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Marguerite met sur pied des ser-

vices en faveur des pauvres aux

mille visages.

Dans “l’épopée mystique”

du Canada français les femmes

ont tenu un rôle irremplaçable.

Ce sont elles qui, autant que les

hommes, ont bâti ce pays. Les

colons ont amené leurs épou-

ses qui ont affronté toutes les

difficultés et ont donné à la

“Nouvelle France”, comme on

l’appelait alors, ces très nom-

breux enfants qui ont assureré

le succès de l’implantation du

petit peuple français au Canada.

Mais, imagine-t-on ce qu’a dû

être la condition de ces femmes,

alors qu’il fallait presque tout

tirer du sol même, se débrouiller

au milieu de mille difficultés, au

besoin, aider les hommes dans la

lutte contre les attaques iroquoi-

ses, et, en même temps, élever

de nombreux enfants ?

Quant aux Sœurs Grises, on

les a vues associées à toutes les

entreprises les plus audacieuses

en direction de l’Ouest canadien

ou du Grand Nord parmi les gla-

ciers. Quand le pays est passé

sous la domination britannique

en 1763, Marguerite d’Youville

n’y était pas insensible, mais elle a

su s’adapter en faisant confiance

à la Providence.

Effectivement, le message

qu’elle nous laisse transcende

toutes les cultures et toutes les

civilisations: c’est le langage de

l’amour manifesté dans le don

de soi, le dévouement, le soin

des plus pauvres; Ce langage

vaut encore pour aujourd’hui

et c’est celui que comprennent

le mieux nos contemporains.

En 1765, un incendie ravage

l’hôpital, mais non la foi et le cou-

rage de la fondatrice. Elle invite

alors ses soeurs et les pauvres à

reconnaître le passage du Père

Eternel dans cette épreuve et à le

louer en chantant le

Te Deum

. Et

comme si elle voyait l’avenir, elle

entreprend, à 64 ans, la recons-

truction de ce refuge des gens

malades et démunis.

Le 9 décembre 1771, une pre-

mière attaque de paralysie alerte

la communauté. Une rechute

survient le 13 du même mois.

Le lendemain, la saint mère des

pauvres reçoit le sacrement des

malades. A ses filles spirituelles,

elle laissait le testament de sa vie.

Rassemblées autour d’elle et les

voyant en pleurs, elle leur parla,

comme autrefois, de l’abondance

du son cœur compatissant.

«Mes chères sœurs, soyez

constamment fidèles aux de-

voirs de l’état que vous embras-

sez, marchez toujours dans

les voies de la régularité, de

l’obéissance et de la mortifi-

cation, mais surtout, faites en

sorte que l’union la plus par-

faite règne parmi vous.»

Ruinée physiquement par les

rudes labeurs, les luttes achar-

nées et les privations continuel-

les, Marguerite d’Youville entre à

la maison du Père, au cours de la

soirée du 23 décembre 1771, elle

a 70 ans.

Au moment de son décès,

comme pour sceller l’œuvre de

cette femme extraordinaire,

une croix lumineuse apparaît

dans le ciel au-dessus de l’Hô-

pital Général.

Le 3 mai 1959 le pape Jean

XXIII proclamait bienheureuse

cette Mère à la charité univer-

selle, cette femme au coeur

sans frontière. Depuis ce jour,

la dévotion du peuple à cette

grande servante des pauvres

n’a cessé de croître et de nom-

breuses faveurs sont obtenues

par son intercession.

L’une d’elles, le miracle de

la guérison d’une jeune femme

atteinte de leucémie myélo-

blastique en 1978, a servi pour

sa canonisation. Elle a été cano-

nisée par le pape Jean-Paul II,

le 9 décembre 1990.

Aujourd’hui encore, Margue-

rite d’Youville sait comprendre,

pour les avoir vécues, les situa-

tions pénibles qui marquent

tant d’enfants orphelins, d’ado-

lescents inquiets de l’avenir, de

jeunes filles aux espoirs déçus,

d’épouses brimées dans leur

amour, de familles monoparen-

tales, de personnes engagées

dans les oeuvres caritatives et de

celles dont la vie est consacrée à

Dieu au service de leurs frères et

soeurs.

Père Eternel, donnez-nous un

coeur charitable comme celui de

sainte Marguerite, afin que nous

consacrions de plus en plus nos

vies au service de l’Oeuvre des

Pèlerins de saint Michel qui tra-

vaille à ce que tous les pauvres de

la terre, sans exception, aient de

quoi se nourrir chaque jour.

Thérèse Tardif

S

ainte

M

arguerite d’

Y

ouville

S

aint Antoine de Padoue: “Oh Seigneur, don-

nez-nous la grâce de Vous suivre comme

Vous voudriez que nous le fassions et de

Vous connaître comme Vous voudriez que nous

Vous connaissions.”

M. Yves et Mme Anne-Marie Jacques, du Massa-

chusetts, qui font l’école à la maison, sont les parents

d’une famille de sept enfants. Aux Etats-Unis, des cours

de correspondance pour l’enseignement à domicile

sont à la disposition des parents. Des centaines de mille

enfants américains bénéficient de l’enseignement à la

maison. Mme Anne-Marie Jacques, la mère de famille,

nous raconte son expérience:

D

ès les premières années de l’Église, la famille

chrétienne était représentée comme “église do-

mestique”… créée pour jouer un rôle spécifique

dans le plan de Dieu pour le salut éternel. Le Concile

Vatican II (1962-1965) compare aussi le foyer catholi-

que à une “église domestique”, prenant conscience que

la famille baptisée est la première place où sont trans-

mis les enseignements essentiels du catéchisme, de la

prière et de la morale pour aider à la conversion et au

développement des chrétiens en croissance.

Aujourd’hui, nous entendons dire que de plus en

plus de familles choisissent d’enseigner à leurs enfants

à la maison. Les raisons de cette décision varient d’une

famille à l’autre; mais pour plusieurs, l’éducation à la

maison est une opportunité de transmettre la foi à leurs

enfants dans une ambiance qui leur permettra de croître

dans l’amour et de vivre selon les enseignements de

l’Évangile.

Quand on m’a demandé d’écrire mon expérience

de l’enseignement à domicile, je pensais présenter une

image parfaite de ce que devrait être l’école à la maison,

où les enfants sont tous réunis attentivement autour de

leur mère pendant qu’elle leur explique calmement les

leçons… Ce serait bien entendu l’image idéale, je suis

certaine, que c’est ce que la majorité des mères qui font

l’école à la maison préfèreraient réaliser. Cependant, ce

ne serait pas être réaliste, du moins pas pour moi ni

pour ma famille. Donc, j’ai décidé d’essayer d’être plus

objective et de vous raconter mes véritables expérien-

ces. C’est dans l’espoir qu’une maman envisageant de

faire l’école à la maison, mais se sentant incompétente,

puise du courage dans mon histoire, en croyant que

“…avec Dieu tout est possible”. (Matt. 19 :26).

Nous avions, mon mari et moi, déjà pensé à l’école à

la maison avant la naissance de notre fils aîné, Michael.

Nous avions rencontré plusieurs familles qui enseignent

à la maison et nous admirions le fait que dans la majo-

rité de ces familles, la messe quotidienne et le chapelet

en famille occupaient une place importante dans leurs

vies. Aussi les parents vivaient dans une harmonie ma-

gnifique avec leurs enfants et ils transformaient leurs

maisons en de véritables «églises domestiques où les

enfants reçoivent le premier enseignement de la foi…

de la grâce et de la prière… (des) vertus et de la cha-

rité chrétienne.” (Article 1666 du Catéchisme de l’Église

catholique).

Après le cinquième anniversaire de notre fils Mi-

chael, nous avons constaté qu’il était prêt à commencer

l’école maternelle au mois de septembre de la même

année. Nous nous sommes préparés en nous procurant

tout le matériel requis. Il y avait même un petit bureau et

une chaise proportionnés à sa grandeur et un uniforme

scolaire consistant en une paire de pantalons kaki et

une chemise blanche. Nous avons commencé avec un

programme très simple: prière du matin, une courte nar-

ration de la vie du saint du jour et des cours jusqu’à midi

avec de courtes pauses.

Cette première année s’est très bien déroulée, nous

avons même été capables d’ajouter notre deuxième fils

qui était un an plus jeune que son grand frère. Gaétan

(suite de la page 13)

(suite en page 16)

L’incendie de l’hôpital

L’école à la

maison dans

«l’église

domestique»

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VERS DEMAIN Janvier-février 2011

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