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Janvier-Février 2010

Journal Vers Demain, 1101 Principale St., Rougemont, QC, Canada — J0L 1M0

Tél.: Montréal (514) 856-5714; Rougemont: (450) 469-2209; Fax (450) 469-2601;

www.versdemain.org

Suite du livre «Du Régime de Dettes à la

Prospérité», par J. Crate Larkin, dont les cha-

pitres précédents ont été publiés dans des

numéros précédents de Vers Demain. Nous

vous invitons à compiler ces articles et à les

relire pour approfondir vos connaissances

sur le Crédit Social, qui réglerait le problème

de la pauvreté dans le monde et assurerait à

tous et à chacun le nécessaire pour vivre en

face de l’abondance de la production.

Chapitre 11

Le Dividende National

Comment pourvoir aux nécessités de la

vie de la multitude des sans-emploi, beau-

coup d’entre eux impatients de travailler ?

Voilà peut-être le plus urgent de nos problè-

mes. Si le chômage semble le grand mal du

jour, il faut pourtant remarquer que le besoin

de main-d’œuvre dans l’industrie, même en

temps normal, tend à diminuer de jour en

jour. Le nombre d’ouvriers requis, si faible

qu’il soit aujourd’hui, est presque certain de

décroître encore à l’avenir. La machine de-

vient de plus en plus automatique; la force

motrice, surtout sous forme d’énergie élec-

trique, étend toujours son champ d’action, il

n’est pour ainsi dire rien qu’elle ne puisse ac-

complir. Or l’énergie transformable en électri-

cité mise à notre disposition par les rivières,

les lacs, les mers et le soleil lui-même est illi-

mitée. Les machines remplacent les hommes,

grâce aux efforts de ces derniers pour abolir

les corvées fatigantes, tout en augmentant la

qualité et l’abondance des produits; de sorte

qu’on peut dire que la «calamité du chôma-

ge» est simplement le résultat naturel de nos

succès à maîtriser les forces de la nature.

La science a si rapidement remplacé le

travail manuel par la machine, qu’aujourd’hui

la somme d’ouvrage nécessaire pour occu-

per tout le monde n’existe plus. «Vous devrez

admettre, disait Douglas à son auditoire dis-

tingué d’Oslo, en 1935, que les meilleurs cer-

veaux (savants et autres) ont, depuis 150 ans

et plus, fait tout en leur pouvoir pour mettre

le monde sans ouvrage, et ils ont réussi.»

La machine moderne est entrée pour res-

ter. Vouloir rejeter les connaissances scienti-

fiques de l’humanité et renoncer aux facilités

qu’elles ont créées pour produire beaucoup

avec un minimum de travail, c’est vouloir

abandonner la civilisation pour la barbarie.

Il faudra bien se rendre compte que nous

n’avons pas tant à faire face à un problème

de manque d’emploi qu’à un problème de

manque de revenus. Le progrès supprime

le travail et l’on persiste à vouloir que nul ne

vive sans travail. Dans notre monde de pro-

grès, le problème n’est pas tant d’inventer de

l’ouvrage pour les sans-travail que d’adopter

un moyen pratique pour leur procurer le pou-

voir d’achat dont ils ont besoin pour vivre.

C’est encore Douglas qui écrit: «La ma-

chine industrielle est un levier, dont la for-

ce augmente parce que le bras s’allonge à

mesure des progrès de la science et de ses

applications. Moins il faut d’hommes requis

pour faire fonctionner le levier, plus il en res-

te pour l’allonger encore et le rendre de plus

en plus puissant avec de moins en moins de

force manuelle.»

On s’accorde à admettre que le système

économique existe pour fournir des produits

et des services à la consommation, et cepen-

dant on parle et on agit comme s’il existait

pour fournir du travail, non des produits. On

ne sait pas récolter les fruits du progrès: nou-

veaux loisirs, affranchissement de la nécessi-

té pour l’homme de travailler durement pour

gagner sa vie, abondance pour tous. L’huma-

nité se punit de ses propres succès.

Le dernier pas

Si l’on veut transformer en bénédiction la

«calamité» des loisirs créés par les perfection-

nements de la production, il faut établir une

méthode pratique pour procurer un revenu,

un pouvoir d’achat aux sans-emploi. C’est le

troisième et dernier pas pour parachever la

sécurité économique. Il consiste dans la dis-

tribution de billets d’achat à tous les consom-

mateurs de la nation.

Utopie ! Innovation impossible ! crie-t-on

en plusieurs milieux. Mais qui de nous n’a

connu dans les belles années, en 1929 par

exemple, des gens qui vivaient de dividendes

— il y en a qui le font encore. Ils ne travaillent

pas. Les appelle-t-on des victimes infortunées

de l’époque, des chômeurs à plaindre? Nous

les trouvons, au contraire, gens heureux. Ce

sont les rentiers, gens dont toutes les jour-

nées sont des loisirs. Mais la différence éco-

nomique entre l’homme qui n’a pas d’emploi

et vit de ses dividendes et l’homme qui n’a

pas d’emploi et ne peut acheter de nourriture

pour sa famille, c’est que le premier possède

les billets qui constituent le pouvoir d’achat

et l’autre en est dépourvu.

Les dividendes aux actionnaires vien-

nent du rendement de leur placement, de

l’augmentation dans le pouvoir de gain de

l’entreprise. Eh bien, on peut considérer le

Canada comme une grande société, dont

tous les consommateurs canadiens sont les

membres. Le travail de cette société est de

produire et de livrer les biens demandés par

la consommation. Chaque citoyen consom-

mateur est un associé, un actionnaire de l’en-

treprise complète. La société existe pour le

bénéfice de tous et de chacun de ses mem-

bres. Ceux-ci ont choisi leurs administrateurs

et directeurs — le gouvernement. Il n’y a pas

là la moindre teinte de socialisme. Tous re-

connaissent que les membres d’une même

nation sont liés entre eux par des intérêts

communs qu’ils administrent en commun,

par l’entremise de leur gouvernement.

L’actif principal de cette grande société,

potentiellement une des plus riches sur la

surface du globe, c’est sa puissance énorme

de production de richesse. Cette puissance

existe surtout grâce aux connaissances scien-

tifiques accumulées et transmises, reçues par

chaque génération et augmentées par elle,

dans tous les domaines: chimie, médecine,

mécanique, génie civil, — contrôle des forces

de la nature, etc.

Notre capacité de production est peut-être

pour les quatre-cinquième due à l’organisa-

tion efficace des affaires modernes, intensi-

fiée par les recherches et les découvertes des

siècles passés.

Ce fonds de connaissance est l’héritage

culturel de la nation. Notre vie quotidienne

en dépend de plus en plus. Depuis cinquante

ans, les découvertes de la science ont placé

à notre service des facilités et des forces tout

à fait ignorées de nos grands-parents. Voilà

des considérations qui, d’habitude, ne nous

arrêtent guère. Pourtant la vie moderne, avec

tout son confort, est le fruit des pensées, des

inventions scientifiques, et du travail de nom-

breuses générations d’hommes. La produc-

tion de n’importe quel article aujourd’hui met

à profit les découvertes passées. Nous héri-

tons de bienfaiteurs dont, dans bien des cas,

nous n’avons même pas conservé les noms.

Ces découvertes du passé sont un bien

commun à toute la famille humaine. Ils consti-

tuent un héritage légué de génération en gé-

nération. Le téléphone, l’automobile, la route

d’asphalte, le chauffage central, l’éclairage à

l’électricité, la radio et mille autres choses ne

seraient pas notre partage sans cet héritage

intellectuel.

En vertu de l’association constituée par la

nation, chaque citoyen a droit à sa part des

valeurs de la nation représentées par l’héri-

tage culturel

.

La base du dividende

Comme actionnaire de l’héritage culturel

dévolu à une nation riche, chaque citoyen du

Canada peut très bien recevoir un dividende

national comme son dû. Le titre de citoyen lui

donne droit au revenu accru de la nation dont

il est membre. Il y a la valeur associationnelle

provenant de tous les consommateurs et qui

augmente la valeur de la richesse du pays.

Le dividende doit être au moins suffisant

pour subvenir aux nécessités premières de la

vie — nourriture, vêtements et logement. Le

Canada est certainement capable, si son in-

dustrie n’est pas entravée par le système de

monnaie-dette que nous connaissons, de pro-

duire assez pour que personne n’y souffre de

pauvreté au point de manquer du nécessaire.

Puisque la machine déplace des hommes, le

revenu payé auparavant à ces hommes en

salaire doit continuer à leur venir, gagné par

les machines qui les ont déplacés. Le dividen-

de est le successeur logique des salaires, ou

bien le progrès est un vain mot.

Nous avons la richesse et les moyens

d’en procurer beaucoup plus, en abondance

pour tous.

Seule manque la monnaie pour acheter la

richesse, Il y va de l’intérêt de tous que les

consommateurs puissent consommer. Si la

consommation est arrêtée par insuffisance

de pouvoir d’achat, la richesse devient inutile

pour tous, producteurs et consommateurs

également.

Le Dividende National distribue la richesse

qui, autrement, ou serait détruite ou resterait

à l’état potentiel. Il est basé directement sur

l’augmentation de valeur actuelle de la riches-

se réelle. Établi sur cette fondation solide, le

Dividende National pourra être payé à chaque

citoyen du Canada aussitôt que le Compte de

Crédit National enregistrera en monnaie les

faits de la richesse réelle du pays.

Esquissons brièvement comment fonc-

tionnerait le Dividende et ses effets immédiats.

Supposons, par exemple, que le premier du

mois prochain, et le premier de chaque mois

«Une lumière sur mon chemin», dit Louis Even

DU RÉGIME DE DETTES

A LA PROSPERITÉ

(suite en page 23)