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Parmi les quatre évêques qui

ont assisté à notre semaine d’étu-

de et congrès cette année, il y en

a un qui a été particulièrement

enthousiaste et nous a tous enfla-

més, c’est Mgr Mathieu Madega

Lebouakhan, évêque de Port-Gen-

til, capitale économique du Gabon.

Voici des extraits de ses deux in-

terventions, l’une livrée à Rouge-

mont le vendredi 31 août 2012, à

la fin de la semaine d’étude (avec

le béret blanc sur la tête, bien en-

tendu!), et l’autre le dimanche 2

septembre:

Les amis, habituellement, je

n’ai pas beaucoup d’émotions

quand je parle. Mais permettez

que je puisse en avoir pour la pre-

mière fois ! Et je suis très content

d’intervenir après mes frères (évê-

ques) parce qu’ils m’ont inspiré.

Alors, excellences, révérends,

directrice, directeurs, professeurs,

condisciples ! J’aimerais à mon

tour essayer d’apporter un petit

témoignage pour confirmer ce que

les autres ont dit…

Avec quelle soif j’ai écouté

tous les enseignements ! Com-

ment qualifier ce que nous avons

reçu? Je me permets de dire à notre professeur (M.

Alain Pilote) et à son assistant (M. François de Sieben-

thal), que l’objectivité de la pensée fondée sur l’histo-

ricité de la naissance du symbole argent, qui est une

sorte de feu (l’orfèvre devenu banquier), conservé

par les dieux banquiers d’une part, et d’autre part, la

force du réalisme de cette pensée, la pertinence du

sujet traité, sans omettre la gravité des faits accablants

résultant de la «confiscation» du feu par une sorte de

caste, avec une méthode savamment pensée et cyni-

quement orchestrée en vue d’une danse planétaire

avec un maître de chœur unique, Mammon, aussi

appelé Lucifer.

Oh, Lucifer… chers collègues de classe, ce nom

ne nous évoque-t-il pas «fer», ce nom ne nous évo-

que-t-il pas «lux», feu, lumière, alors avec le feu et le

fer, nous sommes arrivés à notre forgeron (orfèvre, qui

transformait les métaux précieux),

et donc un forgeron devenu ban-

quier.

Donc, quelle méthode utilisée

par notre forgeron, étant donnée

qu’il y a une lumière, c’est une

lumière éblouissante, oui, pour

mieux tromper, mais en face de

cette lumière éblouissante, il y a

la fraîcheur, la limpidité, la suavité

de la solution qui s’appelle «crédit

social».

Et, les amis, le crédit social,

c’est un projet VITAL pour l’huma-

nité entière. Je dis bien «vital».

Vital, pas seulement parce qu’il va

satisfaire d’abord le

primum vive-

re, deinde philosophari

(d’abord

vivre, et seulement après, philo-

sopher) d’abord le ventre et ensui-

te la pensée, mais vital parce que

son absence, nous l’avons encore

écouté, est source de perdition de

beaucoup d’âmes.

(

NDLR : Dans

la Leçon 1 du cours d’Alain Pilote,

l’absence du crédit social signifie

l’absence du lien de confiance qui

fait qu’on puisse vivre ensemble

en société.

)

Ainsi, face à notre enthou-

siasme commun, après nous être

informés et nous être indignés, qu’il me plaise quand

même de nous dire à nous tous: «Les fils de ce monde

sont plus avisés envers leurs congénères que les fils

de la lumière», dixit Jésus, Luc 16, 8.

Et donc, je puis me permettre de dire que le crédit

social ne doit pas d’une manière sournoise susciter en

nous une vocation différente de la vocation des Pèle-

rins, différente de notre vocation chrétienne, car nul

serviteur ne peut servir deux maîtres: ou il haïra l’un

et aimera l’autre, ou il s’attachera à l’un et méprisera

l’autre, autrement dit, vous ne pouvez servir Dieu et

l’argent. (cf. Matthieu 6, 24.)

Donc le crédit social n’a pas pour but, en mon

sens, de nous demander de

servir

l’argent, mais le

crédit social a pour but de nous demander de

nous

servir

de l’argent, ce qui est toute la différence !

Le crédit social a été historiquement fondé, il a été

anthropologiquement démontré, mais qu’il me soit

permis de vous dire aussi qu’il est encore aussi bibli-

quement enraciné: Il ne s’agit point, dira l’Apôtre Paul,

pour soulager les autres, de vous réduire à la gêne.

Ce qu’il faut, c’est l’égalité. (cf. 2 Corinthiens 8, 13). Et

saint Paul continue: «Ainsi se fera l’égalité, selon qu’il

est écrit: Celui qui avait beaucoup recueilli n’eut rien

de trop, et celui qui avait peu recueilli ne manqua de

rien (versets 14-15.)… car nous avons à coeur ce qui est

bien, non seulement devant le Seigneur, mais encore

devant les hommes.» (verset 21.)

Nous visons certes le bien céleste, mais nous vi-

sons aussi le bien des hommes.

Vous allez, nous allons aller au travail. «Songez-y:

qui sème chichement moissonnera aussi chichement;

qui sème largement moissonnera aussi largement.» (2

Cor. 9, 6.) Voilà pourquoi, si Satan lui-même se dégui-

se en ange de lumière, rien donc de surprenant si ses

ministres se déguisent eux aussi en anges de justice,

mais votre justice ne vient pas de l’ange de lumière

(Lucifer), mais plutôt de Dieu.

Consolation : votre système, chers Pèlerins — ou

plutôt notre système, puisque nous sommes à votre

école — je puis vous l’affirmer, a une longévité garan-

tie. Notre système s’impose de soi car il a ses racines

dans le fondement même de la famille humaine vou-

lue par Dieu, et donc, le système (du crédit social)

est voulu et fondé par Dieu Lui-même, et qui peut

quelque chose contre le vouloir divin? Personne, ni

sur terre, ni au ciel, ni dans les abîmes.

Mais, attention! La force de la résurrection n’est

pas synonyme ni parallèle à la force de la crucifixion.

La force de la crucifixion est bruyante — «croix,

fouets, crucifie-Le» — mais la force de la résurrection:

«Pax vobis» (la paix soit avec vous.) C’est sans trop de

bruits, c’est celle-là la force de la résurrection.

Voilà pourquoi je vous invite, les amis, à regarder

un peu l’histoire proche de nous, pour que vous com-

preniez ce que j’aimerais dire: force de résurrection !

Allons au pays à côté (les États-Unis d’Amérique):

Martin Luther King. Force de résurrection ! Retour-

nons en Afrique: Nelson Mandela. Force de résurrec-

tion ! Allons même chez quelqu’un qui n’est pas chré-

tien: Gandhi. Force de résurrection ! Mère Teresa de

Calcutta… Et comment ne pourrions-nous pas dire:

force de résurrection, Douglas; force de résurrection,

Louis Even !

Alors les amis, si certains ont pu, avec un systè-

me pipé, rouler un grande partie de l’humanité dans

la farine, ne serait-il pas plus juste de dire qu’avec un

système tel que le crédit social, nous pourrons davan-

tage... Il y a un dénominateur commun à toute l’huma-

nité, avons-nous appris ici, et d’autres l’ont dit avant

moi. Que l’on soit du premier monde, du second mon-

de, du tiers-monde ou du quart-monde. Donnez-moi

un seul pays où il n’y a pas de pauvres; nous crou-

pissons tous sous ce dénominateur commun appelé

PAUVRETÉ.

Mais, de quoi sommes-nous pauvres? «Mon peu-

ple meurt faute de connaissance» (Osée 4, 6.) Le déno-

minateur commun de notre pauvreté, c’est la connais-

sance, tant au nord qu’au sud, qu’à l’est ou à l’ouest.

Tout le monde.

Voilà pourquoi je vous donne, je nous donne, tou-

te la richesse du monde... Alors je vous souhaite —

dites seulement la première lettre:

Donner — D; l’information — I; ensemble — E; en

restant unis — U. Ça fait: DIEU! Donner l’information

ensemble en restant unis, non pas dispersés. Je vous

remercie.

Le dimanche du congrès, 2 septembre, Mgr Ma-

thieu nous a aussi adressé la parole:

Face au «déshéritage» qui engendre la pauvreté,

face à la déchéance humaine qui conduit à la misère

en passant par le dénuement, lorsque la faim tord les

viscères, la maladie cabosse la santé, et l’ignorance

est enfermée dans des consciences ténébreuses en-

tretenues au moyen d’informations erronées, permet-

tez, frères et sœurs dans la foi, que la raison déraison-

ne et s’affole, que la foi se paganise, que l’espérance

fasse place au désespoir, et l’amour se déshumanise.

L’instinct de survie devient le critère de jugement,

coefficient d’immédiateté, ainsi le regard et la contem-

«Le crédit social est un projet

vital pour l’humanité entière»

Réflexions de Mgr Mathieu Madega Lebouakhan du Gabon

Mgr Mathieu (au centre) concélébrant avec les autres évêques et prêtres participant à notre semaine d’étude, à

l’église de Marieville. (A l’extrême-gauche, le curé de la paroisse, le chanoine Gérald Ouellette.)

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VERS DEMAIN août-septembre 2012

www.versdemain.org