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pale, je crois que nous ne laissons pas les choses pas-

ser, et nous allons continuer cette lutte pour que, dans

la mesure du possible, demain soit meilleur; c’est le

sens de votre journal — Vers Demain — demain sera

meilleur. Nous y croyons, et je vous remercie.

Mgr Gaston RUVEZI, évêque du diocèse de Saka-

nia Kipushi en République Démocratique du Congo:

Je suis venu ici par curio-

sité, et révolté contre les

Amé-

ricains des États-Unis et du

Canada. Pourquoi ? Parce que

ce sont de grosses entreprises

que je vois chez moi, dans mon

diocèse, qui exploitent les mi-

nerais que nous avons, laissant

la population dans la misère la

plus noire. En venant ici, j’ai dé-

couvert sous un autre jour les

Canadiens et les Américains.

Nous avons, vous et nous, un même ennemi commun.

O

n a ciblé le problème ici, c’est l’éducation du

peuple... Merci d’avoir créé cet esprit de famille entre

laïcs, prêtres et évêques, et formant cette Église-fa-

mille que nous souhaitons tous. Je me donne le devoir

à moi-même et à tous mes collaborateurs d’être le

relais, de propager le message du crédit social, de

l’éducation du peuple à travers les pauvres moyens

que nous avons, et en passant justement par les fem-

mes. Parce que si nous ne le faisons pas, si je ne le fais

pas, je serai aussi

assassin financier

. Je vous remercie.

Mgr Joseph BEFE ATEBA, évêque du diocèse de

Kribi au Cameroun:

J’ai été fortement im-

pressionné par la relation

des expériences d’apostolat

que nous avons entendues,

qui m’ont vraiment impres-

sionné: que bénévolement,

des gens aillent frapper aux

portes pour proposer aux

gens de prier, et qui parlent

de la foi avec eux; ça m’a fait

revenir en idée à un autre

témoignage: il y a un avocat

américain très célèbre (Samuel Pisar) qui est le seul sur-

vivant de sa famille — c’est un Juif polonais, tous ses

parents ont été massacrés — il a décidé de vivre. Il a

intitulé son livre

Le Sang de l’Espoir.

Je pense avoir vu

ici comme un sang de l’espoir.

J’ai été aussi frappé ici par la dénonciation ouverte

et courageuse de la franc-maçonnerie et des Illuminati.

Je viens de voir tout ce qui concerne les Illuminati dans

Google (sur internet) et ça m’a donné froid dans le dos...

Comme vous le dites, c’est vraiment une espèce de mon-

de satanique, dont le but final est d’en finir avec l’Église

et d’installer un nouvel ordre mondial…

Quant au séminaire lui-même, j’ai appris beaucoup

de choses... Ce que j’ai appris ici, avec beaucoup de

délectation, c’est l’origine de l’argent, et les motiva-

tions qu’il y a derrière, parce que le système monétaire

et le système bancaire pourraient apparaître au monde

comme quelque chose de naturel... J’ai pu apprécier le

complément d’information que j’ai reçu, les révélations

sur le système monétaire et le système bancaire, et qu’il

est possible de faire autrement, que la monnaie n’est pas

consubstantielle à nos États. On peut faire autrement que

le système que nous avons actuellement, et nous avons

eu une démonstration hier (par M. de Siebenthal) sur la

création d’une monnaie locale, qui nous a passionnés.

J’ai aussi apprécié cette fine connaissance de la doc-

trine sociale de l’Église, et c’est ce qui a d’ailleurs motivé

ma participation… Nous avons, dans la province ecclé-

siastique dont je suis issu, brassé beaucoup d’idées sur

ce qu’on appelle aujourd’hui l’Évangile social, ou encore

une ecclésiologie sociale, parce que la nouvelle évan-

gélisation en Afrique nous interpelle davantage sur les

chantiers sociaux. Il y en a des quantités, la misère en-

vironnante, des questions d’injustice, des questions de

manque de pain, etc., chaque jour il y a un problème en

Afrique, nous sommes les laissés pour compte. L’Afrique

est un continent cliniquement mort, comme on dit, tous

les diagnostics ne nous donnent aucune chance: nous

sommes morts du sida, nous sommes morts de l’endet-

tement, nous sommes morts de malaria, c’est un conti-

nent pluri-mortifère. Dans la production des biens dans

le monde, en 2008, l’Afrique contribuait à 0,001 pour

cent dans le patrimoine mondial, et pourtant nous avons

un sous-sol qu’on ne prend pas en compte. Mais c’est le

système bancaire qui nous classe, ce sont les systèmes

économiques qui nous évaluent, qui nous classent et qui

nous donnent une étiquette, quand bien même tout ce

qui fait le monde aujourd’hui — les métaux, les minerais

et tout ce qu’on utilise — provient de chez nous.

J’ai appris aussi beaucoup ici sur les mécanismes

en vigueur dans le monde, et ce qui m’a fait le plus plai-

sir, c’est la proposition d’un nouvel ordre social, une

autre possibilité ou moyen de faire autrement. Un nou-

vel ordre social libéré de la tutelle des grandes puis-

sances monétaires et bancaires qui n’ont pas d’autre

critère d’action que leurs intérêts. Ce n’est pas l’homme

qui les préoccupe, ce n’est pas cela du tout. C’est en

cela qu’ils diffèrent fondamentalement d’avec la doc-

trine sociale de l’Église.

Ce qui m’a plu aussi c’est la proposition de remettre

le pouvoir monétaire et financier aux ayants droit légiti-

mes: la société, le peuple, l’humanité; c’est ce que j’ai

compris dans ce qui a été intitulé comme étant la démo-

cratie économique, c’est-à-dire cette fin du monopole de

la monnaie par ceux qui se le sont indûment attribué.

Tout au long des exposés, je n’ai pas cessé de me

demander comment il était possible que cet enseigne-

ment prenne en Afrique. Pour moi l’inquiétude se trouve

dans la conscientisation: comment faire descendre cette

information au niveau du petit peuple, qui est la victime

immédiate et lointaine de tout ce système...

Devant ces systèmes, ces puissances, même une

pensée la mieux élaborée ne suffit pas pour attaquer le

système, parce qu’il est sérieusement implanté. Il a tous

les moyens — les moyens militaires, les moyens finan-

ciers, les moyens systémiques, les moyens politiques

et diplomatiques… Quand on regarde cela, on se dit:

«Qu’est-ce que le petit Crédit Social peut faire en face de

tout ça?»

Mais nous avons des exemples dans la Bible. C’est

dans ce sens que David s’est retrouvé en face de Go-

liath. Quand vous lisez l’histoire de David, vous voyez

Goliath qui invoquait ses victoires, et qui disait à Da-

vid: «Qui es-tu? Je peux t’écraser !» David répondait:

«Je viens à toi au nom de Yahvé Sabaoth (le Seigneur

des armées) !» Il ne s’avançait pas en tant que David, il

s’avançait vers lui au nom de Yahvé Sabaoth. Et à la fin,

c’est lui qui a eu le dessus. Donc ça pourrait se répéter,

l’histoire de David et de Goliath.

Mgr Bernard KASSANDA, évêque du diocèse de

Mbuji-Mayi en République Démocratique du Congo:

De tous les textes du

manuel des 10 leçons, il y

en a beaucoup qui m’ont

édifié, mais spécialement

ce passage tiré des pages

177 et 178: «Ce qui est

infiniment mieux, c’est de

corriger le problème à sa

source, de s’attaquer aux

causes mêmes de la pau-

vreté, et de rétablir cha-

que être humain dans ses

droits et sa dignité de per-

sonne créée à l’image de Dieu, ayant droit au moins au

nécessaire pour vivre.»

Et le texte continue avec la citation du Pape Paul VI

tirée de son encyclique

Populorum progressio

: «Plus

que quiconque, celui qui est animé d’une vraie charité

est ingénieux à découvrir les causes de la misère, à

trouver les moyens de la combattre, à la vaincre réso-

lument.» Et l’auteur du livre continue: «Ce qu’il faut,

ce sont des apôtres pour éduquer la population sur

la doctrine sociale de l’Église et sur des moyens, des

solutions concrètes pour l’appliquer, comme les pro-

positions financières du Crédit Social.»

Pour moi, c’est l’essentiel. Pour passer à l’applica-

tion concrète, il faut éduquer la population. Chez moi,

je me donne comme devoir de faire traduire ces leçons

en tshiluba, qui est la langue parlée dans mon diocèse.

Et je voudrais aussi faire quelque chose pour tout le

monde, c’est-à-dire partager ces idées qui cachent une

richesse inouïe de notre Église, ces richesses qui sont

ici synthétisées déjà par Douglas et reprises dans l’es-

prit de l’Église par Louis Even…

Vous, Pèlerins de saint Michel, vous avez un travail

à faire. Avec Marie d’un côté et saint Michel de l’autre,

de quoi pouvez-vous avoir peur ?

Mgr Samuel KLEDA, archevêque de Douala au

Cameroun:

Merci pour l’occasion

que vous m’avez offerte

de vous connaître ici et

de vivre votre convic-

tion concernant le Crédit

Social, une autre manière

d’organiser l’économie

qui accorde la primauté

à la personne humaine.

Merci pour votre hospita-

lité si fraternelle et si ami-

cale...

Ce qui m’a frappé de

façon générale, c’est cette

nouvelle vision des choses. Après une semaine d’étude

du Crédit Social, j’admire aujourd’hui l’intelligence de

Douglas, son audace et son courage d’avoir tracé une

voie nouvelle, différente de celle admise et suivie par

le monde entier. Il proposa une autre voie qui permet à

l’homme de se libérer et d’être responsable de ce qu’il

produit. Ainsi l’homme se libère d’un système économi-

que qui le rend esclave, un système qui vise avant tout

le profit égoïste. Oser tracer une telle voie contre tous,

voilà ce qui exprime pour moi le génie de cet homme.

Et pour cela, il fallait une bonne dose de courage pro-

phétique. Quand nous étudions les prophètes d’Israël,

nous nous rendons compte que chacun a un message à

transmettre, et ce message répond à un problème pré-

cis. De son temps, Douglas a vu un problème, mais lui,

fut le seul à dire: «Non, il y a une autre manière de voir

les choses, d’organiser l’économie du monde.»

Le mérite de Louis Even fut très grand d’assimiler

la théorie économique de Douglas, et j’ai saisi au vol

cette phrase que Douglas prononça un jour au sujet

de l’entreprise de Louis Even: «Après ma mort, si vous

voulez des explications sur le Crédit Social, il faut vous

référer à Louis Even, c’est lui qui m’a le mieux compris.»

C’est dire que Louis Even avait compris le Crédit Social

et avait entrepris de l’appliquer, puisqu’il a regroupé

autour de lui toute une communauté, le groupe de per-

sonnes que vous êtes.

J’apprécie beaucoup ce que vous enseignez, car

par le Crédit Social, vous voulez résoudre le problème

de la misère et de la pauvreté en détruisant le mal à

la racine. Ce qui me réjouit, c’est que vous n’êtes pas

seulement au service de l’Afrique qui est en permanen-

ce sous perfusion, mais vous intervenez partout dans

le monde. La misère et la pauvreté ne concernent pas

seulement un pays ou un continent; tous ces problè-

mes si graves concernent le monde entier. Quand on

découvre que le système dans lequel nous vivons a

été inventé par l’homme, et qui peut être changé si les

hommes le veulent, cela devient très révoltant. Com-

ment les banques arrivent-elles à être les propriétaires,

les maîtres de ce qu’elles n’ont pas produit ! Voilà le

problème, voilà ce qui révolte.

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2011

VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2011

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