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Mgr Évariste NGOYAGOYE

Archevêque de Bujumbura

Burundi

Mgr Camille LEMBI

Évêque d’Isangi

République Démo-

cratique du Congo

Mgr Joseph ATANGA, S.J.

Archevêque de Bertoua

Président de la Conférence

Épiscopale du Cameroun

Mgr Samuel KLEDA

Archevêque de Douala

Cameroun

de prêter 10 fois le montant de papier-monnaie qu’elles

ont dans leurs coffres-forts est appelé système de cou-

vertures fractionnaires des banques.

Ce système est d’autant plus vicieux que le ban-

quier exige des intérêts qui n’existent pas d’avance.

D’où par exemple la dette publique accumulée du fait

que les investissements des Etats ne produisent géné-

ralement pas de plus-value pour le service de la dette.

En conséquence, ce sont les contribuables qui doivent

payer les intérêts interminables. Il y a donc dictature des

banquiers sur les individus et sur les gouvernements,

avec autant de conséquences de la pauvreté et l’étran-

glement des pays à cause des intérêts composés. Tel

est le cas de la situation notamment du Canada et des

Etats-Unis, pourtant pays développés.

Leçon 4: La solution au problème des dettes:

un argent sans dette créé par la société

On l’a compris: l’argent n’est pas

une richesse mais un signe, un sym-

bole qui facilite l’échange et donne

droit à la richesse. Basé sur la capa-

cité de produire de la société, l’ar-

gent appartient aussi à la société. En

principe, logiquement, la société ne

devrait pas payer les banquiers pour

l’usage de son propre argent. C’est

au gouvernement, représentant légi-

time de la société, qu’il devrait reve-

nir d’émettre directement l’argent

sans passer par les banquiers. Pour

le Crédit Social, la société devrait ré-

cupérer ce droit cédé aux banquiers,

en faire usage en créant son propre

argent.

Pour le Crédit Social, l’argent

doit être ramené à son rôle propre,

celui d’être un chiffre qui représente

les produits pour en faire une simple

comptabilité exacte. Celle-ci devra

être garantie et exécutée par une

Commission de comptables – Orga-

nisme indépendant que l’on pour-

rait aussi appeler «Office National

de Crédit». Son rôle serait de faire

en sorte que l’argent soit le reflet, mieux l’expression

financière exacte des réalités économiques. La produc-

tion serait exprimée par un actif et la destruction par un

passif. On éviterait ainsi le risque de l’inflation, d’abus

du pouvoir d’émettre plus d’argent qu’il n’en faut.

Dans le cas d’une dette juste qui représente un réel

déboursé de la part du prêteur, la justice requiert de

rembourser seulement le capital. Tandis que les dettes

créées d’un trait de plume (par les banques commercia-

les) ne devraient pas l’être et, devraient par contre, être

annulées. La justesse de la demande formulée durant

l’année du jubilé 2000 par Jean-Paul II d’abolir les dettes

publiques est plus qu’intelligible et pertinente.

Dans ce contexte, l’argent ne peut pas produire de

l’intérêt, «il ne produit pas des petits» (Aristote). En re-

vanche, si l’investissement entraîne une augmentation

de production, la part due au capital serait à déterminer

par entente et selon l’équité, dans le sens d’un dividende.

On le sait: le Seigneur s’est in-

surgé contre l’intérêt en chassant

les changeurs du Temple (Mt 21,

12-13 ; Mc 11, 15-19); l’enseigne-

ment des docteurs de l’Eglise (saint

Thomas d’Aquin) et du Magistère

de l’Eglise est constamment ferme

dans la condamnation de l’intérêt

(cfr

Vix Pervenit

de Benoît XIV). Il

faut donc avoir le courage de le

réaffirmer: l’intérêt est amoral.

Leçon 5: Le manque

chronique de pouvoir

d’achat; le dividende

Financer la production ne suf-

fit pas. Encore faut-il que les pro-

duits atteignent ceux qui en ont

besoin. Malheureusement, il y a

carence de pouvoir d’achat, c’est-

à-dire que ceux qui sont dans le

besoin sont généralement incapa-

bles d’acheter les biens produits

par manque d’argent, quand bien

même la production distribue l’ar-

gent sous forme de salaires, de

profits, de dividendes.

Jésus chasse les changeurs d’argent

du Temple (Matthieu 21, 12-13)

Mgr Gaston RUVEZI

Évêque de Sakania

Kipushi, République

Démocratique du Congo

Mgr Bernard KASANDA

Évêque de Mbujimayi

République Démo-

cratique du Congo

Mgr Stanislas LUKUMUENA

Évêque émérite de Kole

République Démo-

cratique du Congo

Mgr Valentin MASENGO

Évêque de Kabinda

République Démo-

cratique du Congo

Seuls, ceux qui perçoivent des salaires, profits et di-

videndes ont un certain pouvoir d’achat. Pas les autres.

Et là encore, les salaires ne pourront jamais suffire à

acheter les biens produits: il faut alors trouver une solu-

tion au problème. Et cette solution, c’est le Crédit Social

qui accorderait un dividende à tous, y compris les em-

ployés dont les salaires seront toujours insuffisants. Et

pour cause: les prix des biens produits seront toujours

supérieurs aux salaires distribués selon le théorème de

l’ingénieur écossais Clifford Hugh Douglas pour qui, A

ne peut acheter A plus B.

En effet, A représentant le salaire n’est qu’une partie

constitutive du prix et donc toujours inférieur au prix qui

comprend d’autres frais de production (matières premiè-

res, taxes, frais bancaires, entretien et amortissement

des machines, bénéfices, etc.). Le prix de vente (A + B)

sera donc toujours supérieur au salaire (A). Il y a donc un

manque chronique de pouvoir d’achat dans le système

en vigueur, car même si on augmentait les salaires, les

prix devant tenir compte de cette augmentation, jamais

les salaires ne pourront les rattraper. Pour pouvoir ache-

ter toute la production, il faut donner un revenu supplé-

mentaire en dehors des salaires, au moins égal à B. C’est

ce que ferait le dividende du Crédit Social. Ni les ventes

à crédit (conséquence du manque de pouvoir d’achat),

ni l’embauche dans les travaux qui distribueraient les

salaires sans augmenter les produits (travaux publics,

production d’armements, etc.), ni la balance commer-

ciale favorable des pays ne pourraient être une solution

au manque chronique de pourvoir d’achat.

Le pouvoir d’achat ne peut absolument pas être lié

au salaire, car l’évolution montre bien que dans le mon-

de il y aura de moins en moins d’emplois rémunérés

à cause de la technique et de la machine. Or, les biens

de la terre sont destinés à tous. Comment y parvenir si

le salaire seul doit distribuer l’argent qui permet de les

acquérir ?

Le plein emploi n’est pas nécessaire dans une so-

ciété hautement industrialisée où la machine remplace

de plus en plus l’effort de l’homme. Dans ces sociétés

l’on va jusqu’à créer des besoins artificiels et produire

des choses qui durent le moins longtemps possible don-

nant lieu au matérialisme et au consumérisme. Le divi-

dende permettrait de remplacer le travail salarié par des

activités libres, plus épanouissantes et plus utiles pour

l’homme, telle la vie familiale.

Le dividende est donc la solution pour garantir le

pouvoir d’achat. Il découle du Crédit Social et il constitue

un droit pour chaque homme qui est cohéritier des res-

sources naturelles et de la technologie ou des inventions

de ceux qui nous ont précédés sur la terre.

Leçon 6: L’argent et les prix – Le dividende

Le dividende fait augmenter l’argent du pays quand

cela est nécessaire et place directement cet argent entre

les mains des consommateurs. Pour que cette opéra-

tion soit bénéfique, il faut qu’elle augmente le pouvoir

d’achat du consommateur. Or le pouvoir d’achat dépend

de deux facteurs: la quantité d’argent entre les mains de

l’acheteur et le prix du produit à vendre. Si le prix dimi-

nue, le pouvoir d’achat augmente; s’il monte, le pouvoir

d’achat diminue.

Le pouvoir d’achat ne peut pas augmenter avec

l’augmentation des salaires qui fait monter les prix puis-

que les salaires entrent dans le prix. Le dividende natio-

nal, lui, n’entre pas dans le prix parce qu’il est fait d’ar-

gent nouveau distribué par la société, indépendamment

du travail salarié.

Cependant, en face de plus d’argent dans le public,

il pourrait y avoir tendance d’augmentation de prix et

donc inflation. Le gouvernement ne pourrait non plus

imposer les prix nivelés pour ne pas décourager la pro-

duction. D’où la proposition du Crédit Social pour com-

battre l’inflation par la technique du «prix ajusté» ou de

l’escompte compensé.

Ainsi, le juste prix c’est le coût réel du produit, de la

richesse consommée pour avoir le produit. Le consom-

mateur paierait alors le prix de la richesse consommée

et, pour que le marchand n’en pâtisse pas, le Crédit So-

cial lui paierait la différence entre le prix marqué (prix de

vente) et le juste prix ou le coût de la richesse consom-

mée pour avoir le produit. Cette différence s’appelle «es-

compte compensé».

Il existe donc trois principes fondamentaux dans le

Crédit Social: l’argent émis sans dette par le gouverne-

ment, le dividende mensuel à tous les citoyens et l’es-

compte compensé. On l’aura remarqué: dans le système

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2011

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