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Journal Vers Demain, 1101 rue Principale, Rougemont, QC, Canada — J0L 1M0

Tél.: Montréal (514) 856-5714; Rougemont: (450) 469-2209; Fax (450) 469-2601;

www.versdemain.org

Août-Septembre 2010

L’application du Crédit Social sera obtenue

par l’apostolat et non par les partis politiques

Dans cet article, nous allons parler du Crédit

Social que Vers Demain prêche depuis soixante-

onze ans. Non pas de soi-disant «partis» du crédit

social auxquels, au contraire, Vers Demain est op-

posé.

Qu’est-ce que le Crédit Social ?

Le Crédit Social, ses propositions financières,

les voici en quelques mots: Toute personne de-

vrait recevoir chaque mois ou périodiquement, un

dividende qui lui permettrait au moins d’avoir le

nécessaire; un dividende qui grossirait à mesure

que la production se passe du besoin de bras, du

besoin d’emploi.

Vous savez: l’emploi est récompensé par le

salaire mais le capitalisme est récompensé par

le dividende. Alors nous considérons que toute

personne, aujourd’hui, dans le monde moderne,

est en naissant un capitaliste. Pourquoi ? Parce

qu’elle hérite de bien des choses qui ont été ac-

cumulées par les générations passées et qui font

qu’aujourd’hui la production marche dix fois plus

vite, cent fois plus vite; qu’elle est cent fois plus

abondante qu’il y a quelques siècles. Et ce n’est

pas le fait des travailleurs modernes; c’est le fait

de l’héritage transmis de génération en généra-

tion: le savoir, la technique, la science appliquée,

etc.

Puis l’autre point: qu’il y ait en tout temps un

pouvoir d’achat global au niveau de la production

globale. Cela veut dire que, s’il y a par exemple

trente milliards de production dans une année,

dans un pays, il doit y avoir au cours de cette an-

née trente milliards de pouvoir d’achat total pour

l’obtenir. Et même davantage parce qu’il y en a

qui n’emploient pas leur pouvoir d’achat. Il ne faut

pas que la production reste là quand elle est en

face de besoins.

Alors, ça et surtout le dividende du Crédit So-

cial, c’est la reconnaissance du droit de chaque

personne. Elle a d’abord un droit fondamental aux

biens de la terre. On l’a dit bien souvent: à titre

de personne humaine, elle a droit à une part des

biens de la terre et c’est aux pays, aux différents

peuples, à s’organiser pour cela. Dans notre pays,

la production peut y suffire et nous disons que

puisqu’il faut de l’argent pour acheter, eh bien, le

droit fondamental à une partie des produits c’est

le droit fondamental à une certaine quantité d’ar-

gent. C’est le dividende.

Ce serait bien mieux reconnaître le droit de

chaque personne à une part des biens de la terre

que les lois de sécurité sociale qu’on a aujourd’hui,

lois qui sont bonnes. Elles sont bonnes; pour-

quoi ? Parce qu’elles aident ceux qui sont dans le

besoin. Mais elles les font aider comme nécessi-

teux au lieu de les faire récompenser comme ca-

pitalistes. Elles les font aider comme nécessiteux

de sorte qu’ils ont l’air presque de mendiants; ils

sont obligés de supplier. Ainsi, pour obtenir l’al-

location mensuelle à laquelle la loi de l’assurance

chômage leur donne droit, ils sont obligés de

présenter leur cas, de le laisser examiner par des

enquêteurs. Ce n’est pas bien digne pour la per-

sonne humaine. Il y a mieux que cela.

Nous considérons, nous les créditistes, les

lois d’assistance sociale d’aujourd’hui comme in-

téressantes mais seulement comme des mesures

de transition. Il faut aller plus loin que cela. Il faut

que l’homme soit reconnu comme un participant

aux bienfaits de l’association, aux bienfaits de la

vie en société.

Quand le Crédit Social sera-t-il appliqué ?

Quand est-ce que ça viendra? Quand la men-

talité sera gagnée à cette idée là. Il y a du progrès

dans les mentalités… Il y a trente ans, on ne pou-

vait pas parler d’argent non gagné, puis distribué

quand même. On en parle aujourd’hui, dans les

lois d’assistance sociale. Ce n’est pas de l’argent

gagné par le travail mais c’est de l’argent distribué

quand même. C’est déjà un gros pas de fait. Il y

en a d’autres aussi. On fait améliorer l’esprit dans

l’application des lois. On fait les fonctionnaires de-

venir plus humains. On fait le gouvernement aussi

mieux connaître les besoins des individus en les

faisant valoir.

Par exemple, les créditis-

tes sont forts là-dessus: Ils

vont partout, ils savent ce qui

se passe. Ils crient. Ils deman-

dent. Le journal Vers Demain

que les apôtres du Crédit So-

cial essaient de répandre de

plus en plus, le journal Vers

Demain crie et dénonce les

cas de misère qui sont sans

assistance. Il dénonce aus-

si le mauvais esprit qui est

dans l’application des lois. Il

dénonce ce qui fait défaut là-

dedans et il continue de de-

mander le Crédit Social.

Vous direz: «Quand est-

ce que vous l’aurez le Crédit

Social ? Vous ne l’obtiendrez

pas avant d’avoir du monde

dans le parlement ! » Ça c’est un faux raisonne-

ment. On ne change pas la mentalité du monde

en mettant des gens dans le parlement ! C’est

bien le contraire ! Mettre des gens dans les parle-

ments, c’est pourtant ce que veulent les partis po-

litiques. Et les soi-disant «partis» du crédit social

d’aujourd’hui ou d’hier, c’est absolument la copie

des autres partis. Et même pire que les autres par-

tis parce qu’ils abusent d’un beau nom pour faire

les mêmes mauvaises choses.

Aujourd’hui, regardez donc les Bérets Blancs,

ce qu’ils font. Est-ce qu’ils sont pour le parti ?

Non! Ce sont des travailleurs. Les apôtres, eux,

regardent autre chose que vers le parti politique.

Les financiers, eux autres, sont bien contents

qu’il y ait eu un parti du crédit social pour pren-

dre l’idée. Pourquoi ? Parce que le parti du crédit

social galvaude le mot «crédit social». Quand

vous allez dans une maison pour parler aux gens

du Crédit Social, si l’homme qui est là, est parti-

san soit du parti libéral ou bien du parti conser-

vateur, il répondra: «Ah non! Je ne suis pas de

ce parti-là, moi !» Il considère l’idée de parti, au

lieu de considérer la doctrine. Alors il est rebuté.

Tout de suite il se met en garde contre la présen-

tation de la doctrine du Crédit Social.

Le Crédit Social est un principe universel qui

va à tout le monde, non seulement dans notre

pays mais partout. C’est une doctrine que peut

prendre tout le monde. Alors, si vous la ratatinez

dans un parti politique, vous fermez la porte à l’es-

prit chez les autres. Vous les faites fermer votre

accueil; ça ne marche pas. De plus, les financiers

sont bien contents de diviser le peuple et de l’em-

pêcher d’être en force. Eux, les financiers, n’ont

pas peur des parlements. Quand ils n’ont devant

eux que les parlements, cela fait bien leur affaire.

Pourquoi ? Parce que pour rentrer dans le parle-

ment, on a besoin des financiers, pour commen-

cer. C’est eux qui financent les élections.

Deuxièmement, quand on est dans le parle-

ment, eh bien les financiers sont dans les coulis-

ses. Et ils sont forts: sans occuper aucun siège,

ils mènent tout de même. C’est eux qui mènent

la législation du pays et ils ne se font pas élire.

Non, ils sont une force ! Une force de pression sur

les élus et ils ne craignent pas du tout les élus. Ils

sont plus forts qu’eux. Changez les élus tant que

vous voudrez; mettez des petits, mettez des gros,

mettez des bleus, mettez des rouges, mettez des

gens avec des nouvelles idées, peu importe, ça

ne signifie rien. Ils pourront venir au parlement,

même avec de la sincérité et ils n’en ont pas gros.

Mais même avec de la sincérité, pour se maintenir

là, ils seront pris comme les autres. Ils ne seront

pas capables de rien faire. Ils vous le disent tous:

«Je ne suis pas capable: c’est le parti, c’est le par-

lement, c’est le gouvernement»; ou bien: «c’est

une impossibilité, il n’y a pas d’argent, etc.».

Les financiers tiennent la place. Ils tiennent

la place dans les coulisses. Ils tiennent la place

même dans la population. Il faut absolument chan-

ger la mentalité du peuple, mon-

ter une force dans le peuple qui

va faire ce que font les financiers

dans les coulisses (faire pression

sur les élus); monter une force

dans le peuple qui ne mettra pas

son importance sur les élections,

ni sur les élus, mais sur le peuple

lui-même et sur l’affirmation de

ses idées. C’est alors que vous

aurez quelque chose, non seule-

ment de durable, non seulement

de permanent, mais quelque

chose de fort. Et ça ne prend rien

de moins que cela.

Vous allez dire: «Oui, mais

ça va prendre du temps pour

avoir cela ! » En effet, ça prend

du temps pour transformer un

peuple. Ça prend du temps pour

transformer une idée; transformer

l’idée d’aujourd’hui qu’on a tout

fait pour l’argent. On a la civilisation de l’argent:

il faut la changer en une civilisation de l’homme,

en une civilisation de l’esprit, en une civilisation

fraternelle. Ça prend bien du temps quand on a

fait tout le contraire pendant des années et peut-

être des siècles.

Les électoralistes, ceux qui font la promotion

de partis du crédit social ou autres, n’obtiennent

rien, ceux qui ont été dans les parlements jusqu’à

présent, n’ont rien donné au peuple de permanent,

rien de stable, rien de bon. Ils n’ont pas tiré une

seule personne de sa misère, pas une personne de

sa détresse, tandis que ceux qui ne sont pas dans

les partis, comme ceux que forme le journal Vers

Demain, les gens qui sont dans le mouvement de

Vers Demain, appelez-les les Bérets Blancs ou ap-

pelez-les comme vous voudrez, ces gens-là font

des choses, ils vont au monde. Ils prennent les

lois qu’il y a actuellement et ils les font appliquer.

Ils règlent des cas. Ils font du bien aux autres. Ils

font un monde meilleur. Ils bâtissent, par degrés,

le monde meilleur de demain. Brique à brique, ils

élèvent ça, contrairement aux parlementaires et

à ceux qui attendent les élections, non pas pour

sauver le peuple mais pour dire qu’ils vont le sau-

ver, pour essayer de le sauver, pour tâcher d’avoir

une majorité dans le parlement pour faire les lois

d’abord.

La majorité créditiste dans le parlement, vous

ne l’aurez pas avant l’an trois mille ou quatre mille.

Ensuite, vous ne l’aurez jamais. Ce n’est pas ainsi

que ça marche ! Et même s’ils étaient en majorité,

ils ne pourraient rien faire parce que les financiers

sont plus forts que tous les parlements du monde.

Il faut autre chose que cela: encore une fois, il faut

la force du peuple.

Et Vers Demain obtient des résultats, non seu-

lement par les lois de sécurité sociale que nous

avons. C’en est, ce sont des résultats. On a fait

admettre que les gens qui sont dans le besoin ont

le droit de vivre et s’ils ont le droit de vivre, ils ont

droit à de l’argent. C’est déjà un gros point. On a

fait admettre d’autres points; on fait admettre que

la dictature financière est la cause de tout cela. On

travaille à la casser. Vous allez dire: «Vous n’êtes

pas capables de la casser ! » Mais plus Vers De-

main grossit, plus elle se casse.

Il faut que le peuple devienne fort et que les

politiciens deviennent petits. Nous arriverons

certainement à des résultats petit à petit mais

plus rapidement qu’on pense si la force grossit.

Et la force peut grossir à la condition qu’on mène

le peuple dans la bonne voie et non pas dans une

voie de travers. La force de Vers Demain gros-

sira en multipliant le nombre d’abonnés à Vers

Demain.

Louis Even

Louis Even