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Janvier-Février 2010

Journal Vers Demain, 1101 Principale St., Rougemont, QC, Canada — J0L 1M0

Tél.: Montréal (514) 856-5714; Rougemont: (450) 469-2209; Fax (450) 469-2601;

www.versdemain.org

Il y a 25 ans, en 1984, Jean-Paul II devenait

le premier pape à visiter le Canada. C’était aussi

la plus longue visite pastorale faite par un pape

dans un seul pays — 12 jours. Arrivé le 9 sep-

tembre à Québec, le Saint-Père a entrepris alors

un véritable marathon en parcourant pas moins

de 15 000 kilomètres de l’Atlantique au Pacifique.

Sa tournée qui s’est terminée le 20 septembre

l’a mené à Québec, Trois-Rivières, Montréal, St.

John’s, Moncton, Halifax, Toronto, Midland, Win-

nipeg/Saint-Boniface, Edmonton, Vancouver et

Hull/Ottawa. Voici quelques extraits de ses dis-

cours prophétiques, qui demeurent d’actualité

plus que jamais, puisque la vérité est éternelle:

Lors de son arrivée, Jean-Paul II est accueilli par

un jeune autochtone et une jeune polonaise.

De l’homélie à Québec, 9 septembre:

Votre devise (de la province de Québec) est

«Je me souviens». Il y a vraiment des trésors dans

la mémoire de l’Église comme dans la mémoire

d’un peuple ! . . . Le Christ nous interroge comme

aux environs de Césarée: «Vous, qui dites-vous

que je suis?» La réponse à cette question est ca-

pitale pour l’avenir de l’Église au Canada, et aussi

pour l’avenir de votre culture... N’acceptez pas le

divorce entre la foi et la culture.

Votre foi doit demeurer active et forte... Telle

est la foi que vous devez approfondir avec joie, de

manière à la vivre et à lui rendre témoignage dans

la vie de chaque jour et dans les nouveaux royau-

mes de la culture. Telle est, en effet, la grâce que

nous devons demander pour l’avenir du Québec,

pour l’avenir de tout le Canada.

De l’homélie au sanctuaire marial du Cap-

de-la-Madeleine, 10 septembre:

Prions pour que notre génération ait une foi

consciente et marquée de maturité, une foi à tou-

te épreuve ! Qu’une telle foi soit une participation

à la foi de Marie, qui se tint debout au pied de la

croix de son Fils sur le Calvaire.

La grande épreuve de Marie ne fut-elle pas de

voir son Fils rejeté et condamné à mort par les

chefs de son peuple? Elle l’a suivi jusqu’au bout.

Elle a tout partagé. Elle s’est unie à Jésus qui

donnait sa vie pour le salut du monde… Et nous,

quand Dieu semble lointain, quand nous ne com-

prenons pas ses chemins, quand la croix blesse

nos épaules et notre cœur, quand nous souffrons

à cause de notre foi, apprenons de notre Mère

la fermeté de la foi dans l’épreuve, et comment

puiser force et courage dans notre attachement

inconditionnel à Jésus-Christ. (...)

L’Église médite ce mystère pascal (de la croix

et la résurrection) dans la prière, et ici la prière du

rosaire, du chapelet, prend toute son importance.

C’est avec Marie, au rythme de la salutation angé-

lique, que nous entrons dans tout le mystère de

son Fils, fait chair, mort et ressuscité pour nous.

Dans un sanctuaire comme celui de Notre-Dame-

du-Cap mais aussi dans la vie de chaque chrétien,

de chaque famille, cette prière mariale doit être

comme la respiration quotidienne.

De l’homélie à Montréal, 11 septembre:

Chers frères et sœurs du Québec, du Canada,

qu’en est-il de votre rencontre avec le Dieu vi-

vant ? Parfois le monde d’aujourd’hui semble le

voiler, vous le faire oublier. Cet apparent désert

spirituel contraste avec le temps encore proche

où la présence de Dieu était manifeste dans la vie

sociale et en de multiples institutions religieuses.

Et vous entendez dire: «Où est-il, ton Dieu?»

Et c’est en vain qu’on cherche à remplacer

Dieu. Rien ne saurait combler le vide de son

absence.

Ni l’abondance matérielle, qui ne ras-

sasie pas le cœur, ni la vie facile et permissive,

qui ne satisfait pas notre soif de bonheur; ni la

seule recherche de la réussite ou du pouvoir pour

eux-mêmes; ni même la puissance technique qui

permet de changer le monde mais n’apporte pas

de véritable réponse au mystère même de notre

destinée. Tout cela peut séduire un temps, mais

laisse un goût d’illusion et le cœur vide, si l’on

s’est éloigné du Buisson ardent.

Aujourd’hui, dans cette grande ville de Mon-

tréal, nous voulons rendre gloire à Celui qui est.

Nous voulons lui rendre gloire avec toute la créa-

tion, nous qui n’existons que parce que lui, il est.

Nous existons et nous passons, alors que lui seul

ne passe pas. Lui seul est l’existence même.

C’est pourquoi nous disons avec le psaume

de la liturgie de ce jour: «Il est grand, le Seigneur

— Celui qui est — hautement loué… rendez au

Seigneur la gloire de son nom… adorez le Sei-

gneur…» (Ps 95, [96], 4-9), comme Moïse l’a ado-

ré quand «il se voila le visage, car il craignait de

porter son regard sur Dieu» (Ex 3, 6).

Prosternez-vous, vous les hommes d’aujour-

d’hui ! Vous connaissez les mystères de la créa-

tion incomparablement mieux que Moïse ! Ne

vous parlent-ils pas plus encore de Dieu? Pros-

ternez-vous ! Relisez jusqu’au bout le témoigna-

ge des créatures !

Dieu est au-dessus de toute créature. Il est

transcendance absolue. Là où s’achève le témoi-

gnage de la création, là commence la Parole de

Dieu, le Verbe: «Au commencement il était auprès

de Dieu. Par lui, tout s’est fait, et rien de ce qui

s’est fait ne s’est fait sans lui.» (Jn 1, 1-3).

De la rencontre avec les jeunes au Stade

Olympique, Montréal, 11 septembre:

Gardez-vous, aux heures obscures, de vous

évader. Ayez le cran de résister aux marchands

d’illusions qui exploitent votre soif de bonheur et

vous font payer cher un moment de «paradis ar-

tificiel» obtenu avec un peu de fumée, une dose

d’alcool ou de drogue. Ce chemin raccourci pré-

tend conduire au bonheur, en réalité il ne mène

nulle part. Il vous détourne de cette maîtrise in-

telligente de soi qui construit l’homme. Ayez le

courage de ne pas prendre ce chemin facile, ou

d’en remonter la pente. Et sachez tendre la main à

ceux de vos frères que guette le désespoir quand

la ténèbre du monde est pour eux trop cruelle.

Le Pape Jean-Paul II

au Canada il y a 25 ans

Le Pape célébrant la Messe à Québec

Dans l’ancienne chapelle du sanctuaire

Avec les jeunes à la Basilique Notre-Dame

(suite en page 13)