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Eh bien, votre voisin fera lui aussi son propre

choix, si lui aussi obtient la sécurité économique abso-

lue. Et c’est tous vos concitoyens qui feront de même

lorsque, selon le concept créditiste, chacun jouira de

cette même sécurité économique absolue.

Vous devinez tout de suite que certains change-

ments se produiront immanquablement, sans être

imposés par personne.

Le pouvoir d’achat naissant pour une grande par-

tie entre les mains des consommateurs, ce sont eux

qui donneront à la production des commandes corres-

pondant à leurs besoins. L’économie s’orientera vers

une économie de consommateurs: elle retrouvera

ainsi sa finalité qu’elle avait perdue.

Puis, les relations entre employeurs et employés

prendront automatiquement un nouveau visage. Plus

question d’unions ouvrières et de syndicats patronaux

pour se combattre réciproquement. Des hommes

assurés de leur pain quotidien ne sont plus obligés

d’accepter des conditions imposées ni de subir des

traitements insupportables. Les groupements de pro-

ducteurs se feraient autrement, et sans doute l’asso-

ciationisme remplacerait-il

graduellement le salariat.

Avec des hommes libérés par la sécurité écono-

mique, les petits et moyens dictateurs de tous crins

n’auraient plus aucune prise sur ceux qu’ils font

ramper aujourd’hui. C’est pourquoi ceux qui aiment

à dominer les autres ne sont point enthousiastes du

Crédit Social.

Craintes jansénistes

— Mais n’y aurait-il pas des hommes qui abu-

seraient de cette libération?

— En abuseriez-vous vous-même? Si elle vous

était offerte d’une main, aimeriez-vous que, de

l’autre main, on vous la supprime de crainte que

vous en abusiez ?

Mais, mettons qu’il y en ait qui en abusent.

Est-ce une raison pour garder une économie de

servitude et de soucis matériels lorsque la sécurité

économique pour tous est possible?

Le Pape note bien qu’un degré d’aisance et de

culture facilite l’exercice de la vertu, au lieu de lui

nuire, «à condition qu’on use sagement» de cette

condition matérielle. Il sait bien que des gens n’en

useront pas sagement; mais il la réclame quand

même pour tous et pour chacun, comme condition

d’un système économique et social bon et saine­

ment constitué (Encyclique

Quadragesimo Anno

).

Nous l’avons dit plus haut, sous un régime de

sécurité économique, il y aurait encore des pro-

blèmes à résoudre. Ils ne seraient plus d’ordre

purement financier. Ils resteraient plutôt des pro-

blèmes relatifs à d’autres activités fonctionnelles

de l’homme que celles de la vie économique. Des

problèmes d’ordre éducationnel, civique, médical,

moral, religieux — comme aujourd’hui. En a-t-on

peur ? Prétendra-t-on que la camisole du système

financier doive remplacer ou aider l’éducateur, le

prêtre, la morale, la religion?

Pourquoi l’homme ne pourrait-il pas apprendre

à se conduire à moins d’être tenu en laisse par la

crainte de ne pas avoir de quoi manger ? Et pour-

quoi faudrait-il entretenir cette crainte, même devant

des greniers pleins, par les artifices des contrôleurs

de l’argent et du crédit ?

Le système actuel est du jansénisme éco­

nomique. Le Crédit Social y substituerait un carac-

tère de catholicité, de sécurité économique pour

chaque individu. En faisant sauter l’obstacle: l’hé-

résie financière.

Louis Even

Vers Demain publié en quatre langues

Saviez-vous que Vers Demain est publié en quatre langues

— français, anglais, espagnol et polonais? Ils sont tous publiés

en format magazine. Si vous connaissez quelqu’un qui peut lire

une de ces langues, n’hésitez pas à leur offrir un abonnement-

cadeau, ou bien abonnez-vous vous-même pour améliorer vos

habiletés dans une deuxième langue ! Le prix est le même pour

chacune des quatre éditions: 20 dollars pour 4 ans (pour le Ca-

nada et les États-Unis, ou 48 euros pour 4 ans pour l’Europe).

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mentionner dans quelle langue vous voulez recevoir le maga-

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Canada:

“Vers Demain, 1101 rue Principale,

Rougemont, QC, J0L 1M0; Tel.: 1 (450) 469-2209

Deux fois par année, nous

invitons des évêques, surtout

d’Afrique. à notre semaine

d’étude sur le Crédit Social à

notre maison-mère de Rouge-

mont au Canada. Les dix évê-

ques africains qui ont participé

à notre semaine d’étude en

mars et avril derniers ont été

enthousiasmés et sont déci-

dés à faire avancer notre cause

dans leur diocèse. Voici les

commentaires de quelques-

uns de ces évêques:

Mgr Étienne UNG’EYOWUN,

évêque du diocèse de Bondo

en République Démocratique

du Congo:

De notre professeur Alain

Pilote, il est sorti un véritable

pilote, effectivement, qui nous

a menés très haut et très loin.

J’ai eu vraiment du plaisir à

le suivre. Et de manière parti-

culière, je voudrais bien sou-

ligner ce qui m’a frappé: c’est

la maîtrise de la doctrine sociale de l’Église par un laïc...

Tout a été présenté de manière très technique, des tex-

tes bien choisis, bien agencés, bien ordonnés, de telle

manière que c’est compréhensible.

Deux aspects que j’ai appris ici. Premièrement, la

grande question de l’endettement mondial, avec la ré-

percussion sur nos États en Afrique; nous parlons beau-

coup de nos gouvernants, mais maintenant j’arrive à

comprendre que le grand problème, en fait, ce sont les

banquiers. Nos États sont pris dans l’étau, peut-être ne

le savent-ils pas beaucoup, c’est le moment d’apporter

cet éclairage. C’est pourquoi la proposition d’informer

les acteurs politiques est très importante, ils doivent

prendre conscience que la solution se trouve chez eux,

M. Pilote l’a rappelé, que chaque société, chaque État

fabrique, crée son argent sans intérêt ! Si au niveau na-

tional on prend cette confiance de libérer le peuple, je

crois que nous aurons fait un très grand pas.

Un deuxième point que vous avez montré, c’est

que c’est un combat contre le mal. Le système est fon-

cièrement vicié dès le point de départ. On l’a vraiment

démontré durant cette semaine d’étude. Nous devons

mettre toute notre intelligence, toutes nos forces, mais

vous, vous avez ajouté un élément, la dimension spi-

rituelle. C’est aussi un combat spirituel contre le mal,

contre le démon. Votre emblème, que nous allons ra-

mener chez nous, montre cette

victoire de l’archange saint

Michel sur le démon… Cha-

que jour dans ma propre «lita-

nie» que j’ai composée, je dis:

«Saint Michel, protège mon

diocèse; saint Gabriel, protège

mon diocèse; saint Raphaël,

protège mon diocèse.» J’ai mis

mon diocèse sous la protection

des archanges, sachant que le

combat que je mène c’est un

combat très dur, et j’ai besoin

de ces protecteurs que l’Église

nous donne, que le Seigneur

nous a donnés.

Donc je suis

dans cette spiritualité, et c’est

avec bonheur que j’ai reçu le

cadeau que vous nous avez

confié (la bannière de saint

Michel), parce que ça entre

dans notre spiritualité.

Le premier problème de

la population de mon diocèse,

c’est la faim, c’est le problème

de la nourriture: les gens ne

mangent pas à leur faim. Et j’arrive ici, et on l’a répété

plusieurs fois, et ça me touchait, ça me frappait: le pre-

mier besoin, c’est la nourriture, donner à manger à la

population. Quelle interpellation pour moi ! Et le thème

de notre semaine d’étude: le pain quotidien distribué

à tous ! Merci beaucoup d’avoir rappelé cette question

cruciale du pain pour tous. Pour moi, ce n’est pas quel-

que chose d’imaginaire, c’est le besoin réel de la popu-

lation, c’est de donner le pain pour tous. Notre profes-

seur citait saint Thomas d’Aquin qui mentionnait qu’il

faut un minimum de bien-être pour pratiquer la vertu;

le premier bien-être, c’est que les gens mangent.

Je vais rentrer avec des idées neuves et novatrices,

des idées qui devraient nous mettre en route, qui de-

vraient nous pousser à l’action, ne pas rester seulement

avec cette joie de connaître, mais passer à l’action….

Il faut influencer les décideurs… c’est dans ce sens-là

que nous nous engageons, à ne pas laisser tout simple-

ment nos opérateurs politiques et économiques diriger

sans qu’on puisse les inquiéter — ce qui me fait penser

à l’intervention du Cardinal Tumi, du Cameroun, lors

du congrès eucharistique de Québec en 2008, que M.

Pilote nous a montrée durant cette semaine d’étude: il

faut leur donner mauvaise conscience ! Au niveau du

sommet. nous devons aller jusque là. Ne pas les laisser

tranquilles. Vous connaissez notre conférence épisco-

u

«Comment les banques arrivent-elles à être les

propriétaires de ce qu’elles n’ont pas produit ! ”

Réflexions d’évêques après notre semaine d’étude sur le Crédit Social

Mgr Ung’Eyowun reçoit une bannière de saint

Michel de la part de la directrice, Thérèse Tardif.

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VERS DEMAIN mai-juin-juillet 2011

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