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Janvier-Février 2010

Journal Vers Demain, 1101 Principale St., Rougemont, QC, Canada — J0L 1M0

Tél.: Montréal (514) 856-5714; Rougemont: (450) 469-2209; Fax (450) 469-2601;

www.versdemain.org

L’euthanasie est la suppression d’une vie humaine

(suite de la page 6)

Par un traitement «humain», par contre, on

veut qu’une personne meure naturellement,

sans que le processus de mort soit artificielle-

ment prolongé au-delà de toute limite raison-

nable, aux dépens du malade. Cela ne signifie

pas qu’on ne doive pas employer les moyens

offerts aujourd’hui par la médecine pour ralen-

tir le processus de mort.

Cela signifie seulement que le recours aux

moyens artificiels qui ralentissent le processus

de mort doit être raisonnable et réalisé dans la

mesure où il n’impose pas au malade des souf-

frances et des désagréments ultérieurs et ne

prolonge pas inutilement son agonie, quand la

maladie est parvenue à sa phase terminale. Il

s’agit de laisser une personne mourir en paix.

«Il n’est pas dit, observe justement le Père

Häring, qu’on doive être obligé de passer ses

derniers jours avec un tube dans tous les ori-

fices du corps.» (

B. Häring, Éthique médicale,

ed. Paoline, Roma,

1972, 230.)

Le droit d’être informé

Au-delà du droit à être assisté et soigné, le

droit de mourir avec dignité comporte le droit

de vivre humainement — en homme adulte et

responsable — sa propre mort. C’est le moment

le plus important et le plus décisif — et aussi

le plus grand — de la vie humaine, tant pour

le destin personnel de l’individu que pour ses

rapports avec les autres. Dans la mort, en ef-

fet, l’homme décide définitivement de son sort

éternel; il doit donc avoir la possibilité de se si-

tuer consciemment devant Dieu et donc savoir

que pour lui la fin de la vie est arrivée. En outre,

avec la mort, l’homme rompt tout rapport avec

les autres hommes; il doit donc avoir la pos-

sibilité de régler ses rapports avec les autres,

d’exercer les responsabilités qui sont les sien-

nes et de remplir les obligations qui pèsent sur

lui. Mais l’homme ne peut pas vivre de façon

adulte et responsable sa propre mort s’il n’est

pas informé de la gravité de son état et du dan-

ger imminent dans lequel il se trouve.

En d’autres termes, le droit de mourir avec

dignité comporte le droit d’être informé de la

gravité de son état. Ce droit est aujourd’hui gé-

néralement négligé. Tant les médecins que les

parents font tout pour que le malade ignore la

gravité de sa maladie; bien plus, ils le bercent

d’illusions et lui laissent espérer une reprise,

même dans les cas clairement désespérés. Ils

le font par pitié; on doit pourtant dire que la

charité et la justice exigent — sauf le cas excep-

tionnel de personnes souffrant de dépression

psychique grave — que le malade, avec délica-

tesse et tact, soit informé de la gravité de son

état.

Dieu, maître et défenseur de la vie

Une fois clarifiée la notion d’euthanasie,

quel jugement moral doit-on porter sur elle?

La réponse est claire: entendue au sens ri-

goureux que nous avons cherché à préciser,

l’euthanasie est toujours — qu’elle soit prati-

quée sur la demande et avec le consentement

de la personne qui en est l’objet ou bien sans

son consentement; qu’elle soit pratiquée par

administration d’un médicament mortel ou

par le retrait des soins nécessaires à la vie

— un véritable homicide et donc moralement

condamnable, comme violation de la loi divine

«tu ne tueras pas», et est une offense à la di-

gnité de la personne humaine.

L’Eglise, non seulement parce qu’elle est

chargée d’annoncer et de garder la loi divine,

mais aussi parce qu’elle est l’interprète de la

loi naturelle, inscrite par le Dieu créateur dans

la «nature», c’est-à-dire dans l’être même de

l’homme, a toujours affirmé l’immoralité radi-

cale de I’euthanasie. Cette condamnation a été

réaffirmée dans la Déclaration sur l’euthana-

sie (publiée par la Sacrée Congrégation pour

la Doctrine de la Foi, le 5 mai 1980, après que

Jean-Paul II l’eut approuvée et en eut ordonné

la promulgation):

«Il est nécessaire de réaffirmer avec une en-

tière fermeté que rien ni personne ne peut auto-

riser mettre à mort un être humain, même un

foetus ou un embryon, un enfant ou un adulte,

un vieillard, un malade incurable ou un agoni-

sant. En outre, nul ne peut demander ce geste

homicide pour soi-même ou pour un autre

confié à sa responsabilité, ni ne peut y consen-

tir explicitement ou implicitement. Aucune

autorité ne peut légitimement l’imposer ni le

permettre. Il s’agit là, en effet, d’une violation

de la loi divine, d’une offense à la dignité de

la personne humaine, d’un crime contre la vie,

d’un attentat contre l’humanité.»

«Il pourrait se faire aussi que la souffrance

prolongée et insupportable, des raisons d’or-

dre affectif ou divers autres motifs poussent

quelqu’un à croire qu’il peut légitimement de-

mander la mort ou la donner à d’autres. Bien

que, en de tels cas, la responsabilité person-

nelle puisse être diminuée ou même dispa-

raître, cependant l’erreur de jugement de la

conscience —même de bonne foi — ne change

pas la nature de cet acte homicide, qui en soi

reste toujours inadmissible.»

En d’autres mots, le fait que l’homicide soit

accompli par pitié n’atténue pas la gravité ob-

jective de l’acte. D’autant plus que la pitié peut

être sincère, mais peut aussi cacher, peut-être

inconsciemment, un profond égoïsme, et donc

être un prétexte pour échapper à des situations

pénibles et onéreuses.

La suppression d’une vie humaine

Le mal de I’euthanasie est donc le fait qu’elle

est la suppression d’une vie humaine. Le fait

qu’une personne se trouve dans le dernier sta-

de de son existence, alors que s’est instauré

un processus de mort irréversible, n’ôte pas à

l’euthanasie sa malice radicale. En effet, la vie

humaine est sacrée et inviolable dans toute sa

dignité, de la conception à la mort. C’est pour-

quoi il n’y a pas de phases — initiale, intermé-

diaire et finale — où l’homme ait le pouvoir d’in-

tervenir pour interrompre son cours vital. Dieu

seul est maître de la vie humaine; ce n’est pas

l’homme, ni pour sa propre vie, ni pour celle

des autres. Aussi ne peut-il pas disposer à son

gré de sa propre vie, ni de celle d’autrui.

C’est là une vérité fondamentale non seu-

lement de la conception chrétienne de la vie,

mais de toute vision du monde vraiment hu-

maine, c’est-à-dire pour qui l’homme est au

centre, comme valeur suprême de la réalité

créée. Il est clair, en effet, que seule la seigneu-

rie de Dieu sur la vie humaine en sauvegarde

la dignité et l’inviolabilité absolue, parce qu’elle

empêche les individus et la société d’en dispo-

ser à leur gré.

Peut-être ne mesure-t-on pas suffisamment

la portée immense de cette affirmation. Parce

que, si l’homme, et non pas Dieu, est le maître

de la vie humaine, on ne comprend pas pour-

quoi l’homme ne pourrait pas disposer à son

gré de sa vie, par le suicide, et de la vie d’autrui,

par l’homicide; on ne comprend pas pourquoi

la société ne pourrait pas éliminer par une «mort

douce», en vue du plus grand bien-être de la

collectivité, la vie humaine inutile (vieillards,

malades chroniques irrécupérables, foetus,

malades incurables, personnes handicapées et

difformes, délinquants incorrigibles) qui consti-

tue un poids très lourd pour la société.

L’élimination de vies par le nazisme

On devrait alors justifier l’élimination, accom-

plie par le nazisme hitlérien dans les années 30,

de déficients mentaux, d’estropiés, de fous, de

malades chroniques déclarés «sous-hommes»

(Untermenschen), «vies sans valeur» (Lebensu-

nwertes Leben), parce que «citoyens improduc-

tifs». Si, par contre, on admet que Dieu seul est

maître et seigneur de la vie humaine, celle-ci

est intouchable dans tous les cas et quelles que

soient sa forme, ses conditions, sa valeur en

termes d’utilité et de productivité.

Donc, dire que Dieu est maître de la vie hu-

maine veut dire que Dieu se pose en défenseur

de la vie de tout homme — en premier lieu de

tous ceux que leur condition précaire et l’inca-

pacité de se défendre exposent aux attaques

des plus forts — et que, pour cette raison, il

est le vengeur du sang innocent et punit ceux

qui tuent les faibles et les sans-défenses; leur

sang «crie du sol vers Dieu» (Gn 4, 10).

Cependant, dire que Dieu est et reste maî-

tre de la vie humaine signifie aussi, dire que

la vie est un don; l’homme est appelé à le

conserver et à le faire fructifier, mais ne peut

pas en disposer à son gré. En réalité, Dieu a

sur toute vie humaine un dessein à accomplir,

un dessein mystérieux dont lui seul connaît

les modalités et l’achèvement. En intervenant

dans le cours de la vie, et en y mettant fin par

la mort, l’homme s’arroge le droit de fixer le

temps et le mode d’achèvement de ce dessein,

attentant ainsi à la souveraineté de Dieu.

Dans la Déclaration sur l’euthanasie que

nous avons citée, la Sacrée Congrégation pour

la Doctrine de la foi, après avoir dit que la vie

«est aussi un don de l’amour de Dieu que (les

croyants) sont appelés à conserver et à faire

fructifier», fait remarquer que quelques consé-

quences découlent de cette dernière considé-

ration:

«1. Personne ne peut attenter à la vie d’un

homme innocent sans s’opposer à l’amour de

Dieu pour lui, sans violer un droit fondamental

inadmissible et inaliénable, et donc sans com-

mettre un crime d’une extrême gravité.

«2. Tout homme a le devoir de conformer

sa vie au dessein de Dieu. Elle lui est confiée

comme un bien qui doit porter ses fruits déjà

ici-bas sur la terre, mais trouve son entière

perfection seulement dans la vie éternelle.

«3. La mort volontaire ou le suicide est

donc inacceptable tout comme l’homicide: un

tel acte est, en effet, de la part de l’homme,

le refus de la souveraineté de Dieu et de son

dessein d’amour».

Invitation spéciale

Gens de Montréal et de Laval

Vous êtes invités à la réunion

Du 2e dimanche de chaque mois

14 février

1.30 hre p.m.: heure d’adoration

2.30 heures p.m.: réunion

Eglise St-Bernardin

7979 8e Avenue, Ville Saint-Michel

Pour informations:

tél. 514-856-

5714

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