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Mars-Avril 2010

Journal Vers Demain, 1101 rue Principale, Rougemont, QC, Canada — J0L 1M0

Tél.: Montréal (514) 856-5714; Rougemont: (450) 469-2209; Fax (450) 469-2601;

www.versdemain.org

Tous capitalistes

— Mais ce serait là de l’argent non gagné !

Justement, ce serait de l’argent gratuit. Gra­

tuit comme est gratuit le plus gros facteur de pro-

duction, de la production moderne surtout.

— Et quel est donc cet élément gratuit auquel

la production est redevable?

— C’est tout d’abord l’abondance des riches­

ses naturelles, créées par Dieu, sans aucune

contribution humaine. Créées avant l’homme lui-

même, pour lui préparer un habitat dans lequel

pourraient vivre toutes les générations qui se suc-

céderaient sur la terre. Et c’est vraiment là le plus

gros facteur de production, en même temps que

le plus gratuit. Sans les richesses naturelles, sans

le sol, la mer, les fleuves, les forêts, les chutes

d’eau, le sous-sol et ses minerais, sans la pluie

pour arroser les plantations, sans le soleil pour

faire mûrir les fruits et les moissons, que feraient

le labeur des travailleurs ou les placements des

capitalistes à piastres?

Et ce facteur gratuit de production a bien été

créé par Dieu pour être au service de tous les

hommes, pas seulement d’individus ou de grou-

pes privilégiés.

Fonction sociale

— Cela veut-il condamner la propriété privée

du sol, l’exploitation privée d’autres richesses

naturelles et de moyens de production dans les­

quels entrent ainsi des éléments de nature com-

munautaire?

— Pas du tout. Mais cela veut dire que, quel

que soit le mode de production, il doit faciliter et

non entraver la destination universelle des biens.

Ce qu’on appelle propriété privée, avec tous les

privilèges et les responsabilités qu’elle comporte,

est bien plus, devant Dieu et l’humanité, une gé-

rance qu’une propriété absolue. Tout en répon-

dant à une tendance naturelle de la personne, tout

en contribuant à enrichir la personnalité du pro-

priétaire, la propriété privée des moyens de pro-

duction garde une fonction sociale. Que les biens

proviennent d’une entreprise privée, ou d’une

corporation capitaliste, ou d’une coopérative, ou

d’une institution étatisée, c’est toute la commu-

nauté, ce sont tous les membres de la société qui,

de quelque manière, doivent en obtenir un enri-

chissement.

Le mode de production est une chose. Le

mode de distribution en est une autre. Les deux

doivent être ordonnés au même but: le premier,

en fournissant efficacement la somme des biens

réclamés par la somme des besoins; le second,

en rendant ces biens accessibles aux besoins de

tous, avec le minimum de difficultés, sans pour

cela ôter aux producteurs une récompense pro­

portionnée à leur contribution personnelle au

maintien du flot de produits et de services.

L’offre des produits sur le marché commu­

nautaire ne reconnaît-elle pas ce principe de la

destination universelle des biens? Et s’il n’y avait

pas carence du côté pouvoir d’achat, si du pouvoir

d’achat était garanti à tous, comme par le dividen-

de du Crédit Social, cette destination universelle

serait réalisée tout en maintenant, par la vente du

produit, la récompense due au producteur. Sim-

ple question d’un système financier, d’une comp-

tabilité monétaire ajustée à cette véritable fin de

la production.

Tous héritiers

Un autre facteur gratuit de production — gra-

tuit en ce sens qu’il n’a été gagné par personne de

ceux-la mêmes qui l’utilisent — c’est l’héritage des

générations dont disposent les vivants actuels.

C’est le savoir-faire accumulé et transmis, ce sont

les découvertes faites et perfectionnées au cours

des siècles, ce sont les progrès technologiques

— toutes choses sans lesquelles la production

moderne serait immensément moindre qu’on la

connaît, même si tous les producteurs y consa-

craient beaucoup plus de temps et beaucoup plus

d’efforts. Facteur communautaire aussi, l’existence

d’une vie en société, qui a permis la sauvegarde,

le développement et la transmission des acquisi-

tions ainsi réalisées au cours des siècles.

C’est donc tout cela — le cadeau sorti des

mains du Créateur et l’héritage reçu des géné­

rations — c’est tout cela qui constitue un apport

gratuit à la production. Véritable capital social,

gagné par personne, dont tous sont au même

degré co-capitalistes, cohéritiers. Capital fécond,

qui doit bien valoir un titre gratuit à une part des

fruits qui en découlent.

Ces facteurs gratuits ne suffisent pas, il est

vrai, pour fournir aux besoins humains des biens

qui leur soient adaptés. Le sol doit être cultivé,

le bois doit être abattu, les minerais doivent être

extraits de leurs gisements, des transformations

successives doivent conduire à un produit fini. Et

toutes ces opérations demandent la contribution

de producteurs. Assurément. Mais cela n’enlève

en aucune manière le droit de tous à un dividende

social, a titre de copropriétaires, cohéritiers du ca-

pital social exploité — pas plus que l’actionnaire

d’une industrie ne perd le droit à un dividende sur

son placement, quand bien même ce n’est pas lui,

mais des employés qui mettent ce capital en ren-

dement.

Gratuité sans humiliation

Comme on le voit, il y a toute la différence

du monde entre le dividende à tous et le secours

au dépourvu, même si les deux peuvent apporter

la même quantité de pain sur la table. Il y a dans

le dividende une réhabilitation, un relèvement

de l’écrasé, qui ne se trouve pas dans le simple

secours au dépourvu. Et d’abord, dans une éco-

nomie de dividendes à tous, il n’y aurait plus de

totalement dépourvus.

Au citoyen recevant son dividende, personne

ne pourrait plus dire, comme cela arrive dans le

cas du Bien-Être: «Cet argent qu’on te passe a été

gagné par d’autres; il a fallu l’enlever à d’autres

pour te permettre de vivre.» Non. L’argent du di-

vidende social ne serait pas de l’argent d’abord

gagné par certains, puis retiré d’eux pour être dis-

tribué en dividendes à tous. Rien de tel, puisque

ce serait une gratuité, fruit d’un capital gratuit.

Personne ne l’ayant lui-même gagné, il ne pour-

rait être taxé de personne. Dividende à tous, n’en-

levant rien à personne. Pouvoir d’achat prioritaire,

concrétisant pour chacun son droit à une part des

gratuités venues du Créateur et à une part de l’hé-

ritage reçu des générations. Quelle joie, et point

d’humiliation du tout, à recevoir un cadeau, à tou­

cher un héritage ! Joie que le Crédit Social ferait

goûter à tous.

Un dividende croissant

Le capital social prend de plus en plus de pré-

pondérance comme facteur de production, alors

que le labeur humain en prend de moins en moins,

en prendrait même très peu si l’on n’affectait pas

la majeure partie des activités économiques à de

la production parfaitement inutile au point de vue

satisfaction des besoins normaux des hommes.

C’est ce qui a fait le fondateur de l’école créditis-

te, l’ingénieur C. H. Douglas, écrire que le pouvoir

d’achat devrait graduellement provenir de plus

en plus de dividendes, et de moins en moins de

salaires, à mesure que la productivité augmente

sans augmentation et même avec diminution de

labeur humain.

Si l’on avait compris et adopté cette concep­

tion de l’économie, les salaires d’alors auraient

Un dividende gratuit

(suite de la page 7)

Sans le dividende

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