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vivait seul. Il passait la grande

partie de son temps à recruter

des jeunes gens pour une asso-

ciation religieuse secrète qu’on

appelait: le Rosaire Vivant. Les

15 mystères qui composent le

Rosaire étaient représentés par

15 jeunes gens. La représenta-

tion du Rosaire Vivant commen-

çait après la récitation normale

du Rosaire. C’est sans doute en

jouant ces mystères du Rosaire

que Karol Wojtyla a dévelop-

pé des talents d’acteur et son

grand amour pour le saint Rosaire. Les pieux jeunes

gens de ce groupe s’engageaient à suivre le com-

mandement du Christ d’«aimer Dieu et le prochain»

par dessus tout.

Le maître recommandait à ses protégés la lecture

des derniers livres de théologie parus et il les guidait

sur le chemin de la sainteté en les imprégnant des

écrits de saint Jean de la Croix et de sainte Thérèse

d’Avila.

Tyranowski était un véritable éducateur. Karol

Wojtyla avait trouvé en lui un guide patient, doux,

mais ferme et tenace. Tyranowski avait comme devi-

se: Chaque instant doit servir à quelque chose. Cette

idée allait devenir l’une des carac-

téristiques les plus marquantes de

la vie et de l’oeuvre du futur Pape.

Tyranowski exigeait que ses

disciples tiennent soigneusement

un journal de chaque action de

leur journée, afin de savoir s’ils

avaient bien rempli leurs obliga-

tions quotidiennes.

Chaque semaine, notre futur

Pape se rendait chez son maître

et devait lui lire ses notes et lui

rendre compte de tout ce qu’il

avait fait. Les grandes qualités

que possédait Karol Wojtyla et

qui ont émerveillé son entourage,

lorsqu’il fut professeur, évêque,

puis Pape, semblent découler de

cette austère formation qu’il a re-

çue de Tyranowski. Même épuisé

par l’âge et la maladie, le Saint-

Père continuera à démontrer une

indéfectible volonté, une capacité

de résistance face à la maladie et

une ardeur au travail qui pourrait épuiser les plus dé-

voués de ses collaborateurs.

Le jeune homme ne renonça jamais à dire ses

prières. Tyranowski n’utilisait jamais la force, mais la

persuasion. Il montra à Karol Wojtyla: «La révélation

d’un univers nouveau, par ses paroles, sa spiritualité

et l’exemple d’une vie entièrement consacrée à Dieu

et, à lui seul, il représentait un monde nouveau que

je ne connaissais pas encore. Je vis la beauté d’une

âme révélée par la grâce», dit plus tard le Saint-Père,

en parlant de son maître Tyranowski.

«Une partie de ce monde nouveau se trouvait

dans les écrits de saint Jean de la Croix. Dans ses

poèmes et ses commentaires, Tyranowski, ce poète

mystique, enseignait comment aller à Dieu par la

contemplation et en se défaisant presque brutale-

ment de tout attachement terrestre et de tout bien

matériel. Il enseignait comment abolir impitoyable-

ment le «moi», et créer en soi un vide que Dieu vien-

drait combler de sa splendeur, aussitôt.»

«C’est une lutte quotidienne contre toi-même:

Lutte pour te plier, non pas au plus facile, mais au plus

difficile, non pas à ce qui te paraît le plus agréable,

mais le plus désagréable... non pas à ce qui console,

mais à ce qui te laisse inconsolé. Dieu se réjouit de

te voir prêt à affronter la souffrance et la privation par

amour pour Lui, il préfère cela à toutes les consola-

tions, les visions spirituelles et les méditations.»

Travail en usine

Les nazis exigeaient que les jeunes gens tra-

vaillent en usine. Karol Wojtyla fut employé à l’usine

Solvay.

En 1982, lors de l’un de ses

voyages en Afrique, Jean-Paul II

évoqua ce temps, qu’il regarde

comme «une grâce dans sa vie»,

d’avoir travaillé en usine, dans

une carrière, ajoutant que: «Cette

expérience de la vie en carrière,

avec tous ses aspects positifs et

ses misères, aussi bien que les

horreurs de la déportation de mes

compatriotes polonais dans les

camps de la mort, ont profondé-

ment marqué mon existence.»

La mort de son père

Le 18 février 1941, en revenant

de son travail, Karol Wojtyla eut la

douleur de trouver son père bien-

aimé sans vie.

«A 20 ans, disait-il,

j’avais déjà perdu tous ceux que

j’aimais.»

La mort de son père le préci-

pita encore plus profondément

dans ses réflexions mystiques et

philosophiques. Chez les Kydrynski, où il s’était ins-

tallé pour six mois, on le voyait souvent absorbé dans

la prière, étendu sur le sol, les bras en croix.

Devant la brutalité des nazis, Karol Wojtyla disait:

«La prière est la seule arme qui vaille». Telle était sa

pensée qui fut la même tout au long de ces années

d’occupation. La prière et la confiance en Dieu étaient

ses seules armes pour combattre le mal et la violen-

ce.

Le Rosaire Vivant s’était développé. Tyranowski

avait fait des quinze premiers disciples des chefs de

groupe, et chacun de ces groupes comptaient une

quinzaine de membres. Le Rosaire Vivant marquait

l’âme et la rapprochait de Dieu.

A la suite du Rosaire Vivant, Karol Wojtyla et des

amis ont fondé le Théâtre Vivant pour représenter

la vie des saints et édifier la jeunesse. Karol Wojtyla

était un artiste né. Il incarnait si bien le personnage

qu’il représentait, que personne ne doutait qu’il fasse

sa carrière du théâtre. Cependant, un jour il a quitté

ses belles activités artistiques pour devenir prêtre. Le

dernier rôle qu’il interpréta, avec un talent insurpas-

sable, fut le roi Boleslaw, le roi qui tua de sa main

l’évêque saint Stanislas.

A l’automne 1942, Karol se rendit à la résidence

de l’archevêque Sapieha et lui dit:

«Je veux être prê-

tre.»

Jan Tyranowski

Le Pape de Notre-Dame de Fatima

Le 13 mai 1981, sur la Place Saint-Pierre au Vatican,

exactement 64 ans après la première apparition de la

Vierge Marie aux trois enfants de Fatima, au Portugal, le

tireur turc Mehmet Ali Agca tira sur le Saint-Père (voir le

cercle dans la photo ci-dessous). Le Pape fut atteint de

quatre balles, dont deux se logèrent dans son intestin,

les autres atteignant sa main gauche et son bras droit.

Une des balles avait manqué l’aorte centrale de quel-

ques millimètres seulement.

Jean-Paul II fut convaincu dès le début que c’était

Notre-Dame de Fatima qui lui avait sauvé la vie. Plus

tard en 1981, il fit installer une mosaïque de Marie, Mère

de l’Église (

Mater Ecclesiae

) sur la Place Saint-Pierre. Il se

rendit par la suite trois fois au sanctuaire de Fatima au Por-

tugal (1982, 1991 et 2000) pour remercier la Vierge Marie.

Le 25 mars 1984, pour accomplir la demande de Notre-

Dame de Fatima, Jean-Paul II consacra le monde entier

— y compris la Russie — au Coeur Immaculé de Marie, et

le communisme s’est écroulé quelques années plus tard.

Le 27 décembre 1983, lorsque Jean-Paul II visi-

ta Mehmet Ali Agca en prison, celui-ci lui demanda:

«Pourquoi êtes-vous encore en vie? Je sais que j’ai

visé juste, et que la balle était puissante et mortelle.»

Le Saint-Père lui répondit: «Une main a tiré la balle, et

une autre (celle de la Vierge Marie) l’a guidée.»

Comme signe de sa reconnaissance, Jean-Paul II a

fait don au sanctuaire de Fatima de la balle qui l’avait

atteint à l’abdomen; cette balle fait maintenant partie de

la couronne de la statue de la Vierge de Fatima. Lors de

la visite de Jean-Paul II en l’an 2000 au sanctuaire de

Fatima, la troisième partie du secret révélé par la Sain-

te Vierge Marie aux trois enfants en 1917 fut dévoilée:

c’était une description de l’attentat contre le Pape Jean-

Paul II: «l’évêque vêtu de blanc» qui prie pour tous les

fidèles, est le Pape. Comme il s’avance avec peine de-

vant la Croix parmi les cadavres des martyrs (évêques,

prêtres, religieux et laïcs), il s’écroule sous les balles,

apparemment laissé pour mort. (Mais il a survécu mira-

culeusement, grâce à l’intercession de Marie.)

u

Karol à 18 ans

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2011

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