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Mai-Juin-Juillet 2010

Journal Vers Demain, 1101 rue Principale, Rougemont, QC, Canada — J0L 1M0

Tél.: Montréal (514) 856-5714; Rougemont: (450) 469-2209; Fax (450) 469-2601;

www.versdemain.org

Ottawa a voté contre le projet de loi

Sur l’Euthanasie et l’aide au suicide

Le 22 avril 2010, le projet de loi sur

l’euthanasie et l’aide au suicide, présenté

à la Chambre des Communes d’Ottawa, en

mai dernier, par Francine Lalonde du Bloc

québécois, a été renversé par un vote de

258 voix contre 59. Elle avait déjà présenté

un projet de loi semblable en 2005 et en-

suite en 2008, sans succès. Elle est donc à

son troisième échec.

Ce projet de loi demandait un amendement

au Code criminel pour permettre l’euthanasie

et l’aide au suicide. Réjouissons-nous d’avoir été

épargnés de ce projet de loi criminel, mais nous

devons continuer la bataille car les ennemis de la

race canadienne ne capitulent pas. Le 20 octobre

2005, l’Assemblée des évêques catholiques du

Québec, dont le président était Mgr Gilles Ca-

zabon, a publié un document contre l’eutha-

nasie et l’aide au suicide pour s’opposer au

projet de loi de Francine Lalonde, de cette an-

née-là. Nous aimons en citer de larges extraits,

les titres et sous-titres sont de Vers Demain:

———————

Parabole de Jésus

Une parabole de Jésus… met en scène un

homme volé et blessé par des brigands, gisant

sur la route. Passent des compatriotes, un prê-

tre et un lévite, qui ne s’arrêtent pas… Passe

un étranger qui se laisse toucher par le sort de

cet homme… La parabole dit: «Il s’arrêta, ban-

da ses plaies en y versant de l’huile et du vin

(éléments de la médecine du temps), le char-

gea sur sa monture, le conduisit à l’auberge

et prit soin de lui.» Il le confia à l’aubergiste:

«Prends soin de lui jusqu’à mon retour.» (Luc

10, 34-35).

Les disciples de Jésus ont toujours ac-

cueilli cette parabole comme une invitation

pressante à se faire proche des malades,

spécialement quand ils sont en fin de leur

vie. Dès l’origine de notre histoire, en ce

pays, des femmes y ont consacré leur vie.

C’est le cas des Augustines hospitalières à

Québec, de Jeanne Mance à Montréal. Une

véritable cohorte de communautés reli-

gieuses a assuré jusqu’à tout récemment

l’essentiel des services de santé. Elles l’ont

fait avec générosité et compétence, avec les

moyens matériels de leur temps.

Des vies prolongées

Mais les découvertes de la science et le per-

fectionnement des techniques ont modifié

considérablement les soins médicaux. Des vies

sont sauvées ou prolongées qui ne l’auraient

pas été autrefois.

En même temps, ces réalisations remarqua-

bles posent de nouveaux défis. Les techniques

sont-elles devenues envahissantes au point

d’être déshumanisantes? Le désir de guérir ris-

que-t-il de masquer le souci de prendre soin?

Les nouvelles avancées médicales condui-

sent-elles à retarder la mort à tout prix? Entre

l’acharnement thérapeutique,

qui empêche la

mort de suivre son cours, et l’euthanasie, qui

devance son heure, quels critères permettent

de baliser leur choix?

La dignité humaine

Aucun critère n’est à la fois plus fondamen-

tal et plus universel que celui de la dignité hu-

maine, même si son application n’est pas tou-

jours facile. La reconnaissance de la dignité de

chaque malade constitue sans doute la pierre

d’assise des décisions qui le concernent et les

soins dont on l’entoure.

La foi ouvre sur la dignité humaine un

horizon sans limite. Elle affirme que nous

avons été créés à l’image et à la ressem-

blance de Dieu (Gn 1,126). Pour sa part, Jé-

sus nous dit qu’il a partie liée avec toute

personne blessée ou malade: «Ce que vous

faites au plus petit d’entre les miens, c’est à

moi que vous le faites» (Mat. 25, 40). Com-

ment concevoir plus éminente dignité !

L’être humain: corps et esprit

Le corps lui-même participe à la dignité

humaine. Car l’être humain est unité substan-

tielle de corps et d’esprit. Or, c’est par le corps

que la personne est atteinte et que sa dignité

est honorée. Quelle que soit cette condition

corporelle, on ne voit pas comment lui attri-

buer des degrés croissants et décroissants de

dignité. «L’Académie pontificale pour la vie»

(en février 1999) affirme:

«Un être humain ne peut jamais perdre

sa dignité, quelle que soit la condition phy-

sique, psychologique ou interpersonnelle

dans laquelle il se trouve. C’est pourquoi

chaque personne mourante mérite et exige

le respect inconditionnel dû à chaque per-

sonne humaine.» À la suite de Jean-Paul II,

il convient de regretter le terme «végétatif»

utilisé pour caractériser certains malades:

«L’adjectif “végétatif”, dit-il, décrit de fa-

çon symbolique un état non pas un malade,

dégradant de ce fait sa valeur et sa dignité

personnelle.»

La dignité humaine et les soins médicaux

La dignité humaine de la personne doit être

honorée à toutes les étapes des traitements

qu’elle reçoit. C’est d’abord le cas au moment

de la décision de recevoir ou non ce traitement.

Déjà en 1952, le pape Pie XII disait:

“Le médecin, comme personne privée ne

peut prendre aucune mesure, tenter aucu-

ne intervention sans le consentement du

patient. Le médecin n’a sur le patient que le

pouvoir et les droits que celui-ci lui donne,

soit explicitement, soit implicitement et ta-

citement…» Chacun il est vrai, a le devoir

de se faire soigner en ayant recours à des

soins appropriés; il lui revient de protéger

cette vie qu’il a reçue comme un don.

Afin de participer à cette décision, la per-

sonne soignée a le droit de connaître sa condi-

tion. Ce qui implique généralement un dialo-

gue avec le personnel soignant, souvent aussi

avec les proches, dans le respect des règles de

confidentialité. Compte tenu de ce dialogue,

la personne malade peut décider de refuser un

traitement dont les bénéfices ne lui paraissent

pas évidents. En respectant cette décision, le

personnel reconnaît concrètement sa dignité.

Il ne continuera pas moins d’offrir les autres

soins appropriés.

Participation aux souffrances du Christ

Il est possible de donner un sens à la

douleur physique et à la souffrance morale.

Dans la foi, on peut en faire un moyen de

purification intérieure, de participation aux

souffrances du Christ et l’occasion d’une

offrande totale de sa vie. Mais, comme le

rappelait Pie XII: “L’acceptation de la dou-

leur physique n’est qu’une manière, parmi

beaucoup d’autres, de signifier l’essentiel:

la volonté d’aimer Dieu et de le servir en

toutes choses.”

Le respect de la dignité humaine éclaire aus-

si les relatives au soulagement de la douleur.

Terminer sa vie dans la dignité, c’est la termi-

ner de la façon la plus humanisante possible.

On peut penser alors à ce qui permet au ma-

lade de garder son meilleur état de conscience,

de procéder à des réconciliations pacificatrices

pour lui-même et les siens, de remplir certains

devoirs à l’égard des membres de sa famille,

puiser dans les expériences qui ont pu donner

sens à sa vie et, enfin, de se mettre en pré-

sence de Dieu et de se disposer à la grande

rencontre avec Lui, en particulier au sacrement

des malades. Un milieu de santé qui favorise

pareille démarche rend un service éminent à la

personne malade.

Non à l’euthanasie et à l’aide au suicide

Le respect de la vie nous est enseigné dans l’Évangile

Document de l’Assemblée des évêques du Québec

(suite en page 7)

Jeanne Mance, fondatrice de l’hôpital

Hôtel-Dieu de Montréal, 1642-1673