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Page 13

Janvier-Février 2010

Journal Vers Demain, 1101 Principale St., Rougemont, QC, Canada — J0L 1M0

Tél.: Montréal (514) 856-5714; Rougemont: (450) 469-2209; Fax (450) 469-2601;

www.versdemain.org

Vous êtes souvent, à juste titre, critiques d’une

société si avide de biens de consommation qu’elle

détruit la nature et dilapide ses ressources. Mais

vous demandez-vous quel sens vous donnez au

gain, à la possession des richesses désirées. Êtes-

vous libres par rapport à l’argent ? À quel partage

êtes-vous prêts? Souvenez-vous de Jésus, le jour

où il entre dans la maison de Zachée: sa présence

a transformé tout un style de vie — non seulement

Zachée retrouve la justice en promettant de resti-

tuer l’argent injustement acquis, mais il découvre

la générosité en distribuant ses richesses.

Élargissez aussi votre regard au-delà de votre

milieu habituel et de votre pays. Vos frères dans

de vastes parties du monde sont privés même du

nécessaire, blessés dans leur dignité et opprimés

dans leur liberté et leur foi. Le Christ aime tous les

siens et il se reconnaît avec prédilection dans les

plus pauvres. Qu’il vous fasse partager son amour

pour tous vos frères et vos sœurs en humanité!

Qu’il vous aide à vivre une solidarité réelle qui

franchit les frontières et surmonte les préjugés !

De la bénédiction de la flotille de pêche,

St. John’s, Terre-Neuve, 12 septembre:

On a dit du Canada qu’il était le grenier du

monde et, avant la dernière récession, il était en

outre l’un des principaux exportateurs de poisson

du monde entier. Quel cruel paradoxe que de vous

voir si nombreux ici même en détresse financière,

vous qui pourriez travailler pour nourrir vos sem-

blables, alors qu’au même moment la faim, la mal-

nutrition chronique et le spectre de la famine tou-

chent des millions de gens ailleurs dans le monde.

Je fais appel à tous les chargés de pouvoir

afin qu’ensemble ils s’efforcent de trouver les so-

lutions aux problèmes de l’heure, ce qui suppose

une restructuration de l’économie de manière à

ce que les besoins humains l’emportent toujours

sur le gain financier.

Avec les autochtones à Midland le 15 septembre

De l’homélie à Toronto, 15 septembre:

La technologie a tant contribué au bien être

de l’humanité; elle a tant fait pour améliorer la

condition humaine, servir l’humanité et faciliter

son labeur. Pourtant, à certains moments, la tech-

nologie ne sait plus vraiment où se situe son al-

légeance: est-elle pour l’humanité ou contre elle.

Cette même technologie qui pourrait aider les

pauvres contribue parfois elle-même à la pauvre-

té, réduit les possibilités de travailler et étouffe le

potentiel de la créativité humaine. Dans tous ces

cas, et dans d’autres, la technologie cesse d’être

l’alliée de la personne humaine.

Pour cette raison, mon appel s’adresse à tous

les intéressés: à vous, les dirigeants syndicaux; à

vous, les dirigeants patronaux; à vous, les scienti-

fiques, à vous, les responsables politiques; à qui-

conque peut apporter une contribution pour que

la technologie qui a tant fait pour édifier Toronto et

tout le Canada serve véritablement chaque hom-

me, chaque femme et chaque enfant de ce pays.

De l’homélie à Edmonton, 17 septembre:

Nous avons écouté aujourd’hui l’Évangile sur

le jugement dernier avec la même émotion que

toujours. Ce passage touche à certaines des ques-

tions les plus fondamentales de notre foi et de no-

tre morale sociale. Ces deux domaines sont inti-

mement liés l’un à l’autre. Aucun autre passage

de l’Évangile ne traite de leur relation de manière

aussi convaincante. (…)

«J’ai eu faim... J’ai eu soif...» (Mt 24, 35-36). Et

ceux qui sont convoqués pour le jugement — à sa

gauche, et à sa droite — demanderont: Quand et

où? Quand et où t’avons-nous vu ainsi ? Quand et

où avons-nous fait ce que tu dis? Ou bien: Quand

et où ne l’avons-nous pas fait ?

La réponse: «Amen, je vous le dis, chaque

fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui

sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait»

(Mt 25, 40). Et, au contraire: «Chaque fois que

vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, à moi

non plus vous ne l’avez pas fait» (Mt 25, 45). «A

l’un des petits de mes frères.» Donc: l’homme,

un être humain dans le besoin.

Pourtant, le Concile Vatican II, continuant la

tradition, nous avertit de ne pas nous en tenir à

une interprétation «individualiste» de la morale

chrétienne, celle-ci possédant également une

dimension sociale. La personne humaine vit en

communauté, en société. Elle partage avec cette

communauté la faim, la soif, la maladie, la malnu-

trition, la misère et tous les maux qui en dérivent.

L’être humain ressent dans sa propre personne

les besoins des autres. C’est ainsi que le Christ-

juge parle du plus «petit des frères», et il parle de

chacun et de tous.

Oui. Il parle ici de la dimension universelle

de l’injustice et du mal. Il parle de ce que nous

avons coutume d’appeler le contraste Nord-Sud.

Pas seulement Est-Ouest, mais aussi Nord-Sud:

l’hémisphère Nord, de plus en plus riche, et l’hé-

misphère Sud de plus en plus pauvre.

À Edmonton, le baldaquin de l’autel était en

forme de colombe.

Oui, le Sud devient de plus en plus pauvre et

le Nord, de plus en plus riche. Riche également

en ressources militaires avec lesquelles les super-

puissances et les blocs peuvent se menacer mu-

tuellement. Et ils se menacent — c’est l’argument

que l’on entend — afin de ne pas se détruire l’un

l‘autre.

Néanmoins, selon les paroles du Christ, c’est

ce Sud pauvre qui va juger le Nord riche. Les peu-

ples pauvres, les nations pauvres — et il faut en-

tendre par là différentes sortes de pauvreté, non

seulement le manque de nourriture, mais égale-

ment la privation de liberté et des autres droits

humains — jugeront ceux qui leur enlèvent ces

biens, se réservant le monopole impérialiste de

la suprématie économique et politique, au dé-

pens des autres.

(…)

Puissent la justice et la paix s’embrasser de

nouveau (cf. Ps 84 [85], 10) à la fin de ce deuxième

millénaire, qui nous prépare à l’avènement glo-

rieux du Christ. Amen.

De l’homélie à Ottawa, 20 septembre:

Pour bâtir la paix,

il nous faut établir

la justice. Quelle

conscience morale

pourrait se résigner

sans réagir quand

subsistent «les terri-

bles disparités entre

les hommes et les

groupes

excessi-

vement riches, et,

d’autre part, la ma-

jorité numérique des

pauvres et même

des miséreux»?

Alors, que proclame en définitive l’Évangile

des huit béatitudes? Il dit que les pauvres de

cœur, les doux, les miséricordieux, ceux qui ont

faim et soif de la justice, les artisans de paix…

tous sont invincibles ! Que la victoire définitive

leur appartient ! À eux appartient le Règne de la

vérité, de la justice, de l’amour et de la paix!

(suite de la page 12)

Avec des Pèlerins de saint Michel au sanctuaire des

Martyrs canadiens à Midland, le 15 septembre.

De la rencontre avec le clergé à l’Oratoire Saint-Joseph, Montréal, 11 septembre:

Mais, lorsqu’il s’agit de l’essentiel, le chré-

tien, et moins encore le prêtre, ne peut accepter

de se taire de se résigner à l’effacement, sous

prétexte que la piace est livrée au pluralisme

des courants d’idées, dont plusieurs sont im-

prégnés de scientisme, de matérialisme, voire

d’athéisme. (...) Autrement dit, il faut travailler

plus que jamais à ce que le christianisme ait

droit de cité dans votre pays qu’il y soit accueilli

librement dans les mentalités, que son témoi-

gnage y soit offert à tous les échelons de façon

persuasive, pour que la culture qui s’élabore se

sente pour le moins interpellée par les valeurs chrétiennes et en tienne compte. Le Christ s’est

incarné, a offert sa vie et est ressuscité pour que sa lumière brille aux yeux des hommes, pour que

son levain soulève toute la pâte : il faut que, mêlé à la pâte, il la renouvelle sans cesse, à condition

de garder sa qualité de levain.

En face de l’autel pour

la messe papale, le dra-

peau blanc des Pèlerins de

saint Michel.