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Journal Vers Demain, 1101 rue Principale, Rougemont, QC, Canada — J0L 1M0

Tél.: Montréal (514) 856-5714; Rougemont: (450) 469-2209; Fax (450) 469-2601;

www.versdemain.org

Mai-Juin-Juillet 2010

Nous aimons citer l’enseignement de l’Égli-

se en matière de l’éducation qui nous rappelle

que les parents sont les premiers éducateurs

de leurs enfants:

Encyclique du Pape Pie XI

Droit des parents

Dans l’ordre naturel, Dieu communique im-

médiatement à la famille la fécondité, principe

de vie, donc principe du droit de former la vie,

en même temps que l’autorité, principe d’or-

dre.

Le Docteur angélique, saint Thomas d’Aquin

dit, avec son habituelle clarté de pensée et sa

précision de style:

«Le père selon la chair participe d’une ma-

nière particulière à la notion de principe qui

dans son universalité se trouve en Dieu... Le

père est principe de la génération de l’édu-

cation et de la discipline et de tout ce qui se

rapporte au perfectionnement de la vie humai-

ne.»

La famille reçoit donc immédiatement du

Créateur la mission, et conséquemment le droit

de donner l’Éducation à l’enfant, droit inaliéna-

ble parce qu’inséparablement uni au strict devoir

corrélatif, droit antérieur à n’importe quel droit

de la société civile et de l’État, donc inviolable

par quelque puissance terrestre que ce soit.

Droit inviolable sur l’éducation

De cette inviolabilité, le Docteur angélique

donne la raison:

«Le fils, en effet, est par nature quelque

chose du père; il s’ensuit que, de droit natu-

rel, le fils, avant l’usage de la raison est sous la

garde de son père. Ce serait donc aller contre

la justice naturelle si l’enfant, avant l’usage

de la raison, était soustrait aux soins de ses

parents, ou si l’on disposait de lui en quelque

façon contre leur volonté.»

Et

puisque les parents ont l’obligation de

donner leurs soins à l’enfant jusqu’à ce que ce-

lui-ci soit en mesure de se suffire, il faut admet-

tre qu’ils conservent aussi longtemps le même

droit inviolable sur son éducation.

«La nature, en effet, poursuit le Docteur an-

gélique, ne vise pas seulement à la génération

de l’enfant, mais aussi à son développement

et à son progrès pour l’amener à l’état parfait

de l’homme en tant qu’homme, c’est-à-dire à

l’état de vertu.»

Partant, la sagese juridique de l’Église s’ex-

prime-t-elle sur ce sujet avec précision, clarté et

entière plénitude de sens dans le Code du Droit

canonique:

“Les parents ont la très grave obligation de

veiller, selon tout leur pouvoir, à l’éducation

tant religieuse et morale que physique et civi-

que de leurs enfants; ils doivent aussi pourvoir

à leur bien temporel”.

Chez l’humanité, le sens commun est telle-

ment unanime sur ce point que tous ceux qui

osent soutenir que l’enfant, avant d’appartenir

à la famille, appartient à l’État, et que l’État a

sur l’éducation un droit absolu, se mettent en

contradiction ouverte avec lui.

D’ailleurs, la raison que ceux-ci mettent en

avant, à savoir que l’homme naît d’abord ci-

toyen, et pour ce motif appartient d’abord à

l’État, est insoutenable. Ils ne réfléchissent pas,

en effet, que l’homme avant d’être citoyen doit

exister, et que cette existence il ne la reçoit pas

de l’État, mais de ses parents.

«Les fils sont quelque chose du père, com-

me une extension de la personne paternelle;

et pour parler en toute exactitude, ils entrent

dans la société civile non par eux-mêmes im-

médiatement, mais par l’intermédiaire de la

communauté domestique dans laquelle ils

sont nés.»

(Encyclique Rerum

.

Novarum, de

Léon XIII, 15 mai 1891).

Ainsi donc, dit encore Léon XIII dans la même

encyclique:

«Le pouvoir du père est de telle nature qu’il

ne peut être supprimé ni absorbé par l’État,

parce qu’il a avec la vie humaine elle-même un

principe commun.»

Refuser les écoles

Il ne suit pas de là que le droit à l’éducation

des enfants soit chez les parents absolu ou arbi-

traire, car il reste inséparablement subordonné

à la fin dernière et à la loi naturelle et divine,

comme le déclare Léon XIII

encore dans une

autre mémorable encyclique sur les «principaux

devoirs des citoyens», où il donne en résumé la

somme des droits et des devoirs des parents:

«De par la nature les parents ont le droit

de former leurs enfants, mais ils ont en plus le

devoir de mettre leur instruction et leur éduca-

tion en parfait accord avec la fin pour laquelle

ils les ont reçus par un bienfait de Dieu.

«Les parents doivent donc employer tou-

tes leurs forces et une persévérante énergie à

repousser tout genre d’injustice en cet ordre

de chose, à faire connaître d’une manière ab-

solue, le droit qu’ils ont d’élever leurs enfants

chrétiennement, comme c’est leur devoir, et le

droit surtout de les refuser à ces écoles dans

lesquelles il y a péril qu’ils ne boivent le funes-

te poison de l’impiété.»

Ce droit incontestable de la famille a été plu-

sieurs fois reconnu juridiquement par des na-

tions qui ont souci de respecter le droit naturel

dans leur organisation civile.

Ainsi pour citer un exemple, la Cour Suprê-

me de la République des États-Unis tranchait

une très grave controverse en déclarant:

«L’État n’a nullement le pouvoir général

d’établir un type uniforme d’éducation pour la

jeunesse, en la contraignant à recevoir l’instruc-

tion seulement dans les écoles publiques.»

Le droit des parents de refuser les écoles impies est inviolable

Encyclique du Pape Pie XI. “Divini Illius Magistri». 1929. Extraits

Charte des Droits de la Famille du Saint-Siège. 1983. Extraits

Sa Sainteté Pie XI

Et

la Cour Suprême en donne la raison de

droit naturel:

“L’enfant n’est pas une simple créature de

l’État; ceux qui l’élèvent et le dirigent ont le

droit et en même temps l’important devoir

de le former et de le préparer à l’accomplisse-

ment de ses autres obligations”

S.S. Pie XI

Charte des Droits de la Famille

Extraits de la Charte des Droits de la Famille

publiée par le Saint-Siège, en 1983, à la deman-

de de Sa Sainteté Jean-Paul II:

Parce qu’ils ont donné la vie à leurs enfants,

les parents ont le droit originel, premier et

inaliénable de les éduquer; c’est pourquoi ils

doivent être reconnus comme les premiers et

principaux éducateurs de leurs enfants.

a) Les parents ont le droit d’éduquer leurs

enfants conformément à leurs convictions mo-

rales et religieuses, en tenant compte des tra-

ditions culturelles de la famille qui favorisent

le bien et la dignité de l’enfant, et ils doivent

recevoir aussi de la société l’aide et l’assistan-

ce nécessaires pour remplir leur rôle d’éduca-

teurs de façon appropriée.

b) Les parents ont le droit de choisir libre-

ment les écoles ou autres moyens nécessai-

res pour éduquer leurs enfants suivant leurs

convictions. Les pouvoirs publics doivent faire

en sorte que les subsides publics soient répar-

tis de façon telle que les parents soient vérita-

blement libres d’exercer ce droit sans devoir

supporter des charges injustes. Les parents

ne doivent pas, directement ou indirectement,

subir de charges supplémentaires qui empê-

chent ou limitent indûment l’exercice de cette

liberté.

c) Les parents ont le droit d’obtenir que

leurs enfants ne soient pas contraints de sui-

vre des enseignements qui ne sont pas en ac-

cord avec leurs propres convictions morales et

religieuses. En particulier l’éducation sexuelle

— qui est un droit fondamental des parents

— doit toujours être menée sous leur conduite

attentive...

d) Les droits des parents se trouvent violés

quand est imposé par l’État un système obliga-

toire d’éducation d’où est exclue toute forma-

tion religieuse.

e) Le droit premier des parents d’éduquer

leurs enfants doit être garanti dans toutes les

formes de collaboration entre parents, ensei-

gnants et responsables des écoles, et parti-

culièrement dans des formes de participation

destinées à accorder aux citoyens un rôle dans

le fonctionnement des écoles et dans la for-

mulation et la mise en oeuvre des politiques

d’éducation.

f) La famille a le droit d’attendre des moyens

de communication sociale qu’ils soient des

instruments positifs pour la construction de

la société, et qu’ils soutiennent les valeurs

fondamentales de la famille. En même temps,

la famille a le droit d’être protégée de façon

adéquate, en particulier en ce qui concerne ses

membres les plus jeunes, des effets négatifs

ou des atteintes venant des mass media.

Le Saint-Siège