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Edition gratuite de VERS DEMAIN

www.versdemain.org

sieur. Quand même on vous don-

nerait tout l’argent de l’île, on ne

serait pas quitte.»

— «Je n’y puis rien. Avez-

vous signé, oui ou non? Oui ? Eh

bien, en vertu de la sainteté des

contrats, je saisis toutes vos pro-

priétés gagées, tel que convenu

entre nous, au temps où vous

étiez si contents de m’avoir. Vous

ne voulez pas servir de bon gré

la puissance suprême de l’argent,

vous la servirez de force. Vous

continuerez à exploiter l’île, mais

pour moi et à mes conditions.

Allez. Je vous passerai mes ordres

demain.

15. Le contrôle des média

Comme Rothschild, Martin sait

que celui qui contrôle le système

d’argent d’une nation contrôle

cette nation. Mais il sait aussi que,

pour maintenir ce contrôle, il faut

entretenir le peuple dans l’igno-

rance et l’amuser avec autre chose.

Martin a remarqué que, sur les

cinq insulaires, deux sont conser-

vateurs et trois sont libéraux. Cela

paraît dans les conversations des

cinq, le soir, surtout depuis qu’ils

sont devenus ses esclaves. On se

chicane entre bleus et rouges.

De temps en temps, Henri,

moins partisan, suggère une force

dans le peuple pour faire pression

sur les gouvernants... Force dan-

gereuse pour toute dictature.

Martin va donc s’appliquer à

envenimer leurs discordes politi-

ques le plus possible.

Il se sert de sa petite presse

et fait paraître deux feuilles heb-

domadaires: «Le Soleil», pour les

rouges; «L’Étoile», pour les bleus.

«Le Soleil» dit en substance: Si

vous n’êtes plus les maîtres chez

vous, c’est à cause de ces arriérés

de bleus, toujours collés aux gros

intérêts.

«L’Étoile» dit en substance:

Votre dette nationale est l’œu-

vre des maudits rouges, toujours

prêts aux aventures politiques.

Et nos deux groupements poli-

tiques se chamaillent de plus belle,

oubliant le véritable forgeur de

chaînes, le contrôleur de l’argent,

Martin.

16. Une épave précieuse

Un jour, Thomas, le prospec-

teur, découvre, échouée au fond

d’une anse, au bout de l’île et

voilée par de hautes herbes, une

chaloupe de sauvetage, sans rame,

sans autre trace de service qu’une

caisse assez bien conservée.

Il ouvre la caisse: outre du

linge et quelques menus effets,

son attention s’arrête sur un livre-

album en assez bon ordre, intitulé:

Première année de

Vers Demain

Curieux, notre homme s’assied

et ouvre ce volume. Il lit. Il dévore.

Il s’illumine:

«Mais, s’écrie-t-il, voilà ce qu’on

aurait dû savoir depuis longtemps.

«L’argent ne tire nullement sa

valeur de l’or, mais des produits

que l’argent achète.

«L’argent peut être une simple

comptabilité, les crédits passant

d’un compte à l’autre selon les

achats et les ventes. Le total de

l’argent en rapport avec le total de

la production.

«A toute augmentation de pro-

duction, doit correspondre une

augmentation équivalente d’ar-

gent... Jamais d’intérêt à payer

sur l’argent naissant... Le progrès

représenté, non pas par une dette

publique, mais par un dividende

égal à chacun... Les prix, ajustés au

pouvoir d’achat par un coefficient

des prix. Le Crédit Social...»

Thomas n’y tient plus. Il se lève

et court, avec son livre, faire part

de sa splendide découverte à ses

quatre compagnons.

17. L’argent, simple

comptabilité

Et Thomas s’installe professeur:

«Voici, dit-il, ce qu’on aurait

pu faire, sans le banquier, sans or,

sans signer aucune dette.

«J’ouvre un compte au nom de

chacun de vous. A droite, les cré-

dits, ce qui ajoute au compte; à

gauche, les débits, ce qui le dimi-

nue.

«On voulait chacun 200$ pour

commencer. D’un commun accord,

décidons d’écrire 200$ au crédit

de chacun. Chacun a tout de suite

200$.

«François achète des produits

de Paul, pour 10$. Je retranche 10

à François, il lui reste 190. J’ajoute

10 à Paul, il a maintenant 210.

«Jacques achète de Paul pour

8$. Je retranche 8 à Jacques, il

garde 192. Paul, lui, monte à 218.

«Paul achète du bois de François,

pour 15$. Je retranche 15 à Paul, il

garde 203; j’ajoute 15 à François, il

remonte à 205.

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