Table of Contents Table of Contents
Previous Page  12-13 / 33 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 12-13 / 33 Next Page
Page Background

Article toujours d’actualité de notre regrettée

Mme Gilberte Côté-Mercier, cofondatrice:

V

ous savez pourquoi le boulanger fait du pain ?

Parce que les personnes mangent du pain. Elles

ont besoin du pain pour se nourrir, du moins

en général. Le besoin de pain est un besoin essentiel.

Le pain est fait parce que j’ai besoin de pain. La

production du pain trouve sa raison d’être dans mon

besoin de pain. Ça, tout le monde le comprend per­

sonne ne le conteste.

Cette évidence comporte une conséquence qui

est celle-ci : mon besoin de pain me donne des

droits sur le pain. Si la raison d’être du pain c’est

mon besoin essentiel, ce besoin lui-même me

donne des droits sur le pain, n’est-ce pas?

J’ai des DROITS sur le pain. J’ai des TITRES sur le

pain, j’ai des titres NATURELS sur le pain, parce que

j’ai BESOIN de pain.

Les BESOINS ESSENTIELS sont les TITRES NATURELS

sur la production.

Les droits du producteur

Mais le producteur aussi a des droits. Le bou­

langer a le droit d’exiger un retour pour le pain qu’il

passe aux besoins. Le boulanger ne donne pas son

pain, il le vend. Il a le droit d’exiger un prix pour son

pain. Il a le droit de se faire payer pour son pain.

De nos jours, c’est de l’argent que le boulanger

demande pour son pain. L’argent est universellement

accepté pour payer toute marchandise. L’argent est

une convention entre les hommes. Ce n’est pas une

chose naturelle. C’est un contrat, une entente entre

les hommes pour faire leurs échanges.

L’argent devient un titre sur

tous les produits. Un

titre conventionnel. Pas un titre naturel. Les besoins

sont le titre naturel. L’argent est le titre convention­

nel.

On pourrait très bien payer le pain avec autre

chose que de l’argent, avec du travail par exemple.

Alors le titre conventionnel sur les produits serait le

travail.

Une convention peut se changer, si les parties

intéressées le décident. La nature ne se change

pas. L’argent comme titre aux produits peut

être déclaré inefficace. On peut changer le titre

argent pour un autre titre. Mais le besoin, titre

naturel sur les produits, ne peut être changé par

personne. Il demeurera toujours le vrai titre aux

besoins, quel que soit le siècle, quelle que soit la

civilisation, quelle que soit l’économie du pays.

Dès

lors que j’ai des besoins, j’ai des titres natu­

rels sur les produits. Mes titres sur les produits ne

rendent pas nuls les titres du producteur, mais ils

sont INALIÉNABLES, et, la société doit voir à ce que

je puisse faire valoir mes titres naturels, à ce que je

dispose de titres conventionnels pour faire valoir

mes titres naturels. Je dois posséder l’argent, titre

conventionnel, pour faire valoir mes titres naturels.

Je dois disposer de l’argent nécessaire pour satisfaire

mes besoins essentiels. Je dois avoir tout l’argent

nécessaire pour acheter tout le pain dont j’ai besoin.

La société doit être organisée de telle sorte que cet

argent me vienne entre les mains. Et si le pain est

facile à faire, l’argent doit venir facilement entre

mes mains. Et si le pain est abondant, l’argent doit

me venir abondamment. À moi et à tous ceux qui

mangent du pain, c’est-à-dire à tous les citoyens du

pays.

La manière la plus efficace de me faire parvenir

l’argent sera la manière la plus parfaite. L’économie,

le système économique qui me procurera le plus vite

et le plus assurément l’argent sera l’économie la plus

parfaite. Et le système économique qui me prive

d’argent quand le pain ne manque pas, ce système

économique est vicieux. Comme notre système éco­

nomique actuel.

Le Crédit Social propose un dividende social,

garanti àchaquecitoyen, suffisantpour la satisfaction,

de ses

besoins essentiels. Le Crédit Social serait un

système économique parfait. Tandis que notre sys­

tème économique bancaire d’argent rationné en

face de produits abondants et des besoins, d’argent

difficile à toucher en présence de production faite

à la chaîne et si rapidement, notre système écono­

mique est contraire aux faits, et il ne répond pas aux

besoins de l’homme, il ne me donne pas les titres

conventionnels pour répondre à mes titres naturels

sur les produits. Notre système économique est tout

ce qu’il y a de plus vicieux. Et nos économistes diplô­

més devraient être considérés comme des criminels,

aussi bien qu’un médecin qui tuerait ses patients.

Contre nature et païen

Notre système financier est contre nature. En

outre, il est païen, antichrétien. Nul ne peut pré­

tendre vivre dans une cité chrétienne sous notre sys­

tème économique bancaire, qui rationne les titres

sur les produits pour les besoins essentiels. Et nul

chrétien n’a le droit de favoriser ce système bancaire,

ni même de le laisser vivre. On est chrétien ou on ne

l’est pas. Le chrétien a le devoir de travailler à éta­

blir la cité chrétienne, dans la mesure de ses forces.

Ce devoir comporte l’interdiction de poser des actes

contre la cité chrétienne.

C’est en 1931, il y a 34 ans, que le pape Pie XI écri­

vait son encyclique fameuse «Quadragesimo Anno».

Dans cette encyclique, l’Église, par la voix du pape,

dénonçait, en termes non équivoques, la dictature

de l’argent:

«Ce qui, à notre époque, frappe tout d’abord

le regard, ce n’est pas seulement la concentration

des richesses, mais encore l’accumulation d’une

énorme puissance, d’un pouvoir économique

discrétionnaire aux mains d’un petit nombre

d’hommes qui d’ordinaire ne sont pas les proprié-

taires, mais les simples dépositaires et gérants du

capital qu’ils administrent à leur gré.

«Ce pouvoir est surtout considérable chez

ceux qui, détenteurs et maîtres absolus de l’ar-

gent, gouvernent le crédit et le dispensent selon

leur bon plaisir. Par là, ils distribuent en quelque

sorte le sang à l’organisme économique dont ils

tiennent la vie entre leurs mains, si bien que, sans

leur consentement, nul ne peut plus respirer ».

Non, la cité chrétienne ne peut être basée sur un

système de crédit, un système d’argent comme le

nôtre. Il faut le changer, ce système d’argent, pour

rebâtir la cité chrétienne. Le Crédit Social est non pas

une dictature d’argent, mais une démocratie de l’ar­

gent. Le dividende social est éminemment démocra­

tique, puisqu’il doit aller à chaque personne. Le divi­

dende social du Crédit Social est le

TITRE ARGENT

remis sans cesse entre les mains des personnes pour

leur permettre de faire valoir leurs

TITRES BESOINS.

Le Crédit Social est chrétien. Notre système bancaire

est païen.

Politiques complices

Mais pourquoi donc nos hommes d’État ne

changent-ils pas ce système bancaire païen? Parce

que nos hommes d’État sont aussi païens que notre

système bancaire, du moins dans leur conception de

la politique, de leurs fonctions d’homme d’État.

Dans la même encyclique «Quadragesimo Anno»,

Pie XI ajoute :

«Toute la vie économique est devenue horri-

blement dure, implacable, cruelle. A tout cela

viennent s’ajouter les graves

dommages qui

résultent d’une fâcheuse confusion entre les fonc-

tions et devoirs d’ordre politique et ceux d’ordre

économique, telle, pour n’en citer qu’un d’une

extrême importance, la déchéance du pouvoir:

Lui qui devrait gouverner de haut, comme souve-

rain et suprême arbitre, en toute impartialité et

dans le seul intérêt du bien commun et de la jus­

tice, il est tombé au rang d’esclavage et devenu

le docile instrument de toutes les passions et de

toutes les ambitions de l’intérêt ».

Nos hommes d’État ne sont plus des hommes

d’État. Ce

sont de vulgaires valets des banquiers.

La politique est l’esclave d’une économie perverse.

Les hommes d’État ne sont plus des rois, mais des

laquais. Les rois et maîtres du pays, les vrais souve­

rains, ce sont les banquiers.

Et le vote ne peut changer cette situation

désordonnée et déplorable. Le vote ne sert qu’à

consolider le pouvoir des banquiers, puisque les ban­

quiers créateurs de l’argent, disposent naturellement

de tout l’argent nécessaire pour contrôler la machine

électorale.

Une conversion personnelle

Si une dictature bancaire universelle empêche

les produits de rejoindre les besoins des hommes, si

les gouvernements des nations sont des esclaves et

non des souverains, si les peuples eux-mêmes sont

impuissants pour changer leurs gouvernements,

qu’est-ce donc qui peut être la force voulue pour

donner au vingt et unième siècle un monde temporel

meilleur ? Qu’est-ce qui va faire changer l’économie

barbare et illogique qui nous régit en une économie

humaine? Qu’est-ce donc qui pourra enlever à l’ar-

Besoins essentiels: titres naturels sur les produits

L’argent : titre conventionnel sur les produits

par

Gilberte Côté-Mercier

u

12

VERS DEMAIN août-septembre 2011

VERS DEMAIN août-septembre 2011

www.versdemain.org www.versdemain.org

13