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Christ vous brûle, même si cela peut parfois signifier

sacrifice et renoncement. Ne craignez pas de pouvoir

perdre quelque chose et de rester à la fin, pour ainsi

dire, les mains vides. Ayez le courage de mettre vos

talents et vos qualités au service du Règne de Dieu et

de vous donner vous-mêmes – comme la cire de la bou-

gie – afin que par vous le Seigneur illumine l’obscurité.

Sachez oser devenir des saints ardents, dans les yeux

et dans les cœurs desquels brille l’amour du Christ, et

qui, de cette manière portent la lumière au monde. J’ai

confiance que vous et beaucoup d’autres jeunes ici en

Allemagne soient des flambeaux d’espérance, qui ne

restent pas cachés. «Vous êtes la lumière du monde».

Dieu est votre avenir. Amen.

Se «dé-mondaniser»

Pour son dernier discours avant de se rendre à l’aé-

roport pour son retour à Rome, le Saint-Père a rencontré

un groupe de catholiques engagés dans l’Église et dans

la société, et leur a demandé de se «dé-mondaniser»:

Depuis des décennies, nous assistons à une dimi-

nution de la pratique religieuse,

nous constatons une croissante

prise de distance de la vie de

l’Église d’une partie notable de

baptisés. Jaillit alors la ques-

tion: est-ce que, par hasard,

l’Église ne doit pas changer ?

Est-ce que, par hasard, dans ses

services et ses structures, elle

ne doit pas s’adapter au temps

présent, pour rejoindre les per-

sonnes d’aujourd’hui qui sont en

recherche et dans le doute? À la

bienheureuse Mère Térésa il fut

demandé un jour de dire quelle

était, selon elle, la première cho-

se à changer dans l’Église. Sa

réponse fut: vous et moi !

Ce petit épisode nous rend

évidentes deux choses. D’une

part, la religieuse entend dire à son interlocuteur que

l’Église n’est pas uniquement les autres, la hiérarchie,

le Pape et les Évêques; l’Église, nous la sommes tous:

nous, les baptisés. Par ailleurs, elle part effectivement

du présupposé: oui, il y a motif pour un changement.

Il existe un besoin de changement. Chaque chrétien et

la communauté des croyants dans son ensemble, sont

appelés à une conversion continuelle. Comment doit se

configurer concrètement ce changement ?… Pour réali-

ser sa mission, l’Église devra prendre continuellement

distance de son milieu, se «dé-mondaniser» pour ainsi

dire...

Disons-le encore avec d’autres mots: la foi chré-

tienne est toujours pour l’homme un scandale, et cela

pas uniquement en notre temps. Que le Dieu éternel se

préoccupe de nous êtres humains, qu’Il nous connaisse;

que l’Insaisissable soit devenu en un moment détermi-

né saisissable; que l’Immortel ait souffert et soit mort

sur la croix; qu’à nous, êtres mortels, soient promises la

résurrection et la vie éternelle – croire tout cela est pour

les hommes, une véritable exigence.

Ce scandale, qui ne peut être aboli si on ne veut

pas abolir le christianisme, a malheureusement été mis

dans l’ombre récemment par d’autres scandales doulou-

reux impliquant des annonciateurs de la foi. Une situa-

tion dangereuse se crée quand ces scandales prennent

la place du skandalon premier de la Croix et le rendent

ainsi inaccessible, c’est-à-dire quand ils cachent la véri-

table exigence chrétienne derrière l’inadéquation de ses

messagers...

Être ouverts aux événements du monde signifie donc

pour l’Église «dé-mondanisée» témoigner selon l’Évan-

gile de la domination de l’amour de Dieu, en paroles et

par les œuvres, ici et aujourd’hui. Et en outre, cette tâche

renvoie au-delà du monde présent. En effet, la vie pré-

sente inclut le lien avec la vie éternelle. Comme individus,

et comme communauté de l’Église, nous vivons la sim-

plicité d’un grand amour qui, dans le

monde, est en même temps la chose

la plus facile et la plus difficile, parce

qu’elle exige rien de plus et rien de

moins que le don de soi-même.

Il ne peut jamais y avoir

une majorité contre les

Apôtres et les Saints

Il existe en Allemagne un groupe

appelé «Nous sommes l’Église» qui

demande des changements radicaux

comme le mariage des prêtres, l’or-

dination des femmes, etc. Lors d’un

discours improvisé aux séminaristes

à Fribourg, le 24 septembre, Benoît

XVI a tenu à réfléchir sur le vrai sens

de «Nous sommes l’Église»:

(Nous devons) aussi tou-

jours chercher à aller, au-delà de

ce «nous» concret et limité, dans le grand «nous» de

l’Église de tous les temps et en tout lieu, afin que nous

ne nous prenions pas uniquement pour notre propre

mesure. Lorsque nous disons: «Nous sommes l’Église»,

oui, c’est vrai: Nous la sommes nous, et pas n’importe

qui. Mais, le «nous» va au-delà du groupe qui vient de

l’affirmer. Le «nous» est l’ensemble de la communauté

des croyants d’aujourd’hui et de tous les lieux et de tous

les temps. Et je dis toujours: Oui, il existe, pour ainsi

dire, dans la communauté des croyants la sentence de

la majorité de fait, mais il ne peut jamais y avoir une

majorité contre les Apôtres et les Saints, il s’agit alors

d’une fausse majorité. Nous sommes l’Église, soyons-le

donc ! Soyons-le par le fait de nous ouvrir et d’aller au-

delà de nous-mêmes, et soyons-le avec les autres.

Benoît XVI

VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2011

www.versdemain.org

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