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Août-Septembre 2010

Journal Vers Demain, 1101 rue Principale, Rougemont, QC, Canada — J0L 1M0

Tél.: Montréal (514) 856-5714; Rougemont: (450) 469-2209; Fax (450) 469-2601;

www.versdemain.org

En mars dernier, à notre semaine d’étude à

Rougemont sur la doctrine sociale de l’Église et

son application (basée sur le livre d’Alain Pilote

«La démocratie économique expliquée en 10 le-

çons»), nous avions deux évêques de la Républi-

que démocratique du Congo, Mgr Bernard Em-

manuel Kasanda Mulenga, évêque du Diocèse de

Mbuji-Mayi. Voici son témoignage:

Je vous ai déjà exprimé ma joie et je suis

très heureux de vous avoir rencontrés. Et je

suis très reconnaissant à travers

tout ce qui est fait et de ce travail

qui a été fait par Alain Pilote. Et

moi, je vous recommande vive-

ment que le livre (La Démocratie

économique expliquée en dix le-

çons) soit aussi distribué aux per-

sonnes que vous voulez atteindre.

Des personnes ciblées que vous

voulez atteindre, donnez-leur ce

livre. Je crois que ça dit beaucoup

et je veux pour exemple, partager

avec vous mon échange de ce ma-

tin avec un évêque.

Il m’a demandé ce que j’étais

venu faire. Je lui ai dit: «Je suis venu

suivre une semaine de cours sur la

doctrine sociale de l’Église et le Cré-

dit Social.»

Il m’a dit: «Combien êtes-vous

d’évêques ?»

—Nous sommes deux évêques

congolais.

Puis il me dit: «Est-ce vous avez

parlé de la dernière encyclique du pape (Caritas

in veritate) ?»

— Bien sûr. C’est vraiment un cours qui est

fondé sur la doctrine sociale et qui parle du ma-

gistère mais en rapport avec cette intuition de

comment effacer la dette et éviter des dettes, la

dette publique et la dette comme telle. Et aussi

comment arriver à consommer ce qu’on produit,

la production et les biens. Mais je crois que de lui

envoyer un livre comme ça, ça peut l’aider beau-

coup à comprendre et pourquoi pas, le séduire.

Donc, je suis très content. Je rentre et je vais

l’approfondir. J’espère que demain nous allons

faire une bonne récapitulation de ce que nous

avons appris, comme de bons élèves, ensemble

avec notre maître. On va faire une certaine réca-

pitulation, mais c’est un livre à approfondir. Et je

crois que tout est dit ou que beaucoup de choses

sont dites dedans.

Louis Even

M. Louis Even a dit des choses à ce mo-

ment-là, vraiment comme toujours, peu de

gens comme lui, des visionnaires, compren-

nent et voient très loin. Et quand ils ont saisi

la réalité, rien alors ne les empêche d’aller jus-

qu’au bout. Rien. Ils doivent continuer avec

l’idée. Ils restent tenaces. Comme vous dites,

les grands tenaces. Ils tiennent le coup. Ils

vont jusqu’au bout. Et là, je suis admiratif de

savoir que Louis Even a passé quarante ans

dans l’Oeuvre qu’il a commencé en 1934 – 35,

comme vous l’avez dit. C’est donc des person-

nes merveilleuses.

Ma joie était donc celle-là. Ma joie aussi c’est

de vous avoir rencontrés tous. Des visages dif-

férents avec des expériences très diversifiées. Et

j’aimerais continuer la relation avec vous. Conti-

nuer la relation aussi avec vos invités que j’ai pu

rencontrer qui sont aussi des grandes factures.

J’ai beaucoup apprécié leur approche et leur vi-

sion du monde de la réalité économique.

Alors, je disais comment moi, j’ai rencontré

les Pèlerins de Saint-Michel. C’est par M. Mar-

cel Lefebvre qui est venu à Mbuji-Mayi, par Mgr

Nestor Ngoy, par l’abbé Albert Kaumba qui est

du diocèse de Kolwesi. Voilà les liens dans tout

ça. De plus, Mgr Nestor est très lié à notre dio-

cèse pour certains événements qui se sont pas-

sés là. Il y a un sanctuaire marial qu’il apprécie

beaucoup, qu’il aime beaucoup, le sanctuaire

de Notre Dame de Fatima, souvent il vient prier

là. Alors avec l’équipe de ceux qui organisent les

prières, à ce sanctuaire dont Mgr Placide est le

recteur, Mgr Nestor a gardé un lien direct avec

nous. C’est comme ça que par son prêtre, ayant

appris qu’il existait une œuvre, qu’il existait les

Pèlerins de Saint-Michel avec un message qu’ils

donnaient, ça ne pouvait que passer par son dio-

cèse et aussi passer par chez nous.

Moi, comme évêque auxiliaire, j’étais là à ac-

cueillir ces Pèlerins de Saint-Michel qui venaient

nous apporter un message. J’ai dû participer.

Merci donc à Marcel Lefebvre qui a dû nous

ouvrir l’esprit et nous aider à comprendre qu’il

existait une oeuvre ici sur cette planète qui re-

cherche le bien-être de l’humanité.

Conférences publiques

Des conférences publiques avaient été orga-

nisées par Mgr Placide Mukendi (vicaire général

du diocèse de Mbuji-Mayi, qui est venu à Rouge-

mont en 2009) et l’équipe. Et les deux pèlerins

nous ont donné ces conférences.

Après on s’est ouvert. Mgr Placide est venu

ici, en ce milieu, et vous l’avez vous aussi ap-

précié parce que c’est un homme droit, un

homme juste et un homme vrai. Je fonde aus-

si ma confiance sur lui pour continuer cet élan

dans mon diocèse.

Lui-même, Mgr Placide, tout dernièrement au

mois de février a, dans le cadre de la formation

permanente des prêtres, donné une conférence

avec comme titre le Crédit Social, un moyen effi-

cace de combattre la pauvreté. Et c’est lui qui a

apporté encore beaucoup de lumière à tous ceux

qui ne connaissaient pas le Crédit Social, chez

nous, ni les Pèlerins de Saint-Michel ni monsieur

Louis Even. Et il a apporté encore un nouvel éclai-

rage. Cela s’est passé au mois de février dernier.

Donc c’est tout frais dans nos mémoires.

Personnellement, en me fondant sur vous, j’ai

beaucoup d’espoir de voir notre diocèse sortir de

la pauvreté, grâce à l’application du Crédit So-

cial que vous avez bien appelé ici, la démocratie

économique. Nous allons chercher ensemble, ce

n’est pas facile, comment nous pouvons nous

organiser pour que cette idée d’abord passe.

L’essentiel pour nous ce n’est pas de passer vite

d’abord à l’action, mais c’est d’abord de com-

prendre très bien ce que c’est. Avec le génie local

nous risquons aussi d’aller plus loin. On reçoit

l’intuition et puis on l’inculture.

Votre admirable apostolat

Vous, le travail que vous faites, c’est un travail

d’apôtre. J’ai beaucoup apprécié votre témoi-

gnage d’hier. Ces demoiselles qui sont passées ici

et qui nous ont parlé simplement

de ce qu’elles faisaient comme

travail. J’ai trouvé ça très admira-

ble. Surtout que vous portez en

vous, je peux dire deux casquet-

tes. Sous votre béret blanc, vous

avez deux casquettes cachées.

Vous avez là une théorie sociale

qui est vraie, qui doit transformer

la société, mais vous avez aussi de

l’autre côté, la foi. Et la foi qui

vous donne la force de continuer

à travailler.

En vous rejoignant dans la foi,

beaucoup de choses peuvent se

faire. Vous avez eu à subir par-

fois des moments d’incertitude

dans le travail que vous aviez à

mener. Vous êtes partis parfois à

l’aventure, ne sachant pas trop

bien ce qui serait de l’autre côté.

Vous avez vécu des moments, des

situations incertaines. Il fallait le

faire, c’est-à-dire être armés de

cette foi, la foi en Dieu.

La foi en la Providence

Et là, vous me rejoignez et je vous rejoins

dans ma foi d’apôtre de Jésus. Je le crois et je l’ai

dit à qui voulait m’entendre durant mon voya-

ge ici: Dans ce que je suis en train de mettre en

place, comme organisation de mon diocèse, je

me fonde sur trois réalités importantes qui sont

des piliers d’une seule dimension, d’une seule

réalité. C’est quoi la foi ? La foi en Dieu qui est

pour moi ici exprimée par la Providence; j’ai ça.

Je dis: je ferai des choses parce que je crois en la

Providence. La foi en moi-même. Quand je parle,

quand je me mets à travailler, je n’hésite pas. Je

crois d’abord en moi-même. Je dis: je vais poser

des actes mais c’est au nom de Dieu que je dois

poser ces actes. Et en troisième lieu, la foi en les

autres. Les autres ici, c’est les autres que je ren-

contre, vers qui je vais. Mais les autres aussi, il y a

l’autre qui est la Vierge Marie, Elle-même. La foi

en la Vierge qui est celle qui tient par la main, qui

porte et qui protège. La foi dans les autres qui

sont là comme des collaborateurs avec qui on

peut aller plus loin. Qu’est-ce que je peux désirer

d’autre de plus important, de plus précieux, que

cela pour mener à bien la tâche que le Seigneur

me donne dans ma vocation?

Et vous, comme apôtres et apôtres de Jésus-

Christ, je voulais vous dire que les travaux que

vous avez à mener sont des travaux qui exigent

beaucoup de foi.

Mais ne baissez pas les bras

parce que, qui parle de la foi dit en même

temps qu’il y a Satan à côté qui fait aussi son

travail. Il est là, il vous combat. Il est là, il vous

déstructure. Il est là, il vous donne un dégoût

de la manière de travailler.

Mais tenez bon. Le Seigneur Jésus-Christ

a dit: N’ayez pas peur, courage. J’ai vaincu le

monde. Et le Seigneur vaincra le monde. Et

vous, vous n’êtes que Ses instruments. Vous

n’êtes que l’outil qu’Il utilise.

=

Mgr Bernard Emmanuel Kasanda

Evêque de Mbuji Mayi, RDC, Congo

Les Pèlerins de saint Michel et le Crédit Social

Témoignage de Mgr Bernard Emmanuel Kasanda Mulenga