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Au numéro 87 de son Exhortation apostolique Ver-

bum Domini, le Saint-Père explique ce qu’est la Lectio

divina (lecture de la Bible):

Dans les documents qui ont préparé et accompagné

le Synode, on a parlé de diverses méthodes pour appro-

cher avec fruit et dans la foi les Écritures Saintes. Toute-

fois, l’attention la plus grande a été portée sur la Lectio

divina, qui «est capable d’ouvrir au fidèle le trésor de la

Parole de Dieu, et de provoquer ainsi la rencontre avec le

Christ, Parole divine vivante.». Je voudrais rappeler briè-

vement ici ses étapes fondamentales: elle s’ouvre par la

lecture (lectio) du texte qui provoque une question por-

tant sur la connaissance authenti-

que de son contenu: que dit en soi

le texte biblique? Sans cette étape,

le texte risquerait de devenir seu-

lement un prétexte pour ne jamais

sortir de nos pensées. S’en suit la

méditation (meditatio) qui pose la

question suivante: que nous dit le

texte biblique? Ici, chacun person-

nellement, mais aussi en tant que

réalité communautaire, doit se laisser toucher et remettre

en question, car il ne s’agit pas de considérer des paro-

les prononcées dans le passé mais dans le présent. L’on

arrive ainsi à la prière (oratio) qui suppose cette autre

question: que disons-nous au Seigneur en réponse à sa

Parole? La prière comme requête, intercession, action

de grâce et louange, est la première manière par laquel-

le la Parole nous transforme. Enfin, la Lectio divina se

termine par la contemplation (contemplatio), au cours de

laquelle nous adoptons, comme don de Dieu, le même

regard que lui pour juger la réalité, et nous nous deman-

dons: quelle conversion de l’esprit, du cœur et de la vie

le Seigneur nous demande-t-il? Saint Paul, dans la Let-

tre aux Romains affirme: «Ne prenez pas pour modèle le

monde présent, mais transformez-vous en renouvelant

votre façon de penser pour savoir reconnaître quelle est

la volonté de Dieu: ce qui est bon, ce qui est capable

de lui plaire, ce qui est parfait» (12, 2). La contempla-

tion, en effet, tend à créer en nous

une vision sapientielle de la réalité,

conforme à Dieu, et à former en

nous «la pensée du Christ» (1 Co 2,

16). La Parole de Dieu se présente

ici comme un critère de discerne-

ment: «elle est vivante, (…) énergi-

que et plus coupante qu’une épée

à deux tranchants; elle pénètre au

plus profond de l’âme, jusqu’aux

jointures et jusqu’aux moelles; elle juge des intentions

et des pensées du cœur» (He 4, 12). Il est bon, ensuite,

de rappeler que la Lectio divina ne s’achève pas dans sa

dynamique tant qu’elle ne débouche pas dans l’action

(actio), qui porte l’existence croyante à se faire don pour

les autres dans la charité.

les à cette prière mariale que la Tradition nous invite à

réciter à l’aurore, à midi et au coucher du soleil. Dans la

prière de l’Angelus Domini, nous demandons à Dieu, par

l’intercession de Marie, qu’il nous soit donné d’accom-

plir comme elle la volonté de Dieu et d’accueillir en nous

sa Parole. Cette pratique peut nous aider à approfondir

en nous un authentique amour pour le Mystère de l’In-

carnation. (…)

Engagement dans le monde

La Parole divine éclaire l’existence humaine et ap-

pelle la conscience de chacun à revoir en profondeur

sa propre vie, car toute l’histoire de l’humanité est sou-

mise au jugement de Dieu: «Quand le Fils de l’homme

viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors

il siégera sur son trône de gloire. Toutes les nations

seront rassemblées devant lui» (Mt 25, 31-32). À notre

époque, nous considérons souvent, de manière super-

ficielle, la valeur de l’instant qui passe, comme s’il était

sans importance pour l’avenir. Au contraire, l’Évangile

nous rappelle que chaque instant de notre existence est

important et doit être vécu avec intensité, sachant que

chacun devra rendre compte de sa propre vie. Au chapi-

tre 25 de l’Évangile de Matthieu, le Fils de l’Homme juge

comme fait ou comme n’étant pas fait envers lui, ce que

nous aurons fait ou n’aurons pas fait à un seul de ces

«petits qui sont mes frères» (25, 40.45): «J’avais faim,

et vous m’avez donné à manger; j’avais soif, et vous

m’avez donné à boire; j’étais étranger, et vous m’avez

accueilli; j’étais nu, et vous m’avez habillé; j’étais mala-

de, et vous m’avez visité; j’étais en prison, et vous êtes

venus jusqu’à moi» (25, 35-36). C’est donc la Parole de

Dieu elle-même qui nous rappelle la nécessité de notre

engagement dans le monde et notre responsabilité face

au Christ, Seigneur de l’Histoire. En annonçant l’Évangi-

le, encourageons-nous les uns les autres à accomplir le

bien et à agir pour la justice, la réconciliation et la paix.

La Parole de Dieu pousse l’homme à des relations

animées par la droiture et par la justice; elle atteste

la valeur précieuse, face à Dieu, de tous les efforts de

l’homme pour rendre le monde plus juste et plus habi-

table. C’est la Parole de Dieu elle-même qui dénonce

sans ambiguïté les injustices et qui promeut la solida-

rité et l’égalité. À la lumière des paroles du Seigneur,

reconnaissons donc «les signes des temps» présents

dans l’histoire, ne refusons pas de nous engager en

faveur de ceux qui souffrent et sont victimes de l’égo-

ïsme. Le Synode a rappelé que s’engager pour la jus-

tice et la transformation du monde est une exigence

constitutive de l’Évangélisation. Comme le disait le

Pape Paul VI, il s’agit «d’atteindre et comme de bou-

leverser par la force de l’Évangile les critères de juge-

ment, les valeurs déterminantes, les points d’intérêt,

les lignes de pensée, les sources inspiratrices et les

modèles de vie de l’humanité, qui sont en opposition

avec la Parole de Dieu et le dessein du salut».

Lectio

divina

VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2011

www.versdemain.org

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