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Qui est-ce qui s’est permis de les déshériter ?

Pourquoi les appelle-t-on des «déshérités»? Parce

qu’ils ont perdu leur héritage ! Quel est leur hérita-

ge? Leur héritage, c’est le droit aux biens de la terre

que le bon Dieu a créés pour tous les hommes, c’est

cela! C’est le premier héritage; et le deuxième héri-

tage ce sont les progrès qui ont été faits dans toutes

les générations passées, dont notre génération pré-

sente n’est pas la seule qui l’ait fait; ce n’est pas elle

qui a inventé tout un tas de choses du passé sur les-

quelles on s’est basé pour inventer des choses nou-

velles. C’est des choses des autres générations ! Et

pourquoi y a-t-il un groupe d’hommes sur la terre qui

s’empare des bienfaits de toutes les générations et

qui ne nous les donne qu’au compte-goutte et avec

leurs conditions? Pourquoi ? De quel droit s’empa-

rent-t-ils de cela?

Le Pape dit «selon les principes de la justice et

de la charité»; il y a une injustice à voler le bien des

autres ! Il y a une injustice à voler à chacun son droit

aux biens de la terre. La charité doit venir après la jus-

tice pour combler les petits trous que la justice n’a pas

pu combler. Quand tout le monde, par exemple, dans

le Crédit Social aurait son revenu par un dividende qui

lui donne droit à une part des biens de la terre, il y

en aurait quand même quelques uns qui auraient des

malchances, des maladies, ou bien leur maison brûle

ou bien ils ont un accident, dans ce temps-là, eh bien,

il y a besoin de secours pour eux-autres. Là la charité

vient pour finir ce que la justice n’a pas pu faire.

Mais des gens qui nous prêchent la charité et qui

supportent l’injustice, je ne comprends pas cela !

On nous dit, et c’est vrai, que la charité est une

vertu théologale et que dans son ordre elle est plus

élevée que la justice, c’est vrai, mais, dans l’ordre de

la distribution des biens de la terre, la justice doit venir

en premier lieu!

Le Pape dit de ce droit-là aux biens de la terre

par tout le monde, que c’est un droit «imprescripti-

ble». Qu’est-ce que cela veut dire «imprescriptible»?

Demandez aux avocats, ils savent bien ce que c’est

que la «prescription». La «prescription», ça veut dire

qu’après un certain temps, après cinq ans pour certai-

nes choses, après un an pour les accidents d’automo-

bile, après trente ans pour les propriétés, etc., après

un certain temps, le droit est prescrit; on n’a plus le

droit de le faire valoir.

Un droit qui ne peut être effacé

Eh bien, le Pape dit: le droit de chacun aux biens

de la terre, lui ne peut pas être prescrit, il ne peut pas

être prescrit, c’est-à-dire: il ne peut pas être terminé

par des années, il ne peut pas être aboli par des an-

nées, il ne peut pas être effacé par des siècles; il ne

peut pas être effacé par des lois humaines ! S’il y a des

lois humaines qui nient ces droits ou nous empêchent

de les exercer, elles ne peuvent pas empêcher ce droit

d’exister; ce droit existera quand même !

Et c’est cela que nous revendiquons dans le Cré-

dit Social: le droit pour chaque personne de pouvoir

s’épanouir. Elle ne le peut pas si, premièrement, elle

est prise avec un coeur qui ne peut pas vivre. Saint

Vincent de Paul le disait bien: avant de dire à quelqu’un

de sauver son âme, de travailler pour son âme, il faut

commencer par le mettre dans des conditions maté-

rielles où il peut s’apercevoir qu’il en a une.

Des gens qui sont dans des conditions matérielles

assimilables à celles des étables et même moins, ceux-

là, comment peut-on bien leur parler de leur âme? Je

sais que dans n’importe quelle prison, dans n’importe

quelle misère affreuse, dans n’importe quelle pauvre-

té, on peut sauver son âme; le bon Dieu donne encore

des grâces là aussi, mais c’est plus difficile ! C’est plus

difficile et le Pape le dit bien: c’est plus difficile de faire

leur salut dans ces conditions-là !

Eh bien, on n’a pas le droit de mettre des condi-

tions difficiles aux gens ! On n’a pas le droit de les

mettre dans ces conditions-là et de dire: «Faites des

héros ! Sauvez-vous quand même ! Tirez-vous en

quand même ! » On n’a pas le droit de faire cela ! Si les

conditions viennent, on est obligé de les subir, mais

on n’a pas le droit de les accepter ! Un chrétien n’a pas

le droit d’être résigné au désordre, même quand il le

subit !

«Ce droit individuel de chaque personne, dit le

Pape encore, ne saurait être supprimé même par

l’exercice d’autres droits certains et reconnus sur des

biens matériels.»

Cela veut dire: Voici une personne

qui a un droit certain sur sa maison, un autre sur sa

ferme; un autre a des droits certains sur son usine; ce

sont des droits certains et des droits reconnus. Ils sont

certains, ils sont reconnus, ils peuvent subsister, mais,

cela n’empêche pas l’autre droit fondamental, le droit

de chaque personne à une part des biens de la terre !

Et d’abord, qu’est-ce que nous disons, nous, dans le

Crédit Social ? Est-ce que nous demandons d’enlever la

propriété à celui qui l’a? Pas du tout ! Nous ne deman-

dons d’enlever aucune ferme à aucun cultivateur, aucu-

ne usine à aucun patron ! Mais nous demandons de

permettre à chacun, à chaque personne, de se procurer

des biens qui sortent de cette usine, qui sortent de cette

ferme, et le propriétaire de l’usine et le propriétaire de

la ferme seront les premiers contents si leurs produits

s’en vont dans les maisons de tout le monde, ils seront

les premiers contents !

Le droit de tous à un capital

C’est une formule merveilleuse que le Crédit Social

qui respecte la propriété des moyens de production à

ceux qui les ont et qui donne quand même à tout le

monde un «usufruit» sur ce grand capital que le bon

Dieu a créé et que les hommes ont développé. L’«usu-

fruit» ça veut dire: «le droit aux produits». Ils ont le droit,

mais pour avoir de l’ordre, on n’a pas le droit de les

prendre comme l’on veut, ici et là, il faut présenter, dans

notre monde moderne, présenter un droit imprimé ou

un droit inscrit sur une feuille de papier qui s’appelle

«argent». C’est l’expression du droit. Le droit existe; il

est conféré par Dieu à notre nature. Le droit imprimé

doit nous être donné en rapport avec ce droit réel qui

existe et en rapport avec la capacité de production du

pays d’y répondre !

Dans le Crédit Social justement, on fait cette grande

distinction, c’est Douglas qui l’a faite pour la première

fois, entre le crédit réel d’un pays, le crédit réel d’un

pays, c’est tout ce que le pays peut fournir pour répon-

dre aux besoins, et le crédit financier, c’est l’argent pour

exprimer ces besoins. Et il dit: «Il faut un rapport d’éga-

lité, un rapport de proportion, un rapport de permanen-

ce, de stabilité entre le crédit financier et le crédit réel.»

Le crédit réel est fait par qui ? Par qui est faite la

capacité de production du pays? Le premier grand fac-

teur, le premier grand agent ou premier grand auteur du

crédit réel, c’est le bon Dieu!

S’Il n’avait pas fait la terre avec tout ce qu’elle a

dessus et dedans, avec les forêts et leur gibier et leurs

arbres, avec les rivières et leur eau, avec la mer et avec

le soleil qui la pompe et avec les montagnes qui font

qu’il y a des chutes d’eau et qu’on peut avoir des forces,

avec toutes les forces déjà connues par l’homme, avec

toutes les forces inconnues et qu’il a mission de trouver.

C’est sa mission: Dieu l’a dit à Adam, même après son

péché: «Domine la terre, tu as péché, mais domine la

terre, arrange-toi pour la dominer tout de même ! » (…)

Les politiciens aiment à chanter la prospérité du

pays en calculant des statistiques de production. Ils

ne calculent pas les statistiques de souffrance qu’il y a

dans les maisons! Il n’y a pas de statisticien pour faire

cela! Mais, vous, créditistes, qui faites du porte en por-

te, vous avez pu voir dans combien de régions, même

de notre province de Québec qui est pourtant dite une

province riche, dans des districts de l’Ontario, qui est

une province riche, dans d’autres districts de toutes les

provinces, vous avez pu voir bien des misères, bien des

souffrances.

L’humain là? Non, la loi, le règlement ! L’humain?

Non, la loi n’a pas prévu cela ! Il y a des lois pour les

droits de l’argent. Si vous ne remplissez pas vos obliga-

tions financières, votre créancier vous traduit en cour.

Et la cour lui donnera raison; elle saisira vos biens si

vous en avez, elle saisira votre salaire si vous en gagnez

pour rencontrer les droits de l’argent ! Je ne critique pas

ces actes-là ! Je dis qu’il y a des lois pour protéger les

droits de l’argent, mais il n’y en a pas pour protéger les

droits de la personne humaine aux biens de la terre, à

son bien, il n’y en a pas ! Il est temps qu’il y en ait !

Le Pape, qui est le Vicaire de Notre-Seigneur sur la

terre, qui est, par conséquent, le premier représentant

du Christ, qui est là, à Rome, pour tout l’univers, à la

place du Christ qui est rendu invisible sur la terre, mais

qui est dans le ciel, le Pape, lui, ne dit pas qu’un pays est

prospère quand il y a beaucoup de biens dans le pays.

Qu’est-ce qu’il dit, à ce sujet-là? Il dit:

« La richesse éco-

nomique d’un peuple ne consiste pas proprement dans

l’abondance des biens mesurés selon un calcul maté-

riel pur et simple de leur valeur»,

cela vaut tant, cela

vaut tant, total tant, donc le pays est riche. Il dit ce n’est

pas cela la vraie richesse,

«mais bien dans ce qu’une

telle abondance représente et fournit réellement et ef-

ficacement comme base matérielle pour le développe-

ment personnel convenable de ses membres.»

La pros-

périté non distribuée n’est pas une prospérité ! C’est la

prospérité distribuée qui l’est.

Et j’ai hâte d’entendre les politiciens chanter la pros-

périté distribuée à chaque personne, à chaque famille !

Ça n’est pas fait encore.

Pie XII ajoute: «Si une telle distribution » remarquez

bien, le problème de production est réglé, au moins dans

nos pays et dans une bonne partie des pays de l’uni-

vers ! «

Si une telle distribution des biens ne s’est pas

réalisée, ou si elle n’était qu’imparfaitement assurée»,

si elle n’est pas parfaitement assurée, il faut qu’elle soit

parfaitement assurée ! Si elle n’est qu’imparfaitement

assurée,

«le vrai but de l’économie nationale ne serait

pas atteint.»

L’économie nationale doit assurer

parfaite-

ment

, le mot est là, il faut que soit parfaitement assurée

la distribution à chaque personne, ou bien l’économie

nationale n’est pas bonne ! Le but n’est pas atteint, étant

donné, dit-il, que,

«quelle que fût l’opulence l’abondan-

ce, des biens disponibles, le peuple n’étant pas appelé

à y participer, ne serait pas riche mais pauvre.»

Peuple pauvre en face d’une abondance de riches-

ses, on connaît ça ! Tant que ça n’est pas distribué le

peuple est pauvre et on n’a pas le droit de dire que la

prospérité règne ! Le pays est riche? Oui ! Eh bien, c’est

une accusation contre vous, gouvernements, parce que

le peuple est pauvre et le pays est riche ! Vous êtes cou-

pables !

Louis Even

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