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Un dividende pour une économie de don

Ceux qui ont étudié le Crédit Social savent que les

salaires ne suffisent pas pour acheter toute la produc-

tion et, de plus, que ce n’est pas tout le monde qui est

employé dans la production (entre autres, grâce aux

machines qui remplacent le labeur humain). C’est la

raison pour laquelle le Crédit Social propose un divi-

dende à chaque être humain (en plus des salaires à

ceux qui sont employés), puisque chaque être humain

est véritablement copropriétaire, co-héritier des deux

plus grands facteurs de production: les richesses na-

turelles (le soleil, l’eau, la pluie, le vent, les minéraux,

dons de Dieu pour tous les hommes), et le progrès,

l’héritage des inventions des générations passées.

Dans

Caritas in veritate

, Benoît XVI insiste beau-

coup sur l’économie de don, l’économie de gratuité,

tant au niveau des personnes que des institutions.

Tout ne peut être calculé en salaires, beaucoup de

bien peut être fait par le bénévolat. Dans un système

de Crédit Social, les citoyens ayant la sécurité écono-

mique garantie par le dividende, l’entraide et le béné-

volat croîtraient tout naturellement. Le vrai bonheur et

la sainteté résident dans le don de soi, dans le service

du prochain. C’est le véritable amour. On pourrait ainsi

voir l’épanouissement de ce que Paul VI appelait la «ci-

vilisation de l’amour», avec «l’économie au service de

l’homme, le pain quotidien distribué à tous.» (Encycli-

que

Populorum progressio

, n. 86.)

Certains économistes, comme Milton Friedman,

aiment à répéter qu’on n’a rien pour rien, qu’il n’existe

rien de gratuit dans la vie («there is no such thing as

a free lunch»). Mais la nature abonde d’exemples qui

prouvent le contraire. L’air que nous respirons, le so-

leil, l’eau, etc., sont tous des dons gratuits de notre

Créateur. Dieu Lui-même nous comble de gratuités

avec les ressources naturelles et la nourriture qu’Il

donne en abondance: le dividende serait le reflet de

cette générosité, de ces gratuités de Dieu.

Crédit financier et crédit réel

Pour C.H. Douglas, le crédit financier est le moyen

de mettre en oeuvre le crédit réel, la capacité de pro-

duction du pays. Le crédit financier est donc purement

un correspondant chiffré ou monétisé du crédit réel et,

par similitude avec le crédit réel, il est défini comme

un estimé exact de la capacité de livrer la monnaie.

Le véritable rôle du système financier est alors,

selon Douglas, d’émettre du crédit financier jusqu’à

représenter fidèlement le crédit réel. La limite d’émis-

sion du crédit financier est atteinte lorsque la deman-

de effective des consommateurs est comblée ou que

la capacité de produire est épuisée, selon la première

occurrence.

Cette conception du crédit financier comme reflet

du crédit réel s’appuie sur une définition de la mon-

naie tout à fait moderne et systémique. L’orthodoxie

économique définit la monnaie comme un moyen

d’échange, comme une unité de compte et comme

une réserve de valeur, mais Douglas s’éloigne résolu-

ment de ces définitions.

À son avis, la monnaie a cessé depuis plus de 200

ans d’être un moyen d’échange, car la contribution in-

dividuelle à la production est de plus en plus faible,

étant donnés la mécanisation, l’automation et autres

facteurs de productivité caractéristiques de la produc-

tion moderne. Sous son oeil d’ingénieur, la monnaie

est simplement un billet («ticket»), une information qui

permet de diriger la production et la distribution des

biens et services.

Suivant sa conception particulière de la monnaie,

Douglas attribue aussi une polarité aux divers flux

de monnaie. Certains flux monétaires sont positifs et

d’autres sont négatifs, l’aspect positif étant représenté

par l’émission de monnaie, et l’aspect négatif étant re-

présenté par l’échange de cette monnaie en contre-

partie de biens et services.

Le concept douglasien du vrai coût de la produc-

tion est une approche réelle ou physique et non pas

une approche monétaire. Selon ce point de vue, le

coût véritable d’une production est tout ce qui a été

dépensé physiquement (en énergie, labeur humain,

usure d’outils, matériaux, repas pour les travailleurs,

etc.) pour produire cette chose, c’est-à-dire l’ensem-

ble des coûts de ce qui a été consommé — biens de

consommation, biens intermédiaires et biens d’équi-

pement — pendant la période où cette production a

été exécutée. En conséquence, le véritable coût de la

production n’est pas son coût comptable ou monétai-

re, mais de beaucoup inférieur au coût monétaire.

Un manque chronique de pouvoir d’achat

Voic ce que Douglas écrivait en 1936, dans

The

Approach to Reality,

au sujet de la déficience de pou-

voir d’achat en face des prix:

«On nous a souvent ré-

pété qu’il est absurde de dire que le système finan-

cier ne distribue pas assez de pouvoir d’achat pour

pouvoir acheter les biens mis en vente. Nous n’avons

jamais dit une telle chose ! Ce que nous disons c’est

que, dans le système monétaire actuel, afin d‘avoir

suffisamment de pouvoir d’achat pour distribuer les

biens de consommation, il est nécessaire de produire

en quantité disproportionnée des biens de capital et

d’exportation... Telle est, en gros, la situation. Dans

ce pays, et dans chaque pays moderne, afin que le

système monétaire actuel puisse fonctionner, vous

devez produire un surplus de choses qui ne sont pas

immédiatement achetées afin de distribuer ce qui est

déjà disponible.»

Ce qui maintient le système actuel

Sans une autre source de revenu (le dividende), il

devrait y avoir théorique-

ment, dans le système

actuel, une montagne de

produits invendus. Si les

produits se vendent tant

bien que mal malgré tout,

c’est qu’on a à la place

une montagne de dettes !

En effet, puisque les gens

n’ont pas assez d’argent,

les marchands doivent

encourager les ventes à

crédit pour écouler leur

marchandise. Mais cela

ne suffit pas pour com-

bler le manque de pou-

voir d’achat.

Alors on insistera sur le besoin de travaux qui dis-

tribueront des salaires sans augmenter la quantité de

biens consommables mis en vente: les travaux publics

(construction ou réparation de ponts ou de routes), la

production d’armements de guerre (sous-marins, fré-

gates, avions, etc.). Mais tout cela ne suffit pas non

plus.

Alors chaque pays cherchera à avoir une «balance

commerciale favorable», c’est-à-dire exporter, vendre

à l’étranger plus de produits qu’on en reçoit, pour ob-

tenir ainsi de l’étranger de l’argent qui servira à com-

bler notre pouvoir d’achat déficient et acheter nos

propres produits. Or, il est impossible pour tous les

pays d’avoir une «balance commerciale favorable»: si

certains pays réussissent à exporter plus de produits

qu’ils en importent, ça prend nécessairement aussi, en

contrepartie, des pays qui reçoivent plus de produits

qu’ils en envoient. Mais comme tous les pays veulent

vendre à l’étranger plus de produits qu’ils en reçoivent,

cela cause entre ces pays des conflits commerciaux,

qui peuvent même dégénérer en conflits armés.

La société de consommation

La société de consommation (en anglais,

consu-

merism

), ou la nécessité de créer des besoins artificiels

pour vendre des biens qui autrement ne répondent à

aucun besoin utile, provient directement de cette dé-

ficience chronique de pouvoir d’achat. De là s’ensuit

une pression énorme sur l’environnement, avec un

sabotage et un gaspillage colossal

des richesses naturelles et d’éner-

gie dans l’unique but de fournir

du pouvoir d’achat autrement dé-

ficient: nous devons hypothéquer

notre avenir afin de pouvoir ache-

ter les choses qui ont été produi-

tes dans le passé. Le Dr. Geoffrey

Dobbs, de Galles, au Royaume-Uni,

écrivait à ce sujet les commentaires

suivants dans son introduction à la cinquième édition

du livre

Economic Democracy

de Douglas, en 1974:

«Comme le fait remarquer Douglas, la production

est une conversion de matière ou d’énergie, faisant

passer cette matière d’une forme inutilisable à une

forme qui puisse être utilisée par l’humanité. L’effi-

cacité de cette conversion dépend premièrement de

l’utilité du produit ainsi obtenu. Utile à qui, qui peut

en être le juge? Douglas dit que ces ressources sont

une propriété commune, ce qui signifie qu’elles doi-

vent être rendues disponibles pour notre usage, et

que nous devons être les juges de cet usage. Cela

signifie le contrôle de la production par les consom-

mateurs — la démocratie économique — qui est in-

compatible avec un système qui distribue des biens

et services seulement en produisant davantage de

biens et services, créant ainsi la nécessité de pro-

duire des choses inutiles, non désirées, mais en es-

sayant tout de même de créer une “demande” pour

ces produits.

Démocratie économique

(suite de la page 29)

(suite en page 32)

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Geoffrey Dobbs

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VERS DEMAIN Janvier-février 2011

VERS DEMAIN Janvier-février 2011

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