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Mai-Juin-Juillet 2010

Journal Vers Demain, 1101 rue Principale, Rougemont, QC, Canada — J0L 1M0

Tél.: Montréal (514) 856-5714; Rougemont: (450) 469-2209; Fax (450) 469-2601;

www.versdemain.org

Ce brillant article a été écrit en 1961, par

Louis Even. Les chiffres sont donc de ces an-

nées-là, quand il parle de 300,000 chômeurs.

Cet article devrait être lu et relu par tous nos

ministres et députés fédéraux et provin-

ciaux.

Chaque année, généralement au printemps

ou au début de l’été, les gouvernements produi-

sent ce qu’on appelle «le budget».

Le budget, c’est l’estimé prévu des recettes

d’une part, des dépenses d’autre part.

L’équilibre des budgets

Aux termes du système financier actuel, il

faut que le budget soit «équilibré» — c’est-à-

dire que les dépenses ne doivent pas dépasser

les recettes. Sinon, il y aura déficit. Et déficit

veut dire endettement, dont la charge pèsera

sur le budget ou les budgets à venir.

Au premier abord, cette exigence de l’équi-

libre des budgets paraît indiscutable. Elle l’est

si on assimile les budgets publics à des budgets

individuels. Un individu ne peut pas, à moins

de s’endetter, se permettre plus de dépenses

que de recettes.

Un individu ne pouvant ni fabriquer l’ar-

gent, ni en ordonner la fabrication, tout l’ar-

gent dont il peut disposer pour ses dépenses

doit lui venir de quelque source: salaire s’il est

embauché; profits s’il est dans les affaires; re-

venus de placements, etc. Il ne peut donc pas

longtemps se permettre un régime de dépen-

ses dépassant le régime de ses recettes.

Mais le cas d’un gouvernement est-il bien

le même? Oui, répondent ceux qui ne pensent

qu’en termes d’argent. Non, affirment ceux

qui pensent plutôt en termes de réel.

Le budget national, par exemple, c’est évi-

demment le budget de la nation, non pas celui

de monsieur Untel, ministre des Finances. C’est

pour des fins concernant la population dans

son ensemble que seront faites les dépenses

prévues au budget. C’est d’ailleurs à la popu-

lation dans son ensemble que s’adresse le

gouvernement pour obtenir les moyens de

rencontrer ces dépenses.

Mais comme c’est aussi la population, dans

son ensemble, (sauf pour les produits ou ser-

vices importés) qui fournira ce qu’il faut pour

les réalisations prévues, on est en droit de se

demander à quel titre on taxe financièrement la

population pour ce qu’elle produit elle-même.

Se priver de son propre bien

Revenons au cas d’un individu. Pierre est

cultivateur. S’il veut se procurer, disons un

tracteur ou une voiture, il devra certainement

obtenir de quelque source, par la vente de ses

produits par exemple, l’argent nécessaire pour

payer le tracteur, la voiture. Mais si ce sont des

pommes de terre qu’il veut sur sa table, va-

t-il s’obliger à attendre de l’argent avant de

prendre des pommes de terre dans sa cave, ou

avant d’agrandir son carré de pommes de ter-

re quand il reste beaucoup d’espace libre dans

son champ?

Pierre peut être soumis à la nécessité de

l’argent pour les choses qu’il ne peut produire,

ou pour les choses qu’il omet de produire par-

ce que toute sa ferme serait déjà utilisée pour

d’autres choses. Mais certainement pas pour

l’utilisation de disponibilités qui lui appartien-

nent. Il serait impensable que Pierre doive se

priver devant ces disponibilités, ou s’endetter

pour avoir le droit de s’en servir, ou renoncer

au lait de ses vaches comme condition pour

sortir des pommes de terre de son champ.

C’est pourtant une absurdité semblable

qu’on érige en dogme quand il s’agit de la na-

tion, ou de la province. La province de Québec,

par exemple, peut très bien fournir toute la

main-d’œuvre et autres éléments nécessaires à

l’exécution du programme de voirie 1960-61,

tout en demeurant capable de maintenir le flot

de produits de consommation qui alimente les

magasins. Pourquoi, alors, soustraire aux indi-

vidus de l’argent dont ils ont besoin pour se

procurer les produits de consommation, sous

prétexte d’avoir de quoi procéder aux travaux

de la voirie?

—Mais il faut bien payer ceux qui vont tra-

vailler sur la route !

—Certainement, et cela veut dire leur don-

ner, en récompense de leur travail, un titre à

des biens qui les attendent dans les magasins.

Craint-on qu’il n’y aura pas assez de ces pro-

duits pour les travailleurs de la route à moins

de forcer la population à s’en priver pour la

quantité qui ira aux travailleurs de la route?

Budgets et impôts de servitude

Effacer les dettes et les déficits publics

À l’attention de Raymond Bachand, ministre des Finances du Québec

par

Louis Even

Le nouveau budget annoncé par le ministre

des Finances du Québec, Raymond Bachand, a

suscité un grand mécontentement dans la po-

pulation. Pour avoir son déficit zéro dans quatre

ans, et ensuite pour obtenir une diminution de

la dette, Québec va plonger profondément la

main dans les poches des contribuables.

C’est une crise économique que l’on nous

prépare comme dans les années 1929-1939. Ce

sont les banquiers eux-mêmes qui déclenchent

les crises économiques et qui ordonnent aux

politiciens au pouvoir, leurs valets, de saigner

à blanc le peuple afin de payer des intérêts sur

les emprunts publiques. Bachand exécute leurs

ordres.

Les contribuables verront des augmenta-

tions d’impôts, de tarifs des particuliers et des

entreprises, une importante hausse de la taxe

provinciale sur les carburants et l’augmentation

de la taxe de vente (TVQ) à effet multiplicateur.

Elle s’élèvera d’abord à 8,5% et à 9,5% à partir

de 2012. À compter de 2014, les tarifs d’électri-

cité augmenteront de 3.7%, en plus des haus-

ses normales.

Michel Girard, de La Presse, écrit: “Eh bien,

c’est un leurre ! (La TVQ ne sera pas seulement

à 9.5%.) Exemple: le premier avril 2013, ce n’est

pas une TVQ à 9,5% que l’automobiliste mon-

tréalais paiera sur son plein d’essence mais

une TVQ de l’ordre de 15%”. Et le journaliste

explique le gonflement de la TVQ à 15% sur le

prix de l’essence. “La réponse est relativement

simple, écrit-il. La TVQ, c’est une taxe de vente

à effet multiplicateur, c’est-à-dire une taxe qui

surtaxe les autres taxes pétrolières (taxe d’ac-

cise, taxe québécoise sur le carburant, taxe

montréalaise de transport, TPS).”

Le gouvernement s’attaque aussi au sys-

tème de santé. Il exigera une nouvelle contri-

bution pour l’assurance-santé de $25 en 2010,

de $100 en 2011, de $200 en 2012. Les tarifs

d’électricité augmenteront à partir de 2014, en

plus des hausses normales. Le coût de la vie

augmentera considérablement. Les citoyens

manquent déjà de pouvoir d’achat.

Le Québec est la province du Canada la plus

endettée et le cinquième État du monde le plus

endetté. Pourtant notre province possède d’im-

menses richesses naturelles et une haute tech-

nologie. Pourquoi sommes-nous si endettés ?

Tout développement nouveau est financé par

des endettements perpétuels envers les ban-

quiers voraces qui multiplient indéfiniment les

emprunts originaux par les intérêts.

Si le gouvernement instituait un office de

crédit pour créer un argent sans dette, sans

intérêt, selon la capacité de production du

pays et selon les besoins des consommateurs,

le pays s’enrichirait financièrement au fur et

à mesure qu’il s’enrichit matériellement. Nous

aurions une finance conforme aux réalités.

Nous demandons au Premier Ministre Jean

Charest et à Bachand d’approfondir l’article

suivant de Louis Even. C’est de l’argent qu’il

faut créer au lieu de taxer les contribuables.

Les taxes sont un non-sens dans notre siècle

de progrès.

Yvette Poirier

(suite en page 9)

Lumineuses conférences

Sur les problèmes du monde actuel

Maison de l’Immaculée, Rougemont

Chaque mois, aux dates suivantes

23 mai. 27 juin. 25 juillet

10 heures a.m.: Ouverture. Chapelet

Rapports des apôtres revenant de mission

Midi: dîner dans le réfectoire de la Maison

de l’Immaculée, chacun apporte ses provi-

sions.

1.30 à 4.30 heures p.m. Conférences

3.30 hres p.m. Confessions

5.00 hres p.m. Sainte Messe à la chapelle de

la Maison de l’Immaculée.

6.15 hres p.m. souper avec ses provisions

Aux réunions de Vers Demain, tous se

présentent modestement vêtus. Les da-

mes en robe non décolletée, à manches

dépassant le coude et à jupe couvrant les

genoux. Messieurs et dames en shorts

ne sont pas admis. Merci de nous aider

à lutter contre les modes provocantes.