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très haute, incomparable.

Puis le Saint-Père a poursuivi en rappelant la

grandeur de l’homme en rapport avec sa destinée

éternelle:

«L’homme présente une originalité incompara-

ble par rapport à tous les autres êtres vivants qui

peuplent la terre. Il se présente comme un sujet

unique et singulier, doué d’intelligence et de libre

volonté, et composé d’une réalité matérielle. Il vit

simultanément et indissolu-

blement dans la dimension

spirituelle et dans la dimen-

sion corporelle.

Le Saint-Père a souli-

gné le texte de la

Première

lettre aux Thessaloniciens

qui a été proclamé: «Que le

Dieu de la paix lui-même,

écrit saint Paul, vous sancti-

fie totalement, et que votre

être entier, l’esprit, l’âme

et le corps, soit gardé sans

reproche à l’Avènement

de notre Seigneur Jésus

Christ» (1 Th 5, 23).

Nous sommes donc es-

prit, âme et corps. Nous

faisons partie de ce monde,

liés à la possibilité et aux

limites de la condition

matérielle; en même temps,

nous sommes ouverts à un

horizon infini, capables de

dialoguer avec Dieu et de

l’accueillir en nous. Nous travaillons dans les réa-

lités terrestres et à travers elles, nous pouvons

percevoir la présence de Dieu et tendre vers lui,

vérité, bonté et beauté absolue. Nous goûtons des

fragments de vie et de bonheur et nous aspirons à

la plénitude totale.

Dieu nous aime de façon profonde, totale, sans

distinction; il nous appelle à l’amitié avec lui; il

nous fait participer à une réalité au-dessus de

toute imagination et de toute pensée et parole: la

vie divine elle-même. Nous prenons conscience,

L

e Pape a prié pour la vie le samedi soir 27 novembre

2010, dans la basilique Saint-Pierre. Pour la première

fois la célébration des premières Vêpres de l’Avent, un

rendez-vous cher à Benoît XVI, qui marque le début de l’année

liturgique, s’est accompagnée cette année d’une veillée de prière

pour la défense de la vie naissante, à l’initiative du Conseil pon-

tifical pour la famille.

Extraits de l’homélie de Benoît XVI:

premières vêpres du temps de l’Avent

Le Saint-Père a com-

mencé son homélie en

rappelant le motif de cette

veillée de prière:

«Chers frères et sœurs,

notre rassemblement de

ce soir, pour commencer le

cheminde l’Avent, s’enrichit

d’un motif important: avec

toute l’Église, nous voulons

célébrer solennellement

une veillée de prière pour

la vie naissante. Je désire

exprimer mes remercie-

ments à tous ceux qui ont

adhéré à cette invitation et

à ceux qui se dévouent de

façon spécifique à l’accueil

et à la protection de la vie

humaine dans ses différen-

tes situations de fragilité,

en particulier à son début,

et pour ses premiers pas.

C’est justement le début

de l’Année liturgique qui nous fait revivre l’attente

de Dieu qui se fait chair dans le sein de la Vierge

Marie, Dieu qui se fait petit, qui devient un enfant;

il nous parle de la venue d’un Dieu proche qui a

voulu vivre le cours d’une vie de l’homme, dès son

début, et ceci pour la sauver, totalement, en pléni-

tude. C’est ainsi que le mystère de l’Incarnation du

Seigneur et le début de la vie humaine sont reliés

entre eux de façon intime et harmonieuse à l’in-

térieur de l’unique dessein de salut de Dieu, Sei-

gneur de la vie de tous et de chacun. L’Incarnation

nous révèle, dans une lumière intense et de façon

surprenante, que toute vie humaine a une dignité

ENCO

URAGER LA VIE

avec émotion et gratitude, de la

valeur, de la dignité incompara-

ble de toute personne humaine

et de la grande responsabilité

que nous avons envers tous.

«Nouvel Adam, le Christ, affirme

le concile Vatican II, dans la révé-

lation même du mystère du Père

et de son amour, manifeste plei-

nement l’homme à lui-même et

lui découvre la sublimité de sa

vocation... Car, par son incar-

nation, le Fils de Dieu s’est en

quelque sorte uni lui-même à

tout homme » (

Gaudium et Spes

,

22).

Croire en Jésus Christ impli-

que aussi d’avoir un regard nou-

veau sur l’homme, un regard de

confiance et d’espérance. Du

reste, l’expérience même et la

droite raison attestent que l’être humain est un sujet

capable de comprendre et de vouloir, conscient de

soi et libre, unique et irremplaçable, sommet de

toutes les réalités terrestres, qui requiert d’être

reconnu comme une valeur en soi et mérite d’être

toujours accueilli avec respect et amour.

Il a le droit de ne pas être traité comme un

objet à posséder ou comme une chose qui peut

être manipulée à plaisir, de ne pas être réduit à un

simple instrument au profit des autres et de leurs

intérêts. La personne est un bien en soi et il faut

toujours chercher son développement intégral.

Ensuite, l’amour pour tous, s’il est sincère, tend

spontanément à se transformer en attention préfé-

rentielle pour les plus faibles et les plus pauvres.

C’est dans cette ligne que se situe la sollicitude de

l’Église pour la vie naissante, la plus fragile, la plus

menacée par l’égoïsme des adultes et l’obscurcis-

sement des consciences. L’Église répète continuel-

lement ce qu’a déclaré le Concile Vatican II contre

l’avortement et contre toute violation de la vie nais-

sante: «La vie doit être sauvegardée avec un soin

extrême dès la conception» (

Gaudium et Spes

, n. 51).

Le Saint-Père affirme que la science elle-même

ne peut nier ces vérités:

«Il y a des tendances cultu-

relles qui cherchent à anesthésier les consciences

avec des motivations qui sont des prétextes. En

ce qui concerne l’embryon dans le sein maternel,

la science elle-même met en évidence son auto-

nomie capable d’interagir avec sa mère, la coor-

dination des processus biologiques, la continuité

du développement, la complexité croissante de

l’organisme. Il ne s’agit pas d’une accumulation de

matériel biologique, mais d’un nouvel être vivant,

dynamique et merveilleusement ordonné, d’un

nouvel individu de l’espèce humaine. Il en a été

ainsi pour Jésus dans le sein de Marie; il en a été

ainsi pour chacun de nous dans le sein de notre

mère. Nous pouvons affirmer, avec l’antique auteur

chrétien Tertullien: «Il est déjà un homme, celui qui

le sera» (

Apologétique

, IX, 8). Il n’y a aucune raison

de ne pas le considérer comme une personne dès

sa conception.

Hélas, après la naissance aussi, la vie des

enfants continue à être exposée à l’abandon, à

la faim, à la misère, à la maladie, aux abus, à la

violence, à l’exploitation. Les multiples violations

de leurs droits commises dans le monde blessent

douloureusement la conscience de tout homme de

bonne volonté.

Le Pape fait appel à la responsabilité de chacun

pour défendre la vie:

«Face au triste panorama

des injustices commises contre la vie de l’homme,

avant et après la naissance, je fais mien l’appel

passionné du Pape Jean-Paul II à la responsabi-

lité de tous et de chacun: «Respecte, défends,

aime et sers la vie, toute vie humaine ! C’est seu-

lement sur cette voie que tu trouveras la justice,

le développement, la liberté véritable, la paix et le

bonheur ! »

(

Evangelium Vitae

, 5).

J’exhorte les acteurs de la politique, de l’éco-

nomie, et des communications sociales à faire tout

(suite en page 6))

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VERS DEMAIN Janvier-février 2011

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