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Mars-Avril 2010

Journal Vers Demain, 1101 rue Principale, Rougemont, QC, Canada — J0L 1M0

Tél.: Montréal (514) 856-5714; Rougemont: (450) 469-2209; Fax (450) 469-2601;

www.versdemain.org

sitent cependant, en raison de sa mauvaise santé,

à l’admettre à la profession religieuse. Après une

conversation avec Mgr Ignace Bourget - celui-là

même qui a fait venir la congrégation de Ste-Croix

au pays - l’évêque de Montréal rassure le frère

André. Peu après, le nouveau maître des novi-

ces, Amédée Guy, le recommande en disant:

«Si ce jeune homme devient incapable de tra-

vailler, il saura au moins bien prier.» Admis à

prononcer ses vœux temporaires le 22 août

1872, le frère André fait sa profession perpé-

tuelle à 28 ans et 6 mois, le 2 février 1874.

On lui confie la fonction de portier du

collège. Il doit aussi assurer la propreté des

lieux, faire les courses, donner l’aumône aux

pauvres. Il devient aussi barbier et infirmier

auprès des collégiens, s’occupe du courrier,

du transport des colis des élèves; il accom-

pagne parfois ces derniers, les jours de pro-

menade.

Les guérisons miraculeuses

Parmi les guérisons miraculeuses surve-

nues du vivant du Frère André, on raconte

celle du Frère Albéric, qui s’était blessé à la

jambe et était immobilisé dans sa chambre

depuis un mois, il désespérait de ne pouvoir

se rendre aux célébrations en l’honneur de

saint Joseph, au jour de sa fête patronale. Le

frère André fit une neuvaine au grand saint

Joseph et le 19 mars le Frère Albéric put se

rendre avec joie à la chapelle.

On rapporte aussi qu’un jeune élève se

trouvait confiné au lit depuis plusieurs jours

en raison d’une fièvre maligne. Mais lors

d’une récréation, le Frère se rendit à l’infirme-

rie, et lui dit: «Lève-toi, petit paresseux ! Tu

es en parfaite santé. Va-t-en jouer dehors avec les

autres !» Se sentant mieux, le garçon partit rejoin-

dre ses camarades. Le Frère fut réprimandé par le

médecin du collège pour son imprudence, mais

quand celui-ci examina le garçon, il reconnut que

l’élève était effectivement guéri.

Quand une épidémie de variole toucha le col-

lège, l’infirmerie de l’ancien noviciat fut remplie de

patients, religieux et élèves. Quelques-uns mou-

rurent, malgré les soins assidus prodigués par le

Supérieur du collège, et par le Frère André, qui se

mit à prier saint Joseph de faire cesser l’épidémie.

Dès lors, plus personne ne fut atteint, et les mala-

des se trouvèrent subitement guéris !

Les guérisons obtenues par la prière de frère

André firent affluer les pauvres et les malades:

des mourants recouvraient la santé, des cas «dé-

sespérés» étaient guéris, des jambes et des bras

infirmes devenaient normaux comme par un jeu

d’enfant. La guérison pouvait être instantanée ou

prendre du temps et de la persévérance, des priè-

res et des neuvaines, être totale ou partielle, par

contact direct ou au loin: «Ayez confiance en saint

Joseph ! Frottez la partie malsaine avec une mé-

daille ou de l’huile de saint Joseph», recomman-

dait frère André.

Un grand collaborateur du Thaumaturge, Jo-

seph-Olivier Pichette qui, après avoir été condam-

né par son médecin à une mort prochaine à l’âge

de 25 ans, a été guéri après avoir demeuré jour et

nuit avec le bon frère, avoir récité de longues priè-

res et fait une neuvaine avec le thaumaturge.

Petites leçons faites avec humour

Le frère André avait aussi un bon sens de

l’humour, et l’utilisait fréquemment pour don-

ner des petites leçons. Un jour il vit une femme

cueillir des pommes vertes des arbres de la com-

munauté. Celle-ci vint le voir plus tard pour être

guérie de douleurs à l’estomac. Le Frère lui dit:

«Frottez-vous avec une médaille de saint Joseph

et, bien sûr, cessez de manger des pommes ver-

tes !». À une autre femme se plaignant de ressentir

constamment un poids sur la poitrine, il répondit:

«Ce n’est sûrement pas votre décolleté qui vous

embarrasse. Frottez-vous jusqu’à ce que le tissu

s’allonge !» À une autre dame portant une robe un

peu courte, il demanda: «Ne craignez-vous pas de

vous enfarger dans votre robe?» Il est à noter que

le Frère, amant de la modestie et de la pureté, ne

touchait jamais les femmes pour les guérir.

La réputation de thaumaturge et de sainteté

du petit frère se répandait de bouche à oreille.

La direction du collège finit par s’inquiéter du flot

croissant de visiteurs. Des parents, des confrères

et même le médecin de l’établissement dénoncent

aux autorités religieuses et sanitaires de la ville la

présence de malades à proximité des élèves. Cer-

tains qualifient le frère de charlatan.

On demande au frère André de recevoir les

malades dans un abri construit en face du collège,

à l’arrêt du tramway, pour les parents des élèves.

Il amène ses visiteurs prier devant une statue de

saint Joseph qu’il a installée dans une niche sur

le Mont Royal. Le terrain est acquis en 1896 par

le collège Notre-Dame. Le frère André nourrit

le projet d’y ériger une chapelle à saint Joseph.

Avec l’appui de ses amis, il finit par obtenir l’auto-

risation de la construire. Grâce aux dons offerts

spontanément, la chapelle est bénite le 16 octo-

bre 1904.

L’affluence des pèlerins est telle qu’on devra

augmenter les dimensions de la chapelle à quatre

reprises de 1908 à 1912. Chaque fois, la généro-

sité populaire permettra de payer les travaux.

En 1913, sous la pression des laïques et avec

l’encouragement de Mgr Bruchési, un projet de

basilique est mis en branle. L’argent nécessaire

pour financer la construction de la crypte, soit 80

000 $, est déjà amassé grâce aux dons des fidèles.

Les travaux commencent donc dès 1914 et l’inau-

guration de la crypte - première étape du projet

- a lieu le 16 décembre 1917. En moins d’un an, le

sanctuaire, qui pouvait accueillir 1 000 personnes

assises, se révèle cependant trop petit.

Le nombre de visiteurs s’accroît encore au

cours des années 1920, et selon la volonté de

l’archevêque, l’oratoire St-Joseph devient le

cœur des activités religieuses de l’archidiocèse.

Des associations de toutes sortes - mouvements

sociaux, syndicats catholiques, congrégations -

prennent l’habitude d’y faire des pèlerinages et

des rassemblements qui attirent des milliers de

personnes. Dans les paroisses et les établisse-

ments d’enseignement, on organise des visites

annuelles à l’oratoire.

Les visiteurs ne viennent plus seulement de la

province de Québec, mais aussi de l’Ontario, du

Nouveau-Brunswick, de l’Ouest canadien, et des

États-Unis. En 1920, le frère André institue chaque

vendredi soir, une heure sainte à la crypte, bientôt

suivie d’un chemin de la croix. Le frère André

racontait la Passion de Notre-Seigneur avec

une telle émotion à ses amis, qu’ils en étaient

remués et transformés. À tous, il demandait

de prier. Ces soirées de prière attirent des

centaines de fidèles. L’idée de réparation

que proposent les autorités religieuses pour

contrer la menace du socialisme et du com-

munisme, ainsi que les guerres en Europe,

donne lieu à diverses initiatives laïques.

Dès 1915, les supérieurs avaient permis

au frère André d’aller, deux fois par année,

visiter des parents et des amis à Sutton, à

Saint-Césaire et à Québec, mais également

aux États-Unis (surtout en Nouvelle-Angle-

terre) et en Ontario (Toronto, Sudbury et Ot-

tawa).

Sa réputation de saint et de thaumatur-

ge le précède. Les chefs de gare annoncent

sa venue et les gens se pressent à sa des-

cente du train, à la porte des hôtels ou des

presbytères où il est hébergé. C’est chaque

fois l’occasion de guérisons que relatent les

journaux locaux. Il revient toujours avec les

offrandes données en reconnaissance des

faveurs obtenues. La population réclame

de plus en plus la poursuite du projet de

basilique; en 1927, Mgr Georges Gauthier

autorise une souscription pour recueillir la

somme nécessaire. En attendant, on conti-

nue d’aménager le terrain et d’y construire

des chemins et des aires de stationnement,

d’y ériger des lieux de services.

Après avoir montré beaucoup de réticence

au sujet de son projet de la construction d’une ba-

silique, les supérieurs du frère André ont fini par

se laisser gagner par sa sincérité et sa sainteté.

Plusieurs années avant sa mort, le frère André

attirait des milliers de dévots à l’oratoire Saint-Jo-

seph. Son charisme, sa figure souriante, son hu-

mour simple savaient gagner les plus indifférents.

Il faisait preuve de discernement auprès de ses

visiteurs, mais aussi d’une charité sans bornes:

il accueillait tous ceux qui se présentaient, sans

égard à leur condition sociale ni à leur religion.

Quand on lui attribuait le mérite des faveurs ob-

tenues: «Ce n’est pas moi qui guéris, c’est saint

Joseph» , disait-il.

A 91 ans, le frère André souffre d’une gastro-

entérite. Le 31 décembre 1936, il était hospitalisé

et le 6 janvier 1937, il rendait sa belle âme à Dieu,

sa mission accomplie.

Saint Joseph, lui, continua la sienne. Les fu-

nérailles du frère André furent grandioses, le

peuple se précipita pour voir une dernière fois le

saint frère, cent dix personnes à la minute, ce qui

représente 100 000 personnes par jour, certains

n’ont jamais pu atteindre le corps. Il n’y eut pas

d’embaumement, et trois jours après la mort, il

paraissait toujours comme endormi. Pendant le

défilé ininterrompu d’un million de personnes, il

y eut encore des miracles tandis que les confes-

sionnaux étaient assiégés. Il y eut aussi des mira-

culés parmi les personnes qui suivaient la retrans-

mission des cérémonies à la radio !

L’Oeuvre du Fr. André continue

Après la mort du thaumaturge, tout continua

comme avant. La première fête de saint Joseph,

sans le frère André, rassembla encore 25 000 per-

sonnes le 19 mars, et 92 000 durant la neuvaine.

Les miracles de saint Joseph continuaient: par

exemple, du 17 janvier au 17 octobre 1937, le se-

crétariat enregistra 933 miracles et 6700 faveurs.

De 1941 à 1943, 10 408 miracles. On ouvrit un bu-

Des centaines de guérisons miraculeuses chaque année

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