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Août-Septembre 2010

Journal Vers Demain, 1101 rue Principale, Rougemont, QC, Canada — J0L 1M0

Tél.: Montréal (514) 856-5714; Rougemont: (450) 469-2209; Fax (450) 469-2601;

www.versdemain.org

Magnifique texte, à la défense de notre Eglise

catholique et de notre Pape Benoît XVI, sous le

titre «Crucifiez-la, du Père Mansour Labaki, prê-

tre libanais, sur France catholique:

http://www.france-catholique.fr/Crucifiez-

la.html

Crucifiez-la!

par le Père Mansour Labaky

vendredi 30 avril 2010

Jamais l’Eglise n’a été autant malmenée

par les médias. Je suis membre et fils de cette

Eglise. Je me sens donc concerné. Je suis so-

lidaire d’elle en tout. Je suis si fier de la ma-

nière avec laquelle notre Saint-Père le Pape a

fait face en bon et vrai berger. L’intérêt de cet

acharnement médiatique est qu’il permet à

chacun d’avoir un regard objectif sur tout ce

qui s’écrit et de se forger une opinion claire et

vraie sur l’Eglise en tant qu’épouse mystique

du Christ et en tant qu’institution humaine.

Il est vrai que ce que certains prêtres pédo-

philes ont commis, est non seulement affreux,

infâme, humiliant et impardonnable, mais est

un crime contre l’enfance. Même le Christ, qui

nous exhorte à pardonner à nos ennemis, ne

trouve pas de circonstances atténuantes à ceux

qui scandalisent «l’un de ces petits». Il va même

jusqu’à exiger qu’on les jette au fond de la mer,

une meule accrochée au cou. Je n’ai donc pas la

prétention d’être plus clément que la Clémence

personnifiée.

Mais, sans jouer les Tartuffe, et en toute hon-

nêteté et humilité, essayons de réfléchir sur quel-

ques points qui pourraient nous aider à être ob-

jectifs dans nos jugements et à ne pas jeter le

bébé avec l’eau du bain:

La société est formée de gens bien portants

et de gens malades, d’où le besoin d’hôpitaux et

de médecins. Les prêtres font partie de la société,

et parmi eux, il y a aussi des malades qui doivent

se faire soigner. La pédophilie est une maladie,

comme le cancer, qui a besoin d’être soignée. Les

prêtres pédophiles ne le sont pas devenus après

avoir été ordonnés, ils portaient ce mal avant.

L’Eglise sera désormais plus prudente dans le dis-

cernement des vocations et évitera - autant que

faire se peut - les déviances.

Il est établi que sur 410 000 prêtres, un peu

moins d’un millier a fait l’objet d’accusation, soit

moins d’un (quart de un) pour cent de l’ensem-

ble. Alors que dans d’autres groupes religieux,

familial, éducatif, sportif ou politique, la propor-

tion varie de 32 à 64 pour cent des cas de pédo-

philie. De quoi donner le vertige. Sans compter

le tourisme sexuel organisé au su et au vu des

gouvernements et des familles. Sans compter

aussi les enfants qu’on envoie au combat, ou les

enfants jetés sur les chemins de nulle part, ou

ceux aux aurores saccagées… (NDLR: Sans comp-

ter ceux qu’on laisse mourir de faim.)

Qui leur a tendu la main? Les statistiques

vous diront que seules les congrégations reli-

gieuses sont sur tous les fronts où l’enfance

est meurtrie. Mais leur travail est si discret, si

persévérant, si oblatif qu’il ne fait pas la une

des journaux. Le Prix Nobel de la Paix a quand

même été décerné à une représentante de

cette charité universelle: Mère Teresa.

Pour les chrétiens, un seul est apparu sur

terre sans péché, c’est le Christ (

et

sa sainte

Mère).

Même les saints sont des pécheurs

qui se relèvent. Avec le Christ, le pécheur

peut devenir ou redevenir un champion de

la sainteté. Les saints

et les saintes comme

Paul, Pierre, Marie-Ma-

deleine, François d’As-

sise, Ignace de Loyola,

Charles de Foucauld, le

sont devenus car ils ont

été transformés par la

grâce du Christ et leur

volonté conjuguées. Ils

sont des millions à avoir

donné au monde une

espérance, un sens à la

vie, un regard lumineux

et un amour qui guérit.

La vie terrestre de

Jésus n’a pas été épar-

gnée par les «flagella-

tions» morales et phy-

siques. Hérode, Caïphe,

Ponce Pilate, les phari-

siens, les scribes, quel-

ques parents proches,

et même un apôtre: Judas. La masse populaire

qui, pourtant, avait bien joui de ses bienfaits,

a fini sous la pression morale et politique des

chefs religieux et civils, par crier: «crucifiez-

le !»

.

Et avant de monter au Ciel, alors qu’il envoyait

ses apôtres porter la Bonne Nouvelle jusqu’aux

extrémités de la terre, la persécution contre la

jeune Eglise commençait. Gamaliel, le pharisien

sage et pieux, avait beau leur dire: « Laissez-les

tranquilles. Si leur œuvre est de Dieu, elle durera

malgré nous. Si elle est des hommes, elle ne tar-

dera pas à s’effondrer.» Rien à faire. La persécu-

tion commença contre la jeune Eglise du Christ.

Et Saint Etienne en fut la première victime et le

premier martyr.

L’Eglise du Christ considère qu’il est in-

juste qu’elle ne subisse pas le même sort que

son Maître. Les persécutions commencées à

Rome, durent jusqu’à nos jours sous des for-

mes diverses. Le sang des martyrs des trois

premiers siècles a été la semence des chré-

tiens. A l’endroit même où les tyrans firent

verser ce sang, se trouvent érigées la Basili-

que Saint-Pierre et celle du Latran. Sur la Place

Navona où fut martyrisée la petite Agnès, est

édifiée l’une des plus belles églises du monde

dédiée à la sainte, et elle ne désemplit pas de

visiteurs qui se convertissent.

Après l’épreuvedu sang, il y eut les épreuves

des schismes et des hérésies qui ont atteint le

cœur même de l’Eglise. S’ensuivirent les atta-

ques de la Renaissance, puis de la philosophie

athée des Lumières. Alors, aujourd’hui ? Rien

de nouveau sous le soleil: la même hargne, les

mêmes railleries, le même sarcasme. Seuls les

lieux, les dates et les noms changent.

Pourquoi en fait cet acharnement contre

le pape? Simplement parce qu’il dérange et

bouscule, exactement comme le Christ. Il est

dans le monde sans être du monde, donc le

monde le hait. Le Christ ne se trompe pas et

ne nous trompe pas: «Comme on m’a persé-

cuté, ils vous persécuteront».

Benoît XVI est pour la vie: contre la culture

de mort, contre l’avortement, contre l’eutha-

nasie. Le nombre de catholi-

ques continue à

augmenter

sous son pontificat. Il ne se

plie pas aux desiderata d’un

monde qui veut faire de

l’Eglise une sorte de «salad

bar», comme disait feu le

cardinal O’Connor. Un buf-

fet où chacun choisit le plat

de son goût. Le pape ne fait

pas de «soldes» sur la foi

ou les mœurs. Il n’est pas li-

bre de le faire. Le Christ lui

a confié le dogme de la foi

dont il est dépositaire. Le

pape ne peut donc l’altérer

ou le transformer pour fai-

re plaisir, pour être dans le

vent ou augmenter le nom-

bre d’adhérents

.

Aux détracteurs de l’Eglise,

à l’affût de la moindre faille

pour la discréditer en criant

comme Voltaire «écrasons l’infâme !», je pose

naïvement ces questions:

Si la robe de ma mère est tachée, dois-je re-

nier ma mère ou nettoyer la tache?

Si l’air est vicié quelque part, suis-je condam-

né à ne plus respirer ?

Si dans un groupe quelqu’un en buvant de

l’eau, avale de travers, dois-je ne plus servir d’eau

aux autres ?

Si dans un pays quelqu’un commet un crime,

cela devrait-il pousser le peuple à demander la

démission du chef de l’Etat ?

Judas a vendu Jésus. Devons-nous nous achar-

ner contre Jésus?

Le mal fait plus de bruit que le bien. On en-

tend bien un arbre qui tombe, mais la forêt qui

pousse en silence, l’entendez-vous ?

L’eau existe bien depuis des millions d’an-

nées, n’y a-t-il pas toujours des gens sales ?

L’odeur nauséabonde s’échappant de l’égout

d’une rue devrait-elle faire oublier les senteurs

des jardins de cette même rue ?

Jésus a promis de nous sauver de la noya-

de, comme il a sauvé Pierre, à condition que

nos regards soient dirigés vers Lui et non pas

vers nous-mêmes. Non, la barque de Pierre,

malgré tous les vents contraires, ne sombre-

ra pas. Elle restera secouée par les tempêtes

tout en maintenant le cap, mais les portes de

l’Enfer ne prévaudront pas contre elle. Tel est

le parcours de tout chrétien: être passager à

bord d’une barque sans cesse ballottée par

une mer agitée.

Il y a des pécheurs dans l’Eglise, bien sûr. Si

chacun se regardait en vérité, il verrait que dans

son cœur sont entremêlés à la fois le bon grain et

l’ivraie. En chacun de nous sommeille un grand

pécheur capable de toutes les turpitudes et un

grand saint capable d’être selon le cœur de Dieu.

Me vient à fleur de mémoire, ce dialogue entre

Saint François de Sales et l’un de ses amis qui lui

disait:

Magnifique texte à la défense de notre Eglise catholique et de notre Pape

«Même les saints sont des pécheurs qui se relèvent»

«Promesse de prière pour les journalistes, afin qu’ils n’aient que le souci de la seule vérité»

Merci, très Saint-Père, de nous montrer, tout en charité et en

douceur, le chemin de la victoire du bien sur le mal, et de res-

ter, envers et contre tout, le garant de la vérité, de la justice,

de l’humilité, et de l’espérance qui est la vertu des forts.

(suite en page 5)