Table of Contents Table of Contents
Previous Page  12-13 / 48 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 12-13 / 48 Next Page
Page Background

Nous venons de fêter la cano-

nisation de notre bon Frère André

Bessette, qui s’est déroulée à Rome le 17 octobre

2010. Il est le premier homme né au Canada à être

canonisé. Comme il le mérite, il a été glorieusement

fêté à Rome, à sa canoni-

sation; à Montréal, lieu de

son grand apostolat; à la

cathédrale de St-Hyacinthe,

diocèse de sa naissance; au

Mont St-Grégoire, paroisse

de sa naissance; à St-Césaire,

paroisse de son enfance et

où il a découvert sa vocation.

Vers Demain l’a aussi honoré

par deux longs articles, avec

photos, débutant en première

page.

Il est bon de donner à

notre jeunesse les exemples

de vaillance et de sainteté de

ceux qui ont contribué à faire

de notre Québec, un châ-

teau-fort du christianisme,

où on pratiquait la charité

et l’honnêteté. Nous aimons

rappeler aussi à la mémoire

de nos compatriotes notre

Marguerite d’Youville, pre-

mière dame née au Canada,

canonisée par le pape Jean-

Paul II, le 9 décembre 1990.

Les Soeurs Grises ont été

obligées de vendre leur Maison-Mère sur la rue Guy,

à Montréal. Les restes de la sainte fondatrice, Mar-

guerite d’Youville, ont été transférés dans sa ville

natale, à Varennes. Les saints restes ont été exposés

à la vénération des fidèles en différents endroits, les

7-8-9 décembre. Une grandiose cérémonie d’adieu

très émouvante, présidée par Son Eminence le Cardi-

nal Turcotte, s’est déroulée à la magnifique basilique

Notre-Dame, que Marguerite d’Youville fréquentait,

étant dirigée spirituellement par les Sulpiciens. Un

grand nombre d’évêques et de prêtres, dont Mon-

seigneur Lionel Gendron, nouvel évêque de St-Jean

Longueuil, ainsi que le maire de Montréal et une mul-

titude de fidèles, dévots de la sainte, remplissaient la

grande basilique.

Sainte Marguerite protège notre Maison Saint-

Michel depuis sa fondation. Voici un résumé de la

belle vie de notre sainte au service des pauvres et

des malades:

Naissance

Marguerite est née

à Varennes, au Québec,

le 15 octobre 1701. Son

père, Christophe Dufrost

de Lajemmerais, était capi-

taine dans les troupes du

Détachement de la Marine,

au temps du gouver-

neur Frontenac. Sa mère,

Marie-Renée Gaultier de

Varennes, était la fille de

René Gaultier, seigneur de

Varennes et gouverneur

des Trois-Rivières. Elle était

la petite-fille du patriarche

Pierre Boucher, fondateur

de Boucherville.

Marguerite est l’aînée

d’une famille de six en-

fants, trois fils et trois

filles. Cependant, la mort

vient soudainement détrui-

re le bonheur du foyer, en

emportant le père, le 1er

juin 1708. Madame de

Lajemmerais se trouve

dépourvue à la mort de

son mari. Marguerite, plus que ses frères et sœurs,

constate le désarroi de sa mère.

Grâce à l’influence de Pierre Boucher, son arrière-

grand-père, Marguerite bénéficie de deux années

d’études chez les Ursulines de Québec.

À douze ans, la jeune Marguerite rentre au foyer

pour aider sa mère. Elle est une deuxième petite

maman auprès de ses frères et sœurs. Marguerite

aime le monde et à dix-huit ans, elle aspire à fonder

son propre foyer. De grande taille, gracieuse et belle,

Marguerite est sérieuse et jouit d’une belle forma-

tion. La mère, madame Dufrost de Lajemmerais,

décide de se remarier. La famille s’établira alors à

Montréal.

Marguerite est bientôt demandée en mariage

par un jeune homme de Montréal, François d’You-

ville. Subissant l’influence de son temps, le séduisant

fiancé se révèle tôt un mari fêteur et frivole. Cette

union apporte beaucoup de souffrances à la jeune

mariée. Entre un époux volage et intriguant et une

belle-mère avaricieuse, Marguerite pleure, mais elle

s‘accroche à la foi.

En quelques années, François d’Youville dévore

les biens de son épouse, en faisant par contrebande,

le trafic de l’alcool et le commerce des fourrures avec

les Amérindiens, ce qui nuit à sa santé et au bon-

heur de son épouse. En 1727, Madame d’Youville,

vit une situation désespé-

rée et verse d’abondantes

larmes.

Marguerite s’est tour-

née vers le Père Eternel

et lui, qui se tient proche

des cœurs brisés et des

esprits abattus, s’est lais-

sé toucher.

«La lumière

a jaillit fulgurante, lui

révélant qu’elle est l’ob-

jet de l’amour personnel du meilleur des pères,

qu’il tient en ses mains sa destinée, que sa Pro-

vidence l’entoure de toutes parts et qu’il la sou-

tiendra en cette voie mystérieuse où il la convie.»

Ainsi Marguerite cultive sa vie intérieure.

C’est en cette même année de 1727, qu’elle est

admise dans l’archiconfrérie de la Sainte-Famille.

Après avoir lu un passage du catéchisme de l’Imi-

tation à la Sainte-Famille, elle formulera cette réso-

lution:

«Ma pauvreté est extrême Seigneur. Des

biens de ce monde, je n’en dispose pas, mais je

donnerai moi-même, mon temps, mon travail. Je

sèmerai peu, il est vrai, mais votre miséricorde

me fera récolter infiniment.»

C’est cette invitation

à l’Amour qui marquera le reste de sa vie.

François meurt après huit années de mariage, ne

léguant que des dettes à son épouse. Il la laisse, à

vingt-huit ans, mère de deux enfants et enceinte. Cet

enfant baptisé du nom d’Ignace verra le jour le 26

février 1731 et mourra le 17 juillet de cette même

année. Marguerite pleure longuement ce 3e enfant

ravi par Dieu dès le berceau.

Marguerite est pauvre, mais elle se met à secourir

plus pauvre qu’elle. Elle visite les malades, va rapié-

cer les vêtements des vieillards de l’Hôpital-Général

Charon. L’abbé Louis Normand, curé de la paroisse,

encourage ce zèle et autorise la

sainte veuve à recevoir chez elle une

pauvresse, du nom de Françoise

Auzon. D’autres pauvres s’ajoutent à cette dame

et bientôt trois compagnes consentent à seconder

madame d’Youville dans son œuvre aux charités

multiples. Le 31 décembre 1737, les quatre associées

s’engagent à vivre en commun et, du fruit de leurs

travaux collectifs, à faire vivre autant de pauvres qu’il

leur sera possible.

Ainsi naît en 1737 la communauté des “Sœurs

Grises”. (Leur nom ne vient pas

de la couleur de leur habit, mais

du fait que son mari faisait la

traite de l’eau de vie avec les

sauvages, la méchanceté popu-

laire les accusait de s’enivrer.)

Comme les premiers chré-

tiens, elles mettent tout en

commun avec ceux dont elles

s’occupent. En ces temps de

guerre qui engendrent une situa-

tion économique désastreuse, elles connaissent la

pauvreté, l’incertitude aussi, car elles doivent démé-

nager trois fois entre 1745 et 1747. Elles travaillent à

l’Hôpital-Général” et leur nom officiel est “Sœurs de

la Charité de l’Hôpital Général”.

Le 7 octobre 1747, madame d’Youville est nommée

administratrice provisoire de l’Hôpital-Général Cha-

ron. Elle entreprend les réparations nécessaires. En

plus des vieillards, hommes et femmes, madame

d’Youville reçoit les enfants abandonnés, les aliénés,

les aveugles, les soldats blessés et les prisonnières

qui lui sont confiées par le Tribunal. Ses seules réser-

ves sont «les coffres insondables de la Providence».

Elle écrit:

«La Providence est admirable, elle a des

réserves incompréhensibles pour le soulagement

des pauvres.»

En 1755 la maison devient vraiment “hôpital” en

accueillant aussi des malades dont le nombre grandit

à Montréal à cause de la variole et de la guerre.

Deux ans plus tard, la “mère des pauvres”, comme

on l’appelle déjà, prend la direction de l’Hôpital des

Frères Charon qui tombe en ruine. Elle en fait un

refuge pour toutes les misères humaines que son

oeil perspicace sait découvrir. Avec ses soeurs et les

collaborateurs et collaboratrices dont elle s’entoure,

S

ainte

M

arguerite d’

Y

ouville,

M

ère des

P

auvres

suite en page 14

12

VERS DEMAIN Janvier-février 2011

VERS DEMAIN Janvier-février 2011

www.versdemain.org www.versdemain.org

13