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tement ainsi et seulement ainsi que se réalise la vérita-

ble liberté humaine.

L’existence d’un Dieu créateur

Revenons aux concepts fondamentaux de nature et

de raison d’où nous étions partis. Le grand théoricien

du positivisme juridique, Kelsen, à l’âge de 84 ans – en

1965 – abandonna le dualisme d’être et de devoir être.

Il avait dit que les normes peuvent découler seulement

de la volonté. En conséquence, la nature pourrait renfer-

mer en elle des normes seulement si une volonté avait

mis en elle ces normes. D’autre part, cela présupposerait

un Dieu créateur, dont la volonté s’est introduite dans la

nature. «Discuter sur la vérité de cette foi est une cho-

se absolument vaine», note-t-il à ce sujet. L’est-ce vrai-

ment ? – voudrais-je demander. Est-ce vraiment privé de

sens de réfléchir pour savoir si la raison objective qui

se manifeste dans la nature ne suppose pas une Raison

créatrice, un

Creator Spiritus

?

À ce point le patrimoine culturel de l’Europe devrait

nous venir en aide. Sur la base de la conviction de l’exis-

tence d’un Dieu créateur se sont développées l’idée des

droits de l’homme, l’idée d’égalité de tous les hommes

devant la loi, la connaissance de l’inviolabilité de la digni-

té humaine en chaque personne et la conscience de la

responsabilité des hommes pour leur agir. Ces connais-

sances de la raison constituent notre mémoire culturelle.

L’ignorer ou la considérer comme simple passé serait

une amputation de notre culture dans son ensemble et

la priverait de son intégralité. La culture de l’Europe est

née de la rencontre entre Jérusalem, Athènes et Rome

– de la rencontre entre la foi au Dieu d’Israël, la raison

philosophique des Grecs et la pensée juridique de Rome.

Cette triple rencontre forme l’identité profonde de l’Euro-

pe. Dans la conscience de la responsabilité de l’homme

devant Dieu et dans la reconnaissance de la dignité in-

violable de l’homme, de tout homme, cette rencontre a

fixé des critères du droit, et les défendre est notre tâche

en ce moment historique.

Au jeune roi Salomon, au moment de son accession

au pouvoir, une requête a été accordée. Qu’en serait-

il si à nous, législateurs d’aujourd’hui, était concédé

d’avancer une requête? Que demanderions-nous? Je

pense qu’aujourd’hui aussi, en dernière analyse, nous

ne pourrions pas désirer autre chose qu’un cœur docile

– la capacité de distinguer le bien du mal et d’établir

ainsi le vrai droit, de servir la justice et la paix. Merci

pour votre attention.

Osez devenir des saints ardents

Pendant la veillée de prière avec des milliers de jeu-

nes, le Saint-Père a transmis aux jeunes la flamme du

cierge pascal, symbole de la lumière qui est le Christ, et

leur a demandé de devenir des saints ardents:

Chers amis, l’image des saints a été continuellement

l’objet de caricature et de représentation déformée,

comme si être saints signifiait être en-dehors de la réa-

lité, ingénu et sans joie. On pense souvent qu’un saint

est seulement celui qui accomplit des actions ascétiques

et morales d’un niveau très élevé et que, pour cela, on

peut certainement le vénérer, mais jamais l’imiter dans

la vie personnelle. Comme cette opinion est erronée et

décourageante ! Il n’y a aucun saint, sauf la bienheureu-

se Vierge Marie, qui n’ait pas connu aussi le péché et qui

ne soit jamais tombé. Chers amis, le Christ ne s’intéresse

pas tant au nombre de fois où vous trébuchez dans la

vie, mais bien au nombre de fois où vous vous relevez. Il

n’exige pas des actions extraordinaires, mais il veut que

sa lumière resplendisse en vous. Il ne vous appelle pas

parce que vous êtes bons et parfaits, mais parce qu’il

est bon et il veut faire de vous ses amis. Oui, vous êtes

la lumière du monde, parce que Jésus est votre lumiè-

re. Vous êtes chrétiens – non parce que vous faites des

choses particulières et extraordinaires – mais parce que

Lui, le Christ, est votre vie. Vous êtes saints parce que sa

grâce opère en vous.

Chers amis, en ce soir où nous sommes réunis en

prière autour de l’unique Seigneur, nous entrevoyons

la vérité de la parole du Christ selon laquelle la ville

située sur une montagne ne peut rester cachée. Cette

assemblée brille dans les diverses significations de la

parole: dans la clarté d’innombrables lumières, dans la

splendeur de tant de jeunes qui croient en Christ. Une

bougie peut donner de la lumière seulement si elle se

laisse consumer par la flamme. Elle demeurerait inu-

tile si sa cire n’alimentait pas le feu. Permettez que le

Le Pape Benoît XVI accueillant les jeunes durant la veillée de prière à Fribourg, le 24 septembre

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VERS DEMAIN octobre-novembre-décembre 2011

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