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Mai-Juin-Juillet 2010

Journal Vers Demain, 1101 rue Principale, Rougemont, QC, Canada — J0L 1M0

Tél.: Montréal (514) 856-5714; Rougemont: (450) 469-2209; Fax (450) 469-2601;

www.versdemain.org

(suite en page 17

)

Du mariage de M. et Mme Luigi Goretti, na-

quirent sept enfants dont le plus vieux, Anto-

nio a été ravi par le Ciel au bout de huit mois.

Ensuite venaient égayer le foyer, Angelo, Maria

Teresa, appelée Marietta (la sainte), Mariano,

Alessandro, Ersilia et Teresa qui deviendra reli-

gieuse. Nous tirons des extraits du livre «Sainte

Maria Goretti», écrit par A. Gualandi, imprimé

à Sherbrooke, dans la province de Québec, par

les Éditions Paulines, édité en 1964:

La sainte racine

La famille Goretti était originaire de Cori-

naldo, dans la province d’Ancône, en Italie. Le

père Luigi avait épousé sa compatriote, Assunta

Carlini, âgée de dix-neuf ans. Tous les biogra-

phes de la petite martyre qualifient Assunta de

«femme forte».

Orpheline, elle dût travailler au service de tel

ou tel maître. Les travaux les plus durs, la pre-

mière levée et la dernière couchée, devant se

contenter de n’importe quoi, tant pour nourri-

ture que pour vêtement, exposée à toutes les

intempéries et aux rigueurs des saisons… voilà

quelle fut sa condition jusqu’à l’âge de 19 ans.

Mais cette vie dure la modela pour cette vie de

vertu, de sacrifice et de courage dont sa petite

Maria devait donner un si lumineux exemple.

Assunta apprit son catéchisme en l’étudiant

par cœur, car elle était analphabète, et, plus

tard, elle en récitait des morceaux entiers à ses

enfants, pour qu’ils puissent l’apprendre à leur

tour.

Les graves dangers moraux auxquels elle se

trouva exposée chez les autres, l’obligèrent à se

garder avec rigueur et l’habituèrent à lutter et à

défendre son plus grand trésor: la pureté. La

sûreté facile avec laquelle elle sut, pendant tant

d’années, défendre sa vertu, étonne, mais le se-

cret en est dans la fidélité qu’elle garda à la loi de

Dieu et aux pratiques de la piété chrétienne et

dans sa dévotion filiale à la Vierge des Douleurs.

Son expérience et ses exhortations conduiront

sa petite «Marietta» jusqu’au martyre.

Ses principes de vie chrétienne étaient sim-

ples et clairs comme sa vie: fidélité sans faibles-

se à la loi de Dieu; par conséquent ne pas pé-

cher, à aucun prix; fidélité à la Messe, au rosai-

re, aux préceptes de l’Église. Par la prière, par la

confession fréquente, par la Communion, dans

une chaude et constante dévotion au Très Saint

Sacrement, elle sut puiser cette énergie physi-

que et morale dont elle avait quotidiennement

besoin et qui lui serait encore si nécessaire pen-

dant les années héroïques de son veuvage.

Luigi Goretti, un bon chrétien

Luigi Goretti était un bon chrétien, dans le

sens le plus vrai du mot: il faisait ses prières

du matin et du soir, son signe de croix avant et

après chaque repas, récitait le chapelet le soir

en famille, assistait à la sainte Messe le diman-

che et les jours de fête, et observait avec amour

toutes les lois de Dieu et de l’Église. Les com-

mandements étaient son code; il savait que ce

sont les anneaux d’une chaîne d’or qui unit le

ciel et la terre et qui élève l’âme de la terre jus-

qu’au ciel…

Travailleur infatigable et intelligent, il gagnait

de ses bras vigoureux de quoi subvenir à ses

besoins, à ceux de sa femme et des enfants que

Dieu leur envoyait et qu’ils acceptaient comme

ils venaient, accueillant avec amour et avec joie

les dons du ciel.

Maria, troisième enfant des époux Goretti,

née le 16 octobre 1890, fut baptisée dans les

vingt-quatre heures qui suivirent sa naissance,

dans l’église paroissiale de Saint-François. Non

elle n’était nullement en danger de mort, ce-

pendant ils voulurent sans tarder la faire naître à

la grâce, afin que son éternité fût assurée, quoi-

qu’il arrivât.

Formation religieuse

Comme aux autres, les premiers noms qui

furent enseignés à Maria furent ceux de Jésus

et Marie; ses premiers baisers furent pour les

images de la Vierge et du Divin Martyr du Gol-

gotha. Les premières exhortations qu’elle reçut:

«Fais ceci pour faire plaisir à Jésus… Il ne faut

pas faire cela, c’est un péché !»; sa première

parole du matin: «l’Ave Maria»; dernière parole

le soir qui, parfois, mourait sur ses lèvres: le

«Pater»; le premier et le dernier geste de cha-

cune de ses journées, comme chacune de ses

actions, même les plus communes: le Signe de

la Croix.

Pour suppléer aux besoins incessants des

petites bouches affamées, Luigi vint s’installer

à Paliano. Avant de quitter Corinaldo, la pieuse

mère eut soin de faire confirmer les deux plus

vieux: Angelo et Marietta qui avait six ans.

“For-

tifiée par la grâce de la Confirmation, écrit Mgr

Jacques Morelli, la jeune athlète du Christ était

prête pour la mission à laquelle la Divine Provi-

dence l’avait destinée”. Avant de recevoir l’effu-

sion de l’Esprit-Saint, Marietta s’approcha pour

la première fois du Tribunal de la Pénitence

.

Une autre émigration pour le gagne-pain

Après trois années à Paliano, les besoins ac-

crus de la famille… les firent émigrer de nou-

veau à Ferriere de Conca. A peine arrivés dans

leur nouvelle maison, Assunta plaça le portrait

de la Vierge des Douleurs à la place d’honneur,

afin qu’elle veillât sur sa petite famille. En cet

endroit, il n’y avait pas d’école, pas d’église, pas

de prêtre, pas de patronage, pas de religieuses,

rien ! Voici ce que dira la maman de Maria:

«La seule éducation que Maria reçut fut

celle que nous lui donnâmes en famille, mon

mari et moi: éducation que nous donnions

également aux autres enfants, afin qu’ils

grandissent en bons chrétiens. J’enseignais

moi-même aux petits leurs prières: le «Pa-

ter», l’«Ave Maria» et le «Credo» et les pre-

miers éléments de la doctrine chrétienne. Ma-

ria mettait à profit mes enseignements et se

fit à son tour l’éducatrice de ses frères».

Luigi Goretti, bien qu’il fût robuste et vi-

goureux, souffrait du climat malsain et torride

des marais pontins. Au cours du printemps de

l’année 1900, il tomba malade, d’une fièvre pa-

ludéenne, à laquelle s’ajouta bientôt le typhus

et la méningite… Voyant ses forces diminuer, il

appela sa femme et lui conseilla de retourner

dans son pays natal, à Corinaldo. Puis il se tour-

na vers Maria et les petits qui étaient présents

en leur recommandant d’obéir à leur maman

comme à lui-même. Maria fut très bouleversée

par la mort de son père. Elle versa beaucoup

de larmes.

Les orphelins

Luigi Goretti laissait six orphelins. La veuve

dut prendre la place de son pauvre mari défunt

et pourvoir à l’entretien et à l’éducation de ses

enfants, aidée de sa petite Maria. Celle-ci avait

bien compris la nécessité de donner aux petits

dès leurs plus jeunes années, une éducation

soignée. C’est pourquoi dès ce jour, elle veilla

sur ses frères et sœurs afin qu’ils fussent élevés

comme le voulait leur père. Sa maman n’aurait

pu trouver d’aide plus précieuse pour les tra-

vaux ménagers et il n’avait pas de meilleur ange

pour assurer l’éducation chrétienne des petits.

«Elle fut toujours très obéissante, poursuit

sa maman, même quand ses frères l’incitaient

à ne pas obéir. Il ne fut pas possible de l’en-

voyer à l’école: par conséquent elle n’apprit

jamais à lire ni à écrire; tout ce qu’elle savait

en fait de doctrine chrétienne et de prières, elle

le tenait de moi et l’avait appris par cœur… ce

n’est que lorsqu’elle se prépara à sa première

Communion qu’elle suivit les leçons de l’insti-

tutrice de Conca…

»

Sa première communion

Elle fit sa première communion comme une

«sainte», affirme samère. «La pureté à tout prix

et la fidélité aux trois Ave Maria» fut le thème

des résolutions qui précédèrent le grand pas-

sage…. «et c’était là encore une disposition du

ciel, témoigne Monseigneur Signori, afin que la

fillette persévéra dans ses bonnes habitudes et

développa la piété par la pratique de cette pu-

reté angélique pour laquelle elle devrait bien-

tôt sacrifier sa vie».

Le soir, elle n’oubliait jamais ses prières qu’el-

le récitait et faisait réciter à ses frères, à genoux

au pied de leur petit lit. Et elle n’oubliait jamais

une prière pour son papa. Ses principes ascéti-

ques les plus simples et les plus communs qui

soient dans la vie chrétienne: «Il faut faire cela

parce que c’est un devoir; c’est la volonté de

Dieu; il ne faut pas faire cela parce que c’est un

péché; cela déplaît à Jésus et on va en enfer».

C’était là le pivot de sa vie surnaturelle; c’est

avec ces principes qu’elle avait été élevée et

qu’elle élevait à son tour ses frères.

Sa maman rapporte: «Quand j’allais me

confesser, je l’emmenais avec moi et je puis

dire qu’elle se confessait volontiers et le faisait

avec dévotion; après la confession, elle cher-

chait à devenir meilleure, et plus elle grandis-

sait, meilleure elle devenait».

L’assistance à la Sainte Messe tous les di-

manches et les jours de fête devenait souvent

pour les Goretti une chose difficile. C’était des

heures et des heures de marche… sous le soleil

brûlant de l’été ou le vent glacé de l’hiver, ou en-

core sous les pluies torrentielles du printemps

ou les averses pénétrantes de l’automne...

Maria n’y manquait jamais. Sa mère l’atteste:

«Elle allait toujours à la Messe, le plus souvent à

Conca et y observait toujours une tenue exem-

plaire, ne regardant jamais à droite ou à gau-

che».

«Marietta n’était pas vaniteuse, dit sa ma-

man, elle ne désirait pas de vêtements neufs ou

autre chose; elle s’en remettait pleinement à ce

dont je disposais.» Et encore: «Quand elle allait

Sainte Maria Goretti choisit le martyre pour garder sa pureté