiatement

jusqu’à quel point cette solution appliquerait à mer-

veille l’enseignement de l’Eglise sur la justice sociale

— surtout en ce qui concerne le droit de tous aux biens

matériels, la distribution du pain quotidien à tous, par

l’attribution d’un dividende social à chaque être hu-

main. C’est pourquoi, dès qu’il connut cette lumière,

Louis Even se fit un devoir de la faire connaître à tous.

Le devoir de tout chrétien

Jean-Paul II disait aux ouvriers de Sao Paulo, Bré-

sil, le 3 juillet 1980:

«Une condition essentielle est de donner à l’éco-

nomie une signification et une logique humaines. Il

est nécessaire de libérer les différents champs de

l’existence de la dictature d’un économisme asser-

vissant. Il est nécessaire de remettre à leur place les

exigences de l’économie et de créer un tissu social

multiforme qui empêche la réduction des hommes

à une masse. II n’est personne qui soit dispensé de

collaborer à cette tâche... Chrétiens, assumez, où

que vous soyez, votre part de responsabilité dans cet

immense effort de réorganisation humaine de la cité.

La foi vous en fait un devoir.»

Pie XI

«Le Crédit Social

a été une lumière

sur mon chemin»

— Louis Even

Dans sa premiè-

re encyclique

Deus

Caritas Est

(Dieu

est amour), le Pape

Benoît XVI a écrit:

«L’Église est la fa-

mille de Dieu dans le

monde. Dans cette

famille, personne ne

doit souffrir par man-

que du nécessaire...

Le but d’un ordre social juste consiste à ga-

rantir à chacun, dans le respect du principe

de subsidiarité, sa part du bien commun.»

Jean-Paul II

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2012

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