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Journal Vers Demain, 1101 rue Principale, Rougemont, QC, Canada — J0L 1M0

Tél.: Montréal (514) 856-5714; Rougemont: (450) 469-2209; Fax (450) 469-2601;

www.versdemain.org

Oct.-Nov.-Déc. 2010

Vers Demain Octobre-Novembre-Décembre 2010

Date de parution: Novembre 2010

1$ le numéro

Périodique, paraît 5 fois par année

Canada et Etats-Unis, 4 ans .........20.00$

2 ans....................................10.00$ 

Autres pays

: surface 4 ans.................48.00$

2 ans ...............................24.00$

Avion

1 an..................................!6.00$

Publié par

Institut Louis Even

Pour la Justice Sociale

Rédactrice-en-chef: Thérèse Tardif

Bureau et adresse postale

Maison Saint-Michel,

1101 rue Principale

Rougemont, QC. Canada J0L 1M0

Tél.: Rougemont (450) 469-2209

Fax: Rougemont (450) 469-2601

Tél.; Région de Montréal (514) 856-5714

WWW.versdemain.org info@versdemain.org

Imprimé au Canada

POSTE-PUBLICATION CONVENTION No 40063742

Dépôt légal - Bibliothèque Nationale

Nous reconnaissons l’aide financière du gou-

vernement du Canada, par l’entremise du Fonds

du Canada pour les périodiques (FPC), pour nos

activités d’édition.

Retournez toute correspondance ne pou-

vant être livrée au Canada à:

Journal Vers Demain, 1101 rue Principale,

Rougemont, QC., Canada, J0L 1M0

sion du Card. Tisserant, est devenu la “capi-

tale mondiale de la dévotion à saint Joseph”.

Influence de la maman

Quand la Providence destine quelqu’un

à une mission spéciale et importante dans

l’Église, elle prépare avec soin les avenues

qui conduiront l’élu à l’exercice de ses hautes

fonctions. Ce plan providentiel se découvre as-

sez facilement dans la vie du frère André. En

effet, le futur apôtre de saint Joseph voit le

jour au Canada, en 1845, dans un pays qui,

aux toutes premières heures de son histoire,

dès 1624, se consacre solennellement à saint

Joseph et le prend spontanément comme son

patron principal. Cette dévotion devait fleurir

intensément au sein des familles canadiennes-

françaises; aussi rien de surprenant à ce que

la sainte maman du petit Alfred lui ait appris

jeune à prier saint Joseph. Un témoin au pro-

cès informatif, M. Adelard Fabre, nous dira:

“Je me rappelle qu’il (le frère André) m’a

dit que, dès son jeune âge, il avait une dé-

votion à saint Joseph et qu’il n’avait jamais

manqué de le prier, que cette dévotion lui

avait été enseignée par sa mère”.

C’est un autre dévot à saint Joseph, le bon

curé Provençal de Saint-Césaire, qui habituera

le jeune homme à causer si bien avec saint Jo-

seph que, devenu religieux, il confiera un jour

à un intime: “Quand le curé Provençal avait

besoin de mes services, il venait me chercher à

l’église, au pied de la statue de saint Joseph”.

Admis en communauté

Devenu orphelin à l’âge de 12 ans, l’adoles-

cent souffreteux fut hébergé ici et là par des

parents, puis vers l’âge de 20 ans, il émigra

aux Etats-Unis pour s’engager comme ouvrier

dans différents métiers: il connaîtrait donc

comme son grand patron les souffrances de

l’exil et il s’attacherait déjà à un pays où saint

Joseph voulait un jour se faire connaître !

A son retour au Canada, trois ans plus tard,

le curé Provençal remarqua sa vertu et lui cau-

sa une vive joie quand il lui apprit qu’il pouvait

devenir religieux, malgré sa faiblesse de santé

et son ignorance. Justement, la jeune Congré-

gation de Sainte-Croix venait de s’installer à

Saint-Césaire sur la demande du curé et celui-

ci y dirigea le jeune Alfred.

Là encore, son amour de Saint-Joseph de-

vait s’accroître. En effet les frères de saint Jo-

seph avaient reçu de leur premier père, l’abbé

Jacques Dujarié, la dévotion à ce grand saint,

leur patron et leur modèle.

Mais c’est surtout avec l’abbé Basile A. Mo-

reau, qui prit la relève de l’Institut défaillant et

qui l’unit à ses prêtres auxiliaires pour former,

en 1837, la Congrégation de Sainte-Croix, que

la dévotion à saint Joseph connut dans l’Ins-

titut un essor remarquable: lettres circulaires

nombreuses où le fondateur revient sur ce su-

jet, prédications fréquentes, prières spéciales

en son honneur, fêtes grandioses, recours in-

cessant à saint Joseph dans les affaires impor-

tantes, fondation de deux associations pour

laïques en vue de propager son culte, publica-

tion des Annales, etc. Le fondateur de Sainte-

Croix, ne faisait-il pas ce rêve prophétique, le

6 février 1861:

“Que ne m’est-il donné d’établir à notre

Solitude de Charbonnière un pèlerinage en

l’honneur de ce digne époux de la Reine

des Vierges”.

Son pieux désir allait être réalisé en pléni-

tude par un de ses plus modestes fils, le frère

André, dans cette ville même de Montréal où

Mgr Ignace Bourget, un autre homme de Dieu,

avait exprimé le même souhait prophétique:

Souhait prophétique de Mgr Bourget

“Il est donc évident que le pays tout en-

tier doit rendre au glorieux saint Joseph de

grands honneurs, et que ce doit être là sa

dévotion journalière… Il lui faut donc une

église qui fasse en quelque sorte son servi-

ce pour toutes les autres, et dans laquelle il

pourra recevoir tous les jours, des honneurs

publics dus à ses éminentes vertus… Nous

devons vous déclarer ici que Nous voulons

consacrer à le faire honorer, dans cette égli-

se, tout ce qui Nous reste de force et de vie,

en faisant de cette église un lieu de pèleri-

nage, où l’on vienne le visiter…”

Le saint évêque, à son insu, avait déjà com-

mencé à réaliser ce projet — celui de saint Jo-

seph, en somme! — quand, en 1846, il était

allé frapper chez le P. Moreau pour lui deman-

der des Sainte-Croix à Montréal. Il devait y tra-

vailler encore de plus près quelque vingt-cinq

ans plus tard. En effet, le frère André, à peine

entré au noviciat, voit sa vocation en danger

à cause de sa santé; surmontant sa timidité,

il court se jeter aux pieds de l’évêque en visite

à Saint-Laurent, pour le supplier d’intervenir.

Mgr Bourget le rassure en disant: “Ne craignez

pas, mon enfant, vous serez admis à la profes-

sion religieuse”.

Piété personnelle du frère André

Le frère André, toujours guidé mystérieuse-

ment par saint Joseph, fit ainsi sa première pro-

fession religieuse en 1872. Il reçut aussitôt son

obédience de portier au Collège Notre-Dame

où, pendant trente-six ans, il devait lentement

se préparer à sa grande mission. Avant de m’y

arrêter, je voudrais résumer les grands traits de

sa dévotion personnelle à saint Joseph.

Commencée sur les genoux de sa pieuse

mère, comme on l’a vu, sa piété envers son

grand ami n’a cessé de s’exprimer qu’avec son

dernier soupir, dans une prière murmurée à

saint Joseph; elle l’inspirait souvent à saints,

saints, sans remonter en pratique à l’unique en

Le Frère André, fondateur de l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal

(

suite en page 4)

(

suite de la page 2)

Le Frère André entra à 25 ans dans la

Congrégation Ste-Croix

prolonger ses veilles fort tard dans la nuit.

Cette piété ne consistait pas seulement en des

élans de l’âme ou en des formules de prière,

mais elle atteignait la nature intime de la véri-

table dévotion, qui est dévouement, imitation,

consécration de tout son être à un autre; c’est

bien ce que veut nous dire un de ses témoins

les mieux renseignés sans être pourtant théo-

logien: “Le frère André avait l’air d’avoir la dé-

votion à saint Joseph parce qu’il avait pratiqué

lui-même la vie cachée et qu’il s’en faisait un

modèle.”

Plutôt simple, comme il convenait à un re-

ligieux de son rang, la piété du frère André re-

posait néanmoins sur de solides assises doctri-

nales. Il honore le Patron de l’Église universelle

et répand partout sa dévotion parce qu’il com-

prend cette vérité: comme Jésus fut confié aux

soins de saint Joseph, ainsi l’Église, “le Christ

répandu” est sous la garde de ce protecteur”

Son biographe va jusqu’à dire avec raison: ”Ce

qui individualise la piété du frère André, c’est

le lien intime entre la dévotion de saint Joseph

et celle de la passion; tel est le nœud de sa

spiritualité”.

En conséquence, un autre trait caractéristi-

que de la dévotion du frère André à saint Jo-

seph est qu’elle est hiérarchisée. “Il est formel-

lement opposé à la spiritualité marécageuse

des ‘dévotionnettes’, qui s’arrête aux saints,