Table of Contents Table of Contents
Previous Page  28-29 / 48 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 28-29 / 48 Next Page
Page Background

Mgr Joseph BEFE ATEBA

Évêque de Kribi

Cameroun

Mgr Étienne UNG’EYOWUN

Évêque de Bondo,

République Démocratique

du Congo

Abbé Felicien MWANAMA

Secrétaire adjoint de la

Conférence Épiscopale

de la RDC

Abbé Hubert Martin

SATANABOUA

Vicaire de Thetford

Mines, QC, Canada

du Crédit Social, l’argent demeure un reflet exact de la

réalité; il apparaît lorsqu’un nouveau produit apparaît et

disparaît lorsque le produit disparaît ou est consommé.

Le Crédit Social est une véritable démocratie éco-

nomique dans la mesure où les consommateurs, assu-

rés d’un pouvoir d’achat adéquat, jouent un rôle décisif

dans le choix des biens à produire ou plutôt décident de

ce qui sera produit par l’usage de leur vote monétaire.

Leçon 7: L’histoire du contrôle

bancaire aux États-Unis

Cette histoire se ramène à la lutte entre, d’une part

les banquiers voraces et d’autre part, ceux qui luttent

pour sauvegarder le pouvoir régalien du gouvernement

d’émettre l’argent. Les premiers tiennent à installer le

système frauduleux de l’argent-dette, l’argent malhon-

nête au détriment du système d’argent honnête, af-

franchi du contrôle des financiers qui doit être et demeu-

rer l’oeuvre d’un gouvernement honnête.

L’histoire de cette bataille aux USA atteste le cou-

rage et la perspicacité de certaines personnalités qui se

sont distinguées dans la lutte contre le système inique

des banquiers. Il s’agit notamment de Benjamin Franklin,

d’Abraham Lincoln, de la Constitution des USA de 1787.

Cette dernière disposait en son article 1, §5 que c’est au

Congrès qu’appartient le droit de frapper l’argent et d’en

régler la valeur.

Dans cette histoire, l’on voit que la bataille a été des

plus rudes. C’est le peuple qui ne semble pas avoir suf-

fisamment joué son rôle. Car l’obtention du monopole

complet du contrôle du crédit aux USA est liée à l’igno-

rance de la population sur la question de la monnaie, sa

nature, le crédit et sa circulation. Il est évident que pour

vaincre ce système inique, il faut éduquer et informer

le peuple. La force, la victoire se trouve donc dans la

formation pour créer une opinion publique informée et

organisée.

Durant les échanges, les participants sont étonnés

que cet état des choses perdure jusqu’à notre époque.

Le plus révoltant, ont-ils estimé, c’est que cette dette

interminable a été payée plusieurs fois par les pays pau-

vres d’Afrique. Certains ont émis le souhait de voir que le

Crédit Social fasse l’objet d’un thème synodal ; d’autres

promettent d‘user de leur autorité morale pour qu’en as-

surant l’information requise au peuple, les choses puis-

sent changer; un économiste est abasourdi de n’avoir

pas entendu des enseignements analogues durant son

parcours académique et propose à cet effet que, pour

atteindre un public plus large, les Pèlerins de saint Mi-

chel en fassent l’objet d’un film pour élargir l’audience.

Un autre estime qu’il y a urgence d’éduquer la masse en

Afrique en traduisant en langues africaines le livre: La

démocratie économique expliquée en 10 leçons et vue

à la lumière de la doctrine sociale de l’Eglise. Il renchérit

qu’il faut introduire ce thème dans les manuels scolaires.

Le but ultime des financiers: un gouvernement

mondial avec une monnaie mondiale.

Seul le Crédit Social peut arrêter ce plan

Les banquiers ont un projet diabolique d’imposer

aux autres leur volonté. Comment ? Ils procèdent par la

création de l’argent-dette, l’argent qui n’existe pas et qui

entraîne des dettes interminables. Ils visent des crises et

des révolutions, des frictions sociales dans lesquelles ils

peuvent intervenir pour imposer leur solution et attein-

dre leur objectif d’aboutir à un gouvernement mondial

unique, avec une monnaie mondiale. Ainsi sonnerait le

glas des états souverains.

La perspicacité et la justesse de vue de Jean-Paul II

dans Sollicitudo rei socialis sont indiscutables lorsqu’il

signale que le désir du profit, la soif du pouvoir en

vue d’imposer aux autres sa propre volonté sont des

éléments des structures de péché. Le Pape invite par

conséquent au don de soi, à l’apostolat pour le bien des

autres.

Benjamin Franklin, Andrew Jackson, Abraham Lincoln

Leçons 9-10: Le Crédit Social et la

doctrine sociale de l’Église

La question de la dignité de l’homme et de son destin n’est pas

étrangère à la sollicitude de l’Eglise. Par son enseignement social,

l’Eglise veut imprégner la société de l’Evangile. A cet effet, l’Egli-

se fait appel aux fidèles laïcs pour amener l’Evangile dans l’ordre

temporel et œuvrer à son renouvellement pour qu’il corresponde à

l’Evangile.

Le Crédit Social promu par Louis Even s’inscrit dans cet effort. Il

s’emploie à respecter rigoureusement les quatre principes basilaires

de la doctrine sociale de l’Eglise. Redisons-le: respect absolu de la

personne humaine, du bien commun, de la subsidiarité et de la soli-

darité. Ce qui fait comprendre que tous les systèmes doivent être au

service de l’homme.

Par conséquent, ni le capitalisme, ni le communisme ne peuvent

prétendre incarner l’enseignement social de l‘Eglise. A l’endroit de

l’un et l’autre, il y a une gerbe des griefs contre leur perversion et

limite.

Le communisme est anti-chrétien, intrinsèquement pervers,

destructeur de la propriété privée, de la famille et de la religion. Le

capitalisme n’est pas à condamner en tant que système de produc-

tion (c’est-à-dire la libre entreprise et la propriété privée), mais il est

défectueux en tant que système de distribution, il a été vicié par le

système financier. Il subit la dictature de l’argent. Son grand vice

c’est la création de l’argent sous forme de dettes. Par le truchement

du cumul d’intérêts il appauvrit davantage et finalement il finit par

atteindre son objectif: imposer sa volonté. L’on convient alors avec

saint Jean Chrysostome que «rien n’est plus honteux, ni plus cruel

que l’usure».

Encore une fois, dans ce contexte, l’effacement de la dette s’avè-

re une nécessité impérieuse et morale. Il n’y a que le rembourse-

ment du capital qui est juste. Le reste est de trop et donc immoral.

Ici apparaît avec une évidence cristalline la pertinence de l’objectif

du Crédit Social: que la société, par l’entremise d’un organisme de

comptabilité nationale, soit la seule à émettre l’argent pour la nation,

qu’elle arrête d’en emprunter des banques pour permettre à l’éco-

nomie d’atteindre son objectif d’être au service de l’homme, de tout

homme et de ses besoins essentiels.

La contradiction actuelle entre la surabondance de la production

et la pauvreté dans le monde est inacceptable. Elle appelle de toute

urgence la réforme du système financier tel que l’enseigne le Crédit

Social pour que la primauté de la personne humaine soit rigoureu-

sement respectée et le but de l’économie atteint, à savoir joindre les

biens produits aux besoins de la personne. L’appel de Jean-Paul II à

la 6ème Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Déve-

loppement à Genève en 1975 vient à point nommé:

«Une réforme

structurelle du système financier mondial est sans nul doute une

des initiatives les plus urgentes et nécessaires».

L’on veillera également au respect du principe de subsidiarité

qui dénonce toute centralisation et son expression la plus extrême

qu’est le gouvernement mondial qui récuse les compétences inhé-

rentes aux sociétés naturelles et intermédiaires dans un Etat. Ce

principe est un gage de protection des personnes des abus des ins-

tances supérieures; il incite ces dernières à aider les individus et

les corps intermédiaires à développer leurs fonctions. L’individu, la

famille et toutes les autres organisations ont à être au service de la

personne. Le principe de subsidiarité met en garde contre les abus

de l’Etat-providence.

28

VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2011

www.versdemain.org