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Janvier-Février 2010

Journal Vers Demain, 1101 Principale St., Rougemont, QC, Canada — J0L 1M0

Tél.: Montréal (514) 856-5714; Rougemont: (450) 469-2209; Fax (450) 469-2601;

www.versdemain.org

par la suite, chaque citoyen de ce pays, em-

ployé ou non, reçoive un chèque de 12,50 $,

signé par le Trésor du Canada. Le chèque, tiré

sur le Compte de Crédit National et émis par

l’entremise d’une banque autorisée arrive par

la poste dans une enveloppe du gouverne-

ment. Le facteur ordinaire le porte à chaque

domicile.

Pour saisir les effets de cette distribution

de dividendes, qu’on pense aux conditions

misérables de pauvreté partout évidentes à

l’heure actuelle. Des masses qui ont à peine

de quoi vivre pourraient enfin satisfaire leurs

besoins et leurs désirs si longtemps conte-

nus. Le chèque serait immédiatement encais-

sé et la monnaie dépensée pour acheter les

produits nécessaires.

Le détaillant devrait s’empresser de re-

garnir ses étagères, le marchand de gros,

ses entrepôts. Le manufacturier rappellerait

ses ouvriers et remettrait ses machines en

marche pour faire face à la demande. Le pro-

ducteur primaire n’aurait plus à se morfondre

et à restreindre son exploitation, il serait sûr

d’écouler ses produits.

À première vue, cet exemple peut paraî-

tre exagéré; ce n’est en réalité qu’un timide

pas vers l’abondance qui est à notre porte et

s’offre à nous tous. Enchaîné par un système

absurde, on s’est abstenu de la saisir. Mais la

nécessité va vaincre les obstacles. Comment

résister à sa pression? L’augmentation des

taxes et les dettes grossissantes détruisent les

efforts de l’industrie. Le fardeau de secours

directs, financés avec de la monnaie-dette

empruntée au système bancaire, devient vite

aussi intolérable qu’il est inadéquat. Le public

réclame un système plus sensé.

Dès le premier mois, le dividende natio-

nal accomplirait énormément pour relever

les affaires. Escompte de Détail et Dividende

National ensemble amèneraient graduelle-

ment un niveau de vie plus élevé. Ce serait

l’avènement de l’aisance et du confort pour

des centaines de mille Canadiens aujourd’hui

en proie à la faim, au froid, à la maladie, aux

soucis, traînant une misérable existence en

plein pays de richesse.

On doit bien comprendre que l’augmen-

tation du Dividende National dépend directe-

ment de l’augmentation de la production, de

l’accroissement, de la richesse réelle, expri-

mée par le Compte de Crédit National. Il aug-

menterait progressivement avec l’activité et

le développement de l’agriculture et de l’in-

dustrie. La pauvreté ferait place à la sécurité

économique.

Importance du travail des banques

Le crédit pour financer le Dividende Natio-

nal est créé par le Trésor, à même le compte

de Crédit National, et garanti par la richesse

réelle du Canada. Lorsque le consommateur

change son chèque de dividende ou l’échan-

ge pour des produits, le chèque trouve le che-

min de la banque, où il est chargé au compte

du Crédit National. Celui-ci le débite contre la

production, puisque le chèque utilisé repré-

sente une production consommée.

Les banques, comme agents du Trésor,

acceptent et changent les chèques des divi-

dendes, faisant ces opérations exactement

comme elles le font présentement. Notre sys-

tème bancaire actuel possède le mécanisme

et l’expérience nécessaires pour remplir effi-

cacement ces fonctions. Les banques et leur

personnel entraîné sont des facteurs essen-

tiels pour l’administration pratique du Crédit

Social. Dans tous leurs champs d’activité, les

banques continuent leurs opérations comme

par le passé, sauf évidemment qu’elles per-

dent le privilège injustifiable de créer et dé-

truire la monnaie à volonté. Il n’est donc pas

besoin de bouleversement dans le système

bancaire pour le bon fonctionnement du Di-

vidende. Les banques se font évidemment

payer pour services rendus à titre de fonc-

tionnaires publics. «Canada Incorporé», notre

grande société, doit poursuivre ses activités

sur une grande échelle ou faire banqueroute.

Elle possède les matériaux, les manufactures,

la force motrice, la main-d’oeuvre et les ta-

lents pour produire au moins trois fois autant

de richesse qu’à l’heure actuelle, et le déve-

loppement va bien au delà. Seul le manque

de monnaie l’arrête. L’insuffisance de pou-

voir d’achat seule empêche la prospérité, la

production abondante et la distribution des

dividendes que justifie le pouvoir de gain du

pays. Pendant combien de temps les action-

naires toléreront-ils cette insuffisance si facile

à corriger par l’administration?

Salaires plus Dividendes

N’allons pas défigurer le sens de cet ex-

posé et conclure que le Crédit Social veut

supprimer le travail ou les salaires et placer

tout le pouvoir d’achat dans les dividendes.

Ceux-ci, d’ailleurs, supposent la produc-

tion, une production plus abondante que le

pouvoir d’achat, qu’ils ont pour mission de

compléter, de concert avec le juste prix. Les

salaires continueront comme aujourd’hui,

basés sur les services du travailleur. L’utilité

économique et sociale de chaque ouvrier

doit toujours régler le montant de son salai-

re. Mais il faut bien reconnaître que le total

des honoraires et salaires, si élevé soit-il, ne

peut acheter le total de la production. L’expé-

rience le prouve à l’évidence, et nous avons

démontré pourquoi. L’augmentation des sa-

laires et la diminution des heures d’ouvrage

ne résolvent pas le problème: on constate

alors une hausse de prix qui maintient la dis-

parité, si même elle ne l’accentue pas.

Le pouvoir d’achat doit être augment

é par

un moyen qui n’ajoute pas aux dépenses de la

production. Le Dividende National est la solu-

tion qui libère de ce cercle vicieux.

Mais nous avons une mentalité à corri-

ger. Habitués à la rareté d’argent qui nous

fait croire que le pays est pauvre, nous avons

peine à comprendre les avantages matériels

et moraux qui résulteraient de l’équation du

pouvoir d’achat avec les prix de vente des

produits. Moraux, avons-nous dit, car il en

découlerait un concept nouveau de l’impor-

tance de l’homme qu’aujourd’hui on fait pas-

ser après l’argent. On verrait se développer

une meilleure compréhension de la coopé-

ration de l’homme avec l’homme au profit

de tous et de chacun. De ce côté, les effets

bienfaisants d’un système qui, sans nuire à

l’initiative privée ni à la propriété, permet à

tous de participer à la richesse d’un pays et

d’un siècle d’abondance, dépasse les prévi-

sions les plus hardies.

Néanmoins, le besoin immédiat d’un Di-

vidende reste surtout un besoin économi-

que, le besoin de pourvoir aux multitudes

qui vivent de secours direct alors qu’on li-

mite la production possible. Le Dividende li-

vrerait aux consommateurs des biens qu’on

détruit ou qu’on se prive de produire parce

que le système ne le permet pas.

Le Dividende n’est pas une aumône

Ceux qui, pour la première fois, enten-

dent parler du Dividende, sont parfois portés

à le prendre pour une forme de «charité pu-

blique», une espèce de “bien-être social». Le

Dividende n’est pas une aumône. L’aumône

publique, telle qu’on l’a actuellement dans le

«secours direct», prend à Pierre pour passer à

Paul. Elle n’augmente pas le pouvoir d’achat.

Elle soustrait la monnaie, au moyen de taxes,

du revenu déjà inadéquat des employés pour

supporter ceux qui ne sont pas employés. Le

«secours direct» n’ajoute pas un sou au total

du revenu national. Le Dividende, au contrai-

re, est le moyen d’entamer un nouveau réser-

voir de crédit, inutilisé aujourd’hui, mais dont

l’exploitation est nécessaire pour distribuer la

production dont le Canada se prive ou qu’il

laisse périr sous les yeux d’une population

dans le besoin. Il augmenterait directement

le revenu national. Pour chaque acheteur,

consommateur de produits, il représente le

droit aux bénéfices de la civilisation moder-

ne.

Le Dividende conduirait-il à la paresse?

Nous ne croyons mieux résoudre cette ob-

jection qu’en citant ici

Le Moniteur

de décem-

bre 1935, pages 52 à 54:

«Quelques moralistes vont poser une ob-

jection. Concédé, diront-ils, que la nation re-

prenne et exerce seule le contrôle du crédit et

de la monnaie; concédé, que la monnaie doive

être réglée de façon à distribuer adéquatement

les fruits de la production; concédé encore,

cet escompte sur les prix de détail, qui équi-

vaut à une augmentation momentanée des

salaires des travailleurs pour les récompen-

ser d’une production surabondante; mais ce

dividende national, distribué indistinctement à

tous les citoyens, n’est ni mérité ni juste et son

fruit sera l’oisiveté. Quelques remarques vont

disposer de cette objection.

«Il y a toujours eu et il y aura toujours des

gens qui ne travaillent pas, souvent victimes

de circonstances, de défectuosités physiques

ou mentales, ou même simplement parce

qu’ils ne veulent pas travailler et préfèrent vi-

vre au crochet des autres. La société a tou-

DU RÉGIME DE DETTES

A LA PROSPERITÉ

(suite de la page 22)

(suite en page 24)

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