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de manque de culture et en même temps des courants

extrémistes et radicaux sont suscités. La raison positivis-

te, qui se présente de façon exclusiviste et n’est pas en

mesure de percevoir quelque chose au-delà de ce qui est

fonctionnel, ressemble à des édifices de béton armé sans

fenêtres, où nous nous donnons le climat et la lumière

tout seuls et nous ne voulons plus recevoir ces deux cho-

ses du vaste monde de Dieu. Toutefois nous ne pouvons

pas nous imaginer que dans ce monde auto-construit

nous puisons en secret également aux «ressources» de

Dieu, que nous transformons en ce que nous produi-

sons. Il faut ouvrir à nouveau tout grand les fenêtres,

nous devons voir de nouveau l’étendue du monde, le ciel

et la terre et apprendre à utiliser tout cela de façon juste.

Une écologie de l’homme

Mais comment cela se réalise-t-il ? Comment trou-

vons-nous l’entrée dans l’étendue, dans l’ensemble?

Comment la raison peut-elle retrouver sa grandeur sans

glisser dans l’irrationnel ? Comment la nature peut-elle

apparaître de nouveau dans sa vraie profondeur, dans ses

exigences et avec ses indications? Je rappelle un proces-

sus de la récente histoire politique, espérant ne pas être

trop mal compris ni susciter trop de polémiques unilaté-

rales. Je dirais que l’apparition du mouvement écologique

dans la politique allemande à partir des années soixante-

dix, bien que n’ayant peut-être pas ouvert tout grand les

fenêtres, a toutefois été et demeure un cri qui aspire à l’air

frais, un cri qui ne peut pas être ignoré ni être mis de côté,

parce qu’on y entrevoit trop d’irrationalité. Des personnes

jeunes s’étaient rendu compte qu’il y a quelchose qui ne

va pas dans nos relations à la nature; que la matière n’est

pas seulement un matériel pour notre faire, mais que la

terre elle-même porte en elle sa propre dignité et que nous

devons suivre ses indications. Il est clair que je ne fais pas

ici de la propagande pour un parti politique déterminé –

rien ne m’est plus étranger que cela. (

À cet instant, les

députés présents se sont mis à rire, parce que les députés

du parti écologiste allemand avaient décidé de s’absenter

du Parlement durant le discours du Saint-Père !

)

Quand, dans notre relation avec la réalité, il y a

quelque chose qui ne va pas, alors nous devons tous

réfléchir sérieusement sur l’ensemble et nous sommes

tous renvoyés à la question des fondements de notre

culture elle-même. Qu’il me soit permis de m’arrêter

encore un moment sur ce point. L’importance de l’éco-

logie est désormais indiscutée. Nous devons écouter le

langage de la nature et y répondre avec cohérence. Je

voudrais cependant aborder encore avec force un point

qui aujourd’hui comme hier est largement négligé: il

existe aussi une écologie de l’homme. L’homme aussi

possède une nature qu’il doit respecter et qu’il ne peut

manipuler à volonté. L’homme n’est pas seulement une

liberté qui se crée de soi. L’homme ne se crée pas lui-

même. Il est esprit et volonté, mais il est aussi nature,

et sa volonté est juste quand il écoute la nature, la res-

pecte et quand il s’accepte lui-même pour ce qu’il est,

et qu’il accepte qu’il ne s’est pas créé de soi. C’est jus-

Le 22 septembre, le Pape a célébré la Messe au Stade Olympique de Berlin devant plus de 70 000 fidèles.

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VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2011

www.versdemain.org

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