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Mai-Juin-Juillet 2010

Journal Vers Demain, 1101 rue Principale, Rougemont, QC, Canada — J0L 1M0

Tél.: Montréal (514) 856-5714; Rougemont: (450) 469-2209; Fax (450) 469-2601;

www.versdemain.org

Sainte Maria Goretti choisit le martyre pour garder sa pureté

ment sur le palier extérieur de l’escalier et s’y

installa, pour coudre, avec sa petite sœur, Téré-

sa, âgée de deux ans et demi, endormie à côté

d’elle sur une couverture.

Elle travaillait et priait… Maria voyant sou-

dain apparaître Alessandro qui montait rapide-

ment l’escalier, eut un coup de cœur et demeura

privée de souffle. Mais le tentateur était passé

sans la regarder et s’était retiré dans sa cham-

bre. Il reparut en effet, quelques instants plus

tard, après avoir revêtu une chemise propre et

repassée.

Non, il n’y avait pas à discuter entre le salut et

la perdition, entre Dieu et Satan, entre la loi de

la vie et la loi de la mort… il fallait ou bien mé-

priser la vie et se sauver, ou bien servir la chair

et se perdre… Maria ne perdit pas de temps à

raisonner: entre elle et le misérable qui voulait

ternir son âme, elle jeta sa vie.

Une lutte inégale

Ayant brusquement et brutalement saisi

la fillette, il l’avait entraînée à l’intérieur de la

maison. Une lutte inégale s’engagea. — Non !

Non !… Dieu ne le veut pas ! Si tu fais cela, tu

iras en enfer !… Dieu ne veut pas !… C’est un

péché…

Mais une main frémissante de rage et de

passion lui enfonce un mouchoir dans la bou-

che pour l’empêcher de crier… — Je te tue si…

La fillette se débat, lutte, semble devenue

une lionne et la force de sa foi a multiplié sa

vaillance… La passion se transforme en une

haine féroce. Et le fer homicide, avec la violence

d’un trépan, pénètre huit fois, dans ses chairs

immaculées pour frapper et punir cette volonté,

ce cœur indompté qui, au mépris de toute dou-

leur ne cesse de répéter: — Non ! Non ! c‘est un

péché ! Dieu ne veut pas !

Le sang et les entrailles s’échappent des

blessures ouvertes… La fillette tombe… tout

tourne autour d’elle… elle ne voit plus, elle

n’entend plus… ses forces se sont épuisées

dans cette lutte féroce et l’ont abandonnée…

Dieu l’a soustraite un instant à l’horrible réa-

lité. Le brute, la croyant morte, se retire dans

sa chambre. Mais l’héroïque enfant n’est pas

morte… Revenue à elle, elle se traîne pénible-

ment, dans une mare de sang, jusqu’à la porte,

l’ouvre et appelle, avec un filet de voix: — Gio-

vanni… montez… Alessandro m’a tuée.

En entendant cette voix qu’il croyait éteinte

pour toujours… le misérable sort de nouveau

de sa chambre et, au paroxysme de la haine

et de la fureur, il s’acharne sur sa victime. Six

nouveaux terribles coups la transpercent de

part et d’autre, les organes vitaux sont at-

teints. — Mon Dieu, mon Dieu, je meurs ! Ma-

man ! Maman !

Mais la maman n’entend point… Cependant

la voix de la victime, cette fois est parvenue

jusqu’au père de l’assassin, Giovanni. Et Téré-

sa, l’innocente créature endormie, tirée de son

sommeil par le bruit et les cris… s’est éveillée

et pleure désespérément… Le pauvre homme,

affolé lui aussi, a crié : — Assunta, venez vite…

La pauvre mère, à la vue de ce carnage, tombe

évanouie… Quand elle revient à elle, ses appels

et sa douleur font peine à voir. Maria ouvre ses

yeux bleus pleins de larmes et regarde sa ma-

man avec tendresse… Elle ne parle pas tout de

suite, mais le regard qu’elle adresse à sa mère

bien-aimée est plus éloquent que les paroles.

— Ma petite Maria, que s’est-il passé? —

C’est Alessandro. — Mais Pourquoi ? — Parce

qu’il voulait me faire commettre un vilain péché

et que je n’ai pas voulu. Et ses forces l’abandon-

nent de nouveau.

L’aveu même du meurtrier

Nous lisons des paroles de Serenelli dans

les documents officiels: «Voyant qu’elle ne vou-

lait pas céder, je devins furieux… et comme la

fillette s’agitait et se retournait pour se défen-

dre, voyant que je ne réussirais pas plus cette

fois que les autres, je pris l’arme et je me mis à

la frapper comme on bat le froment… Marietta

au lieu de se défendre criait et cherchait à se

recouvrir, et cela à plusieurs reprises…»

Dans les procès canoniques, paroles encore

du meurtrier: «Maria Goretti s’est toujours op-

posée aux tentations que je lui suggérais, et je

n’ai jamais eu d’autre intention que celle de la

faire consentir à mon péché et de la tuer si elle

s’y refusait… L’angélique enfant opposa à mes

infâmes désirs, confesse l’assassin, un refus

catégorique, continuant à m’opposer ce refus

même après, en répétant plusieurs fois: “Dieu

ne veut pas; tu iras en enfer”… A ce moment,

je comprenais bien que je voulais accomplir

une action contre la loi de Dieu, que je voulais

l’entraîner dans mon péché et que je la tuais

justement parce qu’elle s’y opposait.»

La férocité de l’assassin outrepassa toute

limite et on est horrifié en y pensant… Chez

Maria, au contraire, on ne trouve que la can-

deur de l’innocence et l’ardeur du sacrifice

pour obéir aux commandements du Seigneur

et apporter son humble participation à l’holo-

causte du Seigneur: c’était l’épilogue d’une vie

immaculée.

Assunta le comprit aussi: — Oui, maman,

deux fois déjà, il y a un mois, Alessandro m’a

ennuyée. — Oh! Sainte Vierge, mais pourquoi

n’as-tu rien dit à ta maman? — Maman chérie,

j’avais honte, parce que je ne savais comment

vous le dire. Et puis, Alessandro jurait qu’il me

tuerait si je vous le disais, alors j’ai eu peur et je

n’ai rien dit; mais il m’a tuée quand même.

Vingt heures de martyre

On porta doucement Marietta sur son lit. Elle

faisait peine à voir ! Ses viscères s’échappaient

de ses chairs lacérées, mais l’angélique enfant

ne se plaignait pas. Elle avait toute sa connais-

sance. Ses horribles blessures, le sang coagulé

sur ses vêtements qu’il fallait arracher, lui cau-

sèrent de nouvelles souffrances; et ce fut le dé-

lire.

—Par pitié ne laissez pasmonter Alessandro !

criait-elle, en faisant le geste de repousser l’en-

nemi alors inexistant.

— Il n’y a rien à faire: il faut la transporter

immédiatement à l’hôpital, dit le médecin.

Quand la voiture arriva, sa mère et les autres

femmes l’y installèrent délicatement. (

Une foule

de gens, indignés et attristés par ce crime abo-

minable, s’étaient rendus sur les lieux).

Quand

la victime apparut, un murmure de pitié s’éleva

dans la foule, immédiatement suivi d’un silen-

ce si profond que l’on n’entendit plus que les

pleurs des femmes, de sa mère et de ses frères.

Tous les hommes avaient les larmes aux yeux

et ôtaient respectueusement leur couvre-chef.

Les gens accouraient de partout au passage de

l’Hostie (

dans le trajet vers l’hôpital

).

A l’hôpital, les médecins l’examinèrent. Quel-

ques instants plus tard, commença l’interven-

tion chirurgicale qu’il fallut faire sans anesthésie.

Pendant deux heures, l’innocente enfant, sans

mot dire, prêta ses pauvres chairs immaculées

aux fers qui voulaient l’arracher à la mort.

(suite de la page 17)

Elle fût transportée dans la chambre des

femmes. «… et tous voulaient la voir sur son

lit d’agonie. La foule fut si nombreuse que les

gens devaient défiler sans pouvoir s’arrêter et, à

la vue de l’enfant, qu’illuminait presque une lu-

mière surnaturelle, tous pleuraient et passaient

en silence…» Et la victime éprouvait cette tran-

quillité du cœur que, seul, peut donner le sacri-

fice. Et cette paix débordait de son âme au point

d’apporter aux autres la consolation…

— Maman je suis bien, tu sais ! Comment

vont mes frères et sœurs ? — Ne laissez pas

entrer Serenelli !

Mais le sang qu’elle avait perdu, la chaleur

de l’après-midi torride et la fièvre avaient dessé-

ché la gorge: — Maman, voulez-vous me don-

ner une goutte d’eau?

Les brûlures de la soif

Non ce n’est pas possible, sous peine de

provoquer la mort: les médecins l’avaient ab-

solument interdit… Et pour l’amour de Jésus,

Marietta ne demanda plus rien et elle souffrit

pendant vingt heures les brûlures de la soif !

(Dans la nuit), seuls Térésa Cimarelli, une amie

de la famille, et le prêtre Don Thémistocle Si-

gnori restèrent au chevet de la chère petite ma-

lade. Le matin, sa maman était accourue à son

chevet.

«Je remarquai, dit-elle, que ma fille pendant

toute cette dernière journée tenait son regard

fixé sur l’image de la Vierge qui était accrochée

au mur». A Térésa Cimarelli qui l’interrogeait,

elle répondit: «La Sainte Vierge m’attend». Le

Père Martino Guijarro l’a inscrite parmi les En-

fants de Marie. Il lui donna la médaille bénite

des Enfants de Marie. Cette petite médaille de

la Sainte Vierge fut enterrée avec elle.

Pardon accordé au bourreau

Le Père lui dit: — Marietta, Jésus est mort

en pardonnant au bon larron; pardonnez-vous

de tout votre cœur au criminel ? — Oui, je lui

pardonne, je lui pardonne de tout cœur, comme

j’espère que Dieu lui pardonnera.

(suite en page 19)

Assemblées mensuelles

St-Georges de Beauce

Le 2e dimanche de chaque mois

9 mai. 13 juin. 11 juillet

Eglise Notre-Dame de l’Assomption

1.30 hre p.m.: heure d’adoration

2.30 hres: assemblée

Salle d’Accueil attenante à l’église

Tél.: 418 228-2867

Val d’Or

Le 2e dimanche de chaque mois

9 mai. 13 juin. 11 juillet

1.30 heure p.m., heure d’adoration

et assemblée chez Gérard Fugère

1059 5e Avenue. Tél.: 819 824-4870

Chicoutimi-Jonquière

Le 1er dimanche de chaque mois

6 juin. 4 juillet. 1er août

1.30 hre p.m., pour l’endroit, téléphonez

chez M. Mme Léonard Murphy

Tél.: 418 698-7051. Tous invités

Sherbrooke

Le 3e dimanche de chaque mois

16 mai. 20 juin. 18 juillet

1.30 hre p.m., Cathédrale St-Michel

Salle Mgr Paul Larocque,

90 rue Ozias Leduc