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Le rôle de l’homme

Et les “exigences de l’esprit”,

pour le croyant, vont très loin,

elles montent très haut. L’esprit,

c’est le Saint-Esprit, le Créateur.

Dans la création, la personne

humaine est cet être extraordi-

naire qui ramasse en sa substance

toute la création matérielle pour

la soumettre à un esprit créé. Et

cette matière et cet esprit ensem-

ble sont, en définitive, soumis à

l’Esprit créateur, dans cet individu

qui est une personne libre; capa-

ble de soumission volontaire,

capable d’obéissance, d’amour à

son Créateur.

Voilà donc qu’en chaque per-

sonne humaine, toute la création

matérielle se donne rendez-vous

avec l’esprit pour adorer Dieu

et Lui rendre gloire. La mission

de l’homme comme créature:

recueillir en sa substance la créa-

tion matérielle et la soumettre à

l’esprit en sa propre personne.

Rôle superbe qui est dévolu à

chaque homme, à chaque femme.

Chaque personne humaine est

composée d’un corps et d’une

âme. Son corps est l’aboutisse-

ment de toute la création maté-

rielle. Le minéral, le végétal,

l’animal trouvent leur terme dans

le corps de l’homme. Et ce corps,

qui réunit les trois règnes, est

animé par une forme spirituelle,

l’âme. Matière et esprit réunis

dans la même substance doivent

rendre gloire au Créateur par

cette substance individuelle.

Les anges sont des substances

spirituelles pures. Les hommes

sont des composés de matière

et d’esprit. L’homme est la seule

créature composée de matière

et d’esprit. Dans la création,

l’homme est le seul à réunir, en

son être, les deux principes, maté-

riel et spirituel. C’est à l’homme

que revient d’offrir en sa per-

sonne, par sa personne, toute

la gloire due au Créateur par la

création matérielle.

Corps soumis, contrôlé

Et l’homme rendra cette gloire

à son Créateur à la condition de

réaliser, en son être, la soumission

de la matière à l’esprit. Que l’es-

prit de l’homme soumis à l’Esprit

de Dieu contrôle la matière. Que

le corps soit soumis aux exigen-

ces de l’esprit dans la personne

de chaque homme, de chaque

femme.

Soumettre son corps à l’es-

prit est le rôle de la personne

humaine. C’est de cette façon

que la personne humaine rend

gloire à Dieu.

Et comment donc l’homme

accomplit-il ce programme de

soumettre son corps à l’esprit ?

En gardant son corps au rang de

serviteur. Et en le tenant dans

l’humilité qui lui convient, en lui

interdisant d’occuper une place

indue. En refusant à son corps

la satisfaction de ses convoitises,

afin de permettre à l’esprit de se

fortifier et de dominer ce corps

dont le rôle est un rôle de sujet

et non de souverain vis-à-vis de

l’esprit.

La morale codifie

Voilà des mots bien difficiles à

comprendre, semble-t-il. Oui, en

effet. Mais, la morale chrétienne

explique et précise ces mots. La

morale chrétienne édicte les lois

exactes à suivre pour être fidèle

à cette philosophie du corps

soumis à l’esprit.

«Plus la mode et l’élégance

seront conformes aux exigen-

ces de l’esprit, mieux elles s’ac-

quitteront de leur tâche, qui

consiste à mettre en valeur la

beauté et l’harmonie des lignes

et des couleurs. Les valeurs

morales doivent être respec-

tées, comme les catholiques

ont le devoir de le faire, dans

tous les domaines où ils exer-

cent leur activité.»

Toutes les activités de l’hom-

me doivent se soumettre aux

exigences de l’esprit. Et c’est la

morale chrétienne, définie par

l’Eglise catholique, dépositaire de

la doctrine du Christ, qui codifie

les exigences de l’esprit pour les

activités de l’homme.

Un équilibre absolu

Conformes aux exigences de

l’esprit dans le sens d’un équilibre

absolu. Voilà le critère, la mesure,

la règle: l’équilibre absolu du

corps par rapport à l’esprit de

l’homme et à l’Esprit de Dieu. La

mode et l’élégance doivent être

conditionnées par l’esprit et par

l’équilibre absolu, pour s’acquit-

ter de leur tâche de mettre en

valeur la beauté des lignes et des

couleurs.

Grande leçon vraiment à don-

ner à nos contemporains, qui ont

complètement perdu le sens de

l’esprit, en un mot le sens des

valeurs !

Non, la mode contemporaine

ne répond plus aux lois de l’har-

monie, de la beauté, de la mesure,

de l’équilibre, de la modestie.

Pourquoi ? Parce que nos mo-

des ignorent l’esprit pour ne plus

faire valoir que le corps. Loin de

soumettre le corps aux lois de

l’esprit, nos modes descendent

l’esprit au rang d’esclave. Elles

noient l’esprit dans la chair. Nos

modes attirent les regards vers le

bas, au lieu d’élever les âmes vers

le ciel.

La mode d’aujourd’hui n’est

plus de la beauté ni de l’élégance.

La mode d’aujourd’hui, c’est de

la laideur, de l’abêtissement. Le

démonde la laideur qui triomphe !

Le démon n’est pas beau, bien

sûr ! Aucun démon n’est beau.

Mais, il y a des démons qui jouent

(suite en page 42)

Gilberte Côté-Mercier

L’idée que lamode et lamorale

doivent être en conflit entre elles

découle du fait que certains

croient que l’élégance ne réside

pas dans la juste mesure, mais

dans quelque chose qui sort de

l’ordinaire. C’est une erreur.

La mode et l’élégance ne

sont pas synonymes d’excentri-

cité. Au contraire, plus la mode

et l’élégance seront conformes

aux exigences de l’esprit, dans le

sens d’un équilibre absolu, mieux

elles s’acquitteront de leur tâche

qui consiste à mettre en valeur la

beauté et l’harmonie des lignes

et des couleurs.

Les valeurs morales doivent

être respectées, comme les

catholiques ont le devoir de le

faire dans tous les domaines où

ils exercent leur activité.

Pour les créateurs de la mode,

il s’agit de créer des modèles

répondant aux prescriptions de

la morale, laquelle ne sera jamais

un obstacle pour l’élégance.

Ces critères viennent d’une

directrice de maison de couture,

par conséquent une directrice de

modes.

Les modes d’aujourd’hui, qui

sont de l’ultra-excentrique, ne sont

donc pas élégantes du tout. C’est

bien notre avis, et celui de la plupart

des gens, hommes et femmes.

Modes exentriques

Les modes d’aujourd’hui ne

sont pas élégantes du tout, parce

qu’elles manquent complètement

de mesure. Leur sans-gêne est un

dévergondage pour le moins très

excentrique.

Et leur manque de respect des

autres et leur grossièreté sont un

manque d’élégance évident, car

la suprême élégance consiste à

passer inaperçu, afin de ne pas

prendre laplace des autres, afinde

ne pas attirer sur soi les regards.

Or, les modes d’aujourd’hui don-

nent la vedette à la partie infé-

rieure du corps humain. C’est de

la suprême inélégance. En lan-

gage exact, on dit: c’est obscène.

Les modes d’aujourd’hui sont

désespérément disgracieuses.

Les exigences de l’esprit

Plus la mode et l’élégance

seront conformes aux exigences

de l’esprit, mieux elles s’acquit-

teront de leur tâche. Conformes

aux exigences de l’esprit veut dire

d’abord conformes aux objectifs,

conformes aux buts.

Or, le but de l’habillement

c’est, premièrement, de couvrir

le corps humain pour le dérober

aux appétits grossiers, “à la cupi-

dité générale” (Pie XII).

Et le but de l’habillement, c’est

d’offrir aux autres le spectacle

d’une personne humaine chez qui

l’esprit est souverain et le corps

sujet très humble de l’esprit.

L’habit que je porte identifie

ma personne: si mon esprit exerce

un contrôle harmonieux et décisif

sur mon corps, je le démontre par

mon maintien, par ma démarche

et par mon vêtement.

Les modes d’aujourd’hui igno-

rent les buts de l’habillement:

couvrir, corriger et contrôler le

corps humain. Voilà pourquoi

certaines modes actuelles sont

prostituées et perverses.

Le but atteint par les modes

d’aujourd’hui, c’est de découvrir

le corps humain, de l’exposer à

toutes les convoitises de la rue;

de l’enlaidir au lieu de l’embel-

lir en accentuant ses défauts; et

de dégrader la personne qui les

porte et ceux qui la regardent,

par cette mise en vedette de la

matière et cet oubli outrageant

des beautés de l’esprit.

Les modes d’aujourd’hui sont

une provocation publique à la

vie sensuelle et charnelle, au lieu

d’être ce qu’elles devraient être,

une invitation à la vie intellec-

tuelle et spirituelle.

Le but de l’habillement c’est, premièrement, de

couvrir le corps humain pour le dérober aux ap-

pétits grossiers, à la cupidité générale.

Le démon de la laideur triomphe dans les modes

La mode doit être conformes aux exigences de l’esprit

Soumettre son corps à l’esprit

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VERS DEMAIN Janvier-février 2011

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