Table of Contents Table of Contents
Previous Page  19 / 24 Next Page
Information
Show Menu
Previous Page 19 / 24 Next Page
Page Background

Page 19

Journal Vers Demain, 1101 rue Principale, Rougemont, QC, Canada — J0L 1M0

Tél.: Montréal (514) 856-5714; Rougemont: (450) 469-2209; Fax (450) 469-2601;

www.versdemain.org

Mai-Juin-Juillet 2010

Sainte Maria Goretti choisit le martyre pour garder sa pureté

Ayant reçu la sainte Hostie, elle inclina sa tête

sur sa poitrine devenue le tabernacle du Dieu

tout-puissant, pour lui dire sa reconnaissance et

son amour… Elle resta ainsi longtemps, coeur à

cœur avec son Dieu, à goûter la félicité de cette

heure d’amour en attendant l’éternelle félicité.

On était à la fin: la lampe céleste donnait ses

dernières lueurs. «Portez-moi plus près de la

Sainte Vierge…» «Vous ne voulez pas me porter

près de la Sainte Vierge…» et ses bras et toute

sa personne se tendaient vers Marie…

Morte au champ d’honneur

C’était l’agonie. Soudain, elle saisit le bras de

Térésa qui était près d’elle et dit: «Que fais-tu

Alessandro? Tu iras en enfer ! » et dans l’effort

suprême qu’elle fit pour éloigner le criminel,

elle retomba… Avant que les dernières paro-

les du «Pater» récité par les assistants fussent

prononcées, Maria avait cessé de respirer: elle

s’est éteinte, dans l’effort de la lutte, comme un

héros au champ d’honneur.

On entendit des sanglots, tandis que, les

yeux pleins de larmes, les assistants regardaient

le visage de la petite martyre, redevenu rose et

(suite de la page 18)

souriant, le regard perdu au loin, comme si elle

voyait enfin quelque chose…C’était le samedi le

6 juillet 1902. Marietta avait onze ans, huit mois

et vingt jours. «On aurait dit sainte Philomène,

dit sa mère. Son visage resplendissait d’un éclat

de virginité et, sur sa poitrine, reposait sur la

Croix son divin Époux…»

«On a tué une sainte»

Marietta était à peine tombée sous le fer ho-

micide de son meurtrier que le peuple s’était

écrié: «On a tué une sainte». Le matin du 8 juillet,

eurent lieu les obsèques: «Ce fut un triomphe,

une véritable apothéose, un chant sublime à la

gloire du Christ, un hommage à l’éducation que

lui avait donnée sa mère…»

De sa tombe s’élevèrent bientôt des appels

de vie. Ce furent des larmes séchées, des crises

surmontées, des maladies guéries, des faveurs

accordées, des douleurs supprimées, des vies

sauvées au bord de la tombe…

Conversion d’Alessandro Serenelli

Le premier à recueillir les fruits du sang de la

martyre fut son bourreau, Alessandro Serenelli.

Le sang d’une martyre est une goutte de pureté

tombant dans l’océan des iniquités humaines,

qui teinte de rouge tout ce qu’elle touche. Sere-

nelli avait été teinté de ce sang. Il fut condam-

né à «trente ans de réclusion, à la surveillance

spéciale de la police pendant trois ans, et à

l’interdiction des offices publics». Pendant ses

premières années de réclusion, il fit toujours

preuve du plus répugnant cynisme.

Transféré à la prison de Noto, en Sicile, pour

expier sa peine, il reçut la visite de Monseigneur

Blandini qui lui parla comme un père. Monsei-

gneur, en partant lui avait laissé différentes pu-

blications catholiques — des livres et des revues

— parmi lesquels un petit opuscule retraçant la

vie de la martyre. Serenelli, dans son oisiveté

forcée, le lut, fit retour sur lui-même et com-

mença à comprendre qu’il était un monstre.

Tous les gestes, toutes les paroles qu’évo-

quait cette petite biographie étaient comme

autant de coups de poignard dans son cœur.

Bientôt il pleura et des larmes baignèrent ce vi-

sage jusqu’alors plus aride qu’un désert et plus

dur que le roc. Quelque temps après, il prenait

la plume et, s’étant fait aider d’un compagnon

de cellule, il écrivait à l’évêque:

«

Je regrette doublement mon méfait, car

j’ai conscience d’avoir ôté la vie à une pauvre

innocente qui, jusqu’au dernier moment, a

voulu garder son honneur intact, et préférant

se sacrifier plutôt que céder à mes désirs qui

me poussèrent à accomplir une action terrible

et réprouvable. Je déteste publiquement mon

méfait et je demande pardon, à Dieu et à cet-

te pauvre famille éplorée, de la faute que j’ai

commise: je veux espérer que je pourrai être

pardonné comme tant d’autres l’ont été». Et

il avoua pour la première fois: «C’était vérita-

blement un ange, une enfant pure comme l’eau

de source, si pieuse, si bonne et si serviable;

c’était un enfant modèle».

Serenelli, ayant accepté sa croix, commença

à remonter la dure pente de l’expiation… Com-

me on lui demandait prudemment s’il était dis-

posé à déposer la vérité dans les procès canoni-

ques, il répondit: «C’est mon devoir». Et comme

on lui faisait remarquer l’ignominie qui resterait

attachée à son nom, il accepta cette humiliation

«comme réparation». Les plus beaux témoigna-

ges de l’héroïque vertu de la martyre que nous

avons rapportés nous viennent de lui.

Aveu du meurtrier

C’est lui qui affirma, car lui seul pouvait le

savoir, comment l’angélique enfant, dans la lut-

te inégale qui les opposa «était plus préoccu-

pée de recouvrir ses pauvres chairs dénudées

que d’éviter les coups». C’est encore lui qui té-

moigna que Marietta «cherchait à sauver son

âme et à le rappeler à la raison en lui disant:

“Alessandro, tu commets un péché, tu iras en

enfer”. «Oui, oui : c’est moi qui suis coupable;

je me suis laissé aveugler par une passion bru-

tale et elle fit bien de résister pour conserver

son innocence, et, pour garder sa pureté, elle

préféra tomber sous les coups d’un assassin».

Et il conclut : «J’espère pouvoir me sauver,

parce que j’ai une sainte qui prie pour moi au

Paradis». Sa bonne conduite valut à Serenelli

une remise de peine de deux ans. Et il fut tou-

jours un chrétien exemplaire.

Assunta pardonna au meurtrier

En 1937, à Noël, il se rendit à Corinaldo, chez

Assunta. — Pardon, ma bonne Assunta, par-

don ! Me pardonnez-vous ?» Que pouvait faire

la pauvre femme quand sa fille elle-même, lui

avait pardonné? — «Elle vous a pardonné, com-

ment ne vous pardonnerai-je pas ?» Et ils com-

munièrent ensemble, en ce jour de paix, frater-

nellement unis par la même pensée de l’héroï-

que petite martyre.

La canonisation de Maria Goretti eut lieu le 24

juin 1950, sur la Place de Saint-Pierre à Rome.

La grande Basilique ne pût contenir les 500,000

fidèles accourus du monde entier. La mère de la

martyre, âgée de 87 ans, assistait à la glorifica-

tion de sa fille.

Maria Goretti avait 11 ans

quand son âme s’envola vers les cieux

En 1947, la maman assiste à la béatification

de sa fille à Rome. À ses côtés, de gauche à

droite: Soeur Marie de Saint Alfred (Teresa),

Mariano, Ersilia.

En 1910, Assunta avec ses filles

Ersilia et Teresa

Récitons le chapelet en famille

«Avec Dieu, vous êtes une grande force.

Soyez convaincus que votre mouvement

vient du Ciel. Pourquoi Dieu a-t-il voulu

que le Crédit Social soit connu des hom-

mes ? Je suis convaincu que c’est pour

arrêter la marche du gouvernement mon-

dial et pour vaincre la dictature bancaire

diabolique qui a détruit le monde et brisé

le plan de la Divine Providence. Quelle

Œuvre que celle de Vers Demain ! Hon-

neur à vous, et soyons en feu.»

— Gérard Mercier