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Janvier-Février 2010

Journal Vers Demain, 1101 Principale St., Rougemont, QC, Canada — J0L 1M0

Tél.: Montréal (514) 856-5714; Rougemont: (450) 469-2209; Fax (450) 469-2601;

www.versdemain.org

À Laval, au Saguenay et à Verdun, les

Conseils municipaux ont été forcés de cesser

les prières avant les séances municipales à la

suite des ordonnances judiciaires. Le citoyen de

Verdun qui a poursuivi en cour le maire de sa

municipalité, a annoncé qu’il fera enlever tou-

tes les croix des Conseils municipaux. En plus

des crucifix bannis des écoles, ce sont donc

aussi les croix sur la place publique que l’on

veut éliminer. Par qui sont motivés ces enne-

mis de l’Église? Par le Mouvement laïc québé-

cois et les autres Loges maçonniques du genre.

Depuis le lancement de la Révolution Tranquil-

le au Québec, on proclame, sur tous les tons, la

séparation de l’Église et de l’État. Qu’adviendra-t-il

de la province de Québec si elle se détache de ses

racines chrétiennes? Toute société qui ne repose

pas sur la pierre angulaire du Christ s’écroulera.

Le Christ-Roi ne doit-il pas régner sur toutes les

nations, puisqu’il est mort sur la croix pour rache-

ter toute l’humanité? Si nous voulons connaître

la vérité intégralement nous devons nous référer

à «l’enseignement de l’Église fondée par Jésus-

Christ et pourvue par lui du don de l’infaillibilité

doctrinale» qui «nous transmet ces vérités révé-

lées, qu’elle-même puise, comme à une source

pure, dans l’Écriture inspirée et dans la Tradition

interprétée par elle».

Dans son livre «Cours d’Apologétique chré-

tienne», le Père W. Devivier, S.J., en se basant

sur l’enseignement de l’Église, explique quels

sont les rapports qui doivent exister entre l’Égli-

se et l’État. Vous en lirez des extraits dans l’arti-

cle qui suit. Vous trouverez, intercalés dans cet

enseignement lumineux du Père Devivier, des

paragraphes en italique qui sont écrits par nous.

Yvette Poirier

Rapports entre l’Église et l’État

L’Église a reçu de Jésus-Christ tous les pou-

voirs nécessaires pour atteindre sa fin, et les

hommes, s’ils veulent se sauver, ne peuvent

refuser ni d’en faire partie ni d’obéir à ses lois.

D’autre part, l’homme, être social, fait naturelle-

ment partie de la société civile qui, elle aussi, a

reçu de Dieu les pouvoirs nécessaires pour réa-

liser sa fin propre et exige avec raison l’obéis-

sance à ses lois.

Il importe de savoir quels rapports doivent

avoir entre elles, de par la volonté de Dieu, ces

deux sociétés formées des mêmes membres;

en d’autres termes, de connaître les droits et

les devoirs réciproques de l’Église et de l’État.»

Léon XIII dans son admirable encyclique sur

la

Constitution chrétienne des Etats

, les a mis

dans une parfaite lumière. Citons-en quelques

passages… :

Paroles de Léon XIII

“Dieu a partagé le gouvernement du genre

humain entre deux puissances: la puissance

ecclésiastique et la puissance civile; celle-là

préposée aux choses divines, celle-ci aux cho-

ses humaines. Chacune d’elles en son genre

est souveraine, chacune est renfermée dans

des limites parfaitement déterminées, et tra-

cées en conformité de sa nature et de son but

spécial. Il y a donc comme une sphère circons-

crite, dans laquelle chacune exerce son action,

jure proprio

. Toutefois, leur autorité s’exerçant

sur les mêmes sujets, il peut arriver qu’une

seule et même chose, bien qu’à un titre diffé-

rent, mais pourtant une seule et même chose,

ressortisse à la juridiction et au jugement de

l’une et l’autre puissance…

“Il est donc nécessaire qu’il y ait entre les

deux puissances un système de rapports bien

ordonné, non sans analogie avec celui qui

dans l’homme constitue l’union de l’âme et du

corps. On ne peut se faire une juste idée de

la nature et de la force de ces rapports, qu’en

considérant la nature de chacune des deux

puissances, et en tenant compte de l’excel-

lence et de la noblesse de leurs buts, puisque

l’une a pour fin prochaine et spéciale de s’oc-

cuper des intérêts terrestres, et l’autre, de pro-

curer les biens célestes et éternels; ainsi tout

ce qui dans les choses humaines est sacré à un

titre quelconque, tout ce qui touche au salut

des âmes et au culte de Dieu, soit par sa natu-

re, soit par son rapport à son but, tout cela est

du ressort de l’autorité de l’Église. Quant aux

autres choses qu’embrasse l’ordre civil, et po-

litique, il est juste qu’elles soient soumises à

l’autorité civile, puisque Jésus-Christ a recom-

mandé de rendre à César ce qui est à César, et

à Dieu ce qui est à Dieu…” — Pape Léon XIII

Le pape Léon XIII dit bien que tout ce qui

touche le salut des âmes et le culte à Dieu re-

lève de l’autorité de l’Église. Au Québec, l’État

a violé les droits de l’Église quand il a dissous

le Conseil de l’Instruction Publique dirigé par

les évêques qui veillaient sur les Commissions

Scolaires et les écoles catholiques, et quand il

a créé le Ministère de l’Éducation avec des éco-

les d’État qui ont formé des générations sans

foi ni loi. Le domaine de l’enseignement touche

le salut des âmes et concerne donc l’Église.

Déjà dans son Encyclique

Diuturnum illud

,

écrit le Père Devivier, Léon XIII dit: “L’Église

reconnaît et déclare que tout ce qui est d’or-

dre civil est sous la puissance et la suprême

autorité des princes. Dans les choses dont le

jugement appartient, à des titres différents, au

pouvoir religieux et au pouvoir civil, elle veut

qu’il existe un accord mutuel, par le bienfait

duquel de funestes dissensions soient épar-

gnées à l’un et à l’autre.»

Il est bon d’approfondir cet enseignement

de l’Église, en cette triste période contempo-

raine, où «l’on s’efforce d’entraver l’Église dans

l’exercice de son autorité et de la subordonner

aux puissances de la terre». Dans la province

de Québec, le laïcisme scolaire qui a été im-

posé aux écoles publiques et privées, est une

«dictature de l’État vis-à-vis de l’Église», a dit le

Cardinal Marc Ouellet. L’État s’institue lui-mê-

me ministre du culte pour y imposer, à brève

échéance, une religion unique, maçonnique,

consistant à rendre un culte à Satan au lieu de

rendre un culte à Dieu. Les livres d’Harry Potter

qui foisonnent dans les écoles, sont une initia-

tion au satanisme. C’est vraiment une guerre

contre Dieu, contre le catholicisme, contre

l’Église.

Indépendance de la puissance spirituelle

Nous lirons, dans ce qui suit, des extraits

d’une thèse traitant

“de la puissance ecclésias-

tique et de la puissance civile, l’Église et l’État

qui sont indépendants et souverains, chacun

dans les limites de sa propre sphère d’action”:

1

er

argument, tiré de la fin supérieure de

l’Église. — Quel catholique, quel chrétien pour-

rait dénier à Jésus-Christ le droit de confier à

une société autre que la société civile, la glo-

rieuse mission de promouvoir, avec la vraie

religion, le salut éternel des hommes ? Jésus-

Christ n’est-il pas le Dieu souverain de toutes

choses ? N’a-t-il pas affirmé que toute puissan-

ce lui a été donnée, en tant qu’homme, au ciel

et sur la terre? (Matth. 28,18.) Eh bien ! Jésus-

Christ a usé de ce droit en instituant l’Église.

C’est à elle, et non à l’État, dit Léon XIII

dans l’encyclique

Immortale Dei

, qu’il appar-

tient de guider les hommes vers les choses

célestes, et c’est à elle que Dieu a donné le

mandat de connaître et de décider de tout ce

qui touche la religion, d’enseigner toutes les

nations, d’étendre aussi loin que possible les

frontières du nom chrétien: bref d’administrer

librement, et tout à sa guise, les intérêts chré-

tiens

”.

La société civile a pour fin directe de procu-

rer ici-bas à l’homme le bien-être et la sécurité,

d’aider à la conversion et au développement de

sa nature dans l’ordre physique et intellectuel;

de ce simple rapprochement, il résulte que

la fin de l’Église l’emporte sur celle de l’État,

autant que le ciel est au-dessus de la terre, et

que l’éternité dépasse le temps… “Comme la

fin de l’Église est de beaucoup la plus noble de

toutes, dit Léon XIII, son pouvoir l’emporte sur

tous les autres et ne peut en aucune façon être

inférieur ni assujetti au pouvoir civil.”

L’Église bâtie sur Pierre

2

e

Argument tiré de la conduite de Jésus-

Christ et des apôtres. — Notre-Seigneur en

s’adressant à saint Pierre, lui dit: “Aussi moi

je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je

bâtirai mon Eglise, et les portes de l’enfer ne

prévaudront pas contre elle. Et je te donnerai

les clefs du royaume des cieux, et tout ce que

tu lieras sur la terre sera lié aussi dans les

cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre

sera aussi délié dans les cieux.» (Matth. XVI,

18, 19.)

Par ces paroles, Notre-Seigneur déclare saint

Pierre le fondement de l’Église, et lui promet les

clefs du royaume des cieux, ainsi que le pouvoir

de lier et de délier, en conséquence, tout ce que

Pierre déliera sur la terre sera délié dans le ciel,

et tout ce qu’il liera sur la terre, sera lié dans

le ciel; en d’autres termes, toute obligation

imposée par lui aux hommes sera ratifiée dans

le ciel, et toute condamnation ou sentence de

pardon sera également ratifiée dans le ciel.

Puisque le pouvoir conféré par Notre-

Seigneur à saint Pierre est plein et indépendant,

puisque saint Pierre peut tout lier ou délier:

L’État n’a pas le droit d’empiéter sur les droits de l’Église

La législation doit être en harmonie avec l’Église et la loi de

Dieu

(suite en page 11)