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Août-Septembre 2010

Journal Vers Demain, 1101 rue Principale, Rougemont, QC, Canada — J0L 1M0

Tél.: Montréal (514) 856-5714; Rougemont: (450) 469-2209; Fax (450) 469-2601;

www.versdemain.org

L

e serment d’Hippocrate, médecin grec né

en 460 avant Jésus-Christ, est formulé comme

suit:

“Je ne remettrai à personne du poison,

si on m’en demande, ni ne prendrai l’ini-

tiative d’une pareille suggestion; sembla-

blement, je ne remettrai à aucune femme

un pessaire abortif. Je passerai ma vie et

j’exercerai mon art dans l’innocence et la

pureté.”

L’Assemblée médicale mondiale à Genève,

en septembre 1948, s’est basée sur le serment

d’Hippocrate pour énoncer le SERMENT DU

MÉDECIN. Voici une clause de ce SERMENT:

“Je maintiendrai le plus scrupuleux

respect pour la vie humaine, dès le mo-

ment de la conception, et même sous la

menace je ne ferai pas usage de la science

médicale dans des buts contraires à l’hu-

manité.”

Les médecins n’ont donc pas le droit de pra-

tiquer l’euthanasie ni l’avortement.

Non! à lacampagnede consultationsur l’eutha-

nasie que veut lancer Jean Charest, l’automne

prochain, à travers la province de Québec, avec

l’appui de Pauline Marois et Francine Lalonde,

deux traîtres à la nation canadienne. Ce sera des

séances de lavage de cerveau.

Voici un extrait d’un journal démontrant les

conséquences d’une loi sur l’euthanasie:

«En Belgique, un récent rapport sur le

“rôle des infirmières dans les morts assis-

tés” a montré qu’un cinquième des infirmiè-

res interviewées ont déjà été impliquées

dans l’euthanasie d’un patient. Près de la

moitié de celles-ci ont reconnu que les pa-

tients n’avaient pas demandé ou consenti

à l’euthanasie. Pour le docteur Peter Saun-

ders, directeur de Care Not Killing alliance,

“une fois qu’on a légalisé une forme d’eutha-

nasie, il y a inévitablement des gens qui re-

poussent toujours plus les limites”.»

La revue romaine des Pères Jésuites, la “Ci-

vilatà cattolica” du 19 novembre 1983, a publié

un editorial sur l’euthanasie, écrit par Don E.

Chivacci. Dans son numéro du 1

er

avril 1984, “La

Documentation Catholique, 5 rue Bayard, 75393

Paris Cedex 8, a publié la traduction faite par elle-

même de ce texte italien. Nous avons mis une pre-

mière partie de cette traduction dans le journal

Vers Demain de janvier-février 2010. Nous en pu-

blions d’autres extraits. La foi chrétienne donne le

vrai sens de la vie et de la mort.

Yvette Poirier

—————

Un éditorial sur l’Euthanasie

par

Don

E. Chivacci

En intervenant dans le cours de la vie, et

en y mettant fin par la mort, l’homme s’arroge

le droit de fixer le temps et le mode d’achève-

ment de ce dessein, attentant ainsi à la souve-

raineté de Dieu.

Dans la Déclaration sur l’euthanasie que

nous avons citée, la Sacrée Congrégation pour

la Doctrine de la foi, après avoir dit que la vie

«est aussi un don de l’amour de Dieu que (les

croyants) sont appelés à conserver et à faire

fructifier», fait remarquer que quelques consé-

quences découlent de cette dernière considé-

ration:

«1. Personne ne peut attenter à la vie d’un

homme innocent sans s’opposer à l’amour de

Dieu pour lui, sans violer un droit fondamental

inadmissible et inaliénable, et donc sans com-

mettre un crime d’une extrême gravité.»

«2. Tout homme a le devoir de conformer

sa vie au dessein de Dieu. Elle lui est confiée

comme un bien qui doit porter ses fruits déjà

ici-bas sur la terre, mais trouve son entière

perfection seulement dans la vie éternelle.

«3. La mort volontaire ou le suicide est

donc inacceptable tout comme l’homicide: un

tel acte est, en effet, de la part de l’homme,

le refus de la souveraineté de Dieu et de son

dessein d’amour».

Dans une société sécularisée

Il est clair que dans le climat actuel de sé-

cularisation, ce pouvoir absolu de Dieu sur la

vie humaine est nié et refusé par certains. En

effet, l’euthanasie se justifie comme un signe

de l’indépendance absolue de l’homme et de

son pouvoir sur sa propre vie et sa propre mort.

C’est, de leur part, une appropriation de la mort,

puisque ce n’est plus Dieu qui en établit le mode

et le moment, mais l’homme. L’autonomie est

donc une affirmation de l’autonomie en face de

Dieu; plus profondément, elle est une forme de

négation de Dieu. C’est là sa malice fondamen-

tale du point de vue moral et religieux.

L’homme ne consent plus à la mort fixée par

Dieu, mais décide lui-même de sa propre mort.

Ceci montre à quel degré l’euthanasie s’oppose

à la conception chrétienne de la mort. En effet,

pour le croyant, la mort n’est pas seulement le

terme temporel de la vie, mais elle est un évé-

nement de salut, parce que l’homme se sauve

en consentant à la mort, en l’acceptant.

En effet, la mort dévoile à fond la pauvreté

de l’homme, sa condition de créature qui n’a

rien en propre, mais qui doit tout quitter et est

abandonnée de tout et de tous; dans la mort,

l’homme découvre son propre néant en face

de Dieu, et donc le besoin absolu qu’il a de lui.

Dieu seul peut le sauver, lui rendre la vie. La

mort est donc, dans son propre mystère, un

appel de salut: “Des profondeurs, je crie vers

toi, ô Seigneur.” (Ps 129, 1.) C’est seulement en

consentant à sa propre mort et en l’acceptant

des mains de Dieu que l’homme se sauve.

Il est clair, alors, que l’attitude du chrétien

envers la mort ne peut pas être celle du maî-

tre qui décide orgueilleusement quand elle doit

survenir, mais celle du serviteur — mieux, du

fils — qui l’accepte des mains de Dieu, son Sei-

gneur et son Père, en disant son «oui» confiant

et filial au temps comme à la modalité de la

mort que Dieu, dans son dessein d’amour et de

salut, a fixés.

En réalité, «on a le droit de mourir sa pro-

pre mort mais, pour le chrétien, la mort est

celle que Dieu a voulue pour lui, au moment

et de la manière qu’il veut. Seul Dieu peut dire

quand les années de chacun sont accomplies

et quand le chemin vers lui est achevé. La vie

elle-même est une grâce. Le temps de chacun

est le temps de l’amour de Dieu et de la grâce

de Dieu. Ce n’est pas notre affaire de mettre

des limites à sa grâce ou à son amour». (

La vie

humaine est sacrée

. Lettre pastorale des évê-

ques irlandais, 1

er

mai 1975, dans Oss. Rom.,

30 juillet 1975, 2.)

La souffrance «inutile» ?

L’argument le plus fort apporté par les

défenseurs de l’euthanasie pour l’étayer est

que la souffrance inutile est un mal à éviter:

«Il est cruel et barbare — est-il dit dans le

Manifeste sur l’euthanasie

— d’exiger qu’une

personne soit gardée en vie contre sa volonté et

qu’on lui refuse la délivrance souhaitée quand

sa vie a perdu toute dignité, toute beauté, toute

signification, toute perspective d’avenir. La

souffrance inutile est un mal qui devrait être

évité dans les sociétés civilisées».

Que dire de cette façon de raisonner pour

justifier le recours à l’euthanasie? Certaine-

ment, si on se situe dans la perspective du ma-

térialisme et du sécularisme athée, l’argument

est imparable. En effet, si — comme le veut le

sécularisme athée — l’homme est le seul maître

de soi et peut disposer de soi comme il l’en-

tend, on ne comprend pas pourquoi on devrait

refuser, à qui a décidé de s’ôter la vie, la possi-

bilité de le faire, et pourquoi on ne pourrait pas

l’aider à réaliser une telle décision.

Si — comme l’affirme le matérialisme —

l’idéal suprême de l’homme est le bonheur et

le bien-être en ce monde, et si les choses qui

donnent sens à la vie sont exclusivement la

bonne santé, la beauté, la force, la perspecti-

ve d’un avenir facile, il est clair qu’une vie de

souffrances atroces et sans espoir de guérison

ou d’amélioration, donc une vie de souffrances

«inutiles», ne vaut pas la peine d’être vécue et

que l’on peut y renoncer. Aussi dans la pers-

pective matérialiste et athée, la souffrance inuti-

le est un mal à éviter et l’euthanasie peut servir

à l’éviter.

Le nazisme hitlérien

Prenons garde, pourtant, que si l’on se pla-

ce dans la perspective matérialiste et athée, la

vie humaine valable est seulement la vie saine,

belle, jeune, heureuse; l’homme qui mérite de

vivre est l’homme en bonne santé, intelligent,

utile. Cela signifie qu’il y a des vies humaines

sans valeur et des hommes qui ne méritent

pas de vivre: il est donc logique d’éliminer les

malades incurables, les handicapés, les nou-

veau-nés atteints de maladies graves. Alors il

ne faut pas se scandaliser si ce qu’a accompli

le nazisme hitlérien dans les années 1930 sur

une grande échelle est maintenant réalisé à une

échelle plus réduite et sans trop se faire voir !

Par contre, l’argument de la souffrance inu-

tile perd toute sa valeur si l’on se place dans la

perspective chrétienne. Pour la foi chrétienne,

en effet, il n’est pas de souffrances inutiles.

Pour le chrétien aussi, certes, la souffrance est

un mal qu’il faut combattre, en ce qu’il est fruit

et conséquence du péché; c’est pourquoi il col-

labore avec tous les autres hommes pour com-

battre et vaincre la souffrance et en alléger le

terrible poids chez ceux qui en sont victimes,

souvent innocentes.

Toutefois, la souffrance humaine a été ra-

chetée par le Christ, dans sa passion et sa

mort. Elle a ainsi changé de signe et, de fruit

du péché, elle est devenue instrument de sa-

lut pour celui qui souffre «dans le Christ», et

unit ainsi ses propres souffrances à celles du

Christ. Aussi, pour le croyant, aucune souf-

france n’est-elle inutile. En particulier, les souf­

frances des innocents et les ultimes souffran-

ces de l’agonie et de la mort ont une valeur

spéciale de salut, du fait que dans l’homme

agonisant et mourant se reproduit l’image —

et, plus profondément, le mystère — du Christ

innocent qui agonise et meurt sur la croix pour

la rédemption du monde.

Ainsi, seule la foi chrétienne peut répondre

de manière raisonnable et convaincante au

problème de la souffrance inutile qui conduit

à l’euthanasie. C’est une preuve de plus que

seule une vision chrétienne de l’existence peut

fournir la réponse aux grands problèmes qui

regardent le destin de l’homme, le sens de la

vie et de la mort.

Le médecin doit respecter la vie humaine dès sa conception et jusqu’à la mort

En vertu de son serment de médecin, l’avortement et l’euthanasie lui sont interdits

«Personne ne peut attenter à la vie d’un homme innocent sans s’opposer à l’amour de Dieu pour lui,

sans violer un droit fondamental inadmissible et inaliénable, et donc sans commettre un crime d’une ex-

trême gravité.» —

La Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la foi