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Janvier-Février 2010

Journal Vers Demain, 1101 Principale St., Rougemont, QC, Canada — J0L 1M0

Tél.: Montréal (514) 856-5714; Rougemont: (450) 469-2209; Fax (450) 469-2601;

www.versdemain.org

La veille de Noël, le 24 décembre, alors que

la population américaine était accaparée par le

temps des fêtes, le gouvernement d’Obama a

institué, à la sourdine, un système d’assurance-

maladie en ouvrant largement la porte à l’avor-

tement, à l’euthanasie et au suicide assistée. Des

autorités religieuses des États-Unis s’étaient réu-

nies pour s’opposer à la politique du gouverne-

ment d’Obama avant cette réforme du système

de santé. Les leaders religieux ont défendu éner-

giquement le droit à la vie, les principes chré-

tiens du mariage, le sens sacré de la famille, la

liberté religieuse et l’objection de conscience.

Obama a fait la sourde oreille.

Les autorités religieuses qui s’étaient réu-

nies à Manhattan pour préparer une offensive

contre ces infâmes projets, ont intitulé le ma-

nifeste “Déclaration de Manhattan” qu’ils ont

publié ouvertement et présenté au gouverne-

ment d’Obama, le 20 novembre dernier. Mais

revenons à la “Déclaration de Manhattan”. Son

texte intégral, avec la liste des 152 premiers si-

gnataires, se trouve sur la page web: Manhattan

Declaration: A Call of Christian Conscience.

Charles de Pechpeyerou a traduit des extraits

du rapport de Sandro Magister, publié à Rome,

le 25 novembre 2009. Voici de larges extraits de

cette traduction du rapport:

“Parmi les leaders religieux qui ont présen-

té l’appel au public, vendredi, le 20 novem-

bre, au National Press Club de Washington, il

y avait le cardinal Justin Rigali, archevêque de

Philadelphie, Mgr Donald W. Wuerl, archevê-

que de Washington, et Mgr Charles J. Chaput,

évêque de Denver, Colorado.

La «Déclaration de Manhattan» ne tombe pas

dans le vide, elle survient à un moment critique

pour la société et la vie politique américaines:

celui où le gouvernement de Barack Obama est

très occupé à faire passer un plan de réforme de

l’assurance-maladie aux États-Unis.

En défendant la vie humaine dès la concep-

tion et le droit à l’objection de conscience,

l’appel conteste deux points mis en danger

par le projet de réforme actuellement en dis-

cussion au Sénat.

Intervention de l’épiscopat catholique

Au Congrès, à la Maison Blanche de Washing-

ton, une vive action de lobbying menée au grand

jour par l’épiscopat catholique a contribué à

éventer le danger. Le vote final, ayant garanti à

la fois le droit à l’objection de conscience et le

blocage de tout financement public en faveur

de l’avortement, la conférence des évêques a

présenté ce résultat comme un «succès». Mais

maintenant, au Sénat, la bataille repart de zéro,

sur un texte initial que l’Église juge à nouveau

inacceptable. La conférence des évêques a déjà

adressé aux sénateurs une lettre indiquant les

modifications qu’elle souhaite voir apporter à

tous les points litigieux.

Mais maintenant, il y a, en plus, la «Déclara-

tion de Manhattan», dont le dernier chapitre, in-

titulé «Lois injustes», s’achève sur cette annonce

solennelle :

«Nous ne nous laisserons pas contraindre

au silence, à l’acquiescement, à la violation de

nos consciences par quelque pouvoir que ce

soit, culturel ou politique, quelles que puis-

sent être les conséquences pour nous».

Et tout de suite après:

«Nous rendrons à Cé-

sar ce qui est à César, pleinement et sans rechi-

gner. Mais en aucun cas, nous ne rendrons à

César ce qui est à Dieu».

Dans un passage au début du texte, l’appel

dit aussi:

“Alors que l’opinion publique prend une di-

rection pro-vie, des forces puissantes et déter-

minées agissent en faveur de l’avortement,

de la recherche destructrice d’embryons, du

suicide assisté et de l’euthanasie.”

Opinion publique en faveur de la vie

Et c’est vrai. D’après les plus récentes enquê-

tes, l’opinion publique américaine est en train de

virer sensiblement vers une plus grande défense

de la vie de l’enfant conçu…

Les leaders religieux qui harcèlent Obama sur

les terrains minés de l’avortement, du mariage

entre homosexuels, de l’euthanasie, savent donc

qu’une partie large et croissante de la société

américaine est avec eux.

Le lancement de la «Déclaration de Manhat-

tan» a eu un fort écho dans les médias améri-

cains, sans que personne n’ait protesté contre

cette «ingérence» politique des Églises.

En Europe le paysage est très différent. (

On

peut en dire autant de la province de Québec.

)

Ici, la «laïcité» est pensée et appliquée en conflit,

latent ou explicite, avec les Églises…

Même différence de vision, quant au refus de

donner la communion eucharistique aux hom-

mes et femmes politiques catholiques favorables

à l’avortement. La controverse est très vive aux

États-Unis, pas de ce côté-ci de l’Atlantique…

Il faut cependant noter que, sur ce point,

quelque chose est en train de changer, même

en Europe. Et pas seulement parce qu’il y a un

pape comme Benoît XVI qui affirme sa préfé-

rence pour le modèle américain de relations en-

tre les Églises et l’Etat.

Des leaders religieux s’élèvent contre la politique

d’Obama

“Nousproclamonsquenousnenous soumettrons àaucun textequi nous forcerait, nousou les institutions

que nous dirigeons, à accomplir ou à faciliter des avortements, des recherches destructrices d’embryons,

des suicides assistés, des euthanasies ou tout autre acte violant les principes de la profonde, intrinsèque

et égale dignité de tout membre de la famille humaine.“

— Des autorités religieuses des États-Unis

(suite en page 9)

Il y a quelques jours, un signal est venu d’Es-

pagne, où l’Église catholique est aux prises avec

un gouvernement idéologiquement hostile, celui

de José Luis Rodríguez Zapatero, et où une loi li-

béralisant encore davantage l’avortement est en

cours d’élaboration.

Communion refusée aux politiciens

favorables à l’avortement

Selon des informations reprises par «L’Os-

servatore Romano», l’évêque Juan Antonio

Martínez Camino, secrétaire général de la

conférence des évêques d’Espagne, n’a pas

hésité à avertir les hommes et femmes poli-

tiques catholiques que, s’ils votent cette loi,

ils ne pourront être admis à la communion

eucharistique, car ils se seront mis en situa-

tion objective de “péché public”.

Ce n’est pas tout. Mgr Martínez Camino a

ajouté que ceux qui disent qu’il est morale-

ment légitime de tuer un enfant à naître, se

mettent en contradiction avec la foi catholi-

que et risquent donc de tomber dans l’héré-

sie et d’être excommuniés “latae sententiae”,

c’est-à-dire automatiquement.

C’est la première fois qu’en Europe un diri-

geant de conférence d’évêques tient des propos

aussi «américains».

Mais revenons à la «Déclaration de Man-

hattan», présentée le 20 novembre 2009. Et

voici ci-dessous la traduction du texte abrégé

Journal catholique, oeuvre méritoire

L’abbé Edouard V. Lavergne, de regretté mémoi-

re, qui était rédacteur à l’Action Catholique, à Qué-

bec, et qui a été un grand ami de l’Oeuvre de Vers

Demain, a écrit dans son livre «Sur les remparts» :

“Encore une fois, travailler pour le journal ca-

tholique, c’est faire œuvre méritoire, même plus

méritoire que de vêtir les orphelins, bâtir des hô-

pitaux, puisque c’est participer à la charité intel-

lectuelle, supérieure à l’autre, autant que l’âme est

au-dessus du corps.”

Nous avons déjà peur d’aller dans les hôpitaux, qu’est-ce que ce sera avec la loi permettant l’euthana

sie?